
Analyse des propos du pape Benoit XVI du 17 mars 2009 dans l’avion qui le mène en Afrique.
Le pape est Allemand, il est déjà âgé, et il est connu pour ses positions conservatrices. En tant qu’Allemand, on lui reproche d’avoir été enrôlé de force dans les Jeunesses Hitlériennes, cette seule circonstance suffisant à en faire un autre Adolf Hitler, pour les Guignols de l’info. En tant que cardinal, il s’était illustré notamment par la diffusion du document “Dominus Iesus” qui rappelait d’une manière peu diplomate que les Églises protestantes n’avaient d’Église que le nom, et qui fut accueilli très fraîchement par tous les partisans du mouvement œcuménique (visant à rechercher l’unité des Chrétiens).
Le pape avait été, deux ans plus tôt, au cœur d’une querelle fantastique suite à son discours de Ratisbonne qui avait été compris comme une attaque directe contre l’Islam. Benoit XVI y dénonçait notamment le problème de la violence dans l’Islam… le résultat furent des émeutes dans le monde musulman et le meurtre d’une religieuse.
Deux mois plus tôt, avait éclaté l’affaire de l’évêque “négationniste” “réintégré” dans l’Église Catholique. Cette affaire était déjà une belle manipulation médiatique et une incompréhension totale de ce que faisait le pape : il avait levé les excommunications, permettant ainsi d’établir un dialogue avec ces évêques dissidents. Il ne s’agissait en rien d’une “réintégration” (le même acte avait été fait vis-à-vis des orthodoxes en 1965, permettant un dialogue interrompu depuis le grand schisme du 11ème siècle). De plus, le pape n’était pas au courant des propos négationnistes de l’évêque en question.
Enfin, à peine 10 jours avant, éclate une polémique terrible (là aussi une très haute manipulation médiatique) sur l’affaire de la fillette brésilienne violée par son beau-père puis avortée, et l’excommunication lancée par l’évêque du lieu. Cette affaire, glauque au possible, et particulièrement complexe, avait suscité une indignation mondiale. Autant dire que les médias étaient prêts à flairer le scandale à tout instant.
Le pape a-t-il été piégé par une question sournoise lors de sa visite en Afrique ? La réponse est non. Tout d’abord, le sujet était inévitable, et ne pas en parler était impossible, ensuite, le pape avait sélectionné 6 questions sur une trentaine que lui ont adressé les journalistes qui l’accompagnaient. L’une d’elle traitait justement de la crise médiatique engendrée par “l’affaire Williamson”. La cinquième question était celle d’un journaliste de France 2, un certain Philippe Visseyrias (connu notamment comme reporter régulier de l’émission Télématin).
Le journaliste voulait savoir si le pape allait aborder la question des moyens pour lutter contre le SIDA pendant son voyage.
C’est là que les choses se compliquent. Le journaliste étant français, il demande au pape de répondre en français, mais le pape (d’origine allemande), préfère répondre en italien, langue qu’il maîtrise mieux.
La vidéo de la réponse circule toujours, on peut la voir in extenso ici.
http://www.dailymotion.com/videox8pu8dLe pape répond en italien, la vidéo est sous-titrée en français.
De cette réponse, la presse internationale reprendra en boucle la phrase suivante “l’utilisation des préservatifs aggrave le problème du SIDA”, et cette phrase, faisant le tour du monde en quelques heures, provoquera une vague d’indignation et de manifestations d’une ampleur spectaculaire. Personnalités politiques, artistes, collectifs de défense des homosexuels, médecins… tout le monde s’acharne sur le pape pour ces propos odieux. Problème… il n’a jamais dit cela !
Étudions donc le chemin qu’a fait cette information avant d’être diffusée partout, voyons ce qui a été dit, ce qui a été compris, ce qui a été diffusé, et donc, ce qui a été occulté, puis, dans un second temps, essayons d’en comprendre les raisons profondes.
De ces propos dans l’avion, sont rédigées en quelques minutes des dépêches qui sont aussitôt envoyées aux agences de presse. Puisque la plupart des rédactions reprendront le propos des agences de presse, voyons ce qu’elles diffusent en premier lieu, puis, comparons avec ce que le pape a vraiment dit.
Sida: en route pour l’Afrique, le pape conteste l’efficacité du préservatif
A BORD DE L’AVION DU PAPE (AFP) — Le pape Benoît XVI, qui entame mardi au Cameroun son premier voyage en Afrique, a abordé d’emblée le grave problème du sida qui frappe durement ce continent, en campant sur la position de l’Eglise catholique contre l’usage du préservatif.
Le pape, qui laisse derrière lui un profond malaise au Vatican à la suite de l’énorme polémique suscitée par sa décision de lever l’excommunication d’un évêque négationniste, a également assuré qu’il ne se sentait “pas seul”, mais “entouré d’amis”.
Benoît XVI s’exprimait à bord de l’avion qui le conduisait à Yaoundé, où il doit atterrir vers 16h00 GMT.
Il y a estimé que l’on ne pouvait “pas régler le problème du sida”, pandémie aux effets dévastateurs en Afrique, “avec la distribution de préservatifs”. “Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème”, selon lui.
Le Vatican est opposé à toute forme de contraception autre que l’abstinence (totale ou temporaire) et réprouve l’usage du préservatif, même pour des motifs prophylactiques (prévention de maladies).
Le pape, qui va à la rencontre d’une église particulièrement dynamique en Afrique, a dit avoir “une opinion positive” de l’Eglise locale, soulignant qu’elle était “proche de ceux qui souffrent et ont besoin d’aide”.
“Parfois, elle est même seule à fonctionner alors que d’autres structures ne fonctionnent plus”, a-t-il ajouté.
Admettant néanmoins que le “péché existe aussi dans l’Eglise”, Benoît XVI a affirmé qu’il appellerait ses responsables à un “examen de conscience”, car il est toujours “nécessaire de purifier les cœurs”.
Selon les statistiques officielles de l’Eglise catholique, le nombre de fidèles en Afrique a encore progressé de 3% en 2007 alors qu’il est resté stable sur l’ensemble de la planète. Et près de la moitié des baptêmes d’adultes dans le monde ont lieu en Afrique, selon le quotidien Il Corriere della Sera.
Mais l’Eglise africaine doit affronter de nombreux problèmes, dont la pauvreté, les relations parfois conflictuelles avec l’islam, comme au Soudan et au Nigeria, et le pentecôtisme, qui séduit les populations pauvres par leurs promesses de guérison et de prospérité.
Le pape a annoncé que son voyage serait l’occasion d’aborder des thèmes comme la “lutte contre la corruption” et “l’ouverture aux autres religions”, en estimant que les relations entre catholiques et musulmans étaient “bonnes”.
Dans une interview lundi à L’Osservatore Romano, le nonce apostolique (représentant du Vatican) au Cameroun, Mgr Eliseo Ariotti, estimait que ce voyage pouvait apporter “l’élan nécessaire” pour “lutter avec détermination contre les forces négatives suscitées par la pauvreté”.
Son homologue en Angola, Mgr Angelo Becciu a souhaité que “les paroles du pape aident les gouvernants à multiplier les efforts pour éliminer l’abîme qui sépare quelques privilégiés (…) et la majorité de la population, plongée dans une misère noire”.
Benoît XVI, qui a placé l’année 2009 sous le signe de l’Afrique, découvrira deux réalités différentes au Cameroun puis en Angola, des pays aujourd’hui en paix contrairement à d’autres comme le Soudan ou encore la République démocratique du Congo.
A Yaoundé, le pape s’adressera à tous les Africains et rencontrera jeudi les représentants des épiscopats de 52 pays réunis pour préparer un synode sur l’Afrique prévu en octobre au Vatican.
Il quittera le Cameroun vendredi à la mi-journée pour l’Angola, qui panse encore les plaies de 27 ans de guerre civile.
Le préservatif n’est pas la solution au sida, selon le pape
A BORD DE L’AVION DU PAPE (Reuters) – L’usage des préservatifs ne peut enrayer la diffusion du sida, a déclaré mardi le pape Benoît XVI, qui entame une visite en Afrique. “Le problème ne peut être vaincu par la distribution de préservatifs. Cela ne fait que l’aggraver”, a-t-il dit aux journalistes à bord de l’avion qui le conduisait au Cameroun et en Angola pour la première visite en Afrique de son pontificat.
Le sida a tué plus de 25 millions de personnes depuis le début des années 1980, la plupart dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Pour l’Eglise catholique, la fidélité dans le mariage, la chasteté et l’abstinence sont les meilleurs moyens de combattre la maladie.
Lors du vol vers le Cameroun, le pape a également démenti les informations de la presse italienne selon lesquelles la récente levée de l’excommunication de quatre évêques traditionalistes, dont le négationniste Richard Williamson, l’aurait laissé quelque peu isolé au Vatican. “C’est un mythe”, a-t-il dit.
Le Pape contre la distribution de préservatifs
En route pour son premier voyage pontifical en Afrique, Benoît XVI a déclaré mardi que distribuer des préservatifs n’était pas une solution dans la lutte contre l’épidémie de Sida.
“On ne peut la résoudre avec la distribution de préservatifs”, a-t-il dit, à bord de l’avion d’Alitalia qui l’emmenait au Cameroun, première étape de sa visite. “Au contraire, cela accroît le problème”, a-t-il affirmé.
Le pape ne s’était jamais exprimé explicitement jusque-là sur l’utilisation du préservatif, soulignant seulement que l’Eglise catholique était en première ligne de la bataille contre le sida en Afrique. Le Vatican prône l’abstinence comme moyen de lutter contre la propagation du VIH, qui fait des ravages sur le continent noir, mais certains prêtres et religieuses impliqués dans la lutte contre le Sida remettent en cause l’opposition de l’Eglise à l’usage du préservatif.
