En apparence, Herman Cain (photo) a donc tout, ou presque, du candidat Républicain typique. Si vous ajoutez à son profil qu’il est pour une défense nationale forte, pour un soutien indéfectible à Israël, contre l’avortement (même en cas de viol et d’inceste), et qu’en tant qu’ultra-libéral il a à son palmarès d’avoir fait échouer la réforme de santé de Bill Clinton, nous avons affaire à un candidat ultra conservateur dans toute sa splendeur. Au point que même la plupart des membres du «camp des patriotes» français le jugeront comme étant un peu «too much». Cela dit, la candidature d’un tel personnage est intéressante sur ce qu’elle révèle de la société américaine, mais aussi sur la société française, où l’on n’est pas prêt de voir ce genre de profil (même en «version light»). Herman Cain a aussi le mérite de poser des problématiques que l’on retrouve en France et en Europe, à savoir l’immigration de masse et l’islamisation de la société.
Vous avez dit afro-améri-Cain ?
Herman Cain est né en 1945 à Memphis dans une famille modeste. C’est un autodidacte qui a gravi rapidement les échelons sociaux. Alors qu’il travaille à la section balistique de la marine américaine, il passe en parallèle un bac de mathématiques et une maîtrise d’informatique. Il quitte ensuite l’armée pour entamer une carrière de businessman, où il se révèle être un manager hors-pair. Ainsi, à Burger-King, il réussit à faire passer le secteur qu’il avait en charge (400 restaurants), du moins rentable au plus rentable du groupe en trois ans seulement ! Il fut ensuite nommé PDG de la chaîne de pizzerias Godfather, qu’il sauva de la faillite. Après d’autres expériences, il entame sa carrière politique en 1996 en tant que conseiller principal de la campagne du Républicain Bob Dole.
Herman Cain se définit comme un « Noir Américain » et non comme un afro-américain. En effet, cette expression politiquement correcte est particulièrement stupide, car n’ayant pas comme pendant le terme «euro-américain», il catalogue les Noirs comme des Américains «venus d’ailleurs», contrairement aux Blancs qui seraient ainsi de «Américains de souche». On parle ici de l’Amérique en tant que nation, celle née le 4 juillet 1776 (sinon tout le monde est venu d’ailleurs évidement, sauf les «Natives Americans»). Herman Cain se targue donc d’être un Américain dont les origines peuvent être retracées au sein de la nation. Il s’oppose en cela à Barack Obama, qu’il définit comme étant quant à lui quelqu’un «d’international», dont les valeurs américaines n’ont été transmises que du côté maternel (puisque son père est Kenyan).
Parfaitement cohérent avec ses idées, Herman Cain est contre l’ “Affirmative Action” (discrimination positive). Il est tout simplement contre toute forme de barrière à l’encontre de certaines personnes (le «plafond de verre»). Mais il est résolument contre toute politique de quotas, qu’il juge même contre-productive. Il considère que pour aider les minorités, il faut tout simplement les encourager à travailler dur, et ne pas les discriminer.
Apprécié au Tea Party
Herman Cain est plutôt bien apprécié dans les Tea Parties, aussi bien dans les mouvements locaux qu’au parti national. Cain n’est pas populaire du fait de ses prises de positions sur l’Affirmative Action, mais pour celles contre les impôts et les dépenses publiques (cheval de bataille des Tea Parties), pour son opposition à Barack Obama, et ses valeurs conservatrices en général. En effet, les Tea Parties sont populistes au sens premier du terme, ils s’opposent aux réglementations sur les libertés individuelles venues de l’état fédéral, aux élites de Washington, et ils sont donc essentiellement contre une imposition jugée excessive (d’un point de vue américain). Mais les Tea Parties sont aussi généralement contre l’avortement et pour la peine de mort. Plus ou moins comme le parti Républicain en fait. Mais, contrairement à ce qu’on nous dit en France, les Tea Parties ne sont pas des formations d’extrême droite pour autant, et ne sont en rien racistes. Herman Cain a d’ailleurs lui-même déclaré que les accusations de racisme portées à l’encontre du Tea Party (aux USA) étaient ridicules. Si tel était le cas, comment expliquer qu’il soit toujours en tête des sondages de popularités au sein du parti, déclare-t-il ? Il ne croit pas non plus que les membres du Tea Party le mettent en avant pour envoyer le message comme quoi «les conservateurs ne sont pas racistes». Il pense que pour les membres du Tea Party, peu importe qu’il soit «vert, rouge, bleu ou jaune».
