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Femmes en flammes, femmes en cendres dans l’Occident chrétien

4 janvier 2012, 10:30 Auteur : Jean 235 commentaires

Voici en exclusivité pour Enquête & Débat un article extrait de l’excellent magazine indépendant L’Ere nouvelle, édition de décembre 2011, sur la condition de la femme sous le christianisme quand celui-ci était dominant dans notre pays. On a du mal à trouver des différences avec la condition de la femme sous l’islam actuellement, ce que les catholiques actuels ont souvent beaucoup de mal à reconnaître… Pour vous abonner à l’Ere nouvelle (29€ par an), cliquez ici

Pierre Lexert naquit à Paris de parents valdôtains contraints à l’exil par le régime fasciste italien des années 1920. Mais il passa sa petite enfance près de sa grand’mère en Vallée d’Aoste, où il est revenu vivre aujourd’hui. Durant la guerre, il fut un résistant du réseau «Les Ardents» et engagé volontaire dans les Corps-francs de l’Armée des Alpes.  Il pratiqua de nombreux métiers manuels et intellectuels et fut notamment chef de service adjoint à l’Ecole Universelle, rédacteur au service de presse du Ministère de l’Information, reporter, chroniqueur judiciaire, directeur du «Journal de Biarritz», directeur des recherches à la Société Publicis, directeur de l’Institut Valdôtain de la Culture de 1980 à 2007, rédacteur en chef de feu «Les Cahiers du Ru» (48 numéros parus). Pierre Lexert, qui collabore épisodiquement à la revue de Pierre Lance L’Ere nouvelle, est un esprit libre et un talentueux écrivain et poète qui a cumulé de multiples distinctions littéraires dont nous ne citerons ici que les principales : Officier de l’Ordre national du Mérite, Officier dans l’Ordre des Palmes Académiques, Grand Prix de l’Académie Française du Rayonnement de la Langue et de la Littérature en 1992, «Jasmin d’Argent» 1992 de la Poésie francophone, Prix Barbey d’Aurevilly, Prix Enea Balmas (2 fois), le second remis par Jean-François Revel et décerné par la Société Universitaire des Professeurs italiens de français. Nous reproduisons ci-après l’article qu’il a publié dans le N° 203 de novembre-décembre 2011 de L’Ere nouvelle.

FEMMES EN FLAMMES, FEMMES EN CENDRES DANS L’OCCIDENT CHRÉTIEN

Aussi impudemment que benoîtement, Benoît XVI a présenté ses excuses pour les actes de pédophilie commis par son clergé, en excipant de son ignorance des faits. Mensonge éhonté, car nous qui ne sommes pas dans le secret des dieux ni ne disposons d’un service de renseignements performant n’ignorons rien depuis des lustres de ces pratiques. Que notre Benoît ait donc la pudeur de n’en pas rajouter ! Déjà que de le voir simplement s’excuser nous fait frémir d’une sainte indignation. Imaginons le tableau ; Benoît devant l’une de ces victimes et lui prenant les mains : “Nous avons ruiné votre vie mon ami ? Oh, excusez-nous ! Nous ne recommencerons pas.” C’est un peu comme si le Führer avait dit :” Vous avez été déporté ? oh, excusez-moi ! Je croyais bien faire. Et supplicié ? Tiens ! Je n’étais pas au courant.”

Ce n’est pas tout à fait la même chose, nous répondra-t-on ; il y a malgré tout une différence de degré entre une sodomisation papelarde, même répétée, et une extermination programmée. De degré peut-être, mais de nature non ; car complicité tacite il y a eu, et, l’arbre cachant la forêt, je ne sache pas que Benoît XVI ait jugé bon dans la foulée de déplorer l’extermination délibérée entreprise autrefois par son Eglise en vue de purger la société chrétienne de ses “sorcières”. Car outre les allègres et profitables massacres perpétrés au nom de la sainte Foi contre les hérétiques et les sectes concurrentes, encore a-t-il fallu que cette Eglise s’en prît cruellement aux femmes qui sortaient du dévotieux ordinaire et dont les connaissances empiriques risquaient de discréditer un clergé parasite et perverti maintenu dans une ignorance crasse. Autrement dit : “Sus aux prétendues guérisseuses et autres fondées en l’art d’administrer les simples !”

Et puis, n’était-ce pas une façon comme une autre, après Saül de Tarse alias Saint-Paul – ce machiste fondamentaliste dont pourraient se réclamer les pédophiles chrétiens – de remettre à leur place les femmes émancipées dont le grain de sel pouvait donner plus de saveur à la vie d’ici-bas ? Car enfin, de quoi se mêlaient-elles ces retombées de la côte adamique ?

Hypocrisie des hommes ! Lâcheté des historiens ! Quelques-uns soulignent bien que l’Islam a pratiquement cessé de progresser à compter du moment où il s’est mué en théocratie ; d’où son retard historique sur nos sociétés occidentales en dépit de l’important handicap dont il bénéficiait au départ avant que le Coran ne figeât son évolution. Retard que les pétrodollars ne contribuent pas à combler, au contraire, puisqu’ils fournissent des “armes” aux tenants les plus obtus et les plus fanatiques de cette religion. Mais combien de ces historiens ou chroniqueurs rappellent hautement que le sort des populations – et surtout des citoyennes – occidentales n’aurait guère différé de celui des musulmanes si l’énorme emprise de l’Eglise chrétienne n’avait été battue en brèche par les hérésiarques, les agnostiques, les incroyants, les magiciens, les alchimistes et les chercheurs, les libertins et les philosophes ?