En route vers Yaoundé, Benoît XVI a également annoncé son intention de lancer un appel à la “solidarité internationale” envers l’Afrique face à la crise économique mondiale. Il a ajouté que si l’Eglise ne peut proposer de solutions économiques spécifiques, elle peut offrir des suggestions “spirituelles et morales”. La crise actuelle découle d’un “manque d’éthique dans les structures économiques”, a-t-il estimé, “c’est là que l’Eglise peut apporter une contribution”.
Source: AP
À ce stade, nous constatons plusieurs choses. Tout d’abord, le pape a répondu à d’autres questions que nous n’avons pas évoquées. Suivant les dépêches, on comprend qu’il a parlé de la pauvreté en Afrique, de la présence de l’Église sur ce continent et de son action, des problèmes de corruption, de rapport entre l’Église catholique et les autres religions (islam et pentecôtisme notamment) et de la question de l’affaire “Williamson”.
Notons donc que le pape a parlé de 5 choses différentes en plus du problème du SIDA et que dans l’ordre, c’est l’AFP qui est d’abord le plus exhaustif sur l’ensemble de ses sujets, puisqu’elle les évoque tous, et qu’elle précise le programme du pape, puis l’AP, qui consacre la moitié de sa dépêche à la question du SIDA et n’aborde que très vaguement les autres points en trois lignes, et enfin Reuters est le plus bref, consacrant lui aussi plus de la moitié de sa dépêche à la question du SIDA, et n’abordant ensuite que la question de l’affaire Williamson.
À ce niveau là, on peut donc déjà voir qu’un tri très important a été fait par les journalistes, et que l’AFP semble avoir été plus neutre que les autres, s’imposant pour règle de bien reprendre tous les sujets évoqués, sans censure.
Maintenant, consacrons-nous à l’étude de la seule question du SIDA, et d’abord de la fameuse phrase qui a été reprise partout.
Voici ce que dit le pape dans l’avion :
“Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec de l’argent, même s’il est nécessaire. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela augmente le problème.”
Nous donnons la fin de la phrase “au contraire, cela augmente le problème”, selon la traduction qu’en fera le soir même le journal de France 2, à l’origine de la question. Nous verrons plus loin (deuxième partie), que les choses sont plus compliquées.
“Il y a estimé que l’on ne pouvait “pas régler le problème du sida”, pandémie aux effets dévastateurs en Afrique, “avec la distribution de préservatifs”. “Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème”, selon lui.”
Observation : si la première partie est bien correcte, la seconde est une nette déformation de ses propos : ” leur utilisation aggrave le problème”.
Le pape n’a jamais dit que l’utilisation des préservatifs aggravait le problème du SIDA, il a dit que le problème ne pouvait pas se résoudre uniquement par la distribution de préservatifs, et que ne faire que cela (distribuer à tout va des préservatifs) sans faire autre chose, aggravait le problème.
Il y a un glissement de sens évident entre “l’utilisation des préservatifs” qui pose problème, et le fait d’en distribuer sans proposer d’autres alternatives.
” Benoît XVI a déclaré mardi que distribuer des préservatifs n’était pas une solution dans la lutte contre l’épidémie de Sida.
“On ne peut la résoudre avec la distribution de préservatifs”, a-t-il dit, à bord de l’avion d’Alitalia qui l’emmenait au Cameroun, première étape de sa visite. “Au contraire, cela accroît le problème”, a-t-il affirmé. “
Observation : la phrase n’est pas déformée, c’est bien la “distribution” qui est visée, par contre, on oublie de préciser que le pape ne vise pas en tant que telle la distribution de préservatifs, mais que cette distribution soit la seule solution proposée.
” L’usage des préservatifs ne peut enrayer la diffusion du sida, a déclaré mardi le pape Benoît XVI, qui entame une visite en Afrique.
“Le problème ne peut être vaincu par la distribution de préservatifs. Cela ne fait que l’aggraver”, a-t-il dit [...] “
Observation : là aussi, c’est le terme “l’usage des préservatifs” qui a été choisi (AFP avait dit “utilisation des préservatifs”). Cependant, la citation exacte de la phrase est donnée juste après.
Nous notons donc que sur les trois dépêches, aucune ne retransmet correctement les propos du pape. Dans le meilleur des cas, ils sont tronqués (AP), dans les autres cas, ils sont directement déformés.
Allons plus loin par l’étude des titres et des éléments rajoutés par les journalistes.
Sida: en route pour l’Afrique, le pape conteste l’efficacité du préservatif
Observation : il est étonnant de sélectionner un tel titre alors que l’AFP, nous l’avons vu, va évoquer tous les sujets qui concerne l’Afrique dans sa dépêche. Il y a donc un choix délibéré d’orienter le sujet sur ces propos particuliers. Deuxièmement, le titre “le pape conteste l’efficacité du préservatif” n’est pas exact non plus. Le pape n’a pas dit que le préservatif était inefficace, il a dit que ne faire que distribuer des préservatifs ne réglait pas le problème.
Le pape contre la distribution de préservatifs.
Observation : ici, le journaliste aussi retient uniquement ce thème sur les 6 sujets abordés, et invente des propos. Le pape a-t-il dit qu’il était contre la distribution de préservatifs ? Non. Il a dit que cette seule distribution ne réglait pas le problème.
Le préservatif n’est pas la solution au sida, selon le pape.
Observation : Encore une fois, seule la question du sida est traitée, mais il s’agit toutefois du titre le plus proche des propos du pape, il n’est pas nuancé, mais n’est pas foncièrement inexact. Par contre, nous l’avons vu, la citation donnée après par Reuters est faussée.
Nous constatons donc des déformations importantes des propos du pape, toujours par partialité (seule la question du SIDA est indiquée dans le titre sur les 6 sujets abordés), et ensuite par de mauvaises citations.
Mais ce n’est pas tout. Les journalistes construisent aussi leurs dépêches en ajoutant des éléments à charge. Lesquels ?
« Le pape Benoit XVI […] a abordé d’emblée […] le grave problème du sida […] Le pape, qui laisse derrière lui un profond malaise au Vatican à la suite de l’énorme polémique suscitée par sa décision de lever l’excommunication d’un évêque négationniste […] Le Vatican est opposé à toute forme de contraception autre que l’abstinence (totale ou temporaire) et réprouve l’usage du préservatif, même pour des motifs prophylactiques (prévention de maladies).
Observation : le pape n’a pas abordé d’emblée la question. Tout d’abord, il répondait à des questions des journalistes, ensuite, la question sur la SIDA était le cinquième point qu’il a abordé.
Le deuxième paragraphe, sur l’affaire Williamson, est inséré d’une manière qui ne peut que donner une orientation négative à la lecture de l’article. Enfin, le rappel de la pensée du Vatican est uniquement tournée de manière négative (“est opposé” ; “abstinence” ; “réprouve” ; “même pour…”). Autrement dit, tout l’article donne une vision très négative de l’action de l’Église et des propos du pape.
Le pape ne s’était jamais exprimé explicitement jusque-là sur l’utilisation du préservatif, soulignant seulement que l’Église catholique était en première ligne de la bataille contre le sida en Afrique. Le Vatican prône l’abstinence comme moyen de lutter contre la propagation du VIH, qui fait des ravages sur le continent noir, mais certains prêtres et religieuses impliqués dans la lutte contre le Sida remettent en cause l’opposition de l’Église à l’usage du préservatif.
Observation : la première remarque (il ne s’était jamais exprimé explicitement sur le sujet) permet de comprendre le choix du journaliste. Il n’a conservé que cette information, car, pour, lui, le fait qu’un pape prononce le mot “préservatif” constitue en lui-même une information nouvelle. La seconde remarque (l’Église est en première ligne de la bataille contre le SIDA en Afrique) synthétise les propos que le pape dit avant la fameuse phrase, lorsqu’il cite deux communautés religieuses très actives face à cette pandémie. Enfin, le rappel des règles du Vatican, comme pour l’AFP, ne peut pas se faire sans rappeler que “certains prêtres et religieuses” les remettent en cause.
Le sida a tué plus de 25 millions de personnes depuis le début des années 1980, la plupart dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Pour l’Église catholique, la fidélité dans le mariage, la chasteté et l’abstinence sont les meilleurs moyens de combattre la maladie.
Observation : la première phrase donne des éléments factuels, ce qui est bien plus précieux que l’indication de l’AFP, qui disait que le sida “frappe durement le continent” ou encore “pandémie aux effets dévastateurs” ; et que celle de l’AP qui disait : “qui fait des ravages sur le continent noir” (à relire cette expression, on sourit… entend-on souvent parler de “continent blanc” ou de “continent jaune… ?). Ici, nous avons des chiffres précis.
La deuxième phrase rappelle elle aussi les choix de l’Église, et, pour une fois, de manière exacte. En effet, Reuters est la seule à ajouter “la fidélité dans le mariage”, et l’expression “sont les meilleurs moyens”. Car il s’agit bien de cela, l’Église souhaite avant tout mettre en avant la prévention par ces moyens, plutôt que par la seule distribution des préservatifs.
Toutes sont orientées et partiales, sans aucune exception.
La plus proche des propos du pape est celle de Reuters, même si elle est la plus courte.
Ces trois dépêches vont constituer la base de quasiment tous les articles de presse par la suite. Il nous faut donc poursuivre notre enquête pour voir dans quelle mesure les déformations mise au jour ci-dessus, vont s’amplifier ou s’atténuer, en fonction des différentes rédactions.
