Huit mois après l’avoir interviewée, nous avons demandé à Anne Coffinier (photo), présidente et fondatrice de la Fondation pour l’École, de nous faire part des évolutions de son organisation, et de réagir à un certain nombre de faits d’actualité. Nous vous encourageons vivement à découvrir le combat qu’elle mène courageusement.
1/ Vous venez de lancer un nouveau blog, quelle est son adresse et quel est son but ?
L’adresse de notre nouveau blog est www.liberte-scolaire.com, avec son équivalent sur Facebook et Twitter. Son but ? Apporter toutes les informations et réflexions qui peuvent être utiles pour relever l’école en France. Notre prisme : la liberté scolaire, car nous avons la ferme conviction que c’est en appelant les acteurs éducatifs à leurs responsabilités et à leurs libertés propres que nous parviendrons ensemble à sauver l’école. C’est au niveau local, à savoir au niveau de l’établissement scolaire et peut-être aussi de la commune, qu’aura lieu le sauvetage de l’école. La rue de Grenelle a, quant à elle, fait la preuve ces quarante dernières années de son incapacité à conduire les réformes qui s’imposaient. En raison de son gigantisme, de sa gestion centralisée, de sa politisation et de son conservatisme corporatiste, l’Éducation nationale est incapable de se réformer d’elle-même. Pour sauver l’école de la Nation, il est urgent de stimuler l’Éducation nationale de l’extérieur. Le développement d’un secteur privé dynamique, réellement libre de ses choix de programmes, de méthodes et de recrutement pour assurer la meilleure efficacité pédagogique possible, est indubitablement un aiguillon précieux pour l’école publique. Notons d’ailleurs que le monopole dans lequel l’Éducation nationale s’est installée ne va pas de soi. Il n’est en tout cas pas conforme à la conception qu’en avaient les pères fondateurs de la République, telle que définie brillamment par le grand Condorcet (cf. notre article du 3 octobre sur le blog). Selon l’auteur des Cinq mémoires sur l’instruction publique (1791), l’école publique a un besoin vital d’écoles privées qui lui fassent concurrence ; ce serait le meilleur moyen pour que les écoles publiques ne s’endorment pas sur leurs lauriers mais que, cherchant toujours à supplanter les écoles privées, elles soient poussées à se dépasser elles-mêmes. L’école publique monopolistique actuelle est donc, dans son principe comme dans ses résultats, une trahison de l’école républicaine authentique.
Dans ce contexte, le blog s’efforcera simplement de donner des éléments qui peuvent conduire l’école publique comme l’école privée à renouer avec un enseignement de qualité, seul à même de donner à chaque enfant les connaissances nécessaires à une vie autonome et féconde.
2/ Vous parlez de “fissure dans le mur de Berlin”, pourquoi ?
Aujourd’hui, tout observateur sérieux de la question scolaire comprend que la guéguerre entre l’école privée et l’école publique appartient au passé. Seuls quelques idéologues dont c’est le lucratif fromage s’en délectent encore. Mais les citoyens, eux, veulent simplement une école qui instruise, qui donne ainsi à chacun sa chance de vivre debout sa vie d’adulte.
Nous vivons une époque fascinante dans laquelle certaines contre-vérités ne peuvent plus être décemment assénées. Ainsi premièrement, on ne peut plus opposer sous-contrat et hors-contrat comme deux réalités différentes se regardant en chiens de faïence. En effet – et l’Enseignement catholique lui-même le reconnaît à présent – le contrat se passe au niveau de la classe et non de l’établissement, ce qui signifie qu’un établissement privé peut être tout à la fois sous contrat pour certaines classes et hors contrat pour d’autres (cf. par exemple, l’article de Libération donné sur notre blog). Deuxièmement, le contrat apparaît de plus en plus comme ce qu’il est : un moyen de financement, instauré en 1959 par la loi Debré, non une fin en soi. Une école catholique ne tire pas sa légitimité scolaire du contrat qu’elle a passé avec l’État : ce n’est pas le contrat qui lui confère son caractère d’école. Ce n’est pas non plus le contrat qui lui confère son intérêt général, c’est la nature éducative de son activité et son caractère non lucratif et ouvert à tous. De même, elle ne tire pas davantage du contrat son caractère propre – sa catholicité, dans le cas d’espèce. Le contrat tel que conçu en 1959 constitue une formule intéressante dans la mesure où l’État tient ses engagements, c’est-à-dire finance tous les postes de l’école privée dès lors qu’ils correspondent à un « besoin scolaire reconnu » au niveau local. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. L’État ne fait objectivement rien pour faciliter le développement des écoles privées. Il refuse de financer toute nouvelle création de classe, empêchant l’école privée de répondre aux demandes des parents dans les zones privées de choix scolaire, qui ont pourtant un« besoin scolaire reconnu ». Par ailleurs, il n’octroie pas assez de postes de professeurs sous contrat aux écoles existantes alors qu’elles sont plébiscitées par les parents, ce qui conduit l’enseignement catholique à avoir des classes pouvant dépasser 40 élèves.
En conséquence, les distinctions privé/public, sous-contrat/hors-contrat ne doivent vraiment plus être au centre de nos préoccupations. Face à l’immensité des défis éducatifs et même civilisationnels, l’urgence est de définir des programmes scolaires exigeants et cohérents, de donner aux écoles les moyens de fonctionner correctement: or, force est de constater que les écoles (qu’elles soient publiques ou privées) ont besoin d’un directeur doté d’un véritable pouvoir pédagogique et disciplinaire, ce qui suppose de nommer des directeurs qui soient reconnus par leurs pairs d’un point de vue académique et managérial. Les écoles doivent pouvoir renvoyer les élèves, les familles ou les professeurs qui ne remplissent pas leur devoir respectif. Les écoles doivent imposer une discipline et une régularité propices à l’étude et à la réussite de tous, surtout de ceux qui n’ont personne à la maison pour compenser les insuffisances de l’institution scolaire.
L’école ne tire sa légitimité que du service qu’elle rend aux familles. Si l’école publique ne remplit plus la mission que la République lui a confiée, alors il faut que la société civile mais aussi les collectivités locales fondent de nouvelles écoles. Il n’est plus temps de sacraliser l’école publique et d’en faire un absolu intemporel. En « horizontalisant » l’autorité, en dévalorisant les savoirs, en ouvrant l’école au monde, en en faisant le lieu d’expérimentation des dernières théories pédagogistes, en refusant la sélection par le mérite, des générations de réformateurs idéologues ont pris la responsabilité de désacraliser et ravager l’école publique. Il nous incombe aujourd’hui de trouver des moyens réalistes de relever l’instruction en France, et par là-même d’assurer l’avenir de notre Nation.
