►   Recevoir la newsletter 
livre_noir_islam
Jean Robin pour Le livre noir de l’islam et Ces grands esprits contre l’islam
bercoff
Présidentielles à gauche
lexpress
Pour l’Express.fr, “islamophile” c’est islamophobe !
couv3
Avant-première : extrait du Livre noir de la gauche

« Le Livre noir du CSA » de Guillaume Evin

8 octobre 2011, 23:05 Auteur : 0 commentaire

Le Livre noir du CSAVoici un ouvrage dont vous n’avez certainement pas entendu parler dans les médias, et pour cause ! Le Livre noir du CSA, de Guillaume Evin, se présente comme une « Enquête sur les dérives et les gaspillages du Conseil supérieur de l’audiovisuel ». Petit tour d’horizon d’un authentique « fromage » dont la République française a le secret…

L’annonce de la décision unilatérale par Nicolas Sarkozy, en 2008, de nommer lui-même le Président de France Télévision a été un véritable camouflet pour le CSA, qui s’est vu là dépouillé de l’une de ses prérogatives emblématiques. Un coup supplémentaire porté à cette institution pachydermique dont le rôle, depuis de nombreuses années, relève davantage du placard doré ruineux que de l’efficace organe de régulation des médias qu’il a pour mission d’être.

Une gabegie financière
Autorité administrative indépendante, le CSA bénéficie d’un budget de près de 40 millions d’euros, dont 17 millions de frais de personnel. Il faut dire que les salaires des « Sages » et du président sont confortables : près de 15 000 euros par mois bruts pour le président, un peu plus de 11 000 pour les sages pour un mandat de six ans non renouvelable. Sans compter le fait que s’ajoute, pour ceux qui viennent du privé, une année sabbatique obligatoire et intégralement payée (au même salaire), laquelle pouvant cependant être agrémentée une petite « mission » rémunérée en supplément, histoire de grappiller un petit pécule en plus. Tout cela associé, bien entendu, à des avantages en nature (secrétaire particulière, voiture de fonction, invitations diverses, etc.) Et si les « simples » employés ne touchent pas de salaires aussi mirobolants, leur nombre a cependant tendance à augmenter : 260 salariés en 1994, 321 en 2009… Une augmentation qui va de pair avec celle du budget de l’institution : 7 % de crédits supplémentaires entre 2006 et 2009, 10% de plus pour 2010.
Les conseillers ne lésinent sur rien, qu’il s’agisse d’abuser des déplacements en avion et en taxi ou de refaire les bureaux à neuf dès leur arrivée, pour éventuellement partir avec le mobilier à la fin de leur mandat… Les frais de loyer atteignent des sommets (plus de 40% du budget de fonctionnement ; il faut dire que les bureaux du CSA sont les plus spacieux de toutes les autorités administratives), tout comme ceux de bouche (près de 300 000 euros en 2009). Quant à certaines dépenses, elles sont encore plus opaques : par exemple, en 2008, la direction a sollicité un journaliste et un photographe afin de réaliser un beau livre à l’occasion des vingts ans du CSA. « Résultat ? On leur a versé royalement à tous deux la bagatelle de 80 000 euros : 60 000 pour le journaliste et 20 000 pour le photographe ! Mais l’ouvrage n’a jamais vu le jour. » note Guillaume Evin…

Des nominations sans grand rapport avec le mérite
On serait en droit d’attendre, compte tenu du principe de méritocratie républicaine et de l’importance symbolique d’une institution comme le CSA, que ses conseillers sont choisis de la façon la plus transparente possible, strictement selon un critère de compétences. Il n’en est hélas rien. Plusieurs postes de conseillers sont tenus par des « parachutés », qui naviguent allègrement entre les hauts postes administratifs ou d’entreprises privées : par exemple Francine Mariani Ducray, ancienne directrice des Musées de France (elle doit sa nomination à son mari, un proche de Nicolas Sarkozy), ou Nicolas About, ancien salarié de Servier et ancien sénateur, spécialisé dans les affaires sociales et non l’audiovisuel. Et quand il ne s’agit pas de recaser tel ou tel, les nouveaux conseillers sont tout simplement choisis selon les critères de la « discrimination positive ». Mieux vaut ne pas être un mâle blanc pour avoir toutes ses chances, comme en témoignent les choix d’Emmanuel Gabla, Rachid Arhab et Christine Kelly, qui doivent avant tout leur nomination à leur couleur de peau, conformément aux instructions de Nicolas Sarkozy incitant à promouvoir la « diversité », c’est-à-dire favoriser les non Blancs et les femmes. Ce qui, bien évidemment, n’est nullement gage de compétence. « Quand vous écrivez toute la journée des textes simples sujet-verbe-complément avec une info par phrase et six mots par phrase, vous sentez la différence quand vous devez vous coltiner du jour au lendemain des textes juridiques touffus dont la moindre phrase court sur sept lignes ! » reconnaît Christine Kelly. La discrimination « positive » semble montrer ses limites…
Autre solution pour intégrer le CSA : le lobbying plus ou moins appuyé, mâtiné de cooptations, comme l’a par exemple fait Françoise Laborde. Se faire parrainer par tel ou tel connaissance, glisser aux hommes politiques que l’on aimerait bien intégrer l’institution, harceler de coup de fils ou de lettres le président… Autant d’attitudes qui peuvent augmenter singulièrement les chances d’être choisi, même si tous les heureux élus n’ont pas forcément eu besoin de faire de telles démarches.

Un fromage miné par la bureaucratie et les rivalités
Si les candidats sont si désireux d’intégrer le CSA, ce n’est pas seulement, comme on l’a vu plus haut, en raison de ses nombreux avantages. C’est aussi que, compte tenu de telles rémunérations, le travail n’est pas des plus harassants. Pas vraiment le genre de poste dont les enjeux complexes vont permettre de donner un coup d’accélérateur à la carrière (ce qui tend d’ailleurs à dissuader les plus jeunes d’y entrer), plutôt un tremplin pour haut fonctionnaire afin d’intégrer ensuite une autre institution (certains sont passés du CSA à l’Arcep ou au Conseil constitutionnel), ou petite sinécure pour journaliste en fin de carrière (certains sont nommés pile avant l’âge fatidique des soixante-cinq ans). Ce sont avant tout les fonctionnaires des échelons inférieurs, en poste depuis de nombreuses années, qui se chargent de l’essentiel du travail technique que les conseillers, pourtant aux échelons supérieurs, ne comprennent parfois même pas. D’où un sentiment de frustration chez les administratifs et un clivage croissant entre eux et la direction générale, laquelle réplique par un surcroit de pesanteur hiérarchique… Même les syndicats ont été réduits au silence ! D’autant plus que Michel Boyon a la fâcheuse tendance de « manager par le stress » en placardisant les plus récalcitrants…
Mais l’ambiance entre les sages n’est pas non plus forcément au beau fixe. Des rivalités, par exemple, entre Christine Kelly, qui a dû démissionner de LCI (chaîne privée) avant d’entrer au CSA, et Françoise Laborde et Rachid Arhab, qui ont refusé de quitter de France Télévisions et restent simplement « détachés », au risque de se voir reprocher un éventuel conflit d’intérêts…

Une perte d’influence
En se voyant retirer le pouvoir de nommer le président de France Télévisions, le CSA a continué à perdre de la crédibilité, car c’est en partie dans cette nomination que l’institution donnait gage de son indépendance et de sa légitimité. Mais, face à la volonté de Nicolas Sarkozy de tout contrôler lui-même (ce que certains hommes politiques ont contesté, une telle réforme étant vue comme un signe de recul démocratique), le président du CSA Michel Boyon, loin de rechigner, a encaissé cet état de fait sans esquisser la moindre critique, arguant que le CSA « n’a pas d’état d’âme ». On aurait été en droit d’en attendre un peu plus pour une institution indépendante à qui on retirait une de ses principales prérogatives. Alors certes, avec le système précédent, le président de France Télévisions choisi par le CSA avait parfois été « soufflé » en coulisses par le pouvoir, ou choisi selon des considérations personnelles de tel ou tel, mais au moins, la télévision publique avait symboliquement plus d’indépendance que dans le système actuel, unique en Europe, ou l’exécutif est le seul à décider…

Conclusion
En choisissant d’intituler son ouvrage « Le Livre noir du CSA » et en l’axant principalement sur la critique de l’institution, le journaliste Guillaume Evin a fait un choix courageux et risqué. Étant donné qu’en France, le CSA a le rôle de « gendarme » de l’audiovisuel, ce livre a logiquement été boycotté sur les chaînes de radio et télévision : les rares passages télévisés prévus avec l’auteur ont, comme par hasard, été annulés au dernier moment.
On peut cependant faire quelques petits reproches au livre, comme par exemple la structure générale du livre, dont le découpage mélange parfois un peu tout (certains passages situés dans des chapitres différents auraient pu être regroupés ensemble) ou cette manie qu’a l’auteur de recourir très souvent aux citations pour évoquer les propos des gens avec lesquels il s’est entretenu, une pratique qui peut se comprendre par la volonté de se prémunir contre toute accusation de diffamation mais qui, dans le même temps, peut donner l’impression que le texte aurait pu être travaillé davantage. Certains passages s’attardent aussi peut-être trop sur des détails de conflits d’intérêts, rivalités entre personnes et autres petites cuisines internes dont on se doute bien qu’elles ne sont pas l’apanage exclusif du CSA mais doivent exister dans toutes les administrations (le livre de Zoe Shepard Absolument Dé-bor-dée avait lui aussi mis le doigt sur le type de mentalité qui prévaut dans la fonction publique), et dont les dérapages sont fréquemment dénoncés par les journaux ; même si, aussi moralement condamnables soient-ils, ne relèvent pas pour autant de l’illégalité. On a parfois l’impression que l’auteur aurait eu matière à écrire un long article sur ce thème, mais a préféré étirer le propos sur deux cent pages.
Au final, un livre plaisant et rapide à lire, qui suscitera chez le citoyen ordinaire quelques indignations légitimes, mais qui ne révolutionnera pas pour autant le journalisme d’investigation.

Guillaume Evin, Le Livre noir du CSA, Editions du moment, 225 p, 16,50 €

Ecrire un commentaire :

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Articles récents

Contribuez au développement du site en souscrivant