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30 ans de l’abolition de la peine de mort

30 septembre 2011, 19:26 Auteur : Jean 32 commentaires

http://www.dailymotion.com/videoxleg3e
24 ans avant le “non” au référendum sur le traité constitutionnel européen, finalement entériné de force, l’abolition de la peine de mort était imposée aux Français, pourtant majoritairement contre, comme s’en félicite d’ailleurs celui qu’on appelle l’abolitionniste, Robert Badinter. Le même Badinter qui montait sur ses grands chevaux quand Pivot lui demandait ce qu’il pensait de la relation entre Mitterrand et Bousquet. Qui est réellement démocrate dans ce pays ?

Categories : Histoire, justice

32 commentaires

  1. jeannot dit :

    Pourtant ce sont les électeurs qui ont élu un président qui a annoncé avant les élections qu’ils abolirait la peine de mort s’il était élu.
    Il l’a annoncé, il a été élu, il a appliqué, donc on est dans le respect de la démocratie.

    Au moins cette décision a eu des effets positifs, cela a évité à la France des exécutions d’innocents. Vu que certains condamnés pour crime ont été innocentés après.
    Et ça tombe bien, c’est la principale motivation de l’abolition de la peine de mort.

    Donc cela a bine été une loi démocratique, en elle même, elle permet à chacun que ses droits soient respectés, et donc qu’un innocent ne soit pas exécuté pour des crimes qu’il n’a pas commis.

  2. Jean dit :

    @jeannot
    l’élection d’un président de la République n’a rien à voir avec une seule mesure comme l’abolition de la peine de mort. Mitterrand avait annoncé 101 mesures, les a-t-il toutes appliquées ? Non. En a-t-il appliqué d’autres qu’il n’avait pas prévues dans son programme ? Majoritairement oui, surtout après 83. C’est comme Sarko qui ose prétendre qu’il a été élu en 2007 sur le programme de voter oui au référendum de 2005, donc le vote non de 2005 est annulé “démocratiquement”… De qui se moque-t-on ? Et sur le nombre d’innocents tués par des assassins qui auraient été eliminés par la peine de mort, je prétends qu’ils sont plus nombreux et plus innocents que ceux ayant échappé à la peine de mort. Plus nombreux, car un meurtrier peut tuer beaucoup de personnes (notamment un terroriste, directement concerné par la peine de mort). Plus innocent car ils n’ont pas eu la chance de passer devant un tribunal, contrairement à celui qui est condamné à mort.

  3. bubu dit :

    Je plussoie +++++ ce que dit jeannot. L’abolition de la peine de mort est, comme l’interdiction de la traite négriére, puis de l’esclavage, un acquis civilisationnel. Interdictions dont le caractére démocratique pourrait être remis en cause par un coupeur de cheveux en quatre. Faut-il donc débattre du rétablissement de l’esclavage ? L’abolition de la peine de mort a-t-elle contredit l’expression de la volonté populaire par référendum, comme le Traité Européen, ou l’exercice démocratique se fait-il par sondages , ” les Français majoritairement contre” ?
    Bref, je ne vois rien à sauver de ce court article. Faux débat, faux sujet, faux arguments, tout faux. A oublier .

  4. Jean dit :

    @bubu
    comparer l’esclavage et la peine de mort, il fallait oser… Donc pour vous les USA d’aujourd’hui sont aussi barbares que du temps où avait lieu l’esclavage, puisqu’ils maintiennent la peine de mort.

  5. flo dit :

    Posons la question suivante: tuer quelqu’un après son crime insoutenable, indéfendable, ou abjecte, ça donnera quel effet? Un, le type ne pourra jamais prendre conscience de son crime. Deux, eh bien l’Etat se met au même niveau que lui! Jean, la France ne sera jamais les USA tel que Chuck Norris la conçoit!

