La réédition du camp des Saints, le plus fameux des livres de l’écrivain Jean Raspail, permet de revenir sur une idée reçue qui a la vie dure, notamment dans l’ancienne extrême-droite : il serait tabou de parler d’immigration et de race en France depuis une quarantaine d’années, et notamment depuis la loi Pleven de 1972.
Alexis Brezet (rédacteur en chef du Figaro Magazine) explique sur RTL le 31 janvier 2011 de quoi il s’agit :

(vidéo trouvée là)
En d’autres termes, le rédacteur en chef du Figaro Magazine, premier magazine de France en terme de diffusion (plusieurs millions d’exemplaires par semaine), nous explique sur la première radio de France (plusieurs millions d’auditeurs chaque jour), que la réédition d’un livre par l’un des premiers éditeurs de France (plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffres d’affaires annuels) et ce dont parle ce livre sont tabous. Ah bon. Où est la logique ? Il n’y en a pas. Ou plutôt si, mais elle est totalement irrationnelle. L’ancienne extrême-droite, FN et affiliés, nous expliquent depuis 30 ans sur tous les médias qu’il est interdit sur tous les médias de remettre en cause la bienpensance, et notamment de critiquer l’immigration. Mais le fait qu’ils le disent depuis 30 ans sur tous les médias ne les empêchent pas de dire qu’il s’agit là d’un tabou, et qu’en face il y a la bienpensance. Un Zemmour, chroniqueur le plus invité de France, dit-il autre chose ? Non. Il va même plus loin, dénonçant le système orwellien de pensée qui inverse les mots. Alors qu’en fait c’est lui qui inverse les mots : la bienpensance, sur l’immigration, c’est lui.
Sur la race, c’est lui aussi, puisque depuis 40 ans certains nous expliquent qu’il est interdit de parler du mot “race”, alors que Jean-Marie Le Pen en parle depuis 40 ans sur tous les médias où il passe. Pire, l’antiracisme également n’arrête pas d’en parler, puisque la grille de lecture antiraciste est exactement la même que la grille de lecture raciste, à savoir la racialisation du discours (dont le procès Zemmour était la quintessence). Donc l’extrême-droite.
D’ailleurs, ironiquement on pourrait noter que le Camp des saints est paru un an après la mise en place de la loi Pleven, donc le commentaire d’Alexis Brezet est faux, quand il dit “…si les lois antiracistes, Pleven, Gayssot, Lellouche ou Perben avaient un effet rétro-actif, ce qui n’est pas le cas, son livre serait susceptible de poursuites judiciaires…”. Le Camp des Saints n’a pas été poursuivi bien qu’étant sorti après le vote de la loi Pleven. La raison en est simple : Raspail avait choisi comme “envahisseurs” des Indiens, et pas des noirs ou des arabes, pour se prémunir justement de ces poursuites. Mais cela, ni l’écrivain dans sa préface, ni le journaliste du Figaro, n’en informent les auditeurs.
On notera pour finir l’autre erreur (pour ne pas dire mensonge) d’Alexis Brézet, qui affirme de façon péremptoire que depuis 1985 le livre n’avait pas été réédité, alors qu’il est régulièrement réédité depuis sa sortie en 1973, notamment parce qu’il s’en vend plusieurs milliers chaque année, sans la moindre publicité, et uniquement par bouche à oreille.
Donc l’extrême-droite la plus classique se fait plaisir en hurlant à la censure, et en se considérant comme une victime de cette censure, alors qu’on ne parle quasiment plus dans ce pays que de race et d’immigration à cause de l’extrême-droite, ancienne et nouvelle. Michèle Tribalat, qui n’est certainement pas d’extrême-droite mais qui est spécialiste d’immigration a été invitée à de nombreuses reprises, en télévision, radio et interviewée dans la grande presse, pour parler de son dernier livre… sur l’immigration.
On attend toujours que M. Brézet parle sur RTL, au hasard, de la Mosquée Notre-Dame de Paris, autre roman d’anticipation, mais sur l’islam, un livre refusé par plus de 60 éditeurs avant d’en trouver un petit (l’auteur de ces lignes), un livre jamais mentionné nulle part dans la grande presse alors qu’il se vend bien par bouche à oreille (près de 10 000 exemplaires en 2 ans), un livre qui s’était vendu à plus de 100 000 exemplaires en Russie. Là, on peut parler de censure, oui, je crois, et la loi n’a rien à voir avec cela puisque le livre n’a jamais été poursuivi en justice et ne le sera pas puisqu’il y a maintenant prescription.