Herman Cain a gagné «ses lettres de noblesse» le jour où il s’est opposé à Bill Clinton lors d’une réunion sur la réforme de santé. L’intervention de Cain, en tant que président de la Nationale Restaurant Association, fit sensation. Notamment quand il dit au président que ses calculs étaient inexactes, qu’en économie de marché les choses ne pouvaient fonctionner ainsi, et quand il lui demanda ce qu’il était supposé dire aux travailleurs qu’il devrait licencier à cause de cette nouvelle charge ! Suite à cette intervention, les Clinton désignèrent eux-même Herman Cain comme l’un des principaux «saboteurs» de leur plan de santé. Ce n’est peut-être pas glorieux vu d’ici, mais cela fut important pour la carrière politique d’Herman Cain.
Cela dit, certains aspects de sa carrière professionnelle troublent quelques membres des Tea Parties. Il faut savoir que Cain fut président de la Kansas City Federal Reserve Bank, division de la Banque Centrale Fédérale. Nobody’s perfect. Ce sont surtout ses prises de positions fermes en faveur du système bancaire fédéral, décrié par les « anti-FED », qui gênent. Pire, Cain fut un ardent défenseur du plan de sauvetage bancaire de 700 milliards de dollars en 2008. Pour quelqu’un qui déclare lutter contre les impôts, il y a plus cohérent. Cain fustigea même «les puristes du libre échange» qui étaient contre ce plan ! On peut malgré tout comprendre cette position, dans la mesure ou tout le système économique aurait pu imploser. Cela dit, Cain serait-il, comme on le dit d’Obama, un «agent de Wall Street» ?
Quoi qu’il en soit, le Tea Party ne lui tient pas trop rigueur de ces prises de positions, puisque Cain a participé en 2010 à plus de quarante rassemblements de Tea Parties ! Il s’y est fait une énorme réputation auprès du mouvement et sur le web, au point de devancer Sarah Palin dans un sondage.
Plus islamophobe qu’Herman, tu meurs ?
Sans en faire un point clé de sa campagne, Herman Cain ne cache pas son islamophobie. Cain se méfie des musulmans américains, dont certains pourraient «potentiellement être des terroristes». Il faut dire qu’aux Etats-Unis aussi, les revendications religieuses de la part de cette communauté se multiplient : volonté de construire une mosquée à Ground Zero, tentatives d’introduction de la charia dans la loi américaine pour les musulmans, etc.
Herman Cain s’est ainsi opposé à la construction d’un centre islamique dans le Tennessee, ce qu’il considère d’abord comme une forme d’utilisation abusive de la liberté de religion du pays. En effet, Cain rappelle que la constitution américaine garantit la séparation de l’Église et de l’État, alors que «l’Islam combine Église et État». Pour lui, la construction du centre islamique n’est qu’une nouvelle tentative détournée pour introduire la charia dans les lois américaines. Quand on lui demande s’il nommerait un musulman comme juge ou membre de son administration, il déclare que non, parce qu’il ne veut pas participer au mouvement consistant à être plus conciliant envers la «charia». Il déclare que de se qu’il sait de la religion musulmane, ses membres ont comme objectif soit de convertir les infidèles, soit de les tuer. Au point qu’il s’est dit gêné d’avoir été opéré par un chirurgien musulman pour cette raison !
