Le 14 septembre dernier, une obscure commissaire, de nationalité luxembourgeoise et jusque là inconnue du grand public, s’est fait connaître par des propos particulièrement déplacés à l’endroit de notre chef de l’Etat. Ce qui ne serait pas grave en soi en l’occurrence si ses propos avaient pu viser un domaine que l’application du principe de subsidiarité aurait pu considérer comme relevant de sa compétence, et si surtout, la France n’avait pas objectivement raison de limiter la présence en son territoire d’une communauté peu connue pour sa capacité d’intégration et sa contribution à l’intérêt général.
Il n’est pas question ici de se demander quel est le degré de sincérité, ou d’opportunisme politique, dans la démarche sarkozienne, eu égard aux engagements pris et renouvelés régulièrement par l’actuel Président de la République, dans le double domaine des atteintes à l’ordre public, générées notamment par la présence de communautés de diverses origines et de la préservation des prérogatives nationales dans ce domaine, face à la très totalitaire Commission de Bruxelles et à son inénarrable membre Michel Barnier qui, trop bon envers son pays d’origine, propose de ne pas prendre de sanctions tant que la France n’a pas “rectifié le tir”.
Or, la dénonciation du non-respect des engagements présidentiels se trouve suffisamment et ce, à juste titre, “exploitée” par les partis de la “droite nationale” ainsi que, sous une forme plus policée et plus intéressée, par les éléments “droitiers” de l’actuelle majorité, pour que l’on n’y voit pas cette fois-ci une forme de tentative de “concrétisation” assez rare pour être soulignée et défendue, même si les “Roms” ne constituent pas, loin s’en faut, l’essentiel du problème migratoire.
Je renvois pour la forme au communiqué du député des Alpes-Maritimes Lionel Luca, intitulé “Qui est Madame Reding? “, qui présente l’avantage de rappeler que la France est déjà le premier Etat de l’Union européenne en terme d’accueil de demandeurs d’asile et que la commissaire luxembourgeoise confond allègrement “liberté de circulation” et “liberté d’installation” et propose d’aller plus loin dans la réflexion sur les enjeux du conflit, réel ou feint, qui s’est encore joué le 29 septembre dernier entre l’Elysée et la Commission.
En effet, si Nicolas Sarkozy a souvent tendance dans ses élans verbaux à oublier que les promesses se concrétisent difficilement en l’absence de cadre juridique et institutionnel approprié, tant il est vrai par exemple que le traité de Lisbonne soumet encore davantage notre pays au diktat bruxellois, au mépris du principe de subsidiarité pourtant reconnu comme principe général du droit européen, la Commission de Bruxelles, en revanche, ne se prive pas de jouer pleinement “son rôle” d’interprétation des textes dans un sens supranational, comme l’avait déjà noté Georges Berthu à l’époque où ce dernier siégeait au Parlement européen.
Et il n’y a malheureusement aucune chance pour que, dans un contexte où les autres Etats ne peuvent ou ne veulent pas se permettre d’accueillir la “misère du monde”, a fortiori lorsqu’elle apparaît faiblement sédentarisée, elle écarte les questions migratoires de son champ d’interprétation et ce, d’autant plus, que depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, les fameux “Roms” sont de nationalité roumaine et donc peuvent prétendre bénéficier de la “libre circulation” au sein de toute l’Union européenne qui, comme chacun sait, ne comprend pas les Etats les plus prospères de l’Europe (Norvège, Suisse…) à l’exception du grand dominateur germanique !
Or, le niveau des prestations sociales alliées au fameux “droit du sol” dont certains députés ont encore récemment demandé la remise en cause malheureusement sans succès, rend naturellement notre territoire plus “attractif” que des Etats au climat par ailleurs moins agréable. Et les Roms ne sont, du fait de leur mode de vie, pas les plus “profiteurs” de ce point de vue…
Il reste quand même que leur expulsion permet au moins de rappeler cette règle de bienséance élémentaire qui veut que l’on se comporte de manière déférente envers la personne qui nous accueille et que l’on ne voit pas pourquoi cette règle de bienséance ne s’appliquerait pas aussi aux “communautés”. Elle permet en outre de faire accepter l’idée que les comportements inciviques peuvent, et doivent, occasionner le départ du territoire national, ne serait-ce que par respect envers les personnes qui se seraient conformées à cette “règle”…
Bernabe Abat
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