Il y a urgence parce qu’on ne peut pas sacrifier davantage d’enfants et parce qu’on ne peut pas laisser plus longtemps des professeurs dévoués dans des situations de travail si déplorables. Il y a aussi, il faut le reconnaître, une urgence budgétaire à mettre en place un système scolaire plus performant. Des replâtrages ne suffiront pas. Une énième réformette ne sauvera pas l’école. Pour refonder l’école, tout en minimisant les risques d’erreur globale et en prenant en compte la variété des aspirations de la société en matière d’éducation, il faut miser sur la liberté scolaire. De plus en plus de professeurs de l’école publique ou sous contrat songent sérieusement à fonder leur propre école, à l’instar de Françoise Candelier de l’école du Blanc Mesnil dans le Nord. Ils doivent y être encouragés. Cette année, 25 nouvelles écoles indépendantes ont ouvert leurs portes sans un euro d’aide de l’Etat. Elles représentent un immense espoir et le service qu’elles rendent est vraiment d’intérêt général : elles offrent une alternative précieuse aux familles lorsque ces dernières ne sont pas satisfaites du service rendu par les écoles du service public. Qu’y aurait-il de scandaleux à encourager le libre choix et donc le développement d’alternatives aux écoles d’Etat ? (“L’État proclame et respecte la liberté de l’enseignement et en garantit l’exercice aux établissements privés régulièrement ouverts“, disait déjà la loi Debré dans son premier article.)
Ce qui est scandaleux, c’est plutôt de ne rien proposer à tous ces enfants qui sont otages d’établissements publics qui ne dispensent plus un enseignement de qualité.
Nul n’a besoin d’être prophète pour prédire que l’essor du secteur privé en matière éducative est désormais inéluctable. Ce qui n’est pas joué en revanche, c’est de savoir si ce seront des écoles libres au service du bien commun qui s’imposeront ou bien au contraire des marchands de soupe guidés par des préoccupations exclusivement mercantiles. Tout dépendra de l’attitude des pouvoirs publics : s’ils desserrent enfin l’étau qui étouffe les écoles privées classiques, ces dernières se développeront de telle manière qu’il n’y aura plus de place pour les marchands de soupe.
3/ Une affaire a défrayé la chronique récemment, la création d’une école hors-contrat dans les Hautes-Alpes pour remplacer une classe fermée par l’État. Le hors-contrat est-il la solution pour le maintien de la continuité du service public dans les campagnes ?
Hors contrat, cela veut dire libre. En créant une école hors contrat, le maire de Puy-Saint-Vincent a défendu la liberté de choisir, au niveau local, ce qui allait dans l’intérêt des enfants : une classe dans sa commune, financée par une association qui a eu le libre choix de son institutrice, au lieu d’un système de ramassage scolaire éprouvant et coûteux.
Nous croyons en effet qu’une école libre de choisir ses professeurs, son programme, ses méthodes est structurellement meilleure qu’une école que l’État ouvre ou ferme sans même demander aux citoyens leur avis, qui est dirigée par un directeur qui n’a pas le droit de recruter son équipe ni de se défaire d’un professeur incompétent, qui est obligée de suivre le programme de l’État lequel est toujours plus instable, vide et déstructurant d’une année sur l’autre… Il est déplacé que les professeurs soient traités comme des pions, des agents d’exécution mutables et malléables à merci, comme c’est largement le cas dans l’école publique et sous contrat. Les écoles sont chargées d’engendrer les enfants à la liberté. Si elles ne jouissent pas d’une pleine liberté et d’une responsabilité devant la société civile, alors elles ne seront pas susceptibles de remplir leur mission. Elles ne sont dès lors plus d’intérêt général. Elles deviennent une machine à accélérer les inégalités sociales, à condamner les plus pauvres, à rendre médiocres ceux qui auraient pu devenir les élites dont notre pays a besoin.
4/ Nous avons interviewé longuement Michel Desmurget, directeur de recherche à l’INSERM, auteur de TV Lobotomie, qui explique que la télévision est une des principales responsables des difficultés rencontrées par les enfants actuellement à l’école. Pourtant peu d’experts dans le domaine de l’éducation en parlent, pourquoi selon vous et qu’en pensez-vous ?
La parution de ce livre est fondamentale car il est urgent de libérer les enfants de la télévision et plus largement de la virtualisation de leur univers pour les aider à s’ancrer dans la réalité, à habiter leur corps, leur époque, leur vie. La télévision, les jeux vidéos, les réseaux sociaux… sont l’opium du peuple. Un peuple devenu allergique au silence, allergique à l’intériorité. La télévision nous habitue à la passivité. En violant constamment notre sensibilité, elle émousse notre capacité de compassion et d’indignation, elle nous prépare à toutes les compromissions, à toutes les abdications. Il est intéressant de noter que dans nombre d’écoles indépendantes la télévision est interdite à l’école et très fortement déconseillée à la maison en semaine. Il est demandé aux familles de choisir avec beaucoup de soin les rares films ou émissions qui seront montrés aux enfants, et, dans la mesure du possible, de les voir avec eux, en leur expliquant ce qui mérite de l’être. Le livre de M. Desmurget sort à point nommé alors que le ministère de l’Education est tenté par l’appel du tout numérique. L’enfant a besoin de développer ses sens, ses capacités perceptives, son habilité manuelle… C’est un besoin fondamental pour son développement cognitif. Les méthodes Montessori ou Vittoz par exemple insistent avec raison sur cette dimension sensible de l’éducation de l’enfant, qui doit apprendre à regarder, écouter, toucher, goûter.
5/ Le sociologue Raymond Boudon, que nous avons longuement interviewé également, explique depuis des dizaines d’années que l’inégalité scolaire vient notamment du fait que les familles s’ingèrent dans l’orientation de leurs enfants, au lieu de laisser ce choix aux instituteurs et aux enseignants. Qu’en pensez-vous ?
La thèse de ce grand sociologue français date des années 1970, bien qu’il l’ait rééditée dans une version abrégée cette année (cf. La sociologie comme science, 2011). Il importe donc de voir qu’en défendant cette thèse, R. Boudon s’opposait à la doctrine dominante de l’époque (et qui l’est encore aujourd’hui) selon laquelle les inégalités scolaires proviendraient de la prétention de l’école à transmettre des connaissances, à classer les enfants. Lui montrait qu’en fait, les différences scolaires apparaissaient au niveau de l’orientation et étaient dues au fait que les parents de niveaux sociaux élevés poussaient les enfants à continuer malgré un jugement contraire de l’institution scolaire tandis que les parents de milieux sociaux plus simples acceptaient le verdict du maître et n’hésitaient pas à faire interrompre les études à leurs enfants ou les orienter dans des filières courtes. Mais il ne s’agirait pas d’en tirer comme conclusion que R. Boudon est favorable à l’éloignement des familles de l’orientation et à l’emprise totalitaire de l’institution scolaire sur l’avenir des enfants !