Herman Cain est parfois décrié au sein même du mouvement conservateur pour ces propos. Lorsqu’on lui fit remarquer que la constitution américaine interdisait qu’on exige une religion particulière aux personnes ayant en charge des responsabilités publiques, Herman Cain est un peu revenu sur ses déclarations concernant l’embauche de musulmans. Il a alors expliqué que celles-ci avaient été mal interprétées, et qu’il n’emploierait pas de musulmans radicaux. Quoi qu’il en soit, Herman Cain a le mérite de poser dès à présent le problème de l’Islam aux États-Unis, alors que certains estiment qu’il y aura 50 millions de musulmans dans le pays dans une trentaine d’années.
Mexi-Cain
On l’a vu, Herman Cain se considère comme un Américain « de souche ». Il est ainsi de langue maternelle anglaise, de culture et de tradition anglo-saxonne, et de religion protestante. Ce n’est pas d’une immigration musulmane dont Herman a peur (la plupart des familles musulmanes sont composées de Noirs convertis à la période de la lutte pour les droits civiques), mais de l’immigration mexicaine.
Si les latinos sont à moitié blanc, de langue européenne et de religion chrétienne, leur intégration pose problème, et leur présence massive menace l’identité américaine «traditionnelle». Ainsi, le cas de latinos ne parlant pas anglais après vingt ans de présence sur le sol américain n’est pas rare. Dans des localités où ils sont majoritaires, certains habitants hissent (illégalement) le drapeau mexicain à la place du drapeau américain sur le fronton des mairies (comme en France certains hissent le drapeau algérien) ! Et à Miami un dicton dit «quand le dernier Américain s’en ira, qu’il n’oublie pas d’emporter le drapeau avec lui»…
La polémique sur l’immigration aux États-Unis ressemble à celle que nous trouvons en France. Ainsi Cain déclare ne pas accepter «l’ânerie» consistant à dire que la frontière entre l’Amérique et le Mexique ne pourrait être sécurisée : «nous avons bien réussi à envoyer un homme sur la Lune !». Il rappelle qu’une frontière non sécurisée profite aussi aux terroristes. Herman n’accepte pas non plus «l’ânerie» consistant à dire que l’Amérique ne devrait pas «offenser» ses voisins du sud. Il dénonce le fait que l’administration Bush, pas plus que l’administration Obama, ne se soit sérieusement occupée du problème, et se demande bien pourquoi. Ne serait-ce pas en partie parce que, comme en France, le patronat fait du lobbying pour qu’il en soit ainsi ?
Herman Cain dénonce une immigration illégale qui entraine des activités illégales (trafics de drogues et d’êtres humains), et exerce une pression énorme sur le système de santé américain. Car les illégaux sont tout de même soignés en Amérique, et plusieurs hôpitaux se sont déclarés en faillite à cause du coût des soins.
Pour résoudre le problème de l’immigration illégale, Herman Cain propose trois axes principaux : d’abord se donner les moyens de sécuriser la frontière, ensuite avoir tout simplement la volonté d’appliquer les lois existantes, enfin promouvoir le processus légal d’accès à la citoyenneté. Sur la problématique de l’immigration comme celle de l’Islam, Herman préfère donc anticiper le problème plutôt que de réagir après coup.
Le futur Obama, à son corps défendant ?
Quand on demande aux gens de gauche l’intérêt de l’élection de Barack Obama à la présidence américaine, tous sortent en premier lieu «la formidable symbolique» que cela représente. En oubliant que 52 % des Blancs n’ont pas voté pour lui…
La symbolique serait encore plus forte si Herman Cain était élu. En effet, il est lui un descendant d’esclaves noirs. S’il était élu en tant que candidat Républicain, c’est certainement qu’une majorité de Blancs aura voté pour lui (quant au vote latinos, il semble bien mal acquis…). Sa nomination montrerait aussi au monde que l’on peut être issu d’une minorité et être parfaitement assimilé, patriote, résolument contre l’immigration illégale, et vouloir lutter contre l’islamisation de sa société. Bref, de quoi donner une belle leçon aux gauches européennes ! Au delà de la symbolique, Herman Cain a le grand mérite de poser certains problèmes sérieux sur la table, et d’anticiper les solutions. Combien de politiciens aujourd’hui peuvent se targuer d’être en accord avec la maxime «gouverner, c’est prévoir» ?