Nous étudierons plusieurs cas :
Sida : le pape met en doute l’efficacité du préservatif
lepoint.fr (source AFP)
Le pape Benoît XVI, qui entame mardi au Cameroun son premier voyage en Afrique, a abordé d’emblée le
grave problème du sida, qui frappe durement ce continent, en campant sur la position de l’Église catholique contre l’usage du préservatif © AFP
Benoît XVI entame mardi son premier voyage en Afrique. Au programme : le Cameroun et l’Angola. Et de nombreux sujets épineux,
dont le problème du sida, qui frappe durement le continent. À bord de l’avion qui le conduisait à Yaoundé, le pape a abordé la question. Sa position et celle de l’Église catholique restent inchangées. Il estime que l’on ne peut “pas régler le problème du sida”, pandémie aux effets
dévastateurs en Afrique, “avec la distribution de préservatifs”.“Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème”, selon lui. Le Vatican est opposé à toute forme de contraception autre que l’abstinence (totale ou temporaire) et réprouve l’usage du préservatif, même pour des motifs prophylactiques (prévention de maladies).
En jaune : reprise mot pour mot de la dépêche de l’AFP.
Observation :
on le voit, le journaliste de cet article ne ment pas, il reprend quasi intégralement la dépêche de l’AFP. Il s’autorise quelques reformulations personnelles “met en doute” au lieu de “conteste”. “Sa position et celle de l’Eglise catholique restent inchangées” au lieu de “en campant sur la position de l’Eglise catholique”.
“Et de nombreux sujets épineux, dont…” : par cette tournure de phrase, l’auteur de l’article résume à sa façon les 5 autres points d’information donnés dans la dépêche AFP. Ainsi, la pauvreté en Afrique, la présence de l’Église sur ce continent et son action, les problèmes de corruption, le rapport entre l’Église catholique et les autres religions et la question de l’affaire “Williamson”, sont tous des “sujets épineux”, mais dont on ne saura rien, pas même la simple énonciation comme je viens de le faire. Il semble donc que le pape aille en Afrique “pour” affronter des sujets épineux. Il ne viendrait pas à l’esprit d’un journaliste de penser que le pape, en tant que responsable de la cohésion de l’Eglise catholique, ne puisse aller en Afrique pour y faire une visite pastorale, comme il le fait par ailleurs dans d’autres pays ? Pour réveiller la foi des croyants, pour les encourager dans leurs difficultés, pour mieux connaître les évêques… Il faut croire que non.
Conclusion sur l’article du Point :
Le journaliste s’est focalisé sur le sujet du SIDA, comme l’invitait à le faire le titre donné par l’AFP. Il se contente donc de résumer le propos. Il ne change rien de significatif aux propos de l’AFP et n’ajoute rien de personnel. Il se contente de mettre en avant le sujet du SIDA, laissant de côté tout le reste.
Pour Benoît XVI, le préservatif «aggrave le problème» du sida
Le pape, qui entame mardi son premier voyage en Afrique, a estimé devant des journalistes que la solution contre le sida ne passait pas par la «distribution de préservatifs» mais par «un réveil spirituel et humain».
Flore Galaud (lefigaro.fr) avec AFP
Le pape Benoît XVI, qui entame mardi au Cameroun son premier voyage en Afrique, a abordé le problème du sida qui frappe durement ce continent, en campant sur la position de l’Eglise catholique contre l’usage du préservatif. Il a ainsi estimé que l’on ne pouvait «pas régler le problème du sida», pandémie aux effets dévastateurs en Afrique, «avec la distribution de préservatifs». «Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème», a-t-il ajouté. Des déclarations qui surviennent alors que le nombre de fidèles en Afrique a encore progressé de 3% en 2007, alors qu’il est resté stable sur l’ensemble du reste de la planète.
Depuis toujours, le Vatican prône l’abstinence ou la fidélité dans le mariage comme unique moyen de lutter contre la propagation du VIH, qui fait des ravages sur le continent. Quelques prêtres et religieuses impliquées dans cette lute osent toutefois remettre en cause cette idéologie. D’après de récents chiffres, le Sida aurait tué plus de 25 millions de personnes depuis le début des années 1980, la plupart dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Observation :
Une lecture attentive de cet article laisse pantois ! En effet, l’article stipule que sa source est l’AFP. Or, nous allons le voir ci-dessous, si les quatre premières phrases sont bien reprises totalement de la dépêche AFP, la suite ne l’est pas, mais provient à la fois de la dépêche de l’AP et de celle de Reuters. Laissons de côté pour l’instant le titre et le sous-titre, et utilisons des couleurs pour y voir plus clair.
Le pape Benoît XVI, qui entame mardi au Cameroun son premier voyage en Afrique, a abordé le problème du sida qui frappe durement ce continent, en campant sur la position de l’Eglise catholique contre l’usage du préservatif. Il a ainsi estimé que l’on ne pouvait «pas régler le problème du sida», pandémie aux effets dévastateurs en Afrique, «avec la distribution de préservatifs». «Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème», a-t-il ajouté. Des déclarations qui surviennent alors que le nombre de fidèles en Afrique a encore progressé de 3% en 2007, alors qu’il est resté stable sur l’ensemble du reste de la planète.
Depuis toujours, le Vatican prône l’abstinence ou la fidélité dans le mariage comme unique moyen de lutter contre la propagation du VIH, qui fait des ravages sur le continent. Quelques prêtres et religieuses impliquées dans cette lute osent toutefois remettre en cause cette idéologie. D’après de récents chiffres, le Sida aurait tué plus de 25 millions de personnes depuis le début des années 1980, la plupart dans les pays d’Afrique subsaharienne.
En jaune : extraits tirés mot pour mot de la dépêche AFP.
En vert : extraits tirés mot pour mot de la dépêche AP.
En bleu ciel : extraits tirés mot pour mot de la dépêche Reuters.
On le voit, tout le premier paragraphe n’est qu’un condensé synthétique de la dépêche AFP, où n’a été repris que la question du SIDA (souvenons-nous que la dépêche AFP était la plus longue des trois et qu’elle abordait les 6 points). Le deuxième paragraphe est un mélange des dépêches des deux autres dépêches. On voit ainsi que la journaliste du Figaro a voulu mettre des chiffres dans son article. Elle reprend les “3%” mentionnés dans l’AFP, et les “25 millions” mentionnés par Reuters. De même, elle reprend le terme “fidélité dans le mariage” de Reuters, et l’insère dans le texte de l’Associated Press qui ne le mentionnait pas.
Nous pouvons maintenant établir avec précision en quoi a constitué le travail de la journaliste du Figaro. Elle a fait un condensé de la question à partir des trois dépêches (même si elle n’indique que la source AFP), puis, qu’a-t-elle ajouté ? Dans le premier paragraphe, uniquement des phrases de liaison, neutres. Dans le deuxième paragraphe, on note des expressions vagues et à charge.
“Depuis toujours” : c’est-à-dire ? Depuis St Pierre ? Depuis quand ? Depuis l’apparition du VIH ? Apparemment, c’est le cas si on lit la suite de la phrase, donc pourquoi ne pas le préciser (1981) ? Cette expression porte à confusion, car l’Église a toujours prôné la fidélité conjugale… quelles que soient les situations, et n’a donc pas changé d’opinion pour l’apparition du SIDA.
“unique” : abstinence et fidélité dans le mariage seraient donc “l’unique” moyen que propose l’Eglise dans la lutte contre le SIDA. Il est surprenant de voir ici un argument du pape retourné contre lui. En effet, son propos est justement de contester l’efficacité d’un “unique” moyen de lutte contre le SIDA, cet “unique” moyen étant “la distribution de préservatifs”.
“quelques” : “quelques prêtres et religieuses” au lieu de “certains”. Ça ne change pas le sens général, mais peut donner une notion plus importante au phénomène, “certains” étant une expression plus ciblée (on vise des personnes qu’on pourrait identifier si nécessaire), alors que “quelques” est plus floue.
“osent toutefois” : alors que AP donnait “remettent en cause”. L’emploi du verbe “oser” appuie l’idée que cela ne se fait pas et qu’il faut beaucoup de cran pour aller contre l’opinion de l’Église. Un peu comme si ces prêtres et religieuses prenaient un risque important. L’institution est vue alors comme une organisation terrorisante.
“cette idéologie” : au lieu de “l’opposition de l’Église à l’usage du préservatif”. Ça va plus vite à dire, mais renforce également le côté “totalitaire” qu’on veut donner à l’Église. La journaliste indique donc tacitement qu’il faut se situer sur le terrain de la lutte “idéologique”.
“D’après de récents chiffres” : le plus drôle pour la fin ! Cette expression vague ne veut bien sûr rien dire, elle n’est qu’une manière de justifier les chiffres donnés par Reuters. Or, Reuters ne précise pas sur quelle source il se base pour donner ses chiffres. La journaliste n’en sait rien non plus, mais elle fait confiance à son confrère. D’après notre recherche, il est probable que le journaliste de Reuters se basait, lui, sur le rapport 2009 de l’OMS.
Enfin, il nous faut étudier le titre et son sous-titre :
Le pape, qui entame mardi son premier voyage en Afrique, a estimé devant des journalistes que la solution contre le sida ne passait pas par la «distribution de préservatifs» mais par «un réveil spirituel et humain».
Observation : C’est très étonnant. Le sous-titre est exact et vise à la fois correctement le problème “de la distribution” et non celui de l’utilisation, et ajoute aussi “réveil spirituel et humain”. Cette dernière expression se trouve bien dans les propos du pape, et constitue d’ailleurs la partie la plus importante de ce qu’il dit sur cette question, mais qu’aucune dépêche n’a repris. Nous avons donc ici une énigme. D’où la journaliste sort-elle cette citation ? Elle peut, bien sûr, avoir visionné la vidéo, mais cela semble peu probable, car on voit bien que tout le reste de son travail est basé sur les dépêches. Gardons donc cette énigme en mémoire et voyons le titre.
