•

Vous êtes actuellement déconnecté.






» Mot de passe oublié ?
►   Recevoir la newsletter 
umps
La déliquescence de la Gauche… et de la Droite.
perrineau
Pascal Perrineau, politologue et star des plateaux télé, ne connaît pas le code électoral
lemoine
Xavier Lemoine : “Il faut un gouvernement français à la France”
freysinger_infrarouge
Geert Wilders sera finalement reçu dans une cave en Suisse
Idées reçues

Idée reçue : «il fallait aider la Grèce»

8 novembre 2011, 13:13 Auteur : Renaud Dozoul 2 commentaires

[article publié la première fois le 16 novembre 2010]

Pourquoi sortir la Grèce de la zone Euro était une occasion historique de mettre les pays européens devant leurs responsabilités en matière de déficits publics.

La Grèce est malade de sa dette. Elle ne sait plus vivre autrement qu’à crédit (explosion des déficits, gestion calamiteuse, mensonges…). Une chance, le marché s’est détourné naturellement d’Athènes car elle n’était plus en mesure d’honorer ses dettes. (Un peu comme le barman intègre refuse de continuer à servir le client ivre.)

Mais voilà, il a fallu que la solidarité s’en mêle. Quelle solidarité au juste ? Et si ce bel élan solidaire des États comme la France n’avait été que la trouille d’être le prochain sur la liste ? En Europe, il y a les bons élèves, qui paient, et les mauvais, qui dépensent. Et il commence à y avoir plus de mauvais que de bons élèves. Le risque : une gangrène du marché obligataire européen.

Histoires de bulles

La crise dite « des subprimes »  nous donne un exemple limpide de la contagion de crédits toxiques, mélangés à des produits sains : ce qui doit exploser n’explose pas, continue à enfler, et finit par faire exploser tout le système. En créant un Eurobond (les transferts de dette que l’on a mis en place pour le sauvetage grec reviennent à la création d’une sorte de bon européen), on tente de mutualiser le risque en misant sur la solvabilité allemande. En réalité, on prépare l’éclatement d’une bulle gigantesque : celle de la dette des États.

Quand le marché hypothécaire américain explose, la planète tangue. Il n’y a pas besoin d’être un grand scénariste de science-fiction pour imaginer le cataclysme que déclencherait l’explosion de l’économie entière de l’Union Européenne.

Il y avait une solution : remettre les acteurs devant leurs responsabilités. Laisser la Grèce vivre une crise majeure, mais qui aurait été forcément moins violente que celle qu’elle vivra dans quelques années, et qui secouera des centaines de millions d’Européens.

La contagion vertueuse

Une des difficultés de la crise de la dette publique réside dans la capacité à porter une offre politique de la rigueur budgétaire, difficulté d’autant plus grande en temps de crise, quand le bouc émissaire a si bien été désigné (les riches spéculateurs, banquiers et autres traders cupides). La sortie de la Grèce de l’Euro, signe en forme de couperet envoyé à tous les pays européens, aurait justement été un véritable levier politique pour justifier le réalisme et la maitrise de la dépense publique.

Le « sauvetage grec» donne malheureusement aux autres pays le signe inverse : rien ne sert de faire des efforts, l’Europe sera toujours là comme filet de secours.

Dans un sursaut de réalisme (et acculés par les agences de notation), l’Espagne et le Royaume Uni entament malgré tout une cure de désintoxication. Mais la France, l’Italie, la Belgique, le Portugal ou l’Irlande continuent à s’enfoncer dans un déni qui risque d’emporter avec lui toute la zone Euro. Il y a fort à parier que le scénario Grec va ainsi se répéter dans les semaines ou les mois qui viennent avec l’Irlande, et le fameux filet de secours devrait commencer à souffrir du  poids des secourus.

« Sans nous »

Les Allemands ont longtemps jeté un voile sur le coût de l’aventure européenne, considérant que le gigantesque marché intérieur généré par le libre échange valait bien quelques subventions aux « pays du Club Med » (expression lancée par Helmut Kohl). Mais le risque de voir la monnaie unique s’écrouler commence à sérieusement alourdir la balance du coté d’une sortie pure et simple de la zone Euro.

Cette sortie, évidement très compliquée à organiser, déclencherait une chute brutale de l’Euro, et mettrait les États européens devant une situation sans précédent. Certes, la dette aura fondu avec la monnaie, mais avec elle l’épargne privée, et les économies essentiellement basées sur l’importation verront le pouvoir d’achat s’effondrer. Par ailleurs, les déficits deviendraient impossibles à financer, les taux d’intérêts compensant immédiatement la dévaluation. Et l’État, qui vit aujourd’hui avec le double de ses moyens, se trouverait dans l’incapacité d’assurer son fonctionnement, s’enfonçant dans une crise dont la violence signerait sans doute la fin de sa forme providentielle.

Il y a comme ça des occasions ratées, où l’on préfère faire l’autruche et refuser la réalité. Malheureusement, celle-ci risque de vite nous rattraper. Comme disait Lénine sur son lit de mort, « les faits sont têtus »…

2 commentaires

  1. coco dit :

    Même si je partage le point de vue économique de l’article, je crois qu’il est à côté de la plaque.

    Nous savons déjà en 1998 que la participation de la Grèce, qui ne remplissait pas les critères de Maastrich, à la monnaie eurolandaise n’est que le résultat d’un deal aussi absurde qu’abject.

    C’est en échange de son veto contre l’entrée de la Turquie dans l’euroland que la Gèce a été admise dans la monnaie unique.

    Les considérations économiques n’ont rien à voir là-dedans.

    L’euroland c’est tout n’importe quoi et son contraire y compris en économie dés lors que ça permet de démanteler les nations Européennes. L’arme de destruction massive étant évidement l’immigration.

    Contrairement à ce que je lis un peu partout je pense que l’enchevêtrement des dettes des différents pays ne fait que renforcer la monnaie unique eurolandaise.

    En effet des pays se portant garant de dettes libellées en euro d’autres pays cela ne vise qu’à compliquer les velléités éventuelles d’un pays à sortir de l’euro en récupérant ses billes sans se faire sérieusement léser.

    NB: Chypre était également farouchement opposé à l’entrée de la Turquie. Mais leur état est tellement pauvre et petit qu’il s’est fait acheter.

  2. nikos dit :

    Chypre pauvre???????????????????????? vous êtes très mal informé!!! petit pays oui mais une sorte de Suisse ou de Liban par ailleurs…..pavillon de complaisance de surcroit, plaque tournante du commerce et de la finance au Moyen Orient, dépôt bancaire des capitaux très faiblement taxé, refuge et siège des entreprises et banques et sociétés financières et la liste est longue…..

Ecrire un commentaire :







Si vous souhaitez associer une image à vos messages, inscrivez-vous ici (c'est gratuit)

 

Articles récents

Contribuez au développement du site en souscrivant