La chronique réaliste du moyen-âge nous offre en effet un atterrant catalogue des exactions et de la mainmise du clergé dans tous les domaines,- l’irreligion des grands n’étant pas encore assez affirmée pour lui opposer un contrepoids, la foi pour beaucoup d’entre eux leur tenant plutôt lieu de superstition et d’instrument propre à maintenir le servage et favoriser la soumission de leurs sujets. Or parmi ces abus (viols, rapines, captation d’héritages, sévices en tous genres, chantages, abus de confiance, etc.) ceux qui affectaient la condition de la femme dépassent notre entendement, à fortiori lorsque on se réfère au culte orchestré de la Vierge à la même époque. Déjà, dans l’Evangile, perce le bout de l’oreille ; car la Vierge ce n’est pas la femme avec ses servitudes, mais une abstraction artificieuse conçue pour se gagner les naïves brebis et les béliers que le côté face – ô missionnaires – émeut plus que le côté pile cher au pilon des bougres.

L’odieuse condition féminine dans la société médiévale

La récente relecture que nous avons faite de la dense et romanesque suite médiévale de Zoé Oldenbourg – Argile et cendres suivi de La Pierre angulaire – laquelle ne se veut nullement contestataire à l’égard de la foi, nous dépeint la pénible et souvent désespérante situation des femmes dans la société chrétienne du temps des croisades ; même au coeur des familles tenues pour nobles, où, fors la dot, la fornication et la parturition, elles n’avaient pas plus de raison d’être que de bonnes vaches à traire. Il est vrai qu’entre la Vierge (pour la frime et l’apparat) et la Prostituée Marie-Madeleine (pour le bas de laine dotal et le bas de l’aine) l’Evangile n’est pas très disert. Comment s’étonner après cela que nos ministres du culte préfèrent les Eves en Gilles…

Toujours est-il que pour rabattre le caquet de celles qui entendaient se soustraire, ne fut-ce que partiellement, à cette sujétion, le recours à l’arbitraire canonique allait aller de soi, avec sa fourche à trois dents : le soupçon d’hérésie, le commerce avec le diable, et la torture pour obtenir des aveux spontanés. Le plus révoltant en l’occurrence étant que cette persécution criminelle visait notamment des créatures altruistes – guérisseuses, sages-femmes, rebouteuses… – ou rebelles en rupture de carcan dont l’exemple pouvait se révéler contagieux.

Ainsi l’Eglise, la sainte Eglise (qui récuse Marie enceinte), apostolique (mais dont les apôtres sont exclusivement masculins) et romaine (comme la salade théologique) s’est-elle ingéniée à rôtir des fournées de dames et damoiselles durant plusieurs siècles sous les prétextes les plus fallacieux et les plus futiles. “Oh, excusez-nous ! dirait Benoît XVI, nos façons sont aujourd’hui plus discrètes et plus indolores.”

Toujours est-il que convaincues – la détention afflictive et la torture aidant – de sacrifier à des rites impurs et sacrilèges (baiser le cul de Lucifer, forniquer avec Satan, chevaucher nue un balai pour se rendre au sabbat, cracher sur la Croix, ou se repaître d’enfants…) les bonnes femmes devinrent la cible – que ces comportements fussent tenus pour réels ou illusoires – et des inquisiteurs, et des calomniateurs désireux de les voir éliminer, poussés par un ressentiment, la jalousie, une pulsion sexuelle sadique, ou l’espoir d’entrer en possession d’un bien convoité.

La misogynie jusqu’à la cruauté

On ne s’étonnera pas que les démonologistes aient universellement attesté que le démon attirait dans ses filets plus de femmes que d’hommes. Sprenger en arrive même à remercier Dieu d’avoir préservé d’une telle perversité le sexe masculin. Si les canonistes ne virent en la matière que les “prestiges et fantasmagories” envoyés par l’esprit du mal durant le sommeil, des Papes comme Eugène IV et Calixte III notamment s’employaient à stimuler la croyance à la sorcellerie, qu’ils ordonnaient de persécuter avec la plus grande rigueur. Et Bernard de Côme assurait que si quantité de personnes avaient été brûlées avec l’assentiment du pape pour participation au sabbat, cela prouvait suffisamment la réalité de l’hérésie puisque l’Eglise ne punit que des crimes avérés.

Sans doute y eut-il, comme chez les hommes, des “sorcières” dans le plein sens du terme, se livrant à des pratiques diverses, plus ou moins occultes ou clandestines, – sorcières dont le comportement tendait parfois à compenser un ostracisme ou une disgrâce physique ; mais il semble bien que la plupart du temps leur mode de vie découlait de prédispositions naturelles les rendant aptes et les inclinant à aider autrui d’une part ; et, d’autre part, d’un rejet de société motivé par la vénalité et les lupanées qui gangrenaient le tout-puissant clergé régissant la communauté. On conçoit fort bien qu’au sein d’une civilisation dont la libre pensée n’avait pas encore affranchi les esprits, et où l’au-delà constituait un sujet de préoccupation majeur, les âmes déçues par une religion faisandée mais omniprésente aient tenté de chercher ailleurs des voies d’accomplissement ou de satisfaction.

Dans le même temps, les hommes considérés comme sorciers ou magiciens bénéficiaient généralement – sauf cas majeurs – d’une grande mansuétude. On estimait qu’ils se contentaient de gagner leur vie en rendant des services – parfois louables, parfois contestables – alors que la “sorcière”, elle, était réputée essentiellement “mauvaise”, quand bien même eût-elle pratiqué la magie curative, celle-ci étant condamnée comme inadmissible car ne pouvant qu’impliquer un pacte avec le Malin. Tare dont le guérisseur masculin était exempt ! N’oublions pas que ce qui valorisait particulièrement les artifices des sorcières, c’était la déplorable pénurie de remèdes que l’obscurantisme religieux était en mesure de leur opposer.

La malignité et les préjugés des inquisiteurs à leur égard étaient tels, que la sorcière qui les bravait en résistant à l’interrogatoire malgré les sévices subis était censée avoir reçu de Satan le don de taciturnité.

Et comme le même genre d’idées préconçues déterminait le même type d’interrogatoire un peu partout, la torture complémentaire ne pouvait que susciter le même genre d’aveux,- accréditant ainsi un corpus de témoignages irréfragables selon la jurisprudence et la logique tordue de l’époque. Au surplus, le Tribunal ecclésiastique était autorisé à faire de fausses promesses de pardon ou de peine légère ; à contester l’avocat de la défense ; à lui dissimuler le nom des témoins à décharge ; à multiplier les témoins à charge et à altérer les dépositions,- voire, si l’avocat défendeur se montrait trop pugnace, à l’excommunier en tant que fauteur d’hérésie ! Tout cela en vertu du principe, toujours selon Springer, que l’énormité des maux en question justifiait toutes les fraudes et cruautés mises en oeuvre pour venir à bout d’un adversaire contre lequel une guerre loyale serait vaine.

La fourberie des inquisiteurs se fortifiait dans de nombreux cas de la latitude qui leur était laissée – si la fraude portait ses fruits – de s’en remettre au magistrat séculier, déjà gagné à leur cause, du soin de prononcer la sentence à laquelle l’inculpée croyait avoir échappé… Ils pouvaient ainsi s’en laver les mains.

Amorcée environ l’aube du XVè siècle, cette persécution systématique contre les sorcières et assimilées ne tada pas à revêtir une ampleur que peut seul expliquer le degré d’ignorance, de bêtise et de crédulité auquel l’Eglise catholique avait réduit ses ouailles.

Toute une société sous le joug du crime organisé

Qu’ils se soient réclamés du cap. episcopi – formulé lors d’un certain mais incertain concile d’Anquira – pour décréter que la sorcellerie n’était qu’illusion et fallace ; ou qu’ils aient été persuadés de la véracité des phénomènes répertoriés ou prétendument observés, les inquisiteurs chrétiens ont déployé un zèle si meurtrier durant deux siècles et demi afin d’éradiquer la “mauvaiseté” des paradoxalement dites “bonnes” femmes, que la somme et l’arbitraire de leurs exécutions laissent pantois. Mentionnons, pour en conspuer au moins la mémoire, quelques-uns de ces assassins du Pape (autrement plus performants que ne furent les haschichins du Vieux de la Montagne) : Nicolas Jaquerius, auteur du Flagellum Haereticorum Fascinariorum ; Jacob Sprenger, déjà cité, fanatique sincère (la pire espèce), auteur du fameux Malleus Maleficarum – “Le Marteau des sorcières” – tenu pour le plus prodigieux monument des superstitions jamais produit ; Bernard de Côme; Bartolomeo de Spina ; Bartolomeo de Homate ; Pierre de Berne ; Pierre de Bronsart, “au nez velu et à la trogne maugrinne” ; Henri Institoris ; Hugues le Noir ; Pons Fougeyron ; Francesco Chiabaudi ; Michele de Valenti ; Jacques Du Boys ; Philippe de Saveuse ; Roland Lecozie ; Fra Gerolamo Visconti ; fra Angelo da Verona ; fra Antonio ; Giorgione di Casale, Nicolas Savin,- encouragés par les Papes Grégoire XI ; Nicolas V ; Innocent VIII ; Léon X, entre autres.

Ainsi, bien avant les chambres à gaz nazies, la fumée des holocaustes pieux monta-t-elle des bûchers chrétiens vers le ciel européen, déshonorant les XVè, XVIè et partie du XVIIè siècles.

Outre les autodafés individuels ou limités à quelques infortunés, il y eut des embrasements collectifs impressionnants, allant de la vingtaine à la centaine de tourmentés. L’évêque de Genève en aurait liquidé 500 en trois mois ; celui de Bamberg 600 ; celui de Vürzbourg 900 ; l’archevêque de Trèves 118 en 1586 ; dans le Valcamonica, après l’élimination de 70 ” coupables”, cinq mille personnes, soit un quart de la population, demeuraient suspectées ou accusées ; le district de Wormserbad, dans les Grisons, dut sacrifier 41 de ses administrés ; 48 furent rôtis à Ravenspurg ; le duc Artus III fut loué en 1457 pour avoir fait brûler le plus de sorciers en France, en Bretagne et dans le Poitou. (Au moins la République de Venise refusa-t-elle de céder aux injonctions du pape et s’en remit-elle à la sagesse de son Conseil des Dix). En Espagne, brilla par sa cruauté le dominicain Thomas Torquemada, qui, en confisquant les biens des accusés d’hérésie et de sorcellerie, parvint à accumuler de telles richesses qu’il fut craint par le Pape lui-même, qui l’obligea à lui verser la moitié du butin. Lorsque Torquemada arrivait dans un pays comme inquisiteur, la population fuyait en masse. En 18 années de son inquisition il y eut 8OO.OOO Juifs et Juives exilés d’Espagne. Dix mille furent brûlés vifs. A Rome l’Inquisition allumait des bûchers sur toutes les places pour brûler les hérétiques dont les patrimoines étaient automatiquement réquisitionnés pour le compte du Pape par la Confrérie des San Giovanni Decollato.

Signalons que les Papes Léon X et Paul III affirmèrent la non existence du Christ tout en commettant leurs crimes. Le Pape Sixte V assistait joyeusement aux exécutions, où il se faisait livrer son repas. Il déclarait que les actes de justice lui donnaient de l’appétit. Après l’une de ces exécutions il s’exclama : “Dieu soit béni pour le grand appétit avec lequel j’ai mangé”.

Ce ne sont là que quelques exemples de la démente application de la charité évangélique revue et corrigée par les misogynes de service, avec l’aval de “l’infaillible” pontife. On peut donc imaginer dans quel climat d’appréhension latente, de crainte permanente et de piété forcée devaient vivre les sujets d’alors, et plus encore les femmes, sous une pareille menace, chacun étant à la merci d’une accusation fatale.