Pour Benoît XVI, le préservatif «aggrave le problème» du sida
C’est le problème principal de l’article du Figaro. En effet, nous l’avons vu, tout l’article n’est qu’une reprise des autres dépêches, dont le ton est renforcé par l’usage de certains mots (sans que cela soit excessif), mais ici, la manipulation est très forte. L’AFP titrait “le pape conteste l’efficacité du préservatif”, AP donnait “Le Pape contre la distribution de préservatifs”, et Reuters préférait “Le préservatif n’est pas la solution au sida, selon le pape”. Tous ces titres étaient faux, nous l’avons vu, mais celui du Figaro va plus loin. Comment ? Par le simple usage des guillemets. Le pape a bien dit “aggrave le problème” (“augmente” pour être précis, mais le sens reste proche). Mais il ne parlait pas “du préservatif”, mais bien de ne penser la solution au SIDA qu’en ne mettant uniquement en avant “la distribution”.
Enfin, deux indices nous permettent d’affirmer que la dépêche du Figaro a été rédigée en urgence et sans relecture. L’emploi maladroit dans la dernière phrase du premier paragraphe de “alors que”, sans voir que l’extrait ajouté contient déjà cette expression. Et les fautes d’orthographe de la phrase suivante : “Quelques prêtres et religieuses impliquées dans cette lute”.
Conclusion sur l’article du Figaro.fr : Ce n’est pas très glorieux. On note une volonté d’être précis sur certains points (sélection des chiffres de Reuters, précision de “fidélité dans le mariage”), ajout de la citation “réveil spirituel et humain” que ne donnaient pas les autres dépêches. On note aussi avec malice la suppression de l’adjectif “noir” pour l’expression “continent noir” donné par l’AP. On constate enfin l’étrangeté du sous-titre qui est assez fidèle aux propos du pape, et un titre qui utilise un procédé de manipulation malhonnête.
Sida : Benoît XVI renforce la position de l’Eglise contre le préservatif
YAOUNDÉ (CAMEROUN) ENVOYÉE SPÉCIALE
Acclamé par des milliers de personnes tout au long de son parcours entre l’aéroport de Yaoundé (Cameroun), où il est arrivé mardi 17 mars, et la nonciature apostolique, le pape n’a sans doute pas porté attention aux immenses panneaux publicitaires, qui, de loin en loin, vantent les mérites du préservatif dans la lutte contre le sida.
Une réalité africaine qui contredit les propos tenus quelques heures plus tôt par Benoît XVI, dans l’avion qui l’amenait sur un continent dévasté par la pandémie. “On ne peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire, cela augmente le problème”, a-t-il déclaré, abordant pour la première fois de son pontificat le sujet de manière aussi explicite, plus frontalement encore que son prédécesseur Jean Paul II.
“Il aurait dû se contenter de dire que le préservatif n’est pas une solution, ce qui est la position traditionnelle de l’Eglise. Aujourd’hui, affirmer que cela aggrave le problème est une erreur”, estime un vaticaniste italien. Outre l’abstinence, le pape a prôné une “humanisation de la sexualité” et “un comportement plus juste”. Il a aussi salué le travail d’accompagnement que mènent les institutions religieuses auprès des malades.
Face aux ravages de la pandémie, certains, au sein même de l’Eglise, souhaitaient que ce voyage africain soit l’occasion pour le Vatican d’infléchir sa position. “Aujourd’hui, l’Eglise pourrait admettre que le préservatif est un moindre mal”, espérait, avant le départ du pape, un religieux français, régulièrement présent en Afrique. Une association camerounaise d’aide aux malades du sida a immédiatement fait part de son “embarras” après les propos de Benoît XVI. L’Afrique subsaharienne compte 22 millions de personnes infectées par le virus du sida, selon l’organisation Unaids ; et trois-quarts des décès liés à la maladie surviennent dans cette région du monde.
Stéphanie Le Bars
“Le dogme plus important que la vie des Africains”
Les déclarations du pape “pourraient anéantir des années de prévention (…) et mettre en danger de nombreuses vies humaines”, a estimé, mardi 17 mars, la ministre belge de la santé, Laurette Onkelinx, “consternée”. L’opposition de Benoît XVI au préservatif “signifie que, pour lui, le dogme religieux est plus important que la vie des Africains”, a déclaré Rebecca Hoddes, responsable de Treatment action campaign, une organisation sud-africaine anti-sida. Un fonctionnaire camerounais ajoute : “Ce que dit le pape est un idéal pour l’Eglise, mais il devrait regarder la réalité ; on a besoin de préservatifs pour prévenir le sida et contrôler les naissances.” – (AFP, AP.)
Article paru dans l’édition du 19.03.09
Observation : Il est clair, ici, qu’il faut prendre au sérieux la mention “envoyée spéciale”. La journaliste du Monde (Stéphanie Le Bars), était très certainement sur place pour écrire un tel article, car on peine à retrouver des éléments communs aux dépêches annoncées. Seules les deux phrases de la citation directe du pape peuvent avoir été reprises directement de la dépêche AP. On peut vaguement attribuer une autre phrase à un contenu de l’AFP. Tout le reste est un travail de terrain et se prouve par l’insertion de nombreux éléments totalement absents des dépêches. L’article a été rédigé plus tard (le lendemain), il parle du pape acclamé, de panneaux publicitaires qui vantent les mérites du préservatif. On notera également l’ajout de la phrase “Outre l’abstinence, le pape a prôné une “humanisation de la sexualité” et “un comportement plus juste”.”, la source des chiffres que donnait Reuters et leur précision pour l’Afrique subsaharienne. Enfin, on note le recours à de nombreux intervenants extérieurs : un “vaticaniste italien”, “un religieux français”, “une association camerounaise d’aide aux malades du sida”, “la ministre belge de la santé, Laurette Onkelinx”, “Rebecca Hoddes, responsable de Treatment action campaign”, “un fonctionnaire camerounais”. Tous ces éléments montrent que la journaliste ne s’est pas du tout contentée de recopier des informations, mais qu’elle a cherché à donner d’autres points de vue.
“Sida : Benoit XVI renforce la position de l’Eglise contre le préservatif”.
C’est un titre cohérent avec ce qui sera décrit dans l’article. Il est orienté, mais n’est pas foncièrement faux.
Conclusion : Tout l’article est à charge contre le pape. Seule la question du SIDA est abordée. On note bien deux phrases qui précisent la pensée du pape, mais tout le reste de l’article est totalement à charge, ne présentant pas moins de 6 témoignages contre la position du pape. Nous gardons en tête, pour la deuxième partie de notre analyse, les arguments opposés à la pensée du pape. Nous notons que l’article du Monde est totalement à charge contre le pape, bien que, et il faut le mentionner, il ne reprenne pas les déformations faites par les dépêches qu’il dit utiliser.
Date : Mardi 17 Mars 2009
Benoît XVI: Afrique et polémique
Par N.M (avec Reuters) leJDD.frMardi après-midi, Benoît XVI est arrivé à Yaoundé, au Cameroun, point de départ de son séjour africain, le premier de son pontificat. Accueilli par le président Paul Biya, le chef de l’église catholique s’est ensuite adressé aux fidèles à qui il a promis “réconciliation, justice et paix”. Avant cela, le pape avait tenus des propos inflexibles quant à la lutte contre le sida.
Benoît XVI n’a pas attendu de poser le pied sur le sol africain, une première sous son pontificat, pour créer la polémique. Dans l’avion qui le conduisait mardi à Yaoundé, la capitale du Cameroun, le pape a livré aux journalistes qui l’accompagnaient un jugement qui n’a pas fini de faire parler: “Le sida ne peut être vaincu par la distribution de préservatifs. Cela ne fait que l’aggraver.” Par ces mots, le successeur de Jean-Paul II s’est ainsi d’emblée inscrit dans le droit fil de la doctrine de l’Eglise catholique sur le sujet. Et sans surprise, sur le continent noir, particulièrement touché par ce fléau, le souverain pontife devrait en rappeler les grandes lignes: chasteté, abstinence et fidélité dans le mariage hétérosexuel. Au cours de son séjour camerounais, qui doit durer trois jours avant son envol pour l’Angola, Benoît XVI doit notamment évoquer le thème du sida à l’occasion d’une visite à des malades.
En bleu ciel : éléments repris de la dépêche Reuteurs
En orange : éléments du JDD qui montre son orientation idéologique sur l’affaire.
En vert pâle : nouveaux éléments (neutres) apportés par le journaliste du JDD.
Observation : Trois informations sont reprises de la dépêche Reuters, le reste a été trouvé autrement par le journaliste du JDD. Il faut noter à ce sujet plusieurs éléments nouveaux donnés par le journaliste (en vert pâle), qui montre un souci de précision. Sont cités par exemple les propos du pape à son arrivée qui aurait promis aux fidèles “réconciliation, justice et paix” (nous verrons cela plus bas), et on indique que le pape doit aller visiter des malades. Cette dernière précision est intéressante, car c’est là que le sujet du SIDA aurait dû être naturellement abordé. Or, suite à la polémique naissante sur ses propos, personne ne s’est préoccupé de cette visite aux malades. En orange, on note quelques éléments qui montrent l’orientation du journaliste. Tout d’abord le titre “Afrique et polémique”. C’est donc qu’il y a déjà une polémique. Est-ce le pape qui a lancé la polémique (comme l’affirme l’article), ou les journalistes en déformant ses propos ? On notera l’utilisation particulière de “continent noir”, que le Figaro avait consciencieusement retiré de son texte, alors que le JDD l’insère (ce n’était pas dans la dépêche de Reuters mais dans celle de l’AP). Enfin, l’ajout de l’adjectif “hétérosexuel” pour préciser ce qu’entend le pape par “mariage” (on pourrait longuement gloser sur cet ajout, mais ce n’est pas ici notre propos).
Conclusion sur l’article du JDD : En tant que tel, il n’y a pas de déformation des propos du pape comme dans les dépêches AFP, AP et Reuters, par contre, il y a une volonté claire de la part du journaliste d’accentuer la polémique. L’article n’accuse pas le pape ou l’Eglise, mais on sent un désir que la polémique enfle.
Les archives de l’INA permettent de revoir le journal de France 2.
La source indique : ASSOCIATED PRESS TELEVISION NEWS , France 2 , France 3 , REUTERS TELEVISION
Observation : On y voit un extrait des paroles du pape, traduit en français (des passages sont raccourcis), et aussitôt, la réaction des associations “qui sur le terrain luttent contre la maladie”, par la voix d’un certain Bertrand Audouin, qui aussitôt insiste sur le fait que “le meilleur moyen de se protéger, c’est le préservatif, c’est ça le message qu’il faut faire passer”. Puis, on rappelle les propos de Jean-Paul II en 1993 en Ouganda qui “prônait déjà l’abstinence et la chasteté comme seul moyen de lutte contre le SIDA”, et on termine par une autorité morale semble-t-il incontestable, Frédéric Lenoir, directeur en chef du Monde des Religions, qui tombe lui aussi dans le panneau en disant que “ce qui est très choquant c’est qu’il dit que l’usage du préservatif aggrave le problème.” Puis on conclut avec un rappel macabre des chiffres.
Conclusion : nous n’étudierons pas ici les techniques de montage audiovisuel qui sont utilisées dans ce document, mais nous pouvons simplement remarquer que France 2 n’a produit qu’un document à charge contre le pape. Bien qu’en citant assez correctement ses propos, tout ce qui suit ne permet de retenir qu’une chose : Benoit XVI est “pire” que son prédécesseur.
Durant le vol pontifical qui l’amenait en Afrique, le pape a précisé sa position sur la lutte contre le sida et affirmé qu’il ne vivait pas isolé
Benoît XVI sait qu’il arrive sur un continent blessé et qui souffre. Comme il l’a déclaré d’emblée mardi soir au président du Cameroun, qui l’accueillait à Yaoundé : « À l’heure de la mondialisation des échanges alimentaires, des effets perturbants du changement climatique, l’Afrique souffre de manière disproportionnée » et ses habitants « crient à la réconciliation, la justice et la paix ». Parmi tous ses maux, la maladie, et notamment l’épidémie du sida. Dans l’avion, devant les journalistes, Benoît XVI n’a pas esquivé les problèmes mais, contrairement à Jean-Paul II, il a abordé de front la question du préservatif, même si sa réponse décevra ceux qui espéraient une évolution de la doctrine de l’Eglise. Non seulement le pape a expliqué que la distribution des préservatifs n’était pas une « solution » mais, au contraire, a-t-il ajouté, « cela ne fait qu’augmenter le problème ». Une petite phrase qui attristera sans doute les catholiques sur le terrain qui cherchent à lutter contre le fléau en tenant compte de la réalité des mentalités et des comportements. En revanche, le pape a souligné combien l’Eglise était présente aujourd’hui auprès des malades du sida en Afrique, mentionnant en particulier le mouvement Sant’Egidio ou encore toutes les « religieuses » qui sont proches des malades. Mais à ses yeux, l’épidémie ne pourra être enrayée que par une « humanisation de la sexualité » et aussi « une présence amicale auprès des malades ». Le pape a estimé que la solution passait par «un réveil spirituel et humain» et l’ «amitié pour les souffrants».
Isabelle DE GAULMYN, à bord de l’avion papal
Cet article est très intéressant. Il est clair que la journaliste ne se sert pas des dépêches étudiées précédemment, car elle ne déforme pas du tout ses propos. En effet, elle indique bien à la fin de l’article qu’elle était présente dans l’avion. Le titre est certes incomplet, mais la journaliste prend bien le temps de rappeler les enjeux généraux sur le dossier de l’Afrique, puis, elle cite correctement les propos du pape, en disant bien que c’est “la distribution” qui pose problème, et non pas l’outil lui-même. De même, à la fin de l’article, elle donne clairement les moyens positifs que le pape propose, à savoir “l’humanisation de la sexualité”, “la présence amicale auprès des malades”, et les éléments plus globaux “réveil spirituel et humain”, “amitié pour les souffrants”. Éléments essentiels de ce que le pape proposait et qui ne se retrouvent dans aucune des trois principales dépêches.
Observation : l’article, lui aussi, est partial. La phrase d’introduction est trop générale pour faire comprendre que le pape a abordé 6 sujets différents. Seul le sujet sur le SIDA est vraiment traité. Par contre, les propos ne sont pas déformés, et l’essentiel semble bien avoir été retransmis. Pourtant, il faut noter deux éléments (surlignés en vert). A deux reprises, la journaliste insinue que les propos du pape ne pourront que déplaire. Elle semble apprécier que le pape aborde “la question de front”, mais pour ajouter aussitôt que ” sa réponse décevra” ; et elle insiste quelques lignes plus bas, avec les mots : ” Une petite phrase qui attristera sans doute les catholiques sur le terrain”.
On sent dans ces deux commentaires, le ressenti personnel de la journaliste, qui ne peut pas s’empêcher de montrer sa déception, et qui oriente donc la réaction du lecteur.
Par ailleurs, cet article, beaucoup plus complet sur les propos du pape que tous les autres que nous avons étudié, nous permet de faire deux autres remarques. La journaliste cite les mots “réveil spirituel et humain” que nous avions retrouvé dans l’article du Figaro sans pouvoir savoir d’où la journaliste les tirait. L’article du Figaro a été publié à 19h00, soit 4 heures après celui de La Croix. Il est possible que ces mots du pape aient été repris ici, ou sur une autre source publiée auparavant. Enfin, nous notons ici une citation plus longue des propos du pape à son arrivée :
« À l’heure de la mondialisation des échanges alimentaires, des effets perturbants du changement climatique, l’Afrique souffre de manière disproportionnée » et ses habitants « crient à la réconciliation, la justice et la paix ».
Phrase que le JDD avait retransmise ainsi :
…aux fidèles à qui il a promis “réconciliation, justice et paix”.
Or, selon La Croix, le pape n’a pas promis “réconciliation, justice et paix” aux fidèles qui l’accueillaient, mais simplement parlé d’un désir exprimé par l’Afrique qui souffre. Alors qui ment ?
Avant de finir cette étude, il nous faut étudier ce que le Vatican dira lui-même des propos du pape.
La polémique ayant été très intense, les services du Vatican ont diffusé ceci :
***
Philippe Visseyrias, France 2 : Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?
Benoît XVI : Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est à dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels *. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre effort est double : d’une part, renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre ; d’autre part, notre capacité à souffrir avec ceux qui souffrent, à rester présent dans les situations d’épreuve. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Nous remercions tous ceux qui le font.
Observation : le service de presse du Vatican ne simplifie pas les choses ! C’est le moins qu’on puisse dire. Tout d’abord, le document se présente comme étant le “verbatim” des paroles du pape. Il s’agit donc d’un document officiel qui donnerait avec exactitude la traduction en français des propos du pape (prononcés en italien, rappelons-le). Or, on peut constater, simplement en regarder la vidéo du pape dans l’avion, que trois passages ont été modifié.
Alors que le pape dit :
“Je dirais que l’on ne peut vaincre le problème du sida uniquement avec de l’argent, (qui est nécessaire), s’il n’y a pas l’âme, si…”
la phrase devient : “uniquement avec des slogans publicitaires”.
Très clairement, le pape n’a pas dit cela. Par contre, bien qu’il n’ait pas prononcé ces mots, ce changement n’altère pas substantiellement ses propos. En effet, le pape dénonce le fait de ne faire que de la distribution massive en faisant croire aux destinataires que cela leur évitera d’attraper la maladie. Remplacer “slogans publicitaires” au lieu de “argent”, peut mieux faire comprendre ceci.
Plus loin (au niveau de l’étoile), des mots ont été coupés. Le pape dit : “au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels pour être avec les personnes souffrantes”. La deuxième partie de la phrase n’apparait pas dans le “verbatim”. Pourquoi cette coupure ? Ici, cela n’apporte rien. Au contraire, le pape était plus précis puisqu’il parlait de faire des renoncements personnels “pour être avec les personnes souffrantes”, et non pas “en général”, d’une manière imprécise comme peut se lire maintenant la phrase. L’idée était bien de prendre du temps sur son temps personnel pour rendre visite aux malades.
Enfin, troisième et dernière déformation des propos du pape par le Vatican, et probablement la plus grave vis-à-vis de la polémique, au lieu de : “cela augmente le problème”, nous avons maintenant “cela risque d’augmenter le problème”. En d’autres termes, l’ajout du verbe “risquer”, vise à atténuer la force des propos du pape qui ont fait couler tant d’encre…
Conclusion sur la dépêche du Vatican : il est regrettable que le Vatican ait modifié les propos du pape. Tout simplement parce que cela n’a fait qu’ajouter à la confusion et fait penser que le pape n’assumait pas ses propos. Or, selon notre démonstration, la polémique n’est pas née des propos du pape, mais bien des déformations des journalistes (AFP, AP, Reuters en tête), qui tous ont fait dire au pape ce qu’il ne disait pas, et n’ont pas retransmis ce qu’il a dit par ailleurs, le tout étant ensuite renforcé par des articles à charge (dont le Monde est le meilleur exemple).