  6. Virgile dit :

    En somme seuls les assassins ont le droit de tuer, ils doivent être contents de l’apprendre.
    J’aimerais savoir si celles et ceux qui bannissent la peine de mort fustigent également l’euthanasie et l’avortement… Oui, parce qu’il faut être logique lorsque l’on voue un culte à la vie. Les catholiques le sont. Est-ce le cas de tous les “progressistes” ?

  7. Virgile dit :

    @ flo :

    Il ne s’agit pas de faire prendre conscience à un assassin de son crime, il s’agit de pouvoir réparer une erreur : en l’occurrence, il ne le peut pas.

  8. flo dit :

    Eh bien je préfére qu’un sale type moisisse en taule plutôt que de me salir les mains! Personne n’a le droit d’ôter la vie d’autrui, sauf en temps de guerre!

  9. jarod dit :

    Personne ne “moisi en taule”, ils sont relâchés et récidivent… mais tant que les citoyens préfèrent financer la criminalité plutôt que de s’en débarrasser, qu’ils ne se plaignent pas des effets.

  10. Jean dit :

    @flo
    l’immense majorité des criminels de sang ne reconnaissent jamais avoir mal agi, et nombre d’entre eux récidivent une fois sortis, renseignez-vous.

  11. Virgile dit :

    @ flo :

    “… me salir les mains … sauf en temps de guerre” !!!!!!!!!!!!
    C’est l’hypocrisie poussée à son comble.

    Justement, l’homme qui vient à prendre la vie d’autrui volontairement ET gratuitement déclare la guerre à la société civile qui n’a, au préalable, aucun grief à son encontre. Il dit à la société “il me plaît de prendre cette vie et peu me chaut le devenir de la société sans elle.” En retour (j’insiste sur le fait qu’il s’agit d’une défense, non d’une attaque), la société déclare qu’une guerre lui a été déclarée et qu’elle est en droit de défendre l’ensemble des sociétaires… en employant tous les moyens possibles – après un jugement équitable, et s’il s’avère que le meurtrier, volontaire et gratuit l’est réellement – pour le détruire à son tour. Je ne veux pas dire par là qu’il s’agit du talion, certains meurtres ne méritent pas forcément la peine capitale (crime passionnel, délinquance routière par exemple), mais d’une Å“uvre de salubrité publique, n’ayons pas peur des mots.

    Quant à la dissuasion, je n’y crois pas et là n’est pas le sujet. Le propre de la peine capitale s’inscrit davantage dans une logique de juste rétribution pour un acte commis délibérément et gratuitement.

    Enfin, pour ce qui est de la prison à vie, elle est inapplicable, surtout dans un pays oublieux au fil du temps, qui a tendance, à mesure que les années s’écoulent, à négliger la vraie victime pour se concentrer sur le meurtrier qui devient, en proportion, “victime” à son tour d’un État inique et répressif. D’autant que ces êtres – avec lesquels je ne me sens personnellement plus aucun lien spécifique, du fait qu’ils ont jeté aux orties leur propre humanité – parvienne aujourd’hui à trouver l’épaule compatissante de la Cour européenne des DDH pour être considérés comme les victimes d’un système.

    Bref, OUI au rétablissement de la peine capitale, DANS CERTAINS CAS, ce que je peux soutenir du fait que je ne voue pas un culte à l’Homme en tant qu’être générique, comme c’est le cas aujourd’hui.

  12. Virgile dit :

    Une dernière chose :

    Lorsqu’un “partisan” de la peine de mort veut faire entendre sa voix (trèèèès difficile en démocratie !), il dit à l’abolitionniste : “je vais t’exposer mon point de vue sur la question”.
    Lorsqu’un abolitionniste tombe malencontreusement sur un partisan du retour à la peine capitale (la moitié des Français tout de même !), il lui assène : “je vais t’expliquer en quoi tu es un salaud”.
    Ce parallèle est une réalité profondément insultante pour des millions de Français, que vous le vouliez ou non.

    http://www.publicsenat.fr/vod/bibliotheque-medicis/la-peine-de-mort/philippe-maurice,paul-lombard,robert-badinter,eve-morisi/69795

    … voilà ce qu’est un “débat” sur la peine de mort en France à l’heure actuelle.