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M. Robin,
Bien que le sujet de la récrimination, que j’expose ci-après, soit quelque peu secondaire dans votre article, j’aimerais que vous m’expliquiez la logique du passage, extrait de votre article, suivant:
“L’ancienne extrême-droite, FN et affiliés, nous expliquent depuis 30 ans sur tous les médias qu’il est interdit sur tous les médias [sic.] de remettre en cause la bienpensance, et notamment de critiquer l’immigration. Mais le fait qu’ils le disent depuis 30 ans sur tous les médias [au bout de la troisième fois, cela fait un peu répétition] ne les empêchent pas de dire qu’il s’agit là d’un tabou, et qu’en face il y a la bienpensance. Un Zemmour, chroniqueur le plus invité de France, dit-il autre chose ? Non. Il va même plus loin, dénonçant le système orwellien de pensée qui inverse les mots. Alors qu’en fait c’est lui qui inverse les mots : la bienpensance, sur l’immigration, c’est lui.”
Certes, vous commencez par préciser que la France n’est pas une dictature totalitaire (si l’on compare à l’URSS stalinienne) dans le sens où elle n’a pas interdit la liberté d’expression à JMLP dans les médias au cours des trente dernières années. Cependant, de là à écrire que parce qu’il a pu s’exprimer, ses idées n’ont pas été blâmées, foudroyées, fustigées, il y a une abîme. C’est parce qu’elles ont subi ce traitement qu’aujourd’hui Zemmour, Dupont-Agnan, le FN et quelques autres critiquent la bien pensance. Depuis ces trente dernières années, cette dernière, représentée par l’extrême gauche, le PC, le PS, les écolos, les centristes, le RPR puis l’UMP, a dominé de façon outrageuse le débat médiatique. Aujourd’hui, elle revient en force, elle deviendra peut-être la pensée dominante, mais elle ne l’est pas encore. Dire que Zemmour est la bien pensance sur le sujet de l’immigration est une jolie manière de se ridiculiser en public, enfin ce n’est que mon avis, j’attends votre contradiction argumentée.
Bien à vous.
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FN et affiliés, nous expliquent depuis 30 ans sur tous les médias qu’il est interdit sur tous les médias de remettre en cause la bienpensance, et notamment de critiquer l’immigration. Mais le fait qu’ils le disent depuis 30 ans sur tous les médias ne les empêchent pas de dire qu’il s’agit là d’un tabou, et qu’en face il y a la bienpensance. Un Zemmour, chroniqueur le plus invité de France, dit-il autre chose ? Non.
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Bien sûre que si !
Avant le 21 avril 2002 le Front National n’était pratiquement jamais présent dans les médias.
Par exemple CSA avait relevé que le FN en 2000 et 2001 bénéficiait de moins de 0,1% du temps de parole politique à la télé et la radio.
Par exemple à la présidentielle de 2002 le CSA avait relevé que la campagne de Le Pen avait bénéfié de 6 fois moins de temps de parole que les candidats Chirac et Jospin et 3 fois moins que les candidats Chevènement, Mamère et Bayerou.
C’est à dire que quand Chirac bénéficiait d’une heure d’antenne et Jospin également d’une heure d’antenne Le Pen bénéficiait lui que de 10 minutes. Les candidats Bayerou, Mamère et Chevènement bénéficiaient eux de 30 minutes chacun.
Depuis 2003 cela a changé, Marinne Le Pen, probablement le poison le plus violent contre le FN est omniprésente d’où le sérieux recule systématique en nombre d’électeur, en pourcentage d’électeur et en nombre d’élu au cours du dernier cycle électoral (municipale-présidentielle-législatif-européenne-régionale).
Par ailleurs mme Tribalat dénonce bien dans “les yeux grands fermés” (2010) la censure faite autour de l’immigration et de ses conséquences depuis 30 ans. Par conséquent prendre ce livre comme la preuve de la liberté d’expression autour de l’immigration sur le sujet ne tient pas la route.
Enfin il faut savoir que mme Tribalat opère un spectaculaire tête à queue sur le sujet. Voir son livre précédent “Face au Front national” (vous pouvez lire la préface sur Amazon http://www.amazon.fr/Face-Front-national-Arguments-contre-offensive/dp/2707128775/ref=sr_1_3?s=books&ie=UTF8&qid=1296682933&sr=1-3#reader_2707128775 ) qui a pour objet de tourner en dérision les travaux du conseil scientifique du FN sur l’immigration (rapport Milloz).