Alors certes, Herman Cain est un peu trop conservateur vu de ce côté de l’Atlantique. Et il n’est pas le mieux placé des candidats à l’investiture. Mais souvenez-vous : Barack Obama ne l’était pas non plus…
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Il est bien étrange que la partie la plus cachée du CV de ce ” bouclier de wall street ” ne soit jamais évoquée! En effet, Herman Cain fut le président de la reserve federale du kansas ( qui, en réalité n ‘a aucune réserve et n’ est pas féderale ) Il est bien évidemment contre un audit complet de ce cartel de banques privées!!
Le reste n ‘est que baratin pour américain moyen.
http://www.dailypaul.com/153575/herman-cain-2012-hopeful-theres-no-reason-to-audit-the-federal-reserve
Il y’à des conservateurs, des libéraux, et des progréssistes de toutes origines. Comme disait Marc-Aurèle la valeur d’un être humain n’est certainement pas dû à la race!
M.Cain ne m’inspire que de l’indifférence, M.Obama de la déférence- non que j’approuve sa politique, mais cet homme essaie d’être Digne alors que son prédécésseur était un cow-boy abruti. Cain ne représente que lui-même, car compte tenu de l’histoire Américaine la Communauté Noire est la plus Démocrate avec 90% de vôte, la deuxième étant la Communauté Juive avec 77% de vôte Démocrate. En revanche les Latinos, migrants venant de pays où l’Eglise est très présente, penchent plutôt pour les Républicains.
Ce qui serait marrant ce serait de faire un sondage dans les communautés ( je ne suis pas sur que 90% des Noirs Français vôteraient pour le PS, quant à la Communauté Juive- euh- ça à l’air équilibré, et je pense que pour la communauté Maghrèbine on aurait droit à de sacrées surprises!
Herman Cain, ancien président et membre du conseil d’administration de la Federal Reserve Bank de Kansas City ne veut surtout pas d’ audit de la fed!
Encore un pantin de wall street, le reste n’ est que du baratin pour détourner l ‘attention de l’ américain de base des vrais criminels.
http://www.dailypaul.com/153575/herman-cain-2012-hopeful-theres-no-reason-to-audit-the-federal-reserve
@stangrof
Très bien vu.
En effet, ce type est formaté politiquement comme un paquet lessive, mais sur le fond, il est là pour défendre le lobby des banques, pièce centrale de l’Empire.
Je parle dans l’article de ses fonctions bancaires et de son côté «agent de Wall Street», même si ce n’est pas le sujet principal. Le “dark horse candidate” (comme il se définit lui-même) est peut-être le cheval de Troie du système bancaire. Une raison de plus de s’intéresser à sa candidature, car s’il a Wall Street derrière lui, il a ses chances…
Par contre, si Herman était aussi formaté qu’un sénateur Républicain, il ne parlerait peut-être pas autant d’une immigration qui sert les dessins du patronat. Contradiction, jeu de dupe ? L’avenir nous le dira peut-être…
@ Stéphane Buret.
Très juste et pertinent. Pour l’instant, personne n’ose “transposer” avec toutes les précautions de langage
imposées, à la situation de notre hexagone…attendons…je m’y essaierai demain.
Le seul candidat valable pour relever l’Amérique, et respecter ses valeurs, c’est Ron Paul.
Le reste, c’est de la pourriture soumise aux lobbys. Mais il est boycotté par la même vermine de journaleux qu’on a nous aussi en France.