Ce qui m’intéresse plutôt, en 2011, c’est de revenir à ce fameux objectif de réduction des inégalités. Je voudrais rappeler, au risque de choquer, que le but de l’institution scolaire n’est pas de réduire les inégalités, qu’elles soient sociales ou scolaires. La finalité de l’école est de donner à chacun les connaissances et habitudes de raisonnement et de travail qui lui permettront de développer toutes ses potentialités et de répondre à sa vocation propre. Que des enfants doués ou très suivis aient de meilleures résultats scolaires que des enfants peu doués ou peu aidés n’a rien de surprenant, et c’est inévitable. Ce que requiert plutôt la justice, si l’on refuse de donner dans l’utopie, c’est que chaque enfant – égal en droits avec les autres – reçoive une solide instruction de base qui lui permette de cultiver sa nature, ses dispositions, d’accéder à un métier ou à des savoirs qui correspondent à ses aspirations. Il faut aussi qu’il puisse poursuivre des études supérieures, s’il en a le niveau et le désir, quelles que soient ses origines sociales. Bref, c’est d’une méritocratie dont nous avons besoin. R. Boudon est, il me semble, d’accord avec cette idée que c’est précisément en considérant l’école comme un lieu de transmission des connaissances que l’on réduira de facto le plus les inégalités.
Contribuez au développement du site en
souscrivant
L’hypocrisie de ceux qui prônent cette vision libérale de l’école est toujours d’oublier de nous dire que la fameuse “méritocratie” qu’ils nous vantent ne sera pas fonction du mérite réel mais du portefeuille. On ne nous parle ici que du point de vue de ceux qu’un tel système arrange. C’est un peu le syndrome du Titanic : les premières classes embarquent dans les chaloupes de sauvetage, les autres se démerdent.
Toutes les études sociologiques le montrent, il y a un rapport direct entre niveau social et réussite scolaire. Moi ce que j’aimerai que cette dame nous explique, c’est comment fonctionne l’ascenseur social dans son système idéal. Je suis d’accord que l’école ne doit pas tirer vers le bas les élèves méritants. Mais à l’inverse, dans le système prôné par madame, comment permet-on aux élèves doués issus de milieux sociaux défavorisés d’accéder à ce savoir de qualité ? ET que fait-on des autres ? La mixité sociale n’est-elle qu’un concept idéologique à balayer d’un revers de main ?
@ Quidam :
Je suis d’accord pour dire que ce n’est pas en quittant le bateau public pour rejoindre des chaloupes privées que se régleront les problèmes éducatifs en France. Il faut bien sûr œuvrer pour dissocier finances et réussite scolaire, mais de là à faire de toute une classe sociale des victimes en puissance, il n’y a qu’un pas, vite franchi.
@Quidam
Je suis sur que les élèves de tous les 5% des “lycée Louis le grand” de France qui terminent à bac plus 5 des études payées par les 20% des “lycée Lénine à Saint Denis” qui terminent à bac-1 sans savoir lire, disent merci à l’école soviétique, couteuse et obligatoire pour “l’égalité des chances”.
Si vous aviez vraiment le soucis des pauvres, vous demanderiez le chèque scolaire. Que les enfant de riches payent eux même leurs études au lieu que l’État les fassent payer par les pauvres.
Seulement voilà les zélotes du sevice public tiennent à garder leurs places au chaud, avec petit contrôle idéologique sur les têtes blondes. L’idée qu’un “prof/directeur/equipe pédago” incompétent puisse se faire virer comme n’importe quel incompétent en met certains mal à l’aise. Et puis ça diminuerait les effectif mis à disposition de la FEN et autre FSU ou “associations” de parents d’élèves.
On peut par erreur renoncer à la liberté (des autres ?) pour des promesse, mais seul les pigeons persistent quand les promesses sont manifestement des tartufferies.
Le problème actuel de l’école c’est que le gouvernement de la droite décomplexée, a abandonné les buts de l’éducation nationale : la défense de l’intérêt général, l’obtention d’un bon niveau d’éducation pour tous. L’école publique ,n’est plus gérée comme un service public.
Puy saint-vincent en est l’exemple même, puisque la mairie pour accomplir le service public d’éducation a dû créer une classe hors du cadre défini par le gouvernement. Si le gouvernement avait joué son rôle de la gouvernement de la république, donc de la chose publique il n’aurait pas fermé des classes qui répondent à des besoins.
“Je voudrais rappeler, au risque de choquer, que le but de l’institution scolaire n’est pas de réduire les inégalités, qu’elles soient sociales ou scolaires. La finalité de l’école est de donner à chacun les connaissances et habitudes de raisonnement et de travail qui lui permettront de développer toutes ses potentialités et de répondre à sa vocation propre. ”
Donc qu’au final les élèves qui ont de bonnes potentialités puissent obtenir le meilleur, et ce donc quelque soit leur milieu social d’origine.
Cela s’appelle donc réduire les inégalités, puisque le parcours scolaire n’est plus dépendant des inégalités sociales, mais juste des capacités des élèves.
Ça a marché pendant les 30 glorieuses, mais à cette époque l’humain et le travail étaient valorisés. Les fils d’ouvrier immigré pouvait devenir” facilement” ingénieur, grâce à l’accueil de tous dans l’école publique, avec une éducation sérieuse.
Par conséquent le but de l’éducation c’est bien la réduction des inégalités sociales qui peuvent se traduire en inégalité scolaires. Parce que les inégalités socio-scolaires viennent quand le faible niveau scolaire des parents se répercute statistiquement sur celui des enfants.
@ jeannot :
Encore une perle, vous nous gâtez ce soir :
1. “Donc qu’au final les élèves qui ont de bonnes potentialités puissent obtenir le meilleur, et ce donc quelque soit leur milieu social d’origine.
Cela s’appelle donc réduire les inégalités, puisque le parcours scolaire n’est plus dépendant des inégalités sociales, mais juste des capacités des élèves.”
… Oui oui, et pour l’élève qui a de mauvaises “potentialités” et qui est, de surcroît, issu d’un milieu social très modeste, comment comptez-vous réduire les inégalités dont il est l’objet ?…
2. “Ça a marché pendant les 30 glorieuses, mais à cette époque…” Mai 68 n’était pas encore advenu !
