Rachid Laamarti est administrateur de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France), nous l’avons sollicité à propos de l’incendie de Charlie Hebdo et il a eu la gentillesse de répondre à nos questions. L’interview dure 28 minutes, nous en avons également tiré 6 minutes d’extraits pour les plus pressés d’entre vous.
Extraits :
http://www.dailymotion.com/videoxm3wdgInterview intégrale :
http://www.dailymotion.com/videoxm3wvb
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@ Thomas FERRIER & Kévin :
LA “VRAIE” laïcité, selon moi, serait plutôt le fait de reconnaître que Raison et Révélation, non seulement ne sont pas à mettre sur le même plan, mais se complètent d’une certaine manière, en gardant néanmoins à l’esprit que la vie rationnelle est un préalable à l’homme en tant qu’animal politique, et que la vie spirituelle, elle, est un supplément d’âme soumis à la volonté du sujet.
@ Kevin
C’était d’ailleurs la laïcité à la Kemal, et en vérité la laïcité à la romaine. C’est cette laïcité violemment anti-monothéiste que défendait le député socialiste Maurice Allard en 1905 lorsqu’il fut l’un des promoteurs de la loi de séparation de l’église et de l’état. Dans son esprit, alors qu’il était le plus dur contre le christianisme, et dans son discours à l’assemblée fit l’apologie du paganisme et de l’empereur Julien, il ne s’agissait pas d’une simple séparation. Il s’agissait d’écraser l’église sous le poids de la patrie, de la nation, des ancêtres, de la tradition européenne !
Par exemple, si l’Etat, conformément à la volonté du peuple, souhaite mener telle ou telle politique, les églises doivent soutenir ou se taire. Mais en aucun cas intervenir en sens contraire. Quand j’entends des évêques prendre des positions politiques contraires aux intérêts de l’Europe et des Européens, je trouve cela inadmissible.
Et Kevin, vous croyez que les citoyens sont acquis aux lumières de la raison ? Vaste blague, mon cher. Il faudrait une “éducation nationale” du niveau requis pour cela, alors qu’elle sert aujourd’hui à abrutir les masses, tout comme les media “mainstream”.
@ Voyons voir
Thomas Ferrier, oui 72 houris… et peut-être même une de tes proches.
Je n’ai aucune nymphe à proximité. Ni aucune naïade. Pas plus qu’une quelconque oréade. Or, dans la tradition arabe païenne, d’où vient la notion de “houri”, il ne s’agit ni de femmes ni de vierges. Ce ne sont pas des créatures humaines, pas du tout même.
Si l’islam[isme] est une religion conquérante et intolérante, cela ne signifie pas qu’il faille contre lui proférer des contre-vérités, bien au contraire. Quant à l’idée que des femmes nous accueillent au paradis, on retrouve cela dans le zoroastrisme iranien et dans le druidisme celte. Arthur lorsqu’il va en Avallon, après la bataille dans laquelle il est mortellement blessé par Mordred, est d’ailleurs emmené par trois femmes.
Donc, les houris ne sont pas des mortelles placées au paradis pour récompenses les guerriers, mais des créatures mythologiques. Par contre, bien sûr, cette récompense a été inventée par Muhammad pour galvaniser ses troupes…
@ Virgile
Religion et politique sont indissociables, de même que l’âme et le corps. Ce que vous venez d’expliquer là, c’est la théorie chrétienne du “rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu”. Etrangement propos “laïc” donc, mon cher.
C’est pourquoi, au contraire de ce principe, les sociétés antiques sur un plan religieux étaient tolérantes mais sur le plan politique ont combattu sectes et religions nouvelles. La société civile fonde un pacte avec les dieux, une paix, un accord, or un accord suppose une certaine forme d’égalité entre les deux souscripteurs. Ainsi, ce ne sont pas les dieux ou leurs messagers qui gouvernent, mais les hommes, ceux-ci choisissant de solliciter l’assistance des dieux, et ceux-ci de choisir d’y répondre ou pas.
Je vous renvoie à la lucidité en la matière de Virgile l’ancien lorsque par exemple il oppose dans l’Enéide les dieux de Rome aux dieux barbares d’Egypte.
@ Thomas FERRIER :
Je ne vois pas en quoi votre dernier message s’oppose au mien !
Vos références antiques sont bien gentilles, et vous devez savoir que j’y serai toujours plus favorables qu’à celles et ceux qui n’ont de cesse qu’ils ne voient dans l’ancien monde qu’un ramassis de barbares esclavagistes.
Néanmoins, ce que vous ne prenez absolument pas en compte, c’est qu’il était inconcevable, dans l’Antiquité, de ne croire en aucun dieu, et qu’à moins de forcer aujourd’hui des millions de gens à croire à nouveau (?), je ne vois pas bien comment vous pouvez vous affranchir du fossé que l’on ne peut résorber, de ce point de vue, entre EUX et NOUS.
Quant à la laïcité, en effet, rendre à César et à Dieu ce qui leur appartient respectivement est un principe chrétien, mais également le FONDEMENT du principe de laïcité, inconnu de l’Antiquité, pour les raisons, entre autres, que vous avez vous-même indiquées.
