Pendant que la Gauche répète que le marché détruit la solidarité, une partie de la Droite regrette que le marché, certes nécessaire à la croissance, soit l’ennemi de la France, des valeurs, et de la famille. Ce « Marxisme de droite » rencontre un franc succès chez certains intellectuels, qui, bien que débarrassés de la lutte des classes, restent marqués par la défiance de la tradition universitaire face au Marché.
Il faut déplacer la lunette sur les États-Unis pour désamorcer ce réflexe. Quel peuple est plus attaché à la famille et à la religion ? Quel peuple a le patriotisme plus chevillé au cœur ? Et pourtant, comme chacun sait, nous n’avons pas de leçons à donner à l’Amérique en matière de Marché. Il faut donc chercher ailleurs l’ennemi des valeurs et de la nation.
Le socialisme, dans son projet de faire advenir un paradis égalitaire sur terre, voit en revanche la famille, la patrie et les églises comme autant de membranes, qui résistent au « tout social », autant de supports d’identité qui échappent à l’État, autant de poches de solidarité qui ne passent pas sous le rouleau compresseur de l’égalité. La famille transmet des valeurs bourgeoises, la religion remet à demain le jugement qui devrait avoir lieu « ce soir », et la Patrie, échelle collective modelée par l’Histoire, n’est qu’un obstacle encombrant à la conscience internationale prolétarienne.
Non, le marché n’est décidément pas le coupable. Il est simplement la rencontre d’une offre et d’une demande, et permet l’échange libre, et responsable.
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