Quant à entendre Zemmour parler d’immigration, de l’abolition du droit du sol et de la préférence nationale c’est une blague. Ca lui arrive tout au plus une fois par ans pendant 5 secondes et juste aprés il rentre dans sa boite.
Le problème de l’occultation et de la diabolisation de ceux qui dénoncent l’immigration dés les années 1970 n’est pas le propre du FN ou de Le Pen, ni même de la France:
http://www.youtube.com/watch?v=7wGtcloE0i8&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=1mp36BEGRqc&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=o2RvjcycPUw&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=eHipbJl-81o&feature=related
@David
la répétition est voulue, pour démontrer l’erreur du raisonnement que je dénonce, voyez-vous ?
par ailleurs il n’y a rien de plus creux qu’une expression comme “bienpensance”. On est toujours le bienpensant d’un autre, par exemple pour un libéral vous êtes bienpensant, et la bienpensance est ultra-dominante, puisqu’elle n’invite jamais les penseurs libéraux actuels, Alain Laurent, Pascal Salin, Florin Aflatlion, Raymond Boudon, et j’en passe, dans les médias dominants.
donc pour le fait de se ridiculiser en public, d’une part on est toujours le con d’un autre, d’autre part je n’agis pas en fonction de ce que peuvent penser les autres de moi, mais en fonction de mes convictions, même et surtout si elles choquent ou si elles me font passer pour quelqu’un que je ne suis pas. Inciter à fuir le ridicule, comme vous le faites, c’est inciter à la bienpensance, justement. Au moins vous êtes cohérent.
M. Robin,
La syntaxe et le style de l’extrait cité ne me plaisent pas. Mais au final, ce n’est pas bien grave^^.
Pour ce qui est du fond de mon intervention, disons que je n’ai pas utilisé les bonnes expressions pour décrire mon idée. J’ai aussi été, peut-être, un peu provocateur, veuillez m’en excuser, rappelons que je ne suis pas journaliste, moi. Sur le fond donc, et c’est bien cela l’important, vous ne me répondez pas.
La formule “bien-pensance”, au contraire de ce que vous écrivez, est clairement définie par:
“Attitude intellectuelle qui consiste à adopter un point de vue et des valeurs politiques, sociales, etc. conformistes, proches de l’ordre établi, ou propres au milieu dans lequel on évolue.” (wiktionnaire)
Les idées du FN, y compris leur libéralisme économique des années 1980-1990 d’ailleurs, ont été violemment occultées puis diabolisées et rejetées par les autres partis politiques d’une part et les médias d’autre part. coco ajoute même que le FN n’a, au final, pas été si présent que cela dans les médias durant ces trente dernières années, notamment en période pré-électorale.
Conclusion, même si les idées du FN prennent plus de place aujourd’hui dans le débat, qu’elles deviendront peut-être la pensée dominante, la fameuse bien-pensance, elles ne le sont pas encore. Dire que Zemmour, le FN, Debout la République sont les parangons de la bien-pensance sur les sujets que sont l’immigration, le protectionnisme raisonné, la sécurité, l’islam est factuellement faux (à la limite, sur l’islam, leurs idées sont en train de gagner, disons que la situation bouge très vite^^)
J’attends que vous me démontriez le contraire.
@David
je vous l’ai déjà démontré mais vous ne voulez pas voir. Il n’y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Par ailleurs n’oubliez jamais, pour citer Bastiat, qu’il y a ce qu’on voit, et ce qu’on ne voit pas. Le FN occulte un mouvement de patriotes sincères, antiracistes, qui aurait pu ou du émerger si le FN n’avait pas été aussi soutenu par le pouvoir en place. La racialisation du débat aujourd’hui est ultra-dominante, et Zemmour y participe très activement, comme je l’ai déjà démontré à de multiples reprises. Le sujet de l’immigration est central dans ce pays depuis 40 ans, soit pour, soit contre. Combien de lois sur l’immigration par exemple ? 0 ? 1 ? ou plutôt des dizaines ? Quand un sujet occupe le devant de la scène, que ce soit l’antiracisme ou l’immigration, d’autres sujets sont occultés, ou contaminés par ces sujets omniprésents. CQFD.
Etant dans une démarche de tentative de compréhension bienveillante de votre idée, qui me semble à moi fausse, je suis un peu déçu que vous commenciez votre réponse par un “petit sermon”.