@Thomas Ferrier :
“C’était d’ailleurs la laïcité à la Kemal, et en vérité la laïcité à la romaine. C’est cette laïcité violemment anti-monothéiste que défendait le député socialiste Maurice Allard en 1905 lorsqu’il fut l’un des promoteurs de la loi de séparation de l’église et de l’état.”
=> A l’époque, ce propos pouvait avoir du sens car l’enseignement de masse n’était pas encore assez développé. J’estime qu’il l’est suffisamment aujourd’hui pour ne plus avoir à mener de guerre aux églises et les soumettre.
“Par exemple, si l’Etat, conformément à la volonté du peuple, souhaite mener telle ou telle politique, les églises doivent soutenir ou se taire.”
=> Les églises ont-elle réellement une influence suffisamment grande aujourd’hui en France pour qu’on se donne la peine de prêter attention à leurs prises de positions politiques ? Je ne le crois pas, elles me semblent toutes en perdition… Là-dessus je rejoins le dernier commentaire de Virgile sur la distinction entre l’âge antique et l’âge moderne.
“Et Kevin, vous croyez que les citoyens sont acquis aux lumières de la raison ?”
=> Je conçois bien que mon propos puisse paraître naïf et idéaliste de prime abord, mais je prends le corps des citoyens comme un tout. Il me paraît évident qu’aujourd’hui, la grande majorité des Français ont appris à appréhender la sphère politique en ne faisant jouer que leur seule raison, et en laissant de côté les vérités révélées. C’est là-dessus que porte mon propos. Après, j’admets sans aucun problème que l’Education nationale est à réformer en profondeur, tout comme les médias de masse, mais force est de constater que la raison des Français a été dressée ; reste à s’occuper de l’information pour qu’ils soient pleinement éclairés.
Néanmoins, ce que vous ne prenez absolument pas en compte, c’est qu’il était inconcevable, dans l’Antiquité, de ne croire en aucun dieu
Pas vraiment. L’athéisme au sens moderne existait dans l’antiquité. En revanche, cet athéisme ne s’exprimait pas violemment et était totalement compatible avec la pratique religieuse, car le paganisme est une vraie religion pour les croyants mais aussi une religion civique pour les non-croyants. C’est ainsi que le marquis de Sade en 1795 dans “Français, encore un effort pour être républicains”, ouvertement athée, prône le retour au paganisme. “Rendez-nous nos Jupiter, nos Minerve…”, dit-il d’ailleurs.
et qu’à moins de forcer aujourd’hui des millions de gens à croire à nouveau (?), je ne vois pas bien comment vous pouvez vous affranchir du fossé que l’on ne peut résorber, de ce point de vue, entre EUX et NOUS.
Relire mon propos juste au-dessus à ce propos. Il ne s’agit pas de “croire” mais d’honorer un rituel traditionnel et identitaire européen. Après, la croyance vient naturellement à la suite de l’acte, et donc il y aura sans doute dans l’Europe du futur beaucoup de gens qui ne croieront pas plus aux anciens dieux qu’au Dieu chrétien, et qui iront au temple en incroyants comme tant d’autres vont à l’église dans le même état d’esprit.
Là est le paradoxe d’apparence. La laïcité ne vient pas du christianisme, mais du paganisme, qui a survécu jusqu’à aujourd’hui par l’héritage grec, romain, nordique.
mais également le FONDEMENT du principe de laïcité, inconnu de l’Antiquité
Non le fondement de la laïcité mais d’une prétendue laïcité monothéisante, qui n’est pas d’ailleurs celle de 1905. C’est pourquoi j’ai bien pris en référence un des députés socialistes ayant mis au point cette loi et qui se revendiquait explicitement du paganisme et certainement pas du christianisme.
Laïcité vient de laïkos, “populaire” et de “laos”, le peuple, en grec ancien. La laïcité est donc la “religion populaire” c’est à dire en l’occurence la tradition européenne. Or selon cette tradition, la femme n’est pas voilée, la nudité du corps n’est pas tabouisé, l’égalité entre hommes et femmes, qui existait déjà de fait à Rome, est un principe. Qu’on ne doit pas au christianisme (qui infériorise tout autant la femme que l’islam, même si le voile en moins [et encore]) mais aux valeurs ancestrales des Européens.
Ce qui a été, sera. Loi classique de l’histoire. “Ils reviendront ces dieux que tu pleures toujours.” (Gérard de Nerval)
Concevez, cher Virgile, que si nous sommes très éloignés aujourd’hui des anciens, demain nous serons plus prêts de leurs conceptions que jamais, une fois l’effondrement du système en place, de ses prétendues “valeurs” vide de sens, et de la renaissance de l’Europe sur la ruine de l’Occident. Ruine morale, pas nécessairement économique, ruine civilisationnelle. Pour que l’Europe survive au XXIème siècle, elle devra reparler la langue de Mars autant que celle de Minerve.