Des historiens étrangement silencieux

Et pourtant, si tel manuel encyclopédique très répandu énumère bien à la rubrique “sorcellerie”, les procès intentés aux Templiers, à Gilles de Rais, à Urbain Grandier, à Jean Calas, à Pierre-Paul Sirven, ou au chevalier de La Barre,- aucune mention n’est faite – si l’on exclut Jeanne d’Arc – des milliers de “sorcières” présumées qui ont payé un funeste et douloureux tribut à la barbarie mensongère du monothéisme chrétien. Les femmes seraient-elles considérées comme accessoires dans la conduite des affaires du monde ? Il est vrai qu’on les voit mal égaler les hommes sur le plan de la gestion catastrophique…

Et pourtant n’est-il pas admirable de leur part que tant d’entre elles aient osé braver les interdits confessionnels et l’opinion, pour soigner, panser, accoucher et réconforter leur prochain alors qu’il y allait de leur vie ? Aussi, cependant que le calamiteux Hitler, et à un moindre degré le sinistre Staline que la gauche adula, sont à juste raison marqués du sceau de l’infamie,- comment nos concitoyens peuvent-ils traiter ou supporter de voir traiter avec respect et cérémonie les fidèles et les hauts dignitaires de cette Eglise dont les innombrables victimes dépassent de beaucoup en nombre et en tourments endurés celles des deux despotes précités ? Cette Eglise dont les procédés se perpétuent sous le couvert d’une langue de bois sec dont se fagotent les bûchers virtuels mais non moins efficaces. Et cette indulgence allant jusqu’à souffrir que sur la chaîne de télévision supposée laïque de France 2, les chattemites représentants de cette toujours présomptueuse et coupable secte, viennent nous seriner leurs sempiternelles et pernicieuses billevesées. En effet, de quel droit serait-elle, parce qu’elle a réussi, intouchable et impunissable ? Parce qu’elle compte nombre de ses créatures parmi nos dirigeants ? En bonne mafia qui se respecte, à défaut d’être respectable aux yeux d’autrui… Ou parce que la veulerie des hommes, Mesdames, leur est si consubstantielle qu’Alexandre Blok s’est senti fondé à écrire : mensonge et perfidie n’ont pas de mesure / et la mort est loin.                                                                                                                Pierre LEXERT

Note : Jacob Sprenger (1435-1496) était un moine dominicain allemand. Il fut nommé en 1475 Inquisiteur Général par le Pape Sixte IV. Il est l’auteur présumé de l’infâme Malleus Maleficarum ou Marteau des sorcières, publié en 1487. Des recherches récentes attestent que cet ouvrage ne fut pas écrit par Sprenger mais par le moine Heinrich Kramer, inquisieur du même ordre, et publié sous le nom de Sprenger. Selon Servatius Vanckel, secrétaire de Sprenger, l’Apologie qui sert de préface est également une falsification

(NDLR de «L’Ere nouvelle» : Ce n’est que le 12 mars 2000 que l’Eglise catholique a daigné se repentir des excès commis  par les membres du clergé durant l’Inquisition. Mais aucune condamnation morale des Ordres dominicain et franciscain (qui fournirent les plus gros contingents d’inquisiteurs) n’a été prononcée et les dirigeants actuels de ces Ordres n’ont pas jugé utile de présenter eux-mêmes leurs regrets et leurs excuses aux  descendants des martyrisés.)

« IL N’Y EUT SUR TERRE DE ROYAUME PLUS SANGLANT QUE LE ROYAUME DU CHRIST.» MONTESQUIEU

Categories : Histoire, Laïcité

235 commentaires

  1. Jean dit :

    @Virgile
    la totalité de ce site contredit vos derniers propos, qui mettent en doute mon ouverture d’esprit, donc je ne relèverai pas plus une idiotie pareille. Pour le reste, vous pouvez encore retourner dans un pays qui pratique encore ces joyeusetés de la religion comme à l’époque du Moyen-Age, ne vous en privez pas, le billet d’avion dans le temps n’est pas cher, pour n’importe quel pays musulman, vous verrez bien si c’était mieux avant.

  2. Thomas FERRIER dit :

    @ Virgile

    Le christianisme n’a jamais été vraiment une religion populaire ; ses dogmes sont d’ailleurs fondamentalement absurdes. Le paysan qui prie tel saint pour avoir de la pluie, c’est populaire mais ce n’est pas “chrétien”.

    A ma connaissance, le paganisme n’a jamais servi à “dominer les foules”, ni à les “abrutir”, d’où le génie antique par rapport à la régression médiévale.

  3. Virgile dit :

    @ Thomas Ferrier :

    J’entends “populaire” au sens d’un appel d’air, d’un dogme se fondant sur l’assentiment du nombre, sur la promesse universelle d’un monde meilleur, sur, l’ascèse, sur la supériorité du faible sur le fort, du pauvre sur le riche, sur l’égalité des impétrants au regard de Dieu, sur tout ce catéchisme bon enfant qui faisait tant hurler Nietzsche.
    Jamais une religion n’avait fédéré plus de 2 milliards d’êtres humains sur terre. Jamais aucune autre n’en fera autant, pas même les Droits de l’Homme.

    @ Jean :

    Où ai-je mis en doute votre ouverture d’esprit ? Je me suis simplement défendu contre vos accusations :”vous n’êtes pas libéral”. Après, libre à vous de ne pas le croire. Je n’ai pas mis en doute votre ouverture d’esprit, j’ai dit qu’à mes yeux votre regard sur le fait religieux était anachronique d’une part, réducteur de l’autre. Avais-je le droit ?