Mais passons à l’essentiel, si comme vous le rappelez, l’immigration est un sujet, voire le sujet qui “occupe le devant de la scène” dans le débat politico-médiatique, le fait d’être pour “l’immigration zéro” n’a pas été du tout la “pensée dominante” au cours de ces trente dernières années. Elle ne l’est d’ailleurs toujours pas aujourd’hui. Et par conséquent, en toute logique, l’immigration régulière en France représente environ 150 000 à 200 000 personnes par an.
Que vous soyez en désaccord avec la matrice idéologique du FN depuis trente ans est une chose tout à fait respectable. Votre idée selon laquelle le FN a pu occulter “un mouvement de patriotes sincères, antiracistes” est même à priori plutôt convaincante. Celle selon laquelle la racialisation du débat est omniprésente est aussi intéressante.
En revanche, expliquer que Zemmour ou le FN représentent “le point de vue et des valeurs politiques, sociales, etc. conformistes, proches de l’ordre établi”, c’est-à-dire la bien-pensance, est faux, puisque comme je viens de le montrer, leur idéologie n’a pas été celle du peuple et donc par conséquent n’a pas été celle du pouvoir politique français depuis trente ans.
Comme vous l’écrivez, très nombreux sont les autres sujets de débat occultés.
@Jean
Vous écrivez : “Raspail avait choisi comme “envahisseurs” des Indiens, et pas des noirs ou des arabes, pour se prémunir justement de ces poursuites. Mais cela, ni l’écrivain dans sa préface, ni le journaliste du Figaro, n’en informent les auditeurs.”
Cela est seulement à moitié vrai. Je n’ai pas lu la préface de l’édition de 2011, mais sachez dans celle de 1985 (troisième édition), Raspail s’expliquait clairement à ce sujet :
“Le moment est venu d’expliquer pourquoi, dans le Camp des Saints, ce sont des masses humaines venues du Gange lointain plutôt que des rives de la Méditerranée gui submergent le midi de la France. Il y a plusieurs raisons à cela. L’une tenait à une certaine prudence de ma part et surtout à mon refus d’entrer dans le débat truqué du racisme et de l’antiracisme en France au quotidien présent, ainsi qu’à ma répulsion à illustrer, au risque de les envenimer, des tensions raciales déjà perceptibles mais pour le moment hors du sujet. Certes, une forte avant-garde se trouve déjà chez nous qui manifeste hautement l’intention d’y rester tout en refusant l’assimilation, et comptera d’ici vingt ans au sein du peuple anciennement français plus de trente pour cent d’allogènes fortement «motivés». [...]”
Lire la préface en intégralité ici : http://christinetasin.over-blog.fr/article-le-camp-des-saints-un-livre-prophetique-49030401.html
De toute façon, le roman de Raspail est une fable : l’immigration massive et brutale telle que décrite dans le livre est fort peu probable et ne s’est de toute façon pas déroulée de cette façon. (C’est d’ailleurs pour cela que la substitution démographique actuelle a pu s’accomplir, son étalement dans le temps ayant eu un effet décisif dans l’absence de prise de conscience généralisée.) Le plus saisissant, dans Le Camp des saints, ce n’est pas cette invasion métaphorique, mais c’est la réaction des européens face à cela. Raspail avait déjà très bien saisi l’esprit de résignation, l’angélisme aveugle, l’exaltation béate de l’Autre qui se manifestent de plus en plus visiblement aujourd’hui et qui étaient déjà en germe à l’époque.
“Le Camp des saints” ne pourrait sans doute pas être publié aujourd’hui, pas tant, à mon avis, à cause de la censure qu’à cause de l’autocensure. Aucun grand éditeur ne voudrait prendre le risque, mais je ne suis pas sûr qu’il serait attaqué en justice, d’une part parce qu’il s’agit d’un livre et d’une fiction (et il semblerait y avoir plus de liberté dans ce domaine que pour les propos tenus dans les grands médias), et d’autre part, parce qu’une attaque en justice risquerait de faire de la publicité favorable au livre. On a bien vu, dans un autre contexte, comment la sanction disciplinaire contre la fonctionnaire Aurélie Boulet (alias Zoé Shépard) avait contribué à faire parler de son roman “Absolument dé-bor-dée”, satire de la fonction publique, et à en favoriser les ventes. Vous aurez d’ailleurs remarqué qu’aucun média (ou presque) ne mentionne la réédition du Camp des Saints : plutôt que de s’en indigner, ils ont compris qu’il valait mieux ne pas en parler plutôt que d’en parler négativement.