Le travail de l’AFP, de l’AP, et de Reuters est exécrable et orienté. Dans le sillage de l’AFP, Le Point se contente de répéter et de résumer, Le Figaro, de son côté, réalise une bouillie immonde de toutes les dépêches. Le JDD, dans la suite de Reuters, expédie l’affaire en se réjouissant de la polémique. Enfin, Le Monde et La Croix réalisent un travail de terrain, l’un en chargeant lourdement la barque, l’autre en soufflant doucement sur les voiles. France 2 produit à peu près la même bouillie que l’article du Figaro, mais de manière télévisuelle, ce qui est encore plus puissant au niveau émotionnel. Pour finir, le Vatican n’arrange pas les choses en modifiant également les propos du pape !
Il faut donc conclure ainsi : les personnes vraiment soucieuses de savoir ce que le pape a dit, ne peuvent même pas se fier au Vatican ! Mais qu’ils ne se fient pas pour autant aux dépêches de presse ! Ainsi, seul le lecteur de La Croix pourra (peut-être) comprendre un peu ce que le pape a dit ce jour là sur ce sujet, alors que celui du Monde comprendra qu’il n’a dit que des bêtises et que c’est un scandale pour tout le monde.
Bien sûr, notre étude (déjà bien longue), s’est limitée à quelques exemples, et nous pourrions les multiplier. Mais qu’on comprenne l’angoisse d’un simple citoyen désireux de rechercher la vérité ! Aucun media, pas même La Croix, pas même le service de presse du Vatican, n’aura retransmis fidèlement les propos du pape. Ainsi, le lecteur du Monde n’apprendra rien sur le fond de sa pensée, mais tout sur la pensée du journaliste : “ces propos sont un scandale”. Le lecteur de La Croix en apprendra plus, mais sera poussé à trouver ces propos décevants.
Nous aimerions maintenant analyser dans une seconde partie quels étaient véritablement les propos du pape, et en quoi leur contenu étaient-ils tellement inaudibles pour qu’aucun media n’ait été capable de les reprendre sereinement. On comprendra ainsi, nous l’espérons, que notre propos n’est pas de défendre le pape envers et contre tous, mais bien de tenter de comprendre pourquoi ses propos ne pouvaient pas passer dans les media dominants. Nous n’avons aucun problème à comprendre que de nombreuses personnes puissent être opposées, même radicalement aux propos du pape, mais à condition qu’on le juge sur ce qu’il a vraiment dit !
Samuel Landon a travaillé 3 ans comme directeur et rédacteur en chef du bulletin diocésain du diocèse de Bayeux & Lisieux.
Il travaille à présent pour l’association EEChO (Enjeux de l’Etude du Christianisme des Origines).
Il anime également l’émission “La foi chrétienne pour les nuls“, sur RCF Calvados-Manche.
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Cet article est un modèle d’analyse journalistique, à recommander aux écoles de journalisme.
Où l’on voit, à partir d’un exemple précis et particulièrement polémique, mais qui pourrait être transposé sur bien d’autre sujets, comment nous sommes en permanence manipulés par la presse.
Je n’aime pas particulièrement Benoît XVI, mais je suis bien obligé de constater que ses propos, extrêmement pesés et nuancés, sont intantanément réduits, tronqués, orientés, sortis de leur contexte, privés de toutes ses nuances et précautions de style, altérant ainsi non seulement leur sens, mais les intentions profondes qui les ont inspirées, leur donnant ce ton de dogmatisme abrupt qu’ils cherchaient précisément à éviter.
Une leçon à méditer par les consommateurs de presse et d’information télévisée que nous sommes tous.
@dranreb0606
vous avez tout à fait raison, je transmets l’étude à Christophe Deloire, directeur du CFJ, que je connais bien, s’il peut le diffuser parmi ses étudiants et ses profs voire carrément l’utiliser en cours.
Bonjour,
Eh ben, bravo ! On voit qu’il y a été mis du cœur ^^
C’est une ancienne affaire je m’en souviens, au lycée (je suis jeune) les profs nous disaient “n’écoutez surtout pas le pape qui dit qu’il ne faut pas utiliser de préservatifs ! “…
Mais seulement en regardant la vidéo de départ, on se rend compte que ce que dit le pape est d’une immense sagesse qui en vérité peut aussi s’appliquer pour nous du “continent blanc”
)
Et il ne dit pas explicitement de ne pas “se couvrir”, mais de canaliser l’énergie qu’on met à conseiller cela dans l’énergie à parler d’amour, …
Qu’il faut que les africains s’aident entre eux, et c’est SINON que le préservatif aggrave le problème,
C’est un “si A, alors B, sinon C” où les journalistes sur l’affaire n’ont pris que la moitié (mathématiquement c’est “impardonnable”
Mais je comprends que l’article ne repose pas là dessus mais sur le travail des journalistes, et même s’ils sont critiqués, j’ai l’impression que c’est avec passion, ça donne envie de devenir journaliste (selon-moi^^).
), puis j’attends les autres commentaires pour plus de recul
Je devine qu’il y en a qui vont penser “pourquoi ça ne le fait pas avec les autres religions ?” (c’est à force de lire E&D ça
>> J’allais demander : la presse étrangère a-t-elle fait de même sur ce sujet ?
Bravo encore pour ce travail très décortiqué, bonne continuation dans E&D !
Sur le fond, je dirai que la déclaration du pape n’est pas un scoop en soi, puisqu’il est cohérent avec les préceptes de l’église, et tous les catholiques le savent. Ce que font sciemment ceux qui répercutent l’information, c’est appuyer fort sur une contradiction de l’église que celle-ci, dogmatique, ne peut résoudre : doit-on privilégier la protection des rapports sexuels, ou le sauvetage des vies. En gros, vaut-il mieux se couper un bras ou une jambe. La réponse du pape sur le fond est : je ne peux faire l’apologie du préservatif, car ce serait admettre le rapport sexuel hors mariage.
Après on peut se demander à qui profite le crime. Et là, je rappellerai une interview de Luc Montagnier, découvreur du SIDA, qu’aucun grand média n’a relayé me semble-t-il, qui expliquait que le problème de fond du SIDA était la malnutrition et la pauvreté, avant même la question du préservatif.
Il reste cependant très difficile en France d’opposer un son de cloche différent à l’idéologie dominante. Celle-ci, développée dès les années 80, a fait le bonheur de l’industrie du latex, et de fondations très médiatisées, qui se sont professionnalisées, et dont on ne sait plus, comme pour d’autres causes humanitaires d’ailleurs, si le SIDA est leur raison d’être ou s’ils sont la raison d’être du SIDA.
“Si vous aviez chacun moins de cinq partenaires sexuels dans votre vie,
l’épidémie du sida s’éteindrait.”
Professeur Luc Montagnier, Citation parue dans Le Monde des 1-2 décembre
1991.
Mais ça ne sert pas les intérêts économiques…
@ l’auteur
vous faites là une analyse très poussée du travail de certains journalistes sur une affaire qui pose le problème de la transmission auprès du grand public d’un propos complexe portant sur un sujet très sensible. La parole du pape Benoit XVI était évidemment attendu sur le SIDA et il n’est guère étonnant, en conséquence, que cette partie de la déclaration papale ait bénéficié d’une couverture médiatique plus large que les autres. Choisir l’information retransmise fait partie du processus d’élaboration de l’actualité, ce choix fait partie des missions de la presse. On peut s’en réjouir ou le critiquer mais ce fait est très ancien, il remonte à la création de la presse occidentale dès la fin du XVIIIème siècle.
La démonstration que vous faites de l’échec de ces comptes rendus à rendre exactement la pensée du pape est flagrante. Il y a effectivement des partis pris, des jugements personnels de journalistes qui viennent interférer avec l’information à proprement parler. Ce phénomène n’est pas dans les canons de la presse anglo-saxonne (encore que, les évolutions de médias comme Fox News viennent remettre en cause cette tradition), mais il est courant dans la presse française depuis l’après guerre, nos médias revendiquant le droit de mélanger faits et commentaires en raison de l’impossibilité, selon eux, de rendre compte d’un fait de manière totalement objective. Vous avez raison cependant de mettre en lumière ces prises de positions personnelles.
Je suis cependant en désaccord avec vous sur certaines de vos conclusions concernant les méthodes de rédaction des articles. S’il est indéniable que la reprise, parfois très fortement mot à mot, de dépêches d’agence de presse est un travers courant dans nos médias, le journaliste qui écrit un article a tout de même toute liberté de les enrichir avec le fruit de son propre travail et de ses investigations. Pas étonnant alors que certains articles, même rédigés en France, en disent plus que les dépêches elles mêmes.
De plus, pour informer complètement vos lecteurs, vous pourriez dire un mot sur la pression mise sur les épaules de ces journalistes parfois pigistes à qui on demande de fournir un travail très rapide, parfois trop rapide, pour alimenter une information permanente qui est le champ de bataille des médias contemporains. On peut le regretter mais c’est une réalité à laquelle nous tous, lecteurs, contribuons, en demandant, parfois avec force, qu’un média donné rende compte le plus vite possible d’un événement. Nous ne poussons collectivement pas souvent l’envie d’analyse et de travail fouillé, non ?
Enfin, je dois dire que la fin de votre longue analyse vient quelque peu affaiblir votre raisonnement. En effet, vous vous livrez vous même à des jugements de valeurs qui viennent contredire votre position de rejet de cette même liberté de ton chez le journaliste : travail des agences de presse “exécrable et orienté” et vous jugez plus haut “orientées et partiales” (partielles serait plus juste, non ?), le figaro est une “bouillie immonde”. Pourquoi ne pas employer des termes plus neutres comme “partiel”, “inexact”, “incomplet” ? En définitive, vous finissez par tomber dans les mêmes travers que vous mettez en lumière chez les journalistes. Vous laissez votre propre opinion venir perturber la démonstration et cédez à l’envie, vous aussi, d’orienter vos lecteurs.