@Virgile
“… Oui oui, et pour l’élève qui a de mauvaises “potentialités” et qui est, de surcroît, issu d’un milieu social très modeste, comment comptez-vous réduire les inégalités dont il est l’objet ?…”
Vous ne voulez pas seulement une obligation de moyen, vous voulez une obligation de résulta ?
@ Alf :
Oh non, ce n’est pas moi qui veux, c’est ce qu’ont voulu les rêveurs de Mai, et c’est ce qui a plombé l’EN.
Mais j’aime mettre l’ami jeannot devant ses contradictions.
Alf> le chèque scolaire ne répond pas au syndrome Titanic. D’une façon ou d’une autre, en hiérarchisant les établissements, vous finissez par abandonner au bas de l’échelle des gamins dont l’origine sociale ne leur permet pas de s’orienter vers les bons établissements. De plus, vous accentuez le nivellement entre les établissements, avec d’un coté les écoles poubelles, et bien sûr la réputation qui collera à la peau de leur élèves, de l’autre les écoles de l’élite, avec un nombre de places limité, et on sait, encore une fois, qui obtiendra ces places. Lorsque vous prônez ce système, vous n’imaginez pas une seconde que votre enfant puisse être dans la première catégorie.
La limite des libéraux est qu’ils considèrent de fait que chacun a une conscience éclairée, et est maître de son destin. Ce n’est pas le cas, et ceux qui pensent le contraire sont pour la plupart des nantis de la vie.
jeannot> “Ça a marché pendant les 30 glorieuses, mais à cette époque l’humain et le travail étaient valorisés.” > remarquons que Mme Coffinier ne répond pas à cette question. Lorsque Jean évoque dans l’interview vidéo la valorisation des métiers manuels, elle n’explique pas en quoi son système peut y apporter une réponse. Or je doute que lorsqu’elle parle de la création d’écoles privées, ce soit dans l’objectif d’y accueillir de futurs plombiers ou mécaniciens.
@Alf
+10 000
à jean et à alf
la référence aux soviets est malvenue, ce qui prouve une certaine méconnaissance du sujet d’une part, et d’autre part de la noblesse du rôle de la collectivité dans la garantie de l’intérêt général, à travers ses institutions ! Car, les hussards noirs de la république étaient des libéraux, et non des soviets ! et l’amalgame constant entre ce qui a trait à l’état et le communisme totalitaire est scandaleux ! bien qu’il est nécessaire de condamner les dérives gauchistes des syndicats et la propagande qu’il propagent dans les manuels scolaires !
( et pour les amoureux du déclins, je tiens à signaler que, c’est grâce aux instituts publics comme le CNRS qu’il eut des découvertes au sujet de la vitesse des neutrinos, mais aussi les nombreuses médailles filds en mathématique qui font de la france le 2 ème pays, après les états-unis, formant le plus de génies en math, malgré le handicap démographique car l’on serait le premier des pays si l’on prenait en compte le rapport des récompensés et de la population totale )
@badr
La question n’est pas de savoir si le système français est favorable à une élite, il l’est, c’est certain, je le souligne dans mon premier commentaire. Les rares Nobels que nous avons travaillent à l’internationale à cheval sur plusieurs universités ou centres de recherche.
Chacun considère que la liberté est nécessaire au progrès de la science, il va falloir m’expliquer pourquoi en matière d’enseignement, la recherche maximum de l’uniformité serait une vertu.
Je connais des profs libéraux, mais je ne sais pas en quoi un système monopolistique, centralisé et planificateur peut le moins du monde être imprégné d’un esprit libéral. Il n’y a aucune raison honnête pour s’opposer à un système de type chèque/compte scolaire (sauf à le considérer encore comme trop étatiste).
La plus part des grandes organisations privées (associations, entreprises) vivent largement des marchés publics ou de subventions, même à cette condition, très rares sont celles qui dépassent quelques dizaines de milliers de membres/salariés. C’est là une condition NÉCESSAIRE à l’efficacité et qui suppose l’état de l’art en matière de logistique/coordination/système d’information.
Il va falloir m’expliquer comment une organisation de +- 1300000 personnes, plombée de multiples rigidités administratives et non comptable de ses résultats ou dépenses peut produire quoi que ce soit de qualité. Nullité largement confirmée par l’expérience. La plus part des profs (pas tous) feraient sans conteste un meilleur travail dans une organisation de qualité.
@Quidam
C’est exactement l’inverse, le payement double pour accéder à la liberté (surveillée) des établissement sous contrat exclus méthodiquement les pauvres du choix, inversement le chèque scolaire le facilite. Ce déni d’évidence est révélateur de vos préjugés.
Les argument fallacieux que vous donnez, n’évite une décrédibilisation immédiate que par le fait de la censure produite par le monopole qui tel la Pravda empêche toute comparaison. C’est vraiment crétin de croire qu’un employeur va juger un type sur son lycée. La nature de sa formation/expérience ou sa capacité a s’exprimer, le salaire demandé, seront bien plus importantes que l’étiquète de l’établissement. A Terme, c’est sa personnalité et la relation de travail qui fera la différence. Il y a bien des polytechniciens imbuvables qui resterons rond de cuir toute leur carrière.
La limite des ETATISTE est qu’ils considèrent de fait que chacun est un débile profond. Ce n’est pas le cas, et ceux qui pensent le contraire sont pour la plupart des nantis du pouvoir ou des idéologues refusant l’idée qu’il puisse apprendre quoi que ce soit de la comparaisons avec les autres.
@ Alf :
“La limite des ETATISTE est qu’ils considèrent de fait que chacun est un débile profond. Ce n’est pas le cas, et ceux qui pensent le contraire sont pour la plupart des nantis du pouvoir ou des idéologues refusant l’idée qu’il puisse apprendre quoi que ce soit de la comparaisons avec les autres.”
Là je ne suis pas d’accord : le problème n’est pas que le “fonctionnarisme” considère chacun “comme un débile profond”, mais je dirais plutôt qu’il provient du fait que le discours dominant nous oblige à considérer les élèves comme tous égaux en capacités, ce qui est une bêtise sans nom. Voilà, pour moi, où réside le mal principal de l’Éducation nationale.
Certains sont capables, d’autres moins, et tout l’argent du monde ne pourrait rien y faire.
@Virgile
je reprenais la formulation polémique de “Quidam” en remplaçant “liberaux” par “etatistes”.
Etes vous profs ?
Que pensez-vous de la question des mélanges d’élève de niveau différents, je pense que c’est une calamité, ça abaisse le niveau d’un élève meilleur que les autres, ça enfonce celui qui est moins bon.