Cela dit, la LICRA avait bel et bien attaqué Raspail pour une tribune parue en 2004 dans le Figaro et intitulée “La patrie contre la République” dans laquelle il résumait de façon plus explicite et condensée ses idées sur l’immigration, déjà présentes de façon romancée dans le Camp des Saints. (La LICRA avait été déboutée.) Il est compréhensible qu’une tribune de presse soit plus facilement attaquée en justice par la police de la pensée qu’un livre : d’une part parce qu’un court article est davantage susceptible de frapper l’esprit qu’un livre où les propos sont disséminés et nuancés sur 300 pages, et d’autre part parce que la presse généraliste (Le Monde, Le Figaro) est lue par beaucoup de monde, alors qu’il livre a en général une diffusion plus confidentielle : il faut souvent s’intéresser déjà au sujet pour être au courant d’une sortie. Il n’y a donc en général pas intérêt à attaquer en justice un propos si celui-ci n’est audible que par peu de gens.
(Voir le texte ici : http://jeanraspail.free.fr/divers18.htm )
Lors de la sortie du livre (ou quelques années après), Jean Raspail avait pourtant été interviewé par Max Gallo (qui était pourtant plus à gauche à l’époque qu’il ne l’est aujourd’hui) sur FR3. (Voir vidéo ci-dessous.) Un tel entretien avec Jean Raspail sur une grande chaîne publique ne serait certainement plus possible aujourd’hui, alors même (ceci expliquant cela) que la réalité donne de plus en plus raison à ses analyses…
http://www.youtube.com/watch?v=1qzmQjemLTA
http://www.youtube.com/watch?v=MiVgho24z7g
Pour finir, je vous recommande l’écoute d’une émission récente de Radio Courtoisie avec Jean Raspail, où il revient sur “Le Camp des Saints”.
(A télécharger ici : http://www.megaupload.com/?d=QTNRRUKF )
Bonsoir Jean,
il existe toutes sortes de nuances dans “la censure”. JF Revel a bien traité ce sujet dans “La nouvelle censure”, montrant comment la Presse sérieuse a subtilement censuré son livre “la tentation totalitaire”.
Dans les médias, ce n’est pas passer des heures qui compte, ni de toucher des millions de personnes sans pouvoir ; c’est de toucher les bonnes personnes, qui ont un pouvoir sur la société.
Comment expliquez-vous que sarko ait aboli la “double peine”? Quelques centaines de militants d’extrême gauche déterminés ont bien + d’impact que les 5 millions d’électeurs de Le Pen. Le jour où vous analyserez cet impact d’une frange ultra-marginale qui influe de vraies décisions, votre analyse sera plus qualitative que quantitative.
@Pierre75
Vous expliquez ça à l’auteur du Petit dictionnaire des débats interdits mais légaux, l’avez-vous seulement lu ? J’en doute, sinon vous auriez vu toute la nuance que j’apporte dans l’analyse de la censure actuelle, qui est surtout une auto-censure. Or tel n’est pas le cas sur l’immigration et sur la race.
Même Le Pen père&fille n’osent plus prononcer le mot immigration. La “dédiabolisation” du FN c’est précisément ne plus parler d’immigration. Déblatérer sur l’islam, les prières ok (quand d’autres ouvrent la voie. courageux mais pas téméraire); mais jamais d’immigration.
Même chez riposte laïque on ne parle jamais d’immigration.
La dernière personne en France à osé prononcer le terme c’est Renaud Camus. Mais le ferait-il si il était sur des grand média ?
le mot qui a remplacé “immigration” c’est “islam” …..
le mot qui a remplacé “arabe”, “noir”, “étranger non chrétien”, “beur” et c’est “musulman”
Mea culpa : j’avais écrit qu’il ne serait sans doute plus possible que Jean Raspail soit interviewé aujourd’hui sur une grande chaîne de télévision, eh bien si : il était présent hier sur le plateau de Frédéric Taddéï (qui est décidément le seul journaliste de télévision à vraiment oser inviter des personnes qui sortent des sentiers battus du politiquement correct).
Voir l’émission ici : http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=1295
@Félix
bravo pour le méa culpa, mais vous persistez à dire qu’être l’invité principal d’une émission de télévision publique relève du politiquement incorrect, on se demande ce qu’il vous faut. Qu’il passe tous les jours ? Là, peut-être, deviendra-t-il enfin politiquement correct, ou toujours pas ?
