Pascal Bouchard, responsable du site Touteduc, ami de Philippe Meirieu, et Marian Balastre, de l’APL (association des professeurs de lettres) ont débattu ce 11 mai à propos de l’école, les méthodes d’éducation, leurs changements et leurs conséquences depuis 30 ans.
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Bonjour Jean,
Une petite coquille dans le titre, pour commencer…avant de réagir sur le fond.
———
Corrigé – merci
Pascal Bouchard, quelle suffisance…
Il nous dit que l’école est l’endroit ou l’on trouve le plus d’intelligence au centimètre carré.
Dans un bureau d’étude de calculs de structures bâtiment, un centre de recherche aéronautique, un cabinet d’ avocat, un service informatique ou une rédaction de presse, nous n’y trouvons que des imbéciles c’est connu.
C’est lui qui décide de qui parle et à quel moment (on le voit prendre le contrôle permanent du bouton), comme le professeur dans sa classe qui fait la leçon au “petit jeune” qu’il a en face de lui, il remet même en cause les connaissances de son adversaire comme on interroge un élève…
Pourtant il dit des choses très intéressantes mais son comportement hautain est détestable, et gâche son discours.
Là ou Marian Ballastre a raison c’est que les élèves d’aujourd’hui et pas qu’eux d’ailleurs, ont des connaissances disparates, confuses, floues, et qu’il leurs est impossible de les mobiliser de façon structurée.
Combat inégal, dommage !
D’accord avec Vincent.
P. Bouchard est vraiment un bon exemple de « pédagogiste ».
Ancien enseignant (pourquoi ?…) il fait partie des défenseurs de Meirieu, et reconnaît que l’EN est face à de sérieux problèmes, mais nie que les pédagogistes y soient pour quelque chose. Ce qui ne l’empêche pas de dire que « le niveau monte », comme le prétendaient l’écrivaient Baudelot et Establet dans un livre paru en 1990, pour démontrer que les méthodes pédagogistes sont efficaces à terme.
La thèse était que s’il est vrai que le niveau des élites baisse, dans le public, le niveau global monte.
L’affirmation était déjà discutable à l’époque, elle l’est encore plus aujourd’hui.
Il est vrai qu’il existe toujours des élèves aptes et intéressés, mais ces élèves-là ne trouvent plus dans l’enseignement la même densité, ni la même rigueur, ni les mêmes exigences. Quand un enseignant de lettres par ex., est obligé de répéter de la 6ème à la 3ème le même cours de grammaire, sans jamais pouvoir approfondir parce que plus de 50% d’une classe ne sait pas reconnaître le sujet d’un verbe ou son complément d’objet direct, non seulement l’élève qui a compris ne progresse pas mais il finit par régresser.
Or les consignes sont qu’il faut s’occuper des « élèves en difficulté » en priorité, en délaissant les autres, qui s’en tireront toujours.
Les « bons élèves » -terme politiquement incorrect – sont condamnés à une certaine stagnation, sans que les « mauvais » – terme encore plus incorrect ne progressent que rarement.
Le pédagogisme est fondé sur un concept philosophique « d’éducabilité » posant comme principe que tout individu est éducable.
L’erreur du pédagogisme est de vouloir éduquer la totalité d’une population aux mêmes notions. Comme ce sont des enseignants surtout de Lettres, de Philosophie, qui ont conçu les programmes, ils veulent à tout prix faire partager ce qu’ils ont de plus précieux, sans voir que l’impossibilité pour un humain d’assimiler la totalité des savoirs accumulés par l’Humanité contraint à des choix, et que ceux qu’ils font finit par écarter des savoirs indispensables au profit de savoirs exclusivement livresques.
Tout en discourant sur la valeur des connaissances non livresques, artisanales ou industrielles, du savoir faire manuel, ils imposent finalement une hiérarchisation des savoirs, avec valorisation des uns et dévalorisation des autres.
Les pédagogistes sont tous de gauche : en vérité leur projet pédagogique est un projet de transformation de la société par l’éducation des enfants, à qui ils veulent donner les moyens d’échapper à la condition ouvrière pour les faire entrer dans la bourgeoisie (ingénieur, médecin, avocat, voire prof) et le fonctionnariat.
Ce n’est plus l’Eglise qui assure le Salut des hommes, mais l’Ecole qui doit les sauver du Prolétariat.
Et c’est un ministre trotskiste qui a donné son nom à la loi mettant « l’élève au centre du système » et décrétant comme dans un Gosplan soviétique le pourcentage (80%) de reçus au bac.
Le pédagogisme est un échec, affreux, dont les effets ne font que commencer à se faire sentir, car les enseignants formés à la méthode traditionnelle partent à la retraite et sont remplacés par des jeunes formés aux méthodes laxistes.
C’est une catastrophe tout comme le système marxiste de la Dictature du Prolétariat, qui voulait, pour faire disparaître la Lutte des classes, faire disparaître les classes et n’en garder qu’une. De même, les pédagogistes veulent créer une seule classe, une bourgeoisie de fonctionnaires, sans ouvriers et sans capitalistes.
Finalement, c’est la même chose, en un peu plus cossu.
En attendant, le niveau continue de monter dans les écoles de l’élite –privées, comme l’Ecole alsacienne, le Collège Stanislas etc… ou publiques : grands lycées parisiens- mais non seulement il ne monte pas en dehors de ces lieux d’excellence, où les élèves sont loin d’avoir le niveau des élèves de certificat d’études d’il y a 50 ans, mais parallèlement, tout le savoir artisanal (l’artisanat, la plus grande entreprise de France) se perd, n’est pas transmis, puisque l’assistanat détourne nombre de jeunes de cette voie.
@ Jeanne
Vous avez fait un bon résumé il me semble. C’est un véritable nivellement par le bas qu’engendre la méthode pédagogiste. Encore une fois, tout provient de la massification de l’école, l’effondrement de l’école commence véritablement là . Si on rajoute à cela l’immigration qui fait se cotoyer des semi-barbares (car pas du tout habitué à être tenu dans une telle discipline) avec des élèves “sages” désirant apprendre, on a le résultat… Mais les gauchos aiment, ils appellent cela la “mixité sociale”… Il y a aussi la mixité tout court filles/garçons qui selon les études est mauvaise pour l’apprentissage.
Retraité après 36 ans de carrière, je dis bravo à ce jeune collègue . Quant aux commentaires politiques ci-dessus,ils me font rire :c’est sous Fouchet et Haby que la destruction a commencé.La droite n’a jamais rien fait pour rendre l’école plus méritocratique : la stupidité de la “gauche” en ce domaine les arrange bien,comme en Grande-Bretagne.