  13. Huxsley dit :

    _Quand on a aboli la peine de mort, il se trouva manquer par la même occasion le moyen de retirer définitivement un criminel de la vie en collectivité.
    _Le gouvernement baladurien de 93-95 pris un peu la mesure du problème en instaurant une peine de 30 ans, synonyme de perpétuité, ce qui, ma foi, est légèrement mieux que le laxisme de la période précédente, mais qui ne retire rien du problème de la dangerosité de criminels, souvent récidivistes, remis en liberté.

    _Il reste ce cas qui m’a toujours interpellé, c’est celui de Patrick Dills, injustement condamné, ayant passé 15 ans en prison avant d’être amené à pouvoir profiter d’une seconde vie….
    Quand même pour cet homme, avec la peine de mort, l’injustice n’aurait pu être réparé. S’accommoder, guérir de 15 ans de prison n’est sans doute pas aisé, mais au moins il n’était pas six pieds sous terre..

    _Alors la solution qui consisterait à allier les deux exigences de sécurité définitive et à permettre à une justice des hommes forcément imparfaite qui, dans le meilleur des cas, avec tous les test ADN qu’on voudra, ne rendra au mieux une décision qu’à 99.9 % de certitude, de pouvoir réparer, faire machine arrière suite à de nouvelles preuves……
    …et bien tout le monde la connait, c’est la prison à vie, ou bien comme aux Etats-Unis à l’exécution de peines dépassant de loin l’espérance de vie des hommes.
    ..Or sur les commentaires que j’ai lu ici, ou bien vous ne l’évoquez pas, ou bien vous n’y croyez pas du tout comme quelque disposition sur laquelle nos descendants finiront toujours par revenir..
    ..
    ..Ma foi, si à l’avenir les hommes veulent se créer une société plus dangereuse que celle que nous bâtirions sur une ré-actualisation de la prison à vie, ça les regarde. En démocratie, chaque époque fait son affaire.
    ..Mais c’est le comportement d’un assassin de se dire qu’il faut se dépêcher de guillotiner celui-là parce que la prochaine génération pourrait l’épargner. ça me fait penser à une armée en déroute qui sentant la défaite inéluctable, dans un acte de barbarie injustifié éliminerait tous les prisonniers dans les camps capturés pendant la guerre.
    ..En définitive il est sans doute assez vain de vouloir décider pour l’avenir. Faisons déjà ce qui nous parait juste pour notre époque.

  14. Seb dit :

    Je partage complètement les arguments de Virgile sur la peine de mort, y compris lorsqu’il évoque l’avortement et l’euthanasie. Il faut être logique jusqu’au bout.
    Un Etat se doit avant tout de garantir au maximum la sécurité de ses citoyens, il y a des limites qui ne peuvent pas être dépassées ni tolérées. Le problème c’est qu’il faut ensuite définir ces limites, ce qui risque d’être très compliqué. A partir de quel degré de crime doit on envoyer un coupable à la peine capitale ? Vaste débat où tous les excès sont également possibles…
    A titre personnel, je ne serais pas choqué que la personne qui a dépecé une femme encore vivante en Dordogne soit condamnée à mort si elle est jugée coupable. Mais ce n’est que mon point de vue.

  15. bubu dit :

    @ Jean : “http://www.revoltes.org/chiffres-2005-peine-de-mort.html” : Chine, Iran, Arabie Saoudite, Etats-Unis : 94% des exécutions dans le monde. Trouvez pas qu’il y a quelque chose de bizarre dans cette liste ? Non ? Pas d’”intrus” ? OK ……

  16. Jean dit :

    @Huxsley
    pour 1 Patrick Dills, combien de condamnés à mort à raison, rendu ainsi incapable de nuire à nouveau, et surtout combien d’hommes, femmes et enfants sauvagement assassinés, violés ou torturés par des malades inguérissables qui n’ont pas été condamnés à mort ? Il faut bien voir toute la réalité, pas uniquement celle qui arrange notre thèse. Un Patrick Dills peut encore s’exprimer, pas une petite fille violée, assassinée et coupée en morceaux.