Je pense, au regard de ma propre expérience qu’il faut les classes les plus homogènes possibles pour pouvoir enseigner efficacement à tous.
Si l’école était libre, et si l’enseignement était mon métier, je pense que je ferais un cursus par matière pour que chaque élève se retrouve à son niveau dans chaque discipline. Le CNAM procède un peu de ce modèle, il fait aussi les examens avec les livres, je trouve ça bien mieux (en revanche, je fournirais la même calculatrice à tous).
@ Alf :
Je ne suis pas prof, et partage votre point de vue sur l’”homogénéité” des classes.
Étant donné que jamais les profs ne parviennent à faire en sorte que le haut tire le bas, au mieux rien ne change, au pire c’est l’inverse qui se produit.
Pour ceux qui savent lire, voilà un petit antidote aux idées reçues du poujadisme version neolibéral qui transpire des lignes de cet interview :
http://www.contretemps.eu/lectures/bonnes-feuilles-nouvelle-%C3%A9cole-capitaliste-p-cl%C3%A9ment-g-dreux-c-laval-f-vergne
pour les autres une invit à voir des conférences gesticulées
http://tvbruits.org/spip.php?article981
savoir résoudre une équation à X inconnues n’aide pas à lire dans le cœur des gens ni à monter un mur
peut être n’avons-nous pas tous les mêmes capacités mais au moins cherchons à développer celles qui sont les nôtres, sans les hiérarchiser entres elles
qui est le plus apte à développer les potentialités d’un enfant, un enseignant-curé, un curé-enseignant? certains proposent de ces alternatives! et à part ça quand l’école à échoué, il reste la prison, ou pourra aussi choisir entre public et privé? oups, trop tard…
@Sitouaillain
vous me faites bien rire, nos enfants sont enfermés mais vous voulez les enfermer à double tour, avec des barreaux invisibles pour pouvoir crier “vous êtes libres” ! Vous êtes très forts, comme tous les bourdieusiens, qui sont partout à l’école et à l’Université, mais qui se prennent encore pour des “dominés”. Vous avez enfanté des Pascal Boniface qui se dit censuré parce qu’il ne passe pas dans tous les grands médias, mais que dans 80% d’entre eux. Répondez à une seule question : l’Éducation Nationale compte-t-elle, oui ou non, 1,05 million de fonctionnaires, et cela en fait-il la 6è organisation au monde en terme de personnels ?
@jean
ne confondons pas débat avec procès d’intention,
je ne m’inscris pas dans les termes du débat tels que posés par l’interview et certains posts qui suivent,
je mets à la disposition via un lien une analyse sociologique qui montre que la concurrence entre établissements, à l’intérieur même de l’éducation nationale produit les effets inverses de ceux escomptés (officiellement), je vous mets au défis de la réfuter;
ma lecture des problèmes posés par cette question de l’enseignement ne saurait rentrer dans les cadres étriqués d’un débat entre bien-pensance de droite et bien-pensance de gauche, et je ne crois pas que le statut de l’enseignant à des effets mécaniques sur la manière d’enseigner, les attentes posées sur les élèves et le contenu des enseignements. Etre antifonctionnaire par principe n’a aucun sens, c’est même une démission de la pensée, surtout lorsque certains partisans de l’école “libre” entendent confier leurs enfants à une organisation qui doit être nettement plus haut qu’à la 6ème place dans votre liste des monstres: l’Eglise Catholique.
En revanche, vous avez raison de pointer les problèmes organisationnels, de recrutement, d’évaluation, etc.
mais cela intervient pour moi dans un second temps.
un des points fondamentaux se situe par exemple dans la nécessité de dépasser l’universalisme à la française, sorte de prolongement du catholicisme, et sans tomber dans le relativisme à l’anglosaxonne. La même école pour tous, au regard de l’égalité des chances, c’est une stupidité sans nom…même si cela partait d’un bon sentiment. Autre point, la plupart des maux de l’école ont leurs sources en dehors de celle-ci, et je ne crois pas que le gâchis qui consiste à sous-développer certaines formes d’intelligence en cherchant à en sur-développer une seule trouve une solution à l’intérieur de ce faux débat public-privé.
Enfin, on devrait se poser la question de savoir ce que l’on attend de l’école, plusieurs choses certes, mais ceux qui n’en attendent pas au moins une forme de creuset à minima, doivent penser à équiper leurs fenêtres de solides barreaux…
@Sitouaillain
la concurrence entre établissement permet le libre choix des parents pour leurs enfants, donc c’est une amélioration.
@ Jean
“la concurrence entre établissements permet le libre choix des parents pour leurs enfants, donc c’est une amélioration.”
l’article susmentionné expose pourtant les résultats d’une étude comparative basée sur l’étude PISA de l’OCDE:
les enfants des pays où existe une concurrence entre établissements présentent un niveau de connaissances global inférieur aux enfants des autres pays.
Objectivement, votre système rend meilleurs les bons élèves et pire les mauvais élèves, mais en moyenne il abaisse le niveau général.
Je passe sur l’illusion de liberté de choix, qui suppose un certains nombre de savoirs chez les parents et d’avoirs accessoirement, en supposant aussi, qu’ils aient des enfants que les établissements veulent bien accepter, mais Boudon (puisque vous n’aimez pas Bourdieu), nous a aussi montré que le facteur déterminant la position sociale acquise est la position sociale des parents. tombaient ainsi les illusions sur l’école comme lieu de l’égalité des chances (égalité des chances, seule justification morale à la conception libérale de la société de B.Constant).
Alors bien entendu, les géniteurs d’âmes bien nées se satisferont de ne pas avoir à mêler à la plèbe leurs rejetons promis à un avenir sans nuage, et les pourfendeurs d’intellos seront ravi de voir leur engeance leur ressembler,
il n’empêche que les effets sociaux d’une polarisation croissante entre établissements selects et établissements poubelles, non seulement n’ont aucune conséquence positive sur la distribution des positions sociales, ils accentuent l’accroissement des inégalités, mais cela risque d’ébranler votre foi en la prétendue efficacité de la main invisible: précisément parce que la croissance des inégalités est directement corrélée à la croissance de la criminalité, ce que vous auriez voulu économiser en fonctionnaires de l’enseignement, vous le perdrez en fonctionnaires de police. A moins bien sûr que vous ne préfériez faire appel à des milices. Après tout, votre foi devrait aussi vous conduire à demander la mise en concurrence des policiers…
@Sitouaillain
dans d’autres pays que la France, peut-être, je n’en sais rien, mais en France, où l’Education Nationale est aux mains des communistes et des syndicats, j’attends une étude probante qui démontre le contraire de ce que j’affirme et que nous sommes des milliers à avoir vécu.