    Écoutez, il y a encore quelques jours, on se tutoyait me semble-t-il, mais depuis, tour à tour, j’ai eu droit tout à coup et en substance à :

    - “Vous allez vite en besogne en prétendant qu’il n’y a pas eu d’esclavage en France, jeune homme” (‘source ?) ;
    - “Pourquoi qualifier d’incultes les athées, vous êtes gonflés tout de même !” (chose que je n’ai jamais dite) ;
    - “Vous mettez en doute mon ouverture d’esprit”.

    Chaque jour un nouveau truc. Si vous désirez que je quitte les lieux, je comprendrai tout à fait, vous êtes ici chez vous. Après tout, je ne vois pas pourquoi vous tolèreriez quelqu’un qui met votre ouverture d’esprit en doute, qui ne vit que dans le passé, raconte des “stupidités”, qui n’est pas libéral et prend les autres pour des “incultes”. Mais à ce moment-là dites-le, tout simplement.

  4. Jean dit :

    @Virgile
    et moi, apparemment je n’ai pas le droit de vous dire mon désaccord ? Non mais…

  5. Guillaume dit :

    @ Virgile : “Donc le seul but des religions serait de dominer les foules, de les abrutir sciemment et de les rabaisser dans l’esclavage ? Il n’y aurait que du mal en elles, c’est bien ça ?”

    Non. Ce n’est pas ce que j’ai dit. Ce serait une vision réductrice et caricaturale. De plus, ce serait nier les différences entre les religions.
    Cependant, les trois grands monothéismes, à des degrés variables selon la nocivité des textes autoproclamés “sacrés” et selon les époques, ont tous exploité et entretenu la peur et l’ignorance et ont tous exigé la soumission.

  6. Virgile dit :

    @ Jean :

    Bien sûr, je suis là pour ça ! J’aime la contradiction, lorsqu’elle ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit.

    Je me rends compte que je passe mon temps à me justifier, à montrer patte blanche et à me répéter (et je ne suis pas du genre à économiser la prose) : je dis que la religion a une fonction sociale éternelle, que le christianisme est la matrice des DDH, et l’on me renvoie en aller simple chez les torturés enturbannés. Je critique la démocratie et je deviens aristocrate poudré et perruqué. Je fustige la mollesse de mes concitoyens, le nécessaire recours aux devoirs et on y voit des propos fascistoïdes (cf. la suite de mon échange avec Vaquette). Je dis que l’homme est un être naturellement social, soumis à d’inévitables déterminismes, et je m’oppose au libéralisme contemporain.

    Je vais me faire plus spectateur ces temps prochains, car je n’apporte plus grand chose au site. Je dis ça sans animosité, car j’ai du pain sur la planche entre mes cours et mon bouquin et j’ai peu de temps devant moi.

    Bien à “vous”.

    EG.

  7. King Flo dit :

    @Virgile

    Allons, cher adversaire ne vous découragez pas! Moi-même je me sens très seul sur ce site, je suis le seul iguane qui croit profondément que si les gens- peu importe leurs origines- peuvent s’unifier et constituer une nation sous la bannière d’un uniculturalisme.

    Je suis le dernier homme, voila tout (mdr)!

  8. Pétronille de Chemillé dit :

    Article nul et antiscientifique rédigé uniquement pour les besoins de la propagande idéologique actuelle, qui ne convaincra Dieu merci personne.
    Une caricature grotesque.

  9. Jean dit :

    @Guillaume
    en quoi le judaïsme a-t-il exigé la soumission ? c’est la seule religion de la question, et de l’interprétation, ce qui est le contraire de la soumission, me semble-t-il…

  10. Ignitium dit :

    @Jean
    Votre vision de la pensée juive est également anachronique.
    Cette tradition universaliste que vous y lisez, avec habitude d’une interprétation libre du texte sacré n’est qu’un développement tardif du judaïsme que ne se manifesta que bien après l’apparition du christianisme.
    Bien au contraire, le christianisme eut toutes les peines du monde à s’imposer comme universaliste tout en s’appuyant sur la Torah juive, puisque les Juifs refusaient que ces textes sacrés soient mis à disposition des païens. C’était pour eux un affront. Pourquoi, aujourd’hui encore, à votre avis, la liturgie juive ne se déroule qu’en hébreu, et est-il si difficile de consulter des traductions du talmud ? C’est que les Juifs n’ont jamais eu à cÅ“ur de partager leurs trésors. Pour un religieux juif, la Torah le concerne lui, parce qu’il est né juif. Point. Certes, il concédera qu’il existe une alliance “noachique” qui s’applique à tous, et il considérera que la Torah révèle des secrets vrais pour tous les peuples. Mais la Torah est l’écrit sacré de son peuple, et il n’a pas envie de le brader à des étrangers.
    Tertullien, dès la fin du 2ème siècle, doit développer toute une argumentation pour justifier que si, effectivement, les textes de la Révélation sacrée des Hébreux ont une vocation universelle (grâce au Christ qui fait le pont entre Israël et les païens).

  11. Guillaume dit :

    @ Jean : “en quoi le judaïsme a-t-il exigé la soumission ? c’est la seule religion de la question, et de l’interprétation, ce qui est le contraire de la soumission, me semble-t-il…”

    Le judaïsme critique (libéral, reconstructionniste et, dans une certaine mesure, conservateur) n’exige pas la soumission et respecte la liberté de conscience, en revanche le judaïsme orthodoxe est à peu près aussi borné que les fondamentalismes musulmans et chrétiens. Je suis d’accord avec vous, cependant, que le fondamentalisme juif est moins dangereux que les deux autres car, effectivement, il n’est pas prosélyte et il ne vise pas à soumettre les non-Juifs.

