Enième et apparemment ultime rebondissement dans l’histoire chaotique du journal France Soir, qui n’en finissait plus de mourir. Cette fois c’est la liquidation judiciaire, donc sauf miracle d’un repreneur qui se manifesterait maintenant, les carottes sont cuites. Et pourtant, un repreneur s’était bien manifesté dans les temps, mais faute d’avoir repris la quasi-totalité des journalistes (42) on lui a ri au nez. Une attitude bien peu responsable, quoi qu’en disent les principaux intéressés, et notamment le directeur Dominique de Montvalon.
Pour comprendre ce que les mots “risque”, “capitalisme”, “emploi”, “syndicat”, et “croissance” veulent dire, il suffit de se pencher sur le cas de France Soir ces dernières années. En à peine 2 ans, un multi-milliardaire russe de 25 ans, Pugatchev, a réussi à injecter 75 millions d’euros dans le titre sans pouvoir le relever. Les choix stratégiques furent catastrophiques : embauche à prix d’or de “signatures” (PPDA notamment), installation au 100 avenue des Champs Elysées, un des loyers les plus chers de France, maintien d’une équipe pléthorique de journalistes peu habitués à travailler (pour dire ce qui est), etc.
Deux ans plus tard, il suffit de regarder la vidéo faite par Dominique de Montvalon pour comprendre que toute cette petite équipe a fait tout ce qu’il ne fallait pas.
1/ Où l’on apprend, étonné, qu’il fallait 42 journalistes pour produire le contenu de ce site, en gros reprendre un maximum de dépêches AFP et faire quelques contenus originaux, c’est beaucoup, beaucoup trop, comme le reconnaît Montvalon lui-même (que ne les a-t-il licenciés avant ?)
2/ Où l’on apprend, ahuri, que 10 salariés sont syndiqués et par conséquent sont en vacances alors que le titre plonge…
3/ Où l’on apprend, abasourdi, que le directeur préfère tuer son titre plutôt que de le “brader” à un repreneur, comme il le dit.
Ce repreneur, c’est Robert Lafont, responsable du groupe Lafont presse, propriétaire (excusez du peu) de 80 titres de presse ! Alors, M. de Montvalon a-t-il fait la fine bouche ? Il semble bien que oui, en ayant pris comme une claque ce qui était une proposition économique sensée. Le titre perd tant et plus d’argent depuis x temps, il emploie des gens incompétents, à part la marque rien n’est rentable. Il faut donc reprendre les choses à zéro, ne garder que 6 journalistes (l’offre de Lafont), redevenir rentable et réembaucher proportionnellement à la rentabilité. Gérer une entreprise en d’autres termes, et ne plus compter sur un mécène bien trop généreux pour être une aide durable et sérieuse sur le moyen et le long terme. A contrario, Lafont édite notamment Entreprendre, il est un entrepreneur, il connaît tout cela par cœur, et l’aventure mérite d’être tentée. Mais voilà ! Dans la logique socialisante de nos chers journalistes, une offre pareille est un affront insupportable, et non la possibilité de redevenir le France Soir de la grande époque.
Il fallait évidemment accepter la proposition de Lafont, puisque c’était ça ou rien. Invoquer qu’on le prend pour un guignol et que la marque ne doit pas être méprisée a permis de réaliser que M. de Montvalon méprisait la marque à un tel point qu’il était prêt à la sacrifier pour sa propre réputation. Au moins, avec Lafont on repartait sur d’autres bases, tant que ce n’est pas mort il y a de l’espoir, or là c’est mort. Ces gauchistes n’ont toujours pas compris qu’une entreprise mal gérée peut redevenir bien gérée et donc générer des centaines d’emplois, encore faut-il repartir sur des bases saines. En commençant par se débarrasser des 10 personnes payées à ne pas faire grand chose, si je comprends bien, les syndiqués, encore des vautours qui se servent sur la bête. Sauf que là il n’y a plus de bête. C’est bête !
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