•

Vous êtes actuellement déconnecté.






» Mot de passe oublié ?
►   Recevoir la newsletter 
marianne_carre
Marianne2.fr supprime les commentaires sur son site
COUVERTURE
Coulisses de la télé : analyse critique de l’émission Médias sur France 5
duel-1
Pour défendre son honneur, le duel vaut mieux que le procès
ferrierstoquer
Echec et mat entre Thomas Ferrier (PSUNE) et Nicolas Stoquer (RPF) : Quel avenir pour l’UE ?
Idées reçues

Idée reçue : « La crise de 2008 est la crise du libéralisme »

9 novembre 2010, 12:02 Auteur : Renaud Dozoul 2 commentaires

La Gauche a compris avant la droite que la crise pouvait être utilisée politiquement. En expliquant dès le début qu’elle constituait l’échec du modèle libéral, elle a imposé son analyse, et justifie pour longtemps son projet.

Pas un débat depuis deux ans sans que l’homme de Gauche n’assène avec un air entendu « écoutez, la crise de 2008 nous montre bien que le libéralisme ne marche pas ! ». La Droite française, par manque de culture économique, n’a pas eu le bon réflexe. Au lieu de profiter de cette crise de l’interventionnisme étatique pour redonner des couleurs au Marché, elle se bat la coulpe une fois de plus, en disant que « ce coup-ci, on va moraliser tout ça ».

Car finalement, que s’est-il passé ? Les banquiers ont-il subitement décidé de devenir méchants, et dans leur dinguerie, d’autodétruire leur outil de travail ? Tout ça parce que le système financier manque de règles et de morale ? Revenons sur terre, la réalité est plus simple. L’État américain, dans un mélange de clientélisme et d’irresponsabilité, s’est lancé dans une folle entreprise au milieu des années 90 :

Exiger aux banques de prêter de l’argent à n’importe qui pour stimuler le secteur immobilier. Pour pouvoir leur imposer cette exigence, l’État a signifié aux banques qu’il se porterait systématiquement caution, et paierait pour les mauvais payeurs (au moyen des structures de garantie, comme les désormais célèbres Freddy Mac & Fannie May). Alors, elles ont prêté, prêté, et comme on pouvait s’y attendre, les remboursements ont fait défaut, une fois, deux fois, mille fois.

On connait la suite : Pour essayer de limiter la casse, les banques ont essayé de mutualiser les risques en panachant les produits financiers. Les fameuses « titrisations », qui ont tant plu aux journalistes, qui tenaient là un mot suffisamment opaque pour ne rien avoir à expliquer. Au lieu d’exploser, le système a donc continué à enfler, contaminant l’ensemble de l’économie saine, et menant inévitablement à l’explosion.

La conclusion est sans appel : C’est bien l’intervention de l’État, au nom d’une générosité déconnectée du réel, qui a fabriqué cette bulle, dont l’éclatement a fait trembler la planète. Ce même État qui s’est empressé de sauver les banques, avec de l’argent qu’il n’a pas.

Or, la RESPONSABILITE (donc le cas échéant la faillite) est le SEUL vrai régulateur de l’économie ! Retirez la responsabilité des acteurs financiers, et aucune mesure régulatrice ne régulera quoi que ce soit. Elle ne fera que fabriquer des bulles, toujours plus grosses, dont les éclatements auront des répercussions toujours plus dramatiques.

Nous sommes comme ce plongeur, qui voyant que le bassin est vide, a peur de sauter et décide de monter au plongeoir supérieur en croisant les doigts. L’endettement structurel de l’État et les récents plans de relance nous ont fait grimper sur le plus haut plongeoir. Reste à attendre la pluie, et préparer le saut de l’ange.

NDLR: A ce sujet, lire les excellents ouvrages de Philippe Herlin : France, la faillite et de Charles Gave : L’État est mort, vive l’état.

2 commentaires

  1. Kurtis dit :

    Une vérité bien peu relayée; j’avais été très surpris lors de cette découverte… C’est tellement plus commode de charger, comme d’habitude, le libéralisme (qui n’est certes pas sans défaut, mais on oublie vite aussi ses qualités).
    Dans le même esprit, en France, (une idée pour vous, Mr Dozoul) la surprotection des locataires (et bien sûr surtout des plus incorrects) a enfanté la pénurie de logement (surtout des autres).

  2. david dit :

    Je ne suis pas d’accord avec cet article. C’est le directeur général de la Banque Fédérale Américaine qui a subitement décidé de baisser les taux d’emprunts à 0 % pour des biens immobiliers destinés aux classes moyennes. Je ne vois pas en quoi l’Etat interviendrait la dedans, meme si l’on sait que le système financier et politique sont très liés aux Etats Unis.

Ecrire un commentaire :







Si vous souhaitez associer une image à vos messages, inscrivez-vous ici (c'est gratuit)

 

Articles récents

Contribuez au développement du site en souscrivant