  12. Jean dit :

    @Ignitium
    vous parlez de ce que vous ignorez. La thorah doit rester en hébreu car seul l’hébreu permet l’interprétation numérique, en hébreu une lettre = un chiffre. Par ailleurs le peuple juif est le peuple du livre, et le peuple nomade, c’est tout ce qu’ils avaient pendant des milliers d’années. Donc permettez-leur de garder leur langue… Maintenant si vous voulez vous intéresser à la pensée juive, voire étudier la torah et le talmud, rien ni personne ne vous l’interdit. C’est par exemple ce qu’a fait Annick de Souzenelle, à qui il fut enseigné la cabale par un religieux juif. Elle n’est pourtant pas juive.

  13. Jean dit :

    @Guillaume
    même le fondamentalisme juif continue d’interpréter le texte librement, et ne s’y soumet jamais.

  14. Guillaume dit :

    @ Jean : “même le fondamentalisme juif continue d’interpréter le texte librement, et ne s’y soumet jamais”

    Il y a beaucoup de règles et d’interdictions, qui d’ailleurs ne proviennent pas de la loi écrite mais dans une large mesure de rabbins successifs qui ont imposé leur point de vue subjectif, par rapport auxquelles les orthodoxes ne tolèrent aucune déviance, aussi obsolètes ou arbitraires puissent-elles paraître. Les interprétations différentes sont considérées comme hérétiques.
    En fait, même les orthodoxes ont été obligés d’adapter progressivement la loi religieuse aux sociétés modernes car il y a des commandements et des interdictions qui ne sont tout simplement pas applicables aujourd’hui.

  15. Ignitium dit :

    @Jean
    J’étudie la Torah, un peu l’hébreu et le Talmud. Mais habitant en province, j’ai bien du mal à convaincre les juifs que je connais de m’initier un peu à leur pensée.
    Le rabbin de ma ville, que je connais bien ne comprends pas mon intérêt pour ces choses là. Si je m’y intéresse, c’est que je cherche à devenir juif. Non ? Ou au contraire à le convertir à la foi chrétienne. Ce n’est pas le cas ? Il ne comprend donc pas pourquoi je m’intéresse à tout cela.
    Il y a d’autres personnes de la communauté qui sont très ouvertes, mais ici, la communauté juive est très petite.
    Certains s’intéressent beaucoup à la guématria, mais bien qu’intéressante, cette pratique montre vite ses limites au niveau de l’interprétation des textes.

  16. King Flo dit :

    @Jean

    Une partie de la Torah a été écrite d’abord en Araméen!

  17. Ignitium dit :

    @King Flo
    Le Pentateuque est également bourré d’égyptianisme. Ce qui atteste la présence en Egypte de Moïse (la circoncision était un rite égyptien, mais Moïse lui donne un sens nouveau).

    La langue révélée à Moïse est l’hébreu, mais bien vite, c’est l’araméen qui prend le dessus, et le peuple ne comprend plus l’écriture sacrée. Ce qui donnera naissance aux targums, décalque araméen des textes hébreux.

    La septante est la traduction en grec de la Bible hébraïque, 3 siècles avant l’ère chrétienne. Traduction nécessaire car les Juifs de la Diaspora ne parlaient plus l’araméen, mais le grec. Beaucoup cependant étaient bilingues (araméen/grec).

  18. Jean dit :

    @Guillaume
    vous parlez des loubavitchs, représentant moins de 1% des juifs dans le monde ?

  19. Jean dit :

    @Ignitium
    si vous connaissez tout ça, je m’étonne de votre commentaire précédent…

  20. Guillaume dit :

    @ Jean : “vous parlez des loubavitchs, représentant moins de 1% des juifs dans le monde ?”

    Je ne me réfère pas tant à un courant spécifique qu’à une attitude consistant à affirmer que la Torah est la parole divine révélée sur le mont Sinaï, qu’elle est une source ultime et indépassable de vérité qui ne peut pas admettre de contradiction, et qu’un Juif n’a pas le droit de contester la loi orale telle qu’elle a été codifiée par les autorités rabbiniques.
    Je suis d’accord que la majorité des Juifs ne pensent pas comme cela et ont une attitude ouverte et critique, mais c’est parce que la majorité des Juifs occidentaux sont émancipés, tout comme la plupart des Chrétiens occidentaux. C’est cette émancipation qui manque encore à une grande partie du monde musulman pour des raisons diverses. Cela ne veut pas dire que l’on doit devenir athée ou matérialiste ni que l’on doive délaisser culture et traditions. Cela signifie que l’on accède à un statut de sujet pensant autonome, conscient de l’historicité et de la relativité des dogmes religieux. Aux Juifs pieux qui croient qu’il faut étudier sans cesse la Torah et que toute autre lecture est secondaire, je recommande d’étudier les sciences pour la précision et la rigueur, et la philosophie, pour une réflexion morale approfondie et variée.

  21. Thomas FERRIER dit :

    @ Ignitium

    La circoncision N’EST PAS un rite égyptien et aucun auteur antique n’en parle. Je ne sais pas s’il s’agit d’un rite proto-sémitique, ce dont je doute d’ailleurs.

    L’araméen ne doit rien non plus à l’égyptien.

    L’exode est un mythe, non une réalité historique.

  22. Kévin dit :

    A noter que le Salon beige a publié une réponse à cet article. Les commentaires sont assez épicés.