  17. Jean dit :

    @bubu
    et si le Pen dit que le soleil est jaune, je dois dire qu’il est bleu ? Ce n’est pas parce que des pays totalitaires ont la peine de mort que la peine de mort est totalitaire, sauf à faire une erreur de logique qu’un enfant de 5 ans pourrait détecter. Dites-moi, en Chine, en Iran, en Arabie Saoudite et aux Etats-Unis, il y a un état, faut-il donc supprimer l’Etat ?

  18. Seb dit :

    En revanche, même si je pense que son abolition était une erreur en 1981, je ne peux pas dire que ce n’était pas démocratique puisqu’elle figurait clairement dans le programme socialiste de Mitterrand. Il a été élu, il a appliqué cette mesure, rien de plus normal. Il est tout à fait légitime de reprocher à nos hommes politiques de ne pas appliquer leurs programmes, mais il est trop facile de leur reprocher de l’avoir appliqué. Y compris Sarkozy avec le traité constitutionnel. C’est aux élécteurs de faire la part des chose.

  19. Virgile dit :

    @ bubu

    Et quel est l’”intrus” ???…

  20. Huxsley dit :

    @Jean

    _Bah, je suis pas pour la clémence non plus. La plupart sont intraitable médicalement. Je pense comme toi pour ça.
    _Maintenant je suis pour la prison à vie, parce qu’il n’y a pas de raison d’être contre (même pas financière, puisqu’aux États-Unis, ils ont calculé qu’avec tous les recours légaux les frais d’avocats accumulés coûtaient si cher qu’avec la crise certains États à qui en revient la charge réfléchissaient à nouveau à l’abolition)
    _Et contre la peine de mort parce que c’est un non-retour définitif, et que la justice peut se tromper.

  21. Jean dit :

    @Seb
    en démocratie non directe, on vote pour un homme, pas pour 101 mesures. En démocratie directe, on vote pour chaque mesure. Les Français ne se sont jamais prononcés pour l’abolition de la peine de mort, jamais.

  22. Seb dit :

    @Jean,
    à partir du moment où l’homme pour lequel on vote porte un programme, alors on vote également pour ce programme. C’est à nous, électeur, de choisir un programme et un homme en fonction de nos valeurs et de nos priorités. C’est à nous de faire une hiérachie entre ce qui nous semble acceptable ou pas.
    En 1981, je ne pense pas que les personnes qui ont voté Mitterrand étaient farouchement opposées à la peine de mort. Même si nombre d’entre elles y étaient probablement opposées, ce n’était pas leur priorité puisqu’elles ont voté en pleine connaissance du programme.
    Par contre, si le PS avait pris la décision d’abolir la peine de mort sans que cela soit dans leur programme, alors là, il aurait fallu un référendum.

    Par exemple, pour ma part, je serais incapable de voter pour un parti qui préconise le vote des immigrés aux élections locales et peu importe le reste de son programme, qu’il soit de droite de gauche ou autre. Je n’ai pas besoin d’un référendum pour faire mon choix et l’exprimer.

  23. bubu dit :

    @ Jean : Vous qui combattez les “mots qui arrêtent le débat”, vous me collez Le Pen et totalitaire dans les pattes, ce qui est sensé m’impressionner et clore la question ? Que les Etats-Unis soient la seule démocratie ( hormis le Japon, qui l’applique trés rarement et dont on sait l’influence qu’ont eu les USA dans l’aprés-guerre sur leur législation) qui emploie effectivement la peine de mort comme méthode de punition, ne fait pas d’eux un état totalitaire, n’importe quoi. C’est justement parce que les USA sont une démocratie, qu’il y a forcément une réflexion à retirer du fait que, sur ce point précis, ils ont la même vision de la punition extrême que les pays les plus répressifs du monde en la matiére. C’est tout.