@ Jean
“l’Education Nationale est aux mains des communistes et des syndicats”
là je crois que c’est le pompon! ce n’est pas “Enquête et Débat” ici c’est “Préjugé et Propagande”, sapristi je ne savais pas qu’il existait encore des personnes vivantes capables de croire ou de vouloir faire croire un délire pareil après bientôt trente ans de contre-révolution néolibérale…ça fait froid dans le dos! Même J-F Coppé n’a pas dû y penser à celle-là!
je pense que personne ne prendra la peine de faire une étude pour démontrer le contraire de ce que vous dites, rassurez-vous, c’est tellement énorme…
en tout cas je vais la ressortir celle-là..
@Sitouaillain
je ne sais pas si l’Education nationale est aux mains des communistes et des syndicats, mais ce que je constate, c’est que tous mes amis qui y travaillent apprennent leurs mutations ou leurs promotions d’abord par les syndicats puis par leur hiérarchie… personnellement je trouve cela bizarre et j’aimerais bien en connaître la raison. Pouvez-vous m’éclairer ?
Je remarque que dans ce débat, la caricature est toujours du meme coté, et les arguments de fond de l’autre. Si l’on critique vos fausses bonnes méthodes magiques, c’est donc forcément que l’on est bolchévik et que l’on se satisfait du système actuel.
Seb > tes amis sont-ils communistes ? Interroge les sur la façon dont ils enseignent, ils pourront te dire que chaque professeur est roi dans sa classe et peut la mener comme il l’entend. Les programmes sont un minima, rien ne les empeche d’aller au delà. Les profs ne sont pas une armée idéologique aux ordres.
Quant au syndicalisme, je peux te dire pour avoir assisté aux débats dans mon établissement qu’il est loin d’emporter l’adhesion de la majorité des enseignants, qui y voient un traquenard politique. Malheureusement, il est difficile en France de créer une force syndicale sans qu’elle soit récupérée, et il n’y a pas de contrepouvoir alternatif pour le personnel. La plupart des gens qui y adhèrent le font plus pour appuyer leur petites revendications individuelles que par idéologie.
@ Seb,
de la même manière qu’un élève apprendra du délégué de classe s’il passe en classe supérieure avant d’en être averti par le corps enseignant. Les délégués du personnel siègent dans les commissions idoine, comme dans toute administration ou entreprise publique. Il n’y a pas de complot. en dernier ressort, c’est la hiérarchie qui décide en fonction de règles et directives fixées au ministère, après consultation des directions syndicales.
Certes il y a beaucoup à dire sur ce que sont devenus les syndicats et des partis comme le PCF, ils souffrent des même maux que notre pseudo-démocratie oligarchique, mais jusqu’à preuve du contraire le pouvoir au ministère de l’EN est entre les mains d’énarques arrivistes, d’avocats ou de manager de grand groupes privés, démophobes, laquais des financiers qui se fichent bien de nous, tant qu’on vote pour eux, et les enseignants votent pour eux dans leur immense majorité (présidentielle 2007: vote UMP-Modem-PS=77%, vote à gauche: 14% dont vote PCF 4% Votehttp://www.sundep.org/spip.php?article224) et sont de moins en moins à vouloir s’organiser pour leur résister (Taux de syndicalisation des enseignants en 1995: 40%, en 2006: 30%). Certains ici se trompent de combat, mais une chose est sûre, on sait déjà à quoi mène la haine du fonctionnaire, du syndicat, du communiste et du pauvre: la débâcle et le fascisme…nous y sommes déjà.
Je suis navré de ce que je lis ici, en particulier les posts de jean, qu’un père de famille veuille protéger ses enfants, les empêcher d’avoir accès à des modes de pensée qui rendrait les siennes caduques et qui à terme feraient s’écrouler les convictions sur lesquelles il a basé tout son équilibre psychique, voilà quelque chose de bien naturel. Mais c’est précisément le rôle de l’école que de protéger les enfants de la contamination aux préjugés et croyances de leurs parents, afin que la liberté, l’égalité et la fraternité progressent. Etant donné aussi, le peu de privilégiés qui jouissent des droits proclamés par notre république, sur le papier, et la masse servile qui cherche à en ramasser les miettes, je comprend que chacun cherche à rapprocher le plus possible ses enfants du cercle des nantis. néanmoins cette lutte hobbesienne est perdue d’avance, et c’est toute la société qui en ressort affaiblie. Il m’est particulièrement difficile d’entendre des êtres humains dont les ancêtres ont mis des siècles à s’affranchir du servage, dire, sous couvert de “libre choix”, qu’ils préfèrent mettre leurs enfants dans les meilleurs établissements et laisser ceux des autres dans de mauvais. même les loups de laissent pas un congénère blessé. prôner la compétition et la concurrence alors même que nous ne luttons pas avec les mêmes armes relève d’une conception barbare des règles du vivre ensemble. Certains ici ressemblent à des boxeurs poids-mouche réclamant d’être en compétition avec les poids-lourds. J’accuse cette Madame Coffinier et autres Xavier Darcos d’être des fossoyeurs de la République, destructeurs d’une idée de la liberté qui ne consiste pas en un égoïsme d’individus placés les uns à côté des autres et prets à se marcher dessus, mais bien en une volonté d’émancipation individuelle et collective de tout ce qui entrave le plein développement et le plein emploi de ce qu’il y a de plus utile et plus efficace en chacun de nous, pour construire un monde où tous ont leur digne place, choisie le plus librement possible, et où chacun peut y trouver son épanouissement, dans le respect de celui des autres.
Le libéralisme et le communisme n’avaient pas d’autre but, leurs théoriciens et partisans sincères se sont trompés sur les méthodes et les moyens, leurs partisans intéressés par le pouvoir que leurs confèrent ceux qui croient à ces utopies trompent leur monde, en tout cas ceux qui se paient de belles paroles et refusent de voir les réalités, car les résultats sont contraires aux buts fixés.
Quand bien même une majorité de peuple se laisserait entrainer par une de ces idéologies, ce qui est le cas actuellement pour le libéralisme, s’il vit en démocratie, ce qui n’est pas le cas actuellement, il doit tout faire pour que son erreur soit momentanée, à savoir ne pas vouloir faire de ses écoles un instrument de conditionnement ou de renforcement des injustices, mais bien un lieu d’émancipation, de mise en capacité des enfants, de tous les enfants, à dépasser leurs parents, leurs maîtres, et à faire avancer la société vers plus de justice, d’équité, de connaissances, d’amour, que sais-je?