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2012/01/d%C3%A9sinformation-sur-la-condition-de-la-femme-au-moyen-age.html

  23. Thomas FERRIER dit :

    @ Kevin

    Merci de l’info. En effet, c’est intéressant de lire ce complotisme comique. Jean semble les déranger dans leur confort intellectuel, et donc ils l’attaquent…

  24. Florian Ndoye dit :

    Résultats provisoires du sondage ” A quelle tendance politique assimillez-vous l’Islam radical”?:

    http://www.lepost.fr/sondage/2012/01/12/2677875_a-quelle-tendance-politique-assimillez-vous-l-islamisme-radical_1_0_1.html

    Sondage politique sérieux

    Extrême-gauche anticapitaliste ( NPA, Lutte Ouvrière, Altermondialiste) Extrême-Gauche post-stalinienne ( Parti Communiste) Ecologiste ( Europe-Ecologie Les Verts) Social-Populiste ( Front de Gauche) Gauche Caviar (Parti Socialiste) Gauche Républicaine: MRC Gauche Libérale Centre Centre-Droit ( Modem, Radicaux) Droite Libérale (UMP) Droite Conservatrice ( PCD) Droite Gaulliste ( UPF, DLR) Droite Pro-Israèlienne (CRIF, Avocat Sans Frontières) Extrême-Droite Assimillationniste (FN, MPF) Extrême-Droite Communautariste ( Néonazie, identitaires, régionaliste, LDJ, indépendantiste, nationaliste noir…) Ne se prononce pas Autre ( Parti du Vôte Blanc, UPR) Répondre au sondage Voir les votes

    0.5%
    Extrême-gauche anticapitaliste ( NPA, Lutte Ouvrière, Altermondialiste)

    1%
    Extrême-Gauche post-stalinienne ( Parti Communiste)

    1%
    Ecologiste ( Europe-Ecologie Les Verts)

    0.5%
    Social-Populiste ( Front de Gauche)

    1%
    Gauche Caviar (Parti Socialiste)

    0.5%
    Gauche Républicaine: MRC

    0.5%
    Gauche Libérale

    1%
    Centre

    0.5%
    Centre-Droit ( Modem, Radicaux)

    86.2%
    Droite Libérale (UMP)

    0.5%
    Droite Conservatrice ( PCD)

    0.5%
    Droite Gaulliste ( UPF, DLR)

    1%
    Droite Pro-Israèlienne (CRIF, Avocat Sans Frontières)

    0.5%
    Extrême-Droite Assimillationniste (FN, MPF)

    3.9%
    Extrême-Droite Communautariste ( Néonazie, identitaires, régionaliste, LDJ, indépendantiste, nationaliste noir…)

    0.5%
    Ne se prononce pas

    0.5%
    Autre ( Parti du Vôte Blanc, UPR)

  25. Ignitium dit :

    @Thomas
    Je n’ai jamais dit que l’araméen et l’égyptien était lié. Abraham était araméen. Moïse a vécu en Egypte. Il connaissait donc très bien l’égyptien, ce qu’atteste notamment la Genèse qui possède beaucoup d’égyptiannisme.
    La circoncision est attesté en Egypte par de nombreux documents. Hérodote en parle. Par contre, Moïse la reprend mais avec un sens différent, car le sens spirituel de la circoncision n’allait pas de soi chez les Egyptiens (c’était plutôt un rite tribal).

    @Jean
    Je n’oppose pas judaïsme et christianisme. Ça serait comme opposer deux frères et dire qu’ils n’ont aucune origine commune.
    Je reconnais sans difficulté que la tradition juive est exemplaire dans son respect d’interprétation différentes des textes. Le Talmud est un des rares livres où l’on peut trouver sur une même question 10 avis différents, sans qu’aucun parti ne soit favorisé. C’est tout l’honneur des juifs d’avoir même conservé dans le Talmud des avis considéré comme “hérétiques” par la Tradition. Pour autant, c’est aussi leur point faible, car ils n’ont justement pas d’autorité qui leur permette de trancher de manière décisive sur certaines questions… et donc, étudier le Talmud peut soit rendre génial, soit fou.
    Cependant, je maintiens qu’il n’y a pas à considérer que parce que le christianisme est prosélyte, il est nécessairement intolérant. D’ailleurs, le texte de Pierre Bayle que vous m’avez donné semble démontrer ce fait, mais je n’ai pas encore fini sa lecture.
    C’est (presque) toujours la politisation du discours religieux qui rend intolérant. Théodose, à la tête de l’Empire romain récemment christianisé, trop heureux d’être le maître d’un Empire à nouveau unifié grâce à une religion unique, ne se satisfait pas que le christianisme soit autorisé et qu’il soit la religion majoritaire, il décide que le christianisme soit la seule religion autorisée. Ce sont les théologiens et les papes (Grégoire 1er notamment), qui s’opposeront aux baptêmes forcés (notamment des juifs). L’arianisme est considéré hérétique lors d’un concile. Théodose ne supporte plus les querelles après cette date et massacre les Ariens (plus de 10.000 morts). Le pape lui ordonne une pénitence publique pour cet acte.
    L’Eglise s’est souvent opposée aux abus des rois et des empereurs… mais elle ne possédait aucune armée pour faire appliquer ses décisions !
    C’est le mélange politique/religion qui est explosif et c’est toujours lui qui a mené l’Eglise aux pires dérives.

  26. Thomas FERRIER dit :

    @ Ignitium

    Vous en parlez comme s’il s’agissait de personnages historiques, ce qu’ils n’étaient pas. Ce sont des mythes du VIème siècle avant J.C.

    A ma connaissance, à part le cas de certains prêtres, la circoncision n’était pas pratiquée. Le principe de la circoncision au départ serait d’enlever de l’homme une partie “féminine”, mais c’est discuté. Je ne sais pas si les Assyro-babyloniens pratiquaient la circoncision, au quel cas on pourrait penser qu’il s’agirait d’une pratique proto-sémitique.

    Et de toutes façons, si la circoncision est apparue, ce n’est pas sous influence égyptienne, pour la bonne raison que l’exode est un mythe.