Dommage car le travail de fond est lui, très bon. Votre papier, allégé de vos prises de position personnelles, est sans doute un utile rappel non seulement en école de journalisme, mais aussi dans les rédactions. En l’état malheureusement, vous coupez encore trop de bâtons pour vous faire battre. Les imperfections de votre travail seraient utilisées à bon compte pour rejeter l’ensemble.
Cordialement
Manuel
@Manuel
merci pour ce long commentaire argumenté qui fait avancer le débat.
“Si vous aviez chacun moins de cinq partenaires sexuels dans votre vie,
l’épidémie du sida s’éteindrait.”
Il suffit d’un seul rapport pour etre contaminé.
Sans aucun rapport sexuel dans votre vie, le sida disparaitrait.
(Enfin sans transfusion ou injection malheureuse)
Pour le reste je ne comprends pas qu’on reproche au Pape d’etre le Pape…
@ manuel :
partial : définition : Qui prend parti pour ou contre quelqu’un ou quelque chose.
Sens proche de : partisan, subjectif.
Le mot partiel a un sens très différent (=incomplet, fragmentaire)
La cause est entendue, les propos du pape sont déformés.
Pourtant les journalistes ne sont pas totalement stupides, alors pourquoi ?
J’avance une hypothèse: Le relativisme est devenu une sorte de religion dominante.
Le relativisme rejette la notion même de morale, surtout chrétienne, surtout en Afrique, surtout exprimée par le chef allemand de la religion à laquelle l’Occident a longtemps été identifié (non sans raisons).
La morale, d’un point de vue relativiste, est acceptable à titre de choix personnel, mais on ne saurait lui prêter quelque effet positif réel, ni encore moins tenter de la promouvoir.
Elle est de l’ordre, au mieux, de l’us, au pire, de la superstition.
Elle est archaïque et contre le « sens de l’histoire ».
Le pape s’est attiré les foudres des relativistes parce qu’il a blasphémé contre leur religion en osant prétendre que la morale chrétienne soit le plus efficace, voire le seul véritable, moyen de lutte contre la pandémie de SIDA.
Pire: Il a évidemment raison. À l’écouter on risque de comprendre que la morale chrétienne est effectivement utile, voire nécessaire, et le relativisme néfaste et obscurantiste.
La capote n’est pas efficace à 100%, ni utilisée parfaitement dans 100% des cas. Donc, aussi parfaite en soit la distribution, la pandémie ne peut pas être vaincue sans l’évolution si bien décrite par Benoît XVI, conformément à la morale chrétienne.
Les autres organisations risquent d’être contreproductives en accompagnant leur distribution de capotes d’un discours déresponsabilisant.
C’est l’Église qui a raison : Quelle provocation !
La réalité est l’exact inverse du cliché d’une Église arriérée et obscurantiste, opposant ses dogmes à la réalité, les relativistes étant, eux, au-delà de tout dogmatisme et purement pragmatiques.
Bravo pour ce remarquable travail!
Les journalistes cathophobes et partisans travestissent la réalité pour la modeler à leur idéologie.
On croirait lire la Pravda.
Beau travail. Felicitations
Bonsoir,
HS :
1 – quel est la différence entre un administrateur et un webmestre ?
2 – où peut-on poser des questions HS ?
de manière usuelle, on nomme webmaster la personne qui s’occupe de la partie technique d’un site.
l’administrateur s’occupe de son contenu.
Ok merci ^^
La puissane de la désinformation c’est qu’une fois proférée, il est déjà trop tard pour la dénoncer.
Mais heureusement, il y a Enquetes & Débats !!!
La polémique a été mondiale (voir par exemple : http://www.dailymail.co.uk/news/article-1162679/Vatican-defends-Pope-condoms-increase-problem-Aids-Africa-controversy.html ), mais c’est très certainement en France que les réactions hostiles aux propos du pape ont été les plus violentes. Qu’on se souvienne ! http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20090318.OBS9433/les-propos-du-pape-sur-le-sida-suscitent-l-emoi.html Le Quai d’Orsay, l’UMP, le PCF, Les Verts, Bayrou… de nombreuses associations de lutte contre le SIDA, les attaques sont venues de tous côtés (à l’exception du Front National : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20090325.OBS0550/preservatif-marine-le-pen-soutient-benoit-xvi.html ).
Une petite précision: la morale catholique est un sujet qui n’est pas facile à aborder, et dans lequel il y a pas de nuances. Il est assez difficile de le faire passer…
Et le role du pape n’est pas de donner un message adapté à chacun, mais de donner un message général: en gros il montre l’idéal à atteindre, et son exigence se base sur une raison théologique qui est la doctrine de la grace: tout homme se fait proposer en permanence la grace de Dieu qui lui donnera toujours ce qui lui est nécéssaire pour suivre ses commandements, mais l’homme peut l’accepter ou le refuser…
Donc le pape, de par sa fonction universelle, cette doctrine de la grace, et aussi les manipulations journalistiques comme celles mis à jour dans cet article le pousse à ne pas évoquer la faiblesse humaine: si il le faisait en disant que si l’on ne peut ou on croit ne pas pouvoir être abstinent alors il est préférable de mettre un préservatif plutot que de risquer de tomber malade ou de rendre les gens malades su sida.
Exercice pratique: si le Pape dit ça, quel sera le traitement journalistique: facile à deviner: “à la suite de nombreux scandales dans l’Eglise et du tollé suscité par son refus de l’utilisation du préservatif le pape Benoit XVI révise ses positions et reconnait la nécéssité de l’utilisation du préservatif”… (il me semble d’ailleurs avoir lu un article de ce genre sur le Salon Beige)
Toutes ces raisons font donc qu’il a tendance à ne pas préciser cela, en espérant que les personnes soit réfléchiront à cela, soit auront un directeur spirituel dont la fonction est justement d’aider les personnes à parvenir à l’idéal chrétien, en montrant un chemin étape par étape. Il reviendrait donc plutot à lui d’expliquer que cet idéal peut être long à atteindre, qu’il est possible qu’il fasse des chutes ou ne maitrise pas sa sexualité, et que dans ce cas la moins mauvaise solution est de pouvoir mettre un préservatif si la peur est trop grande… tout en lui demandant d’avoir aussi confiance en Dieu!!
En gros la méthode promue par l’Eglise c’est celle de l’Ouganda, qui marche (de 16% à6% de personnes infectées dans la population en 10 ans): abstinence hors du mariage, fidélité dans le mariage, et si vous y êtes obligés mettez un préservatif.
Il me parait intéressant de préciser aussi la doctrine sur le péché: une fois, dans un de ses discours mis sur le Salon Beige, il a dit que le péché est “une force destructrice et aliénante”; c’est aussi bien sur un refus de Dieu, et c’est de là que vient le discours moral sur le péché, mais il est aussi certain que plus le péché est difficile à éviter, moins il est grave. Et c’est pourquoi le péché d’impureté est le plus facilement pardonné.
Sans oublier aussi que dans la foi catholique le plus important est de demander la miséricorde de Dieu, de l’accepter, et qu’une fois que cela est fait “tous les crimes possibles ne sont qu’une goutte d’eau dans un brasier d’amour”; mais il faut aussi éviter le péché, parce qu’il est une offense à Dieu, mais aussi qu’il pousse justement à éviter de demander ce pardon!!
Oui, mais on parle au niveau de la population générale là!!
Et il est aussi certain que le sida est apparu à la fin des années 50, et que l’explosion de la maladie est apparue à la fin des années 70; cela fait que fait l’explosion de l’épidémie à eu la fin des années 60… Juste à l’époque de “la libération sexuelle”!!
Quoi qu’on en pense par ailleurs, il est évident qu’avant cette époque il n’y avait pas eu besoin de préservatif pour enrayer l’épidémie, et que la “libération sexuelle” a été le déclencheur de cette épidémie de masse!
Alors puisque l’augmentation du nombre de partenaires sexuels a provoqué l’épidémie, il ne parait pas idiot de penser que sa diminution la ferait reculer non?
Déjà, un très bon travail!! Cela me réconcilie avec les journalistes!!
Deuxièmement, des petites inexactitudes techniques au début:
Au sujet de la violence dans l’Islam, la citation venait d’un empereur byzantin, et a été totalement sortie de son contexte, puisque le pape a dit juste après qu’il ne comprenait pas cette prise de position!!
C’était d’ailleurs annexe dans le débat…
Au sujet du soi-disant “évèque” Williamson, techniquement ce n’est pas exact, surtout aux yeux de l’Eglise: pour l’Eglise, il est un abbé apostat excommunié parce qu’il s’est proclamé evèque sans avoir le droit de le faire. Si on avait présenté les choses ainsi, la mayonnaise aurait moins bien pris…
De plus, il me semble utile de préciser que le Williamson a “desexcommunié”, en raison de son refus de se rétracter de ses propos d’apparence révionniste mais de fond négationniste.
Il a aussi été récemment exclu de la Fraternité Saint Pie X, où il était très isolé, pour cette même raison. Il me semble aussi que cet “évèque” était hostile au rapprochement avec le vatican.
Quant à l’affaire de la fillette de Recife, l’évèque du lieu n’a pas excommuniée la mère et la fillette, mais il a rappelé que l’avortement entrainait une excommunicatuion automatique lors d’une question d’un journaliste dans un contexte de forte bataille politique au Brésil autour de cette question.
Il n’a par ailleurs pas, soit par ignorance de cet soit par refus, utilisé la disposition de l’article 380 du code de droit canon qui lui permettait de changer l’excommunication en une peine moins forte, en raison dans ce cas à la fois de l’existence d’un fort traumatisme enlevant très probablement la nécéssité de la pleine possession de ses moyens lors de cette décision, et aussi du risque de scandale qui dans ce contexte signifie un risque d’entrainement au péché.