    Je ne compare pas l’esclavage et la peine de mort. Je dis que dans les deux cas, il y a une notion d’acquis civilisationnel, que vous ne voulez pas admettre. Comme l’égalité hommes-femmes, la non-punition des homosexuels, etc….la liste est longue. Ces acquis civilisationnels sont admis par toutes les démocraties, y compris les USA, à l’exception de la peine de mort, ce qui s’explique par leur histoire, qui n’est pas la nôtre.

    Vouloir revenir sur cet acquis est vain, de toutes façons: L’histoire de la peine de mort n’est qu’un long processus d’abolition, comme l’a été celui de l’esclavage. Relisez le lien que je vous ai indiqué, http://www.revoltes.org/chiffres-2005-peine-de-mort.html pour vous en convaincre. Cette punition, tôt ou tard (plutôt tard, hélas), choquera autant que choque aujourd’hui l’esclavage. Vos arriéres-arriéres-petits-enfants, je l’espére, n’en croiront pas leurs yeux en lisant vos écrits d’aujourd’hui…..: “L’était trop relou le papy !….”

  24. jeannot dit :

    C’était une erreur l’abolition?

    Pourquoi?
    Le nombre d’homicides a baissé depuis, il a été divisé par deux en 15 ans.
    Alors qu’au contraire il était en augmentation avant l’abolition.
    Les états-unis est le dernier pays occidental à pratiquer la peine de mort, et pourtant c’est celui qui a le plus fort taux d’homicides, et bien sûr le plus grand nombre.

    Donc le fait de supprimer la peine de mort ne favorise pas les homicides, cela ne rend pas le pays plus dangereux.

  25. Virgile dit :

    @ jeannot :

    Le principe de la peine de mort ne répond pas à un besoin de dissuasion, mais à une juste rétribution des peines. Non pas “Å“il pour Å“il, dent pour dent”, bien sûr, mais “qui joue avec la vie d’autrui doit accepter d’avoir à perdre la sienne”. Il y a une subtile différence entre les deux.

  26. bubu dit :

    @Virgile: “Quel est l’intrus” ? Pour vous, les USA sont à mettre sur le même plan, quant au respect de la personne humaine, que l’ Arabie, la Chine, l’ Iran ? Je vois…. Rendez-moi service, s’il vous plaît : Ne me répondez pas . Merci.

  27. Jean dit :

    @jeannot
    attention aux raisonnements basés sur quelques chiffres, sur les radars le gouvernement nous enfume en faisant croire que les morts sur la route baissent grâce aux radars, alors qu’il n’en est rien. C’est multi-factoriel, croire qu’une seule mesure comme l’abolition fait baisser le nombre d’homicides, ce n’est pas scientifique.

  28. flo dit :

    @Jean

    Je sais de quoi je parle, j’ai travaillé dans le social et j’ai rencontré des éducs ( ou des anciens détenus) ayant été ou travaillé en prison. Des livres vous expliqueront cent fois mieux que moi qu’un détenu va subir un reconditionnement une fois qu’il entre dans un établissement. Outre Surveiller et punir de Foucaud il y’a les théses de Goffmann sur l’internement ( Asiles) ou encore Bentham, ou Beccaria. La prison est la première fabrique de criminalité. De soldat vous pouvez passer de sergent chef, puis à commandant. On arrête pas le progrès!

  29. Thomas FERRIER dit :

    Non, ce n’était pas démocratique et je partage pleinement l’avis de Jean sur ce point. Nous ne sommes pas avec des élus disposant d’un mandat impératif. Si cela avait été le cas, Mitterrand n’aurait pas été élu. Par ailleurs, voter pour quelqu’un dont notre connaissance est faussée ne signifie pas donner un blanc seing. Combien d’électeurs savaient que dans le programme commun il y avait l’abolition de la peine de mort ? Très peu.

    Combien aussi savaient que Mitterrand avait été aux Croix de Feu, avait été proche de la Cagoule, avait reçu une francisque, avait manifesté avec les nationalistes en portant une pancarte “non à l’invasion mét***”… etc ?