  27. Ignitium dit :

    @Thomas
    En raisonnement circulaire, on ne fait pas mieux !
    Présupposé : l’exode est un mythe, Moïse et les patriarches n’ont jamais existé.
    Or : certains prêtres égyptiens pratiquaient la circoncision.
    Et : Moïse revient d’Egypte et adopte la circoncision comme rite pour son peuple, tout en lui donnant un nouveau sens.
    Conclusion : la circoncision ne vient pas d’Egypte parce que Moïse n’existe pas !
    Bravo.

  28. Ignitium dit :

    Disons que les hommes n’étant pas trop accoutumés à vivre conséquemment à leurs principes,
    les chrétiens n’ont pas suivi les leurs; et qu’ils ont été violents, en prêchant un Évangile qui ne leur commande que la débonnaireté,
    nous sauverons par-là le christianisme aux dépens de ses sectateurs;

    mais si nous disons que toutes les violences que le papisme a exercées,
    ont été les suites légitimes et naturelles du précepte de Jésus-Christ, “contrains-les d’entrer”, alors ce sera tout le contraire;
    nous mettrons l’honneur des chrétiens à couvert, aux dépens de leur religion, et du fondateur adorable de leur religion.
    Pierre Bayle.

  29. Thomas FERRIER dit :

    Moïse n’ayant pas existé, il ne peut rien imposer. Par ailleurs, savez-vous si les Cananéens étaient circoncis ? Savez-vous si les Arabes d’avant Muhammad étaient circoncis ? Savez-vous si les Proto-Sémites en 4000 avant J.C étaient circoncis ? La circoncision peut très bien être une tradition sémitique spécifique. Je vous rappelle en outre que la circoncision (et l’excision) sont des pratiques très répandues notamment dans le monde africain.

    Ignitium, si les chrétiens avaient été cohérents, ils auraient été se réfugier dans le désert comme les y incitait Celse.

    Du christianisme, j’ai la même image que du communisme. Si c’est inapplicable, alors cela mène au meurtre. Et si c’est inapplicable, c’est qu’au départ il y a une “couille dans le potage”.

  30. Jean dit :

    @Ignitium
    quelles conclusions tirez-vous de cet extrait ? Que les chrétiens sont des salauds, contrairement au Christ ?

  31. Ignitium dit :

    @Thomas
    Vous faites bien de comparer christianisme et communisme.
    En effet, on trouve beaucoup de communistes qui disent encore aujourd’hui que le communisme n’a jamais été correctement appliqué et que ce que Staline et Mao n’ont été que des caricatures du communisme. Ils attendent donc encore la possibilité d’un “grand soir” où l’égalité de tous serait enfin véritablement appliquée dans les faits.
    Ils agissent donc comme des hommes de foi. Ils ont fait d’un système politique une foi religieuse. Ils considèrent donc que si leur système a échoué, c’est par manque de foi et de zélateurs de leurs adeptes, mais que… si on avait plus de “vrais pratiquants communistes”, alors la paix arriverait sur terre.
    Vrai ?
    Il y a une différence entre eux et moi. Si demain la terre entière devenait chrétienne, je ne crois pas que pour autant les problèmes des hommes soient réglés. Le christianisme est une foi religieuse qui a pour but de mettre en relation les hommes à Dieu via Jésus-Christ. Elle n’a pas pour but d’établir un royaume de paix sur la terre. Jésus l’a dit, à ceux qui veulent bien le comprendre : “Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.”

  32. Thomas FERRIER dit :

    Non seulement je ne crois pas que si la terre devenait chrétienne les problèmes seraient réglés mais je pense même que ce serait l’enfer sur terre. En revanche, si la terre redevient païenne, ce ne sera sans doute pas Elysion sur terre mais on ne tuera plus autrui au nom de la religion.

  33. Ignitium dit :

    @Jean
    Je finis d’abord ma lecture de Pierre Bayle.

  34. Jeanne dit :

    Je suis de l’avis de Pétronille.
    Cet article est nul et non scientifique.
    Il atteint à plusieurs reprises le point Godwin.
    Il amalgame sciemment les comportements déviants avec les principes chrétiens…

    Ce qui serait intéressant, et il n’est pas nécessaire d’aller au Moyen-Age, ce serait d’observer comment se comporte la communauté qui est à l’origine de l’Evangile, et qui continue à pratiquer une ségrégation des hommes et des femmes dans les lieux de culte, dans la famille, qui refuse le divorce (guet) sans que la femme puisse se défendre, étant considérée comme une prostituée si elle vit en couple sans avoir obtenu son guet, les femmes doivent maintenant s’asseoir au fond des autobus en Israël… Il faut voir ou revoir Kadosh…

    Si les Évangiles sont misogynes, ils sont le reflet de la société -juive- de l’époque et des mentalités -juives- de l’époque…

    Le “misogyne” Paul a tout de même dit “maris aimez vos femmes comme vous-mêmes et soyez prêts à donner votre vie pour elles.

    Et la littérature française depuis 10 siècles, auxquels on peut ajouter la littérature antique, montre une place de la femme qui n’est pas celle qui est décrite ici.

    Que traduit d’autre la fureur de cet article ?

    Les tabous se déchireraient-ils ?

  35. Ignitium dit :

    Je continue ma lecture de l’excellent Pierre Bayle.
    “L’envoi des apôtres pour la prédication de l’Évangile n’a rien de semblable; car ils ne devaient que prêcher, qu’instruire, que persuader; et c’est la chose du monde la plus innocente : si elle a irrité le monde, et l’a porté à cent excès, c’est uniquement la faute du monde; l’Évangile n’en a été cause que par accident, il laissait à un chacun qui ne voudrait pas l’embrasser, ses biens, sa maison, ses honneurs et sa famille; et ainsi il ne tendait pas à hypocrisie; il n’exigeait point de ses sectateurs qu’ils mentissent, qu’ils bâtissent les opiniâtres; il voulait seulement qu’ils instruisissent.”

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