@Sitouaillain
“on sait déjà à quoi mène la haine du fonctionnaire, du syndicat, du communiste et du pauvre: la débâcle et le fascisme…nous y sommes déjà” : et la liberté vous connaissez ?
à Quidam : Pourquoi vous caricaturez mes propos ? De quel côté êtes vous ? De celui que vous dénoncez car vos propos son franchement caricaturaux et vous me faîtes dire ce que je n’ai jamais dit. Mon interrogation portait uniquement sur les syndicats et vous n’y avait même pas répondu.
à Sitouaillain : la haine du communisme mène au fascisme ? donc la haine du fascisme mène au communisme ? Et l’amour du communisme mène à quoi ? A la même chose que l’amour du fascisme ? …
Plus sérieusement, pour revenir à ma question initiale, et pour être clair, je ne sous-entends même pas la question du complot, cela n’a rien à voir. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi, comme vous l’expliquez très bien, les centrales syndicales sont consultées pour les promotions ou les mutations. En quoi elles sont concernées ? C’est pourquoi quand je vous lis, vous me confirmez cette idée de main mise des syndicats. De plus, ne devraient-ils pas avoir un devoir de réserve avant de l’annoncer ? Que des élèves le fassent, pour reprendre votre exemple, je le conçois parfaitement, mais les syndicalistes ne sont plus des gamins non ?
@ Seb, vous lisez mal, car vous cherchez à conforter vos croyances,
dans le cas des avancements et mutations, les délégués du personnels sont consultés, et encore… les centrales syndicales, le sont au niveau de la politique du ministère, et elles ne sont pas plus écoutées, rassurez-vous,
et si parler de “main mise des syndicats” ne relève pas d’une théorie du complot, expliquez-moi preuves à l’appui la forme et l’étendue de cette prétendue main-mise, expliquez-moi par la même occasion pourquoi des gens qui auraient la main-mise sur la politique de l’enseignement s’embêteraient à organiser des manifestations pour protester contre leur propre politique…j’en salive d’avance.
Quant à Jean, il y a des pays où votre prétendue liberté de l’enseignement est appliquée, chili, usa, etc., vous êtes libre d’y aller, vous y serez très bien, j’en suis sûr
@Sitouaillain,
Détrompez-vous, je vous lis parfaitement bien. Par contre, ce n’est pas à moi que vous allez faire le coup de la théorie du complot. Jusqu’à preuve du contraire, la place des syndicats dans l’Education nationale est reconnue et légale. On peut le regretter, mais c’est ainsi.
Si je parle de main mise, c’est que je ne comprends pas pourquoi un syndicat est consulté ou a à donner un avis concernant un avancement ou une mutation. En quoi est-il concerné ? A mes yeux, cela ne devrait concerner uniquement la personne concernée et sa hiérarchie. Que viennent faire les syndicats là dedans ? Encore une fois, je sais que s’est parfaitement légal et qu’il n’ y pas un énorme complot caché. Je voudrais simplement que l’on m’explique pourquoi en est-on arrivé là ? Pourquoi l’Education nationale a accepté que les syndicats sortent de leurs prérogatives et qu’est ce qui justifie cette situation ? Ce n’est quand même pas innocent quand on apprend la confirmation de son avancement ou de sa mutation d’abord par le syndicat puis par sa hiérarchie…
Au lieu de saliver inutilement (même si c’est bon pour les dents) pouvez-vous m’éclairer ?
@seb
je pense que vous êtes capable de vous éclairer tout seul, il suffit de mettre vos anti-brouillards.
vous touchez du doigt quelque chose de fondamental:
si la règlementation octroie une place et un rôle à jouer aux représentants du personnel, il faut bien qu’il y ait des instances où les représentants du personnel et ceux de la hiérarchie se rencontrent et qu’il existe des dispositifs d’échanges d’informations.
en l’occurrence je ne trouve pas incongru qu’un délégué du personnel soit au courant, en même temps que la hiérarchie, des promotions et mutations qui vont avoir lieu, et que ce soient eux qui l’annoncent aux salariés dont ils sont les délégués. Pour ma part, je ne vois là rien que de très sain.
En revanche, vous serez d’accord, dire cela ne vous permet en rien de préjuger de l’impact sur les décisions finales qu’aura la présence de délégués du personnel dans ces instances de consultation et ces flux d’information.
En admettant que vous ayez tort, c’est à dire, en admettant que la présence réglementaire des syndicats ait autant d’impact sur la direction que va prendre l’Education Nationale, qu’un délégué de classe à d’impact sur le redoublement d’un camarade,
en admettant cela, vous vous expliqueriez bien des grèves!
Peut être êtes-vous du genre à penser qu’une hiérarchie a toujours raison, parce qu’elle est la hiérarchie. D’autres auront pu constater qu’une décision n’est jamais mieux suivie que lorsque ceux qui ont à l’exécuter ont l’impression qu’elle émane d’eux-mêmes. Autrement dit, à mon sens, pour commencer tranquillement à réformer, une participation plus forte des enseignants aux décisions qui les concernent paraît essentielle. Après tout, ils ont une indéniable expertise de terrain.
De même que cela ne vous viendrait pas à l’esprit de dénoncer le fait que l’Ordre des médecins a son mot à dire sur la formation des médecins, vous n’auriez rien contre une implication de syndicats d’enseignants dans la leur.
Pour que cela ne devienne pas du corporatisme, il vous faut parvenir à affirmer la primauté des choix collectifs des citoyens. Mais cette primauté n’a de sens que si l’on apprend à s’écouter, sans quoi cela risque d’être un mauvais arbitrage, et, jusque là, je crois que les gens font plus confiance à leur médecin qu’à leur député..
@Sitouiallain,
Sachez que je ne cherche pas à avoir raison ou tort, j’essaie de comprendre un mécanisme que l’on n’a jamais été fichu de m’expliquer et que quand je l’aborde, je ressens généralement une gêne de la part de mes interlocuteurs. Au moins vous, vous faîtes cet effort, c’est déjà pas mal même si certains points restent en suspens et que vous m’avez plus embrouillé. En effet, juste une dernière chose, après j’arrête car ça ne sert à rien d’épiloguer éternellement. Dans un précédent post, vous dîtes que les syndicats sont “consultés”. Dans le dernier commentaire, ils sont “informés”, ce qui est complètement différent. Pour en revenir à ma question initiale, à propos d’une mutation ou d’un avancement, que les syndicats soient simplement informer c’est une chose que je peux éventuellement comprendre, qu’ils soient consultés, là je ne trouve pas ça normal. Alors, dans ce cas, “consultés” ou “informés” ?