Donc, Virgile, la religion va renaître, comme l’avait prophétisé le philosophe byzantin Gémiste Pléthon au XVème siècle, mais elle passera pas un ritualisme païen pratiqué par des athées.
@ Kevin
A l’époque, ce propos pouvait avoir du sens car l’enseignement de masse n’était pas encore assez développé. J’estime qu’il l’est suffisamment aujourd’hui pour ne plus avoir à mener de guerre aux églises et les soumettre.
Pas l’enseignement de masse, le bourrage de crâne de masse d’un EN déstructurante et appauvrissante, promotrice d’une diversité suicidaire, gauchiste et ce que l’on veut… Bien sûr, il faut soumettre les églises à la loi d’airain de l’histoire, mais il est sûr que le christianisme n’est plus l’ennemi prioritaire. Il mourra lorsque l’Europe renaîtra, payant ainsi sa trahison actuelle alors que les prêtres nous vomissent et ouvrent les bras aux nouveaux barbares. Car les européens n’oublieront pas qu’en période de crise, l’Eglise n’a pas répondu présente.
Les églises ont-elle réellement une influence suffisamment grande aujourd’hui en France pour qu’on se donne la peine de prêter attention à leurs prises de positions politiques ?
Elles n’ont qu’à se taire, alors. Or, Civitas par exemple en Italie fait des dégats en soutenant l’immigration clandestine. Idem en Espagne ou au Portugal. Les églises sont en première ligne dans l’accueil aux migrants et le soutien à la natalité africaine ou à l’islam. Pas étonnant que Civitas France ait reçu le soutien des islamistes d’Alizza…
Oui, il faut que les églises se taisent et cessent cette propagande incidieuse d’ “ouverture à l’autre”.
Je ne le crois pas, elles me semblent toutes en perdition…
Cela ne les rend pas moins nocives. Au contraire. Ne pas les retenir mais les pousser, comme disait Nietzsche.
Après, cher Kevin, je n’ai pas parlé de religion révélée que je sache.
Il y a d’autres religions que révélées qui ne posent aucun problème. Si vous affirmez que pour beaucoup de français, les religions révélées sont ridicules, je suis d’accord avec vous. Mais nous avons besoin de religion quand même. Et la religion des anciens, qui a permis leur épanouissement civilisationnel, car douce et non pesante, était un encouragement à la raison et à la science. N’oubliez pas que Minerve est la déesse de la sagesse, et que les dieux aiment que les hommes pensent par eux-mêmes. C’est cela aussi le génie de l’Europe ! Nos dieux sont à l’image de nos valeurs. Des dieux libérateurs, des hommes priant debout. L’athéisme ne propose aucune réponse au pourquoi nous sommes là, à ce que nous deviendrons, au sens de la vie, au destin, et aux lois de l’univers. La science est indispensable, elle est d’ailleurs compatible avec la religion de type polythéiste, qui est aussi un socle identitaire fort.
Dominique Venner l’a dit, le drame de l’Europe c’est de ne pas avoir de religion identitaire. Mais je dirais “de ne plus en avoir”.
Amicalement.
La laïcité n’a de sens que si deux conditions impératives sont réunies, ce que bien souvent ceux qui s’en réclament et prétendent la défendre oublient, ou bien ne s’abstiennent de dire, qu’il s’agisse de Pierre Cassen ou Marine Le Pen.
- Elle ne peut concerner qu’un Peuple doté d’un destin commun. Donc déjà incompatible avec toute forme de communautarisme.
- En effet comme l’a expliqué Thomas, elle doit être imposée par le Politique, comme l’a fait Kemal en Turquie. En d’autres termes le religieux doit se soumettre complètement au politique. Le Politique doit défendre et imposer aux Européens en Europe les règles de vie de la Civilisation Européenne, la religion du plus grand nombre des européens.
Et si des principes religieux quels qu’ils soient sont contradictoires à ces règles de vie et ces valeurs (polygamie, voile et abatage rituel de l’islam, crâne rasé des bouddhistes, port d’armes blanches dans les lieux publics et 24h sur 24 chez les Sikhs, etc, etc…) alors ils doivent être interdits.
Concrètement par exemple les allogènes musulmans en Europe devraient manger du porc ou bien crever de faim,et le Pape et les évèques devraient la fermer une bonne fois pour toutes, sur la question des flux migratoires en Europe (idem les associations cathos ou évangéliques).
Interview très intéressant. Je ne sais pas pour qui prendre position, car les arguments sont pertinents de part et d’autres:
- Arguments pertinents du représentant de l’UOIF: la liberté d’expression autorise-t-elle le droit à l’insulte? Les deux sont juridiquement distingués pour les personnes physiques (par exemple, je peux porter plainte si on me traite d’ “enc$lé” pour injures publiques), pourquoi ne pas appliquer cela à la sacralité religieuse? Est-ce que c’est vraiment une démarche liberticide ou est-ce une conformité au respect de l’ordre publique? Ce Monsieur a bien dit que les critiques sur les religions ne le dérangeaient pas mais l’insulte le dérangeait, ce qui est compréhensