Il paraît aussi évident qu’il faut que l’État aide les secteurs en difficulté qu’il faut aider un aveugle à traverser la rue. Et pourtant, en regardant de plus près cette évidence, on se rend compte que la morale n’est finalement pas là où on l’attend.
« Aider » un secteur, c’est maintenir une demande artificielle (en général avec de l’argent public) là où l’offre et la demande devraient s’ajuster et guider les changements nécessaires (nouvelles technologies, services, etc.). Imaginons que devant la baisse des ventes d’une entreprise de téléviseurs à tubes, l’état décide qu’il faille aider la production de celle-ci pour la protéger de la dure loi du marché, ralentissant son orientation pourtant nécessaire vers la production d’écrans plats. La suite de l’histoire est prévisible: définitivement déclassée, l’entreprise finira par faire faillite, après avoir englouti l’argent des contribuables et des entreprises en bonne santé.
Qu’est-ce qui est moral ? Voir une entreprise disparaître parce qu’elle est passée à coté d’une révolution technologique, fébrilement accrochée à ses subventions ? Ou laisser les mutations se faire et voir l’entreprise évoluer au prix de quelques mois difficiles ?
Le plus grand service que l’État puisse rendre aux entreprises est de les laisser le plus tranquilles possible. ET quand il s’agit de les aider, ET quand il s’agit de les taxer (avec cette bizarre logique des vases communicants, consistant à prendre de l’argent aux entreprises qui marchent pour remplir la perfusion de celles qui ne marchent plus).
La demande est l’indicateur le plus fiable des chemins à prendre, et l’intérêt de l’entreprise est toujours le meilleur critère, pour orienter les investissements et la production de demain. Encore faut-il que l’État n’ait pas absorbé toute la réserve d’épargne, par les taxes ou par l’impôt.
Contribuez au développement du site en
souscrivant
[...] post by Renaud Dozoul Tags: [...]
Comme on disait du temps de la régie Renault : “Renault fait des voitures avec de l’argent et Peugeot de l’argent avec des voitures.”
Chaque année, les impôts que Peugeot payait étaient transférés à Renault pour lui permettre de produire à perte.
Merde alors !