Si je peux me permettre, avant de faire de grand discours sur l’écoute, ce serait bien que de votre côté vous ayez une plus grande ouverture d’esprit et que vous ne condamniez pas d’avance toute personne qui à le malheur de ne pas penser comme vous. La théorie du complot, à d’autres… Vous êtes comme les syndicats qui réclament sans cesse plus de transparence, de dialogue, d’écoute, mais qui sont incapables de l’appliquer à eux mêmes. Après, il ne faut pas s’étonner de laisser indifférent au mieux, ou de susciter l’hostilité et de ne plus attirer de militants. Et contrairement à ce que vous pensez, cela ne mène en rien au fascisme. C’est surtout la manifestation d’une grande déception, d’un sentiment de trahison. Je pense que le jours où les syndicats sauront se réformer et sortir de leur bloc idéologique, ils redeviendront populaires. Quand les gens auront le sentiments d’être écoutés et vraiment défendus, ils se tourneront à nouveau vers eux. Mais nous en sommes encore loin, très loin…
@ Seb
“consultés” ou “informés” ? je n’en sais rien! probablement simplement informés vu le degré d’autoritarisme et de hiérarchie que présentent les administrations françaises.
votre second paragraphe va dans le bon sens et je partage votre opinion, simplement il faut la nuancer, les syndicats n’appartiennent pas tous au même “bloc idéologique” et ont des attitudes divergentes. Mais ce qui est plus fondamental encore à mon sens, c’est que ce que vous observez pour les syndicats est valable pour les partis, les administrations, les entreprises, etc. la trahison est bien là. Et elle s’exerce par la complicité d’un peuple à mon avis plus collabo que résistant, en témoigne les appels, dissimulés, au chacun pour soi du style de l’interview qui a suscité ce débat. Les syndicats perdent des adhérents et ne se réforment pas aussi parce que les parents ne protègent plus leurs enfants de l’idéologie du moi-je et du chacun pour soi.
La référence aux années trente était peut être déplacée, c’est pourtant ce que m’évoquait les discours antifonctionnaires, anticommunistes et antisyndicats primaires, maintenant, si vous voulez le fond de ma pensée,
lorsqu’une famille d’un pays fasciste ou communiste autoritaire cherche à placer ses enfants dans les structures qui vont leur ouvrir les portes d’une vie plus aisée, je crois pas qu’ils font cela parce qu’il n’ont pas vraiment le choix,
maintenant, quand dans un pays comme la France, je lis des plaidoyers pour que la petite caste de privilégiés qui dirige ce pays, continue d’occuper les meilleures place et posséder presque tout, bref conserve sa place, je m’insurge et je dis non, l’école n’a pas vocation à faire de nos enfants des serviteurs dociles de ladite caste et surtout pas des reproducteurs des injustices produites par la perpétuation de la domination d’icelle. Etant un ferme partisan de la démocratie, je n’ai pas à ouvrir mon esprit face à des gens qui même sans le savoir et en ayant les meilleures intentions, réclament à grands cris la perpétuation de la dictature, et qui se satisfont d’avoir à décider avec quel visage et selon quel degré d’ignominie doit s’exercer cette dictature. Les enfants ne rêvent, ni d’être ouvriers à la chaîne, ni d’être au CA d’une multinationale…respectons-les. une autre école pour un autre monde, oui, une autre école pour être plus en phase avec ce que les puissants attendent, non.
@Seb
C’”est comme dans les autres sevices publiques, la Poste par exemple, avant toute reorgue de la hiérarchie, ça passe par le CHSCT. Si le syndicat vous annonce aussi votre promotion, c’est parce que s’il n’est pas d’accord, il n’y a pas de promotion, ou qu’elle est fortement compromise. Ça permet aussi de placer les camarades.
Un avant gout de la société égalitaire tant promise…
@Sitouaillain
Vous êtes tellement habitué à votre propagande que vous finissez par y croire.
L’edNat EST une organisation communiste: monopole, centralisation, inefficacité, corruption, couts exorbitant, financée par le vol, contrôle social par tous les petits profs de la gauche-capots, syndiqués ou non.
Et toutes les tares dont elle est affublée, en sont la conséquence la plus naturelle.
@”parce que les parents ne protègent plus leurs enfants de l’idéologie du moi-je et du chacun pour soi.”
Vous voulez bien sûr parler de l’idéologie consistant à vivre à la sueur du front des AUTRES au moyen de l’impôt et du monopole ou de tout autre privilège légal du même ordre !
@”lorsqu’une famille d’un pays fasciste ou communiste autoritaire”
Je suis impatient de connaitre un pays communiste NON autoritaire.
@”la petite caste de privilégiés qui dirige ce pays, continue d’occuper les meilleures place et posséder presque tout”
pour garder un monopole, il faut payer les hommes de l’Etat et ça n’est pas gratuit, on a donc plein d’ordures parasites, syndicales ou non, qui se payent (jobs à vie, salaires doubles de la norme) sur le dos du serf contribuables parce qu’ils ont à un titre les moyens d’aider à maintenir le monopole.
Ils sont facile à reconnaitre, ce sont les premier à défiler quand on veut introduire plus de liberté de choix.
@”Etant un ferme partisan de la démocratie”
Démocratie directe ou démocratie populaire ?
une autre école pour un autre monde, oui, mais PAS le votre
alf votre haine vous emporte,
d’une part ce que vous dites des “petits-profs de la gauche capots” et de l’éducation nationale en général pourquoi ne le dites-vous pas de l’armée, de la police, et des types qui ramassent vos poubelles?
le discours de comptoirs, les fonctionnaires sur le dos des autres etc., ça n’a ni queue ni tête car si vous estimez que ce que font les profs, les policiers les éboueurs sont des activités qui doivent être faites, soit vous êtes conséquent et à ce moment-là vous demandez à ce que chacun d’entre nous exerce tour à tour ces activités, sur un principe proche du service militaire, soit vous réclamer à ce que des gens le fasse à votre place (et à mon avis vous n’avez pas le niveau pour être prof), et si des gens le font à votre place vous devrez les payer. Et si vous les payez directement, croyez-moi, vous en serez pour quelques gouttes de votre front. le serf contribuable est bien moins pressuré que le serf consommateur, malgré vos illusions.
Dans une optique de démocratie directe, nous aurons à réfléchir entre citoyens à la meilleure organisation possible du système éducatif, à en fixer les objectifs, les critère d’évaluation et les pistes d’amélioration. Ne croyez pas que votre haine des gens de gauche vous permettra de faire valoir vos arguments, sans penser comme vous, ils ont aussi envie que vous que les choses s’améliorent. N’allez pas croire que vous êtes moins pétri de dogmes, de fausses croyances et de propagande qu’eux, rassurez-vous vous êtes humain