Pour le reste, vraiment un TRES BON article.
Vous pouvez en trouver des aussi bons sur le site http://www.koztoujours.fr qui a consacré plusieurs articles très bien documenté sur toutes ces questions.
Amicalement
@Manuel
L’objectif de l’article n’était pas de contester le mélange des genres. Sur ce sujet, il se trouve que ma préférence va justement à l’article du Monde. Ils ont fait un travail de terrain, et ils ont donné la voix à pas moins de six personnes différentes afin de contester la parole du pape. Bien qu’en désaccord avec leur approche, je trouve que c’est l’article le plus cohérent, le plus fouillé, et le mieux présenté. Qu’on mélange faits et opinions ne me dérange pas, bien au contraire, sinon on s’ennuierait fort. Ce qu’il fallait montrer c’était la déformation systématique des propos. L’exemple est basé sur les propos du pape, mais ça marche pour mille autres sujets. La seule différence c’est la réaction que cela engendre. Les propos du pape sont déformés ET cela suscitent des réactions d’une violence rare. Voyez ici : http://www.lefigaro.fr/international/2009/03/18/01003-20090318ARTFIG00554-sida-les-propos-du-pape-creent-l-indignation-en-france-.php
Quant à la question de la concurrence, pourquoi devrait-elle être la source d’une généralisation de la médiocrité journalistique ? Si, au contraire, les lecteurs s’indignaient constamment des erreurs, des déformations et ainsi de suite, alors les journaux prendraient les moyens de donner un contenu plus sérieux, mieux documenté, plus soigné sur le fond et la forme.
Certains m’ont dit (en privé) que ces déformations régulières faites par les media étaient connues de tous et que personne n’était dupe, surtout avec le développement de l’Internet. Je n’en crois rien. Je crois plutôt que nous nous habituons à croire n’importe quoi et que nous cédons à la paresse intellectuelle de ne pas vérifier les affirmations qui nous sont données. Combien de fois avons-nous entendu “j’ai vu à la télé, j’ai lu sur internet que…” ? Comme si le moyen technologique était la marque d’une autorité sûre en tant que telle.
Si les lecteurs de journaux n’étaient pas dupes… ils cesseraient de lire les journaux ! Ou, ils ne tomberaient pas systématiquement dans le panneau. Quand tous les politiciens de tous bords crient d’un même élan “au scandale” face aux propos déformés du pape… on se demande où se trouve l’esprit critique de nos élites ?
Enfin, en ce qui concerne l’emploi du terme “bouillie immonde” pour l’article du Figaro… j’admets ne pas avoir trouvé d’autres formulations plus adaptées… ! Mais je pense que vous avez compris que mon reproche n’est pas que le Figaro face ici de la bouillie, mais qu’il ne l’indique pas. Son manque de professionnalisme tient selon moi au fait de ne pas indiquer qu’il puise aux trois sources, et c’est cela qui induit le lecteur en erreur. Le Figaro (et les autres journaux cités) savent aussi faire de très bons articles. Mais lorsque c’est vraiment mauvais, il faut le dire.
@Fucius
Cette première partie de mon étude en constituait le volet “Enquête” et cherchait à donner les faits, à savoir : comment l’information avait été transmise.
La deuxième partie de mon étude (qui sera publié dans quelques jours), analysera les propos du pape sur le fond en donnant des éléments qu’aucun media n’a relayé sur cette affaire. Ces éléments permettront aux lecteurs de se faire une opinion plus juste de la question, avec des faits précis et permettra, je l’espère de faire avancer le débat.
@françois
Oui, heureusement. Mais il faut déplorer qu’Enquête & Débat soit bien seul pour faire ce genre de travaux. Si l’on disposait de plus de moyens, alors ce genre d’analyses pourraient se multiplier et l’on pourrait montrer les dérives de plus en plus graves auxquelles se livrent les media les plus en vue.
Bonsoir,
Ça a été violent en effet, je ne savais pas qu’il y en avait qui demandaient carrément les excuses voire la démission du pape !
Je vous remercie bien fort de cette réponse très complète !
Excusez mon impatience ! Travail très, très bien étayé, bravo et merci infiniment.
«Il estime que l’on ne peut “pas régler le problème du sida”, pandémie aux effets
dévastateurs en Afrique, “avec la distribution de préservatifs”.“Au contraire (leur) utilisation aggrave le problème”»
Sale vieux con malfaisant, jusqu’au n’iras-tu pas pour assurer la misère des gens avec tes fatwas imbéciles qui ont opprimé des centaines de millions?
Oui, “fatwas.” Ton prédécesseur a fait bisou-bisou au Saint Coran, le terme “fatwa” te va bien, sale vieux con, jadis t’appellais ça bulles, mais oui, “fatwas” ça te va mieux, misérable abruti mi-alzheiméré.
Comme je ne suis pas né de la dernière pluie, des victimes de ton idéologie de sombre fumier, j’en ai connues.
Te souviens-tu, salopard malfaisant, du temps pas si lointain où toi et tes ensoutanés teniez le haut du pavé, faisant la loi, la pluie et le beau temps? Où toute forme de contraception était à l’index? Cela s’appelait “tricher,” MISÉRABLE CONNARD. Te souviens-tu du temps où les femmes devaient se résigner à pondre encore un gniard de plus, pas désiré, pas voulu, sans avoir les moyens de l’élever, et un autre, et un autre, t’en souviens-tu bien, misérable fumier que tu es? J’ai à peu près ton âge, et moi je m’en souviens. Et des couples de ma famille détruits par ton immonde superstition de merde.
@ l’auteur
Bravo et merci Samuel pour cette excellente analyse. J’etais a l’epoque souffle par la mediocrite de la presse. Cette polemique avait susicite un nombre incroyable de commentaires sur la version online de ces papiers, notamment de lecteurs qui s’epuisaient a expliquer aux autres la manipulation des propos du pape par le journaliste.
Il me semble ainsi que le journaliste de l’Express etait meme intervenu dans les commentaires pour expliquer/justifier son article, il me semble aussi que dans un article du meme accabit, le journaliste du Point avait du aussi faire une mise au point dans les commentaires.
Vous pourriez peut etre dans une troisieme partie evoquer ce phenomene, la mobilisation phenomenale sur Internet des lecteurs pour finalement dire tout ce que vous expliquez dans votre article. Comment les journalistes reagissent quand ils sont pris la main dans le sac,? Comment cela fini par influencer leur travail?
Bravo encore, le meilleur contenu dans E&D depuis le “echec et mat” epique sur Corneille/ Moliere.
@Tskvi
Votre haine à l’égard du pape est si grande qu’il vous faut la crier sur ce site à l’audience plutôt confidentielle… Espérons au moins que ça vous soulage.
Depuis quelques années, on observe que les médias ne transmettent plus la vérité sur les événements et les réalités du monde. La déformation systématiques des propos des personnes bien placées s’est fait remarquée. Alors où réside le problème concernant la déformation des paroles du pape Benoît XVI ? Le problème, à mon avis, est que ce Pape à plus d’ennemis que d’amis. On sait très bien que sa transparence et son franc-parler suscitent l’animosité des gens qui deviennent naturellement ses adversaires. Ainsi son attitudes concernant l’Europe et ses racines chrétiennes ne va pas sans susciter des adversaires. Sa franchise sur le terrorisme, la violence qui vient au nom de l’islam ne va pas sans soulever la tempête dans les rues islamiques contre le pape de Rome et contre l’Eglise en général. Ses soutiens continuels pour la dignité de l’Homme écrasé par des régimes économiques sévères suscitent inlassablement la haine de beaucoup de chefs d’état. On peut aller jusqu’à dire que le pape Benoît est haï par les une grande population protestante et anglicane car on considère qu’il n’a pas su faire l’œcuménisme comme son prédécesseur Jean Paul II. Personnellement, Ainsi, je crois que le milieu médiatique et surtout ceux qui y travaillent ne soient pas en dehors des ces adversaires. Qu’on veuille ou non, l’Eglise catholique est persécutée même en Europe où elle avait servi l’Europe par une centaine disciplines divers et variés au cours de la longue histoire et c’est l’Histoire qui en témoigne. Cette persécution ne vient que pour confirmer la vérité de l’Evangile. Et si les propos du Pape sont systématismes déformés, c’est parce qu’il travaille pour la Vérité et la Vie.
Je ne m’étonne pas des sales propos de Tskvi à l’égard du pape, symbole de la liberté, de la sainteté, de la défense des droits de à la vie, symbole de l’espérance d’un milliard d’hommes et de femmes. Le Pape suscite vraiment la haine du Diable et de ses agents.
Un article de haut niveau et un démontage en règle. Bravo. Un article en or.
Je viens de voir que cet excellent article ne figure pas dans le best of du site, c’est une injustice à rectifier il me semble.
@Kévin
injustice réparée
Excelent,
Quand allons nous rendre une vrai liberte a nos journalites ?
Quand allons nous redonner a nos journalistes une formation critique et une obligation d’objectivite ?
La dictature s’en prend au corps, l’olligarchie aux esprits
Quand a l’injustice, elle n’est pas réparée.
Je dirai plutot, que le mal est fait.
Tel est bien le but , et cette demonstration vaut pour toute cette propagande et ce cirque mediatique
On a le droit de ne pas être d’accord avec les dogmes de l’Eglise et les propos du Pape qui les véhicule ; mais a-t-on le droit de s’adresser au Pape dans les termes haineux et injurieux utilisés dans un des commentaires précédents ??? Liberté d’expression ???