Article très intéressant.
M’a l’air d’un bon gars ce Hermain Cain. Faudrait qu’il forme un ticket avec Ron Paul.
“Sa nomination montrerait aussi au monde que l’on peut être issu d’une minorité et être parfaitement assimilé, patriote, résolument contre l’immigration illégale, et vouloir lutter contre l’islamisation de sa société. Bref, de quoi donner une belle leçon aux gauches européennes ! ”
En quoi ce serait donner une leçon aux gauches européennes ? Je n’ai jamais vu la gauche en europe remettre ne cause le fait que l’on puisse être noir, patriote et assimilé. En revanche ça peut être une leçon pour certaines extèmes droites qui elle pensent que c’est impossible.
Merci strangrof, vos quelques lignes en disent plus sur les motivations et le destin de ce personnage que ce long article.
A part ça, le titre de l’article fait penser à un des meilleurs sketch de Dave Chappelle sur le noir raciste http://www.youtube.com/watch?v=BHFUH_frhBw
comment peut-on affirmer de quelqu’un qu’il est ultra-libéral (encore un terme vide de sens hormis chez les anti-libéraux ) et à la fois ultra-conservateur ! c’est comme si on disait qu’en France Vanneste ou Le Pen sont libéraux ! Encore un non-sens qui discrédite le libéralisme ! dommage car l’article est très intéressant .
Li Po, premier ministre du Vénérable Professeur Kuing Yamang
On n’a pas assez dit qu’Obama n’était qu’un demi-noir… !
L’Amérique se croit encore raciste ? Il faut qu’elle prouve au monde qu’elle ne l’est pas ? Eh bien voilà pour elle la possibilité de le faire ! Un descendant d’esclaves… ça, ça aurait de la gueule… !
@ Hug, sauf que les gauches européennes prônent l’intégration et le multiculturalisme, et non l’assimilation, et qu’elles ne sont pas très patriotes elles-mêmes. Oui, cela donnerait aussi une leçon à certaines extrême-droites en plus de certaines extrême-gauches. Ce qui est logique, puisqu’elles ont des raisonnements symétriques.
N’est-ce pas être raciste que d’associer les couleurs d’épidermes à des idées politiques?
Sans parler de Doc Gyneco lynché par ses collègues, qui en matière de moeurs fiscales n’ont pas de leçon à donner…regardez Basile Boli, Miss Dominique, qui ont vôté Sarkozy, ou Rama Yade…traités par certains de bounties ( noir à l’extérieur, blanc à l’intérieur)!
@Li Po 19 août 2011 à 10 h 02 min
Parce que l’ultra libéralisme désigne une politique économique uniquement, et non une position vis à vis du libéralisme politique ou sociétal, basée sur une réglementation économique minimale.
D’ailleurs les ultra libéraux sont rarement libéraux sociétalement et n’ont que peu de respect pour la démocratie, lui préférant l’évolution vers une oligarchie qui ne dit pas son nom.
De ce fait une politique ultra libérale économique n’est pas incompatible avec une politique conservatrice au niveau sociétal, cela met au dessus du reste certains intérêts particuliers ( économiques et religieux ) au dessus du reste.
@flo 22 août 2011 à 16 h 28 min
Dans un pays où il n’y aurait pas de lien entre la couleur de peau de minorité et leur situation économique, oui ce serait raciste.
Mais dans un pays où une minorité “raciale” se trouve plutôt concentrée dans des catégories pauvres voire misérable, il y a une certaine logique à voir cette minorité voter majoritairement pour le camps qui défend des politiques permettant d’améliorer leur situation.
D’un autre côté la situation sociale ne permet pas de déterminer à elle seule l’orientation politique, car il y a les aspects sociétaux et culturels qui entrent en jeu.