Bonjour Jean,
je répondais juste à propos de l’article, et non sur votre travail sur la censure en général. D’ailleurs le livre sur les débats interdits mais légaux est une idée exceptionnelle, et je l’ai acheté (chez Gibert). Le traitement que vous avez fait de certains débats ne m’a pas toujours convaincu, mais ce serait un autre débat. En tout cas j’ai été séduit par l’originalité du sujet (que personne n’avait posé de cette façon) et la diversité des thèmes abordés (le paranormal notamment, souvent laissé aux marges et traité par le mépris).
Ce qui m’étonne le plus avec certains sujets, c’est que “tout le monde” fait comme si ils avaient été résolus (comme l’évolution darwinienne, ou même le matérialisme) dans un sens, alors qu’au fond un débat sérieux n’a jamais eu lieu.
Les universitaires français sont assez forts dans cette attitude (ils considèrent par exemple que “Dieu est mort”, comme si une telle affirmation était évidente, alors que jamais un débat sérieux, avec philosophes, scientifiques, religieux, mystiques, n’a fait le point sur les arguments des uns et des autres.).
@ Jean,
Pour être précis, je ne dis pas qu’être l’invité d’une émission de télévision publique relève du politiquement incorrect, mais que parler comme l’a fait Jean Raspail à “Ce soir (ou jamais !)”, et qu’on le laisse s’exprimer comme l’a fait Frédéric Taddéï n’est pas du tout conforme à ce qu’on a l’habitude de voir.
Vous dites que l’on parle souvent d’immigration. C’est vrai, mais que dit-on vraiment ? Vous avez d’un côté le FN qui agite le spectre de l’invasion de façon outrancière sans jamais faire de débat de fond, de l’autre tous ceux qui, à l’inverse, persistent dans l’exaltation béate de l’Autre, à dire que l’immigration est forcément une chance pour la France, que la diversité est toujours une richesse, etc. Et entre les deux, vous avez certes des débats plus mesurés, mais va-t-on vraiment au fond du problème ? On parle de chiffres, de détails techniques (immigration choisie ou subie), de politiques d’intégration (valeurs républicaines, laïcité…), et autres choses superficielles, sans que tous ces débats ne se traduisent pas des changements politiques fondamentaux. Quand à Zemmour, il dit certes quelques lucidités mais pour lui, la seule cause au problème est l’idéologie antiraciste des années 80 qui a ouvert la voie au communautarisme (il a raison, mais c’est à mon sens insuffisant) et de plus, il a tendance à lancer des propos lapidaires au cours de débats animés, ce qui caricature parfois ses positions et le place dans le rôle figé du réac de service ; c’est d’ailleurs pour ça qu’on le laisse sans arrêt s’exprimer dans les médias : c’est une sorte de “soupape de sécurité”, comme le bouffon du roi, à qui on passe toutes les outrances justement parce qu’il est le seul à pouvoir le dire et qu’il est dans son rôle.
Personne (ou presque) n’ose présenter les choses comme l’a fait Jean Raspail hier : sans outrance, sans haine, sans volonté de faire avancer une quelconque cause idéologique ou de susciter une polémique gratuite, mais en regardant le problème de front et dans sa totalité, en parlant de peuples et de civilisations, en fixant les échéances, en pointant clairement du doigt le risque d’ouverture sans limites à l’autre, de dissolution et de transformation radicale du peuple français, et en disant qu’il n’y était clairement pas favorable. Une telle franchise est très rare à la télévision sur ce genre de sujets. Face à cela, Frédéric Taddéï l’a écouté sans regard inquisiteur, sans le traiter de raciste, sans le recadrer à l’aide des citations toute-faites du prêt à penser. Cela aussi est très rare : la plupart des autres journalistes auraient été mal à l’aise face à Raspail, l’auraient rapidement contredit ou ne l’auraient sans doute pas laissé finir. Les invités ont en général souvent tellement peur qu’ils s’auto-censurent avant même qu’on les recadre : regardez comment Michel Godet, dans la suite du débat, s’est empressé de dire “mais c’est une chance !” après avoir dit que les gens issus de l’immigration représentaient 25 % des naissances, comme si le seul fait d’énoncer une réalité sans la nuancer ensuite contribuait à rendre la personne suspecte.