    Il fallait un référendum sur cette question, c’est cela la démocratie. Avec possibilité par référendum d’initiative populaire de revenir sur la décision précédente.

    Maintenant, il ne faut être ni pour ni contre la peine de mort quand on est un homme politique responsable. Il faut être pour le débât et pour que la décision soit prise par le peuple et par lui seul ! Les pères la morale du Système nous saoulent…

    Si nous sommes aux affaires européennes à l’avenir (sait-on jamais), il y aura un référendum européen sur cette question.

  30. Virgile dit :

    @ bubu :

    Eh bien je vais vous répondre quand même : pour vous, l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Chine feraient-ils partie d’un genre d’”axe du mal”, d’exemples à ne pas suivre par principe ? En quoi le fait d’être pour la peine de mort est-il incompatible avec le respect de la personne dans le cas des USA ? (Ou bien ai-je mal compris votre point de vue ?)
    Sachez que les USA sont attachés à la peine de mort et au port d’armes comme libertés fondamentales, ce qui colle parfaitement à la logique d’un pays ultra-libéral.
    Après, que cela choque les Français, je pense que les Américains s’en cognent, et ils ont bien raison. Nous sommes les champions de la moraline.

  31. Fucius dit :

    L’abolition de la peine de mort relève du dogmatisme. Les criminels tuent, l’État doit donc pouvoir condamner à mort, il en va de son autorité.
    Cela ne signifie pas qu’il faille le faire à tort et à travers, ni même le faire beaucoup.
    À vrai dire, sans abolir la peine de mort, on peut simplement modifier la loi pour qu’elle soit suspendue dans la pratique. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est l’exclure à tout jamais.
    La raison de cela tient en quelques mots de Blaise Pascal: L’homme n’est ni un ange ni une bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.
    Autrement dit l’abolition de la peine de mort sera payée (l’est déjà sans doute) par un mal pire que la peine de mort, celui de la déliquescence de l’autorité de l’État et de la souffrance imposée de ce fait à des innocents.

    Cette négligence des fonctions régaliennes, qui sont devenues accessoires à côté des dévoiements de l’État dans ses aventures régulatrices et redistributrices, annonce le chaos.

  32. Salomé dit :

    Il est complètement ridicule de remettre la peine de mort en question. Quant à l’avortement : ça n’a rien à voir. L’avortement met fin à la progression d’un foetus, c’est presque comme mettre un préservatif, après tout. Cet “enfant” n’a pas eu le temps de voir le monde, et par conséquent, n’est même pas conscient de ce qu’il peut passer à côté. (Je ne m’y connais pas assez sur l’euthanasie pour prendre cette procédure comme exemple, je suis jeune, que voulez-vous).
    L’exemple des Etats-Unis est pourtant assez explicite : le taux de criminalité est 5 fois plus important qu’en France. D’accord, nous ne sommes pas aussi bisounours que les Canadiens, mais il serait préférable de vivre dans un pays où on se sent en sécurité plutôt que se mettre à courir quand on est seul dans une ruelle sombre comme dans ces si bonnes séries américaines. A votre avis, pourquoi y a-t-il autant de séries policières américaines? Parce qu’ils ont de quoi s’inspirer. Rien que par la télévision, on peut faire cette remarque France vs USA au niveau violence. Il y a juste à comparer nos séries policières. Quel série semble plus réelle et plus flippante : Les Experts ou Cordier juge et flic?
    C’est un exemple des plus simples et presque naïf, pourtant, il est valable et plutôt révélateur.
    (Je suis assez d’accord avec flo sur le fait qu’on peut se permettre de “tuer” en temps de guerre; les résistants que nous, Français, considérons comme “gentils” dans l’histoire, ont tué les méchants nazis. Sans eux, et sans leur technique certes radicale, nous serions peut-être encore en dictature aujourd’hui. Et si une autre guerre comme celle-ci s’annonçait, je n’hésiterai pas à prendre la relève -en essayant cette fois de mettre en place un après-guerre un peu plus calme.)

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