Le meilleur exemple c’est France les maghrébins musulmans. La grande majorité étant issus d’un immigration pauvre, se trouvant souvent concentrés dans des quartiers défavorisés, au niveau économique on peut s’attendre à ce qu’ils votent plutôt pour des partis de gauche pour l’accès à la santé, à l’éducation, des politiques moins systématiquement répressives, le rejet d’un FN xénophobe etc….
Mais d’un autre côté chez les musulmans il y a beaucoup plus de pratiquants religieux que le reste de la population française, et plus ils sont pratiquants plus ils ont tendance à développer des positions très à droite ( voire d’extrême droite ) au niveau de la religion, de la mixité, des mÅ“urs et tout autres questions sociétales, donc il y a statistiquement plus de chance d’y avoir de conservateurs, donc votant à droite, que dans d’autres catégories de la population française, surtout que dans leur cas les questions sociétales prennent le pas sur l’économique.
Donc au final les choses sont plus contrastées que la vision théorique simplifiée qui lierait une appartenance ethnique et un vote.
Enfin Doc gynéco c’est un cas particulier, car il s’était bâti une image de mec cool libertaire, pour au final apparaitre comme un gars qui s’intéresse plus à l’argent au point de se rallier à un président aux politiques répressives à 1000 lieues de l’image qu’il s’était donné.
Mais bon d’un autre côté cela va bien avec une certaine culture rap du bling bling, du matu vu etc….
Basile Boli et miss Dominique n’ont jamais donné une image liée à une attitude politique. Donc personne ne leur a rien reproché.
Par contre si cela avait été le cas de Yannick Noah, par gros exemple , cela aurait été pareil que pour Doc Gynéco.
@jeannot
Okay, mais pas vraiment
Sauf que des Noirs j’en ai pas trop vu au Parti Communiste ou au B.I ( ce qui en soit est logique) . D’abord quand on parle de Noirs il y’à un truc qui me rebute. Les Antillais et les Réunionnais sont considérés comme Français, même Marine Le Pen n’hésite pas à le dire ( Sinon Stéphane Durbec, peut-être le Cain Français, ne serait pas député). OEnsuite, les ultra-marins ont une culture différente des réunionnais et des Africains, et patins coufins ( les Africains subdivisés en communautés originaires de pays différents, elles-mêmes subdivisés en ethnies qui parfois se regardent en chien de faïence, et si on ajoute le facteur religieux…). D’outremer viennent aussi des blancs, des métis, des Indiens, des Malgaches, qui se sentent tout autant Français.
Pour ça que je dis qu’il y’à des communautés Noires. Moi même, Français basané ( mdr), j’ai failli me tirer une balle dans la tête quant ils ont formé le CRAN. Parce que si veut entretenir les clichés sur les Noirs y’avait pas mieux. Le CRAN, à tout casser, ne fait même pas trois pour cent d’individus. Sans oublier que la Question Noire, à l’instar des Questions Juives ou Musulmanes, recéle de pièges, de vécus, ou d’antécédents avec lesquels il vaut mieux pas jouer à l’apprenti sorcier. Chez les Noirs Français, évidemment, les sujets à poudres étant la colonisation ( Afrique) ou l’Esclavage ( tension permanente entre Africain et Carribéens). Enfin, le pire qui aurait pu arriver aurait été que les Jeunes Noirs se rangent dérrière une icône communautariste style Kemi Seba, Dieudonné, ou pire Fofanna – rappelons aussi l’existence des Falashas. Même si sur ces sujets on est loin de sentir la rose c’est le bordel général, d’où l’impossibilité qu’il y’ait un vôte Noir comme aux Etats-Unis.
Tout comme il y’à des communautés Mahgrèbines, des communautés Juives, des communautés homosexuelles, ou des subcommunautés à l’intérieur des régions ou des départements. Quant les médias réduisent tout en un seul fragment ils désignent (in)volontairement des victimes toutes choisies. Ils les discriminent à leurs insus. Ils leur prêtent une image dont il sera toujours difficile de s’en défaire.
Advienne que pourra…