Je me demande si vous n’avez pas un peu une dent contre Frédéric Taddéï. Plusieurs fois vous l’avez un peu écorné dans certains articles (notamment lorsque vous avez fait mention du fait qu’il invitait souvent Houria Bouteldja), comme si son émission était biaisée. Elle l’est peut-être (personne ne peut se targuer d’être à 100 % objectif, et c’est tant mieux) mais beaucoup moins que d’autres. Si Frédéric Taddéï avait vraiment un parti-pris gauchisant, il n’aurait jamais interviewé Jean Raspail comme il l’a fait, il n’aurait jamais fait venir Alain Soral et Alain de Benoist (dans la même émission, qui plus est), etc. La liberté de parole et la l’éclectisme dans le choix des intervenants à cette émission y est bien plus grande que dans la plupart des autres et vous devriez, je pense, vous en féliciter si vous déclarez défendre la liberté d’expression.
Alors oui, je persiste à dire que cet entretien avec Jean Raspail n’entrait pas dans les cadres du politiquement correct. Si vous avez de meilleurs exemples récents que la prestation de Jean Raspail en matière de liberté d’expression au sujet de l’immigration sur des grandes chaînes (et je ne parle pas des pseudo-dérapages des membres du FN ou de Zemmour, ni des spécialistes comme Michèle Tribalat qui voient le problème d’un point de vue surtout scientifique et statistique), je suis preneur…
Il me semble que Jean a dressé un portrait relativement élogieux de “Ce soir ou jamais” sur cet article.
http://www.enquete-debat.fr/archives/emissions-passees-au-scanner-ce-soir-ou-jamais
@Félix
après avoir caricaturé mon analyse de Calvi, vous caricaturez mon analyse de Taddéï : http://www.enquete-debat.fr/archives/emissions-passees-au-scanner-ce-soir-ou-jamais/
merci d’avoir eu l’honnêteté de confirmer qu’on parle énormément d’immigration depuis 40 ans
Monsieur Robin,
Voici quelques interrogations et réflexions concernant votre article:
Vous semblez vouloir démontrer dans la première partie du texte qu’il n’y a pas de tabou concernant l’immigration et l’emploi du mot race. Or, dans le passage suivant vous mentionnez le fait que “Raspail avait choisi comme “envahisseurs” des Indiens, et pas des noirs ou des arabes, pour se prémunir justement de ces poursuites. Mais cela, ni l’écrivain dans sa préface, ni le journaliste du Figaro, n’en informent les auditeurs.“
Si je suis votre raisonnement, et à moins d’une attitude paranoïaque de la part de M. Raspail, cela ne constitue-t-il pas, justement, un exemple tendant a montrer qu’il existe ou existait une certaine difficulté, un certain tabou, à considérer l’immigration d’origine africaine sous des aspects négatifs et ce, avant la montée en popularité de M. Le Pen?
Peut-être peut-on librement aborder ce sujet, mais celui-ci a été tellement idéologisé que traiter de telles problématiques sous l’angle serein du débat d’idée, fait désormais figure d’aporie. Force est de constater à combien de justifications inutiles et d’accusations aussi erronées que stériles l’on est contraint de se soumettre au quotidien dès lors que l’on affiche paisiblement et rationnellement sa réticence face a l’immigration.
La judiciarisation du débat est une autre preuve de la dissymétrie de traitement des points de vue: les procès intentés pour délit d’opinion sont la plupart du temps le fait de personnages soutenant des thèses immigrationnistes, si l’on fait abstraction des tentatives de l’AGRIF et compagnie, mais leur combat n’est justement pas contre l’immigration…
Enfin, la qualité de tabou d’un sujet ne se mesure pas uniquement à ses fréquences d’apparition dans les médias, bien que cela puisse en constituer un indicateur.
Il existe bien d’autres lieux où une idéologie peut être mise en avant au point d’y constituer, et je pèse mes mots, une pensée unique réduisant toute opinion contraire au rang de tabou. Je pense notamment a l’éducation nationale, où l’éloge de la diversité et du métissage est aujourd’hui omniprésente et que j’ai déjà pu personnellement constaté, il y a quelque temps, lors de ma scolarité.
Vous mentionnez par ailleurs l’inversion des mots à laquelle fait référence M. Zemmour. Pour ma part, je parlerais plutôt d’idéologisation du vocabulaire : des mots comme « sans-papiers » , « islamophobie », et autres « dérapages » ne sont pas pas neutres et sont chargés de concept, tout comme le sont « Grand Remplacement » , « Contre-Colonisation » et « « Partisans du Desastre » . Toutefois, certains sont passés dans le langage courant, d’autres non!
Je finirais ce message par une approbation de votre critique des anti- « Bien-Pensance » , concept ridicule qui n’aurait pas lieu d’être si chacun tâchait d’appliquer les principes de la liberté d’expression.
@Nicolas brigand
“si l’on fait abstraction des tentatives de l’AGRIF et compagnie” : j’aime beaucoup cette phrase
par ailleurs vous confirmez que l’on parle d’immigration et de race, dans un sens ou dans un autre, depuis 40 ans en France, merci donc de confirmer ce que je dis, car je ne dis pas autre chose.
Parler de l’immigration et de l’islam c’est toujours tabou : certes on peut prononcer ces deux mots, mais dès qu’ on les prononce on est taxés de racistes, fachistes, de haineux, islamophobes et patin et couffin.
Il faut donc une sacré dose de courage pour oser évoquer ces deux problèmes. Bien que ça commence à changer sérieusement malgré les soutiens faramineux que trouve la bienpensante police de la pensée (qui se croit “humaniste” ) pour soutenir sa propagande et son pouvoir de nuisance.
Je crois qu’on peut dire (sans vouloir les humilier) que l’AGRIF ne compte pas.
Nul part à la télé, radio ou presse subventionnée on ne parle des poursuites judiciaires qu’engagent l’AGRIF (organisme non-subventionné).
Alors que quand c’est sos-rasciste, licra, ldh, mrap, cran, etc (qui sont tous grassement subventionnés) les médias en parlent quand:
1- quand ils annoncent qu’ils ne sont pas d’accord avec qqun
2- quand ils annoncent qu’ils vont porter plainte
3- quand ils annonce qu’ils ont porté plainte
4- quand le parquet annonce qu’il va prendre en compte la plainte
5- etc.
et réussissent ainsi à créer un climat haine, de terrorisme intellectuel permanent.
Le mérite de l’agrif c’est de mettre bien en évidence que les lois ne sont pas respectées, pire encore qu’elles sont à géométrie variable, en cela ils font selon moi œuvre utile. De plus, même lorsque l’agrif obtient gain de cause les peines sont tellement dérisoires (comparées à celles qu’obtiennent les fausses associations subventionnée) que c’en est un véritable encouragement à récidiver.
Vous dites que ce sont vos connaissances en intelligence économique qui vous pousse par exemple à retourner l’accusation d’extrême droite contre ceux qui l’emploi sans cesse depuis 40 ans. Pourquoi serait-il malsain que l’agrif agisse de même ?
Je n’ai pas le temps de tout lire dans cet article et les commentaires, qui ont plusieurs mois maintenant mais, en passant :
- Non JMLP ne parle jamais de race, mais de communauté nationale, de défaut d’assimilation et d’immigration incontrôlée,
- Non Zemmour n’est pas la bien-pensance puisque la majorité des médias et des gens, notamment des tenants de l’idéologie et de la formation des opinions (comme l’Education nationale), promeuvent une idéologie pro-immigration, pro-diversité ethno-culturelle, etc.
- Non le fait d’apparaître dans certains médias qui couvrent le pays n’est nullement une réfutation au “tabou” quel qu’il soit car les médias savent utiliser le discours politiquement incorrect de temps en temps afin de drainer la révolte chez certaines tranches du public et de disqualifier justement l’accusation de tabou. Un Zemmour de temps et en temps et HOP le tour est joué, plus besoin d’organiser de vrais débat car Zemmour est passé, ce qui prouverait qu’il n’y a pas de tabou, alors qu’il n’y a pas eu la queue d’un vrai débat. Zemmour où l’épouvantail du politiquement incorrect pas tabou. Mais désolé, un épouvantail ce n’est pas ça le politiquement correct, ce n’est pas ça régner dans les médias et ce n’est pas ça la “bien-pensance”.
Donc, attention. Il faut nuancer beaucoup plus.
@Herbert Schwarzmann : Ah bon, Jean-Marie Le Pen n’a jamais parlé de race ?
http://www.ina.fr/video/I09167775/jean-marie-le-pen-je-crois-a-l-inegalite-des-races.fr.html
Il n’a jamais intégré ce genre d’opinion à son discours politique. Comme tant de ses saillies et blagues provocatrices (en réponse à des journaleux débile qui le titillent pour lui faire dire des énormités… ce qui marche avec lui), qui ne sont qu’un écran de fumée qui voilent sa vraie pensée politique. Je répète donc :
- Non JMLP ne parle jamais de race, mais de communauté nationale, de défaut d’assimilation et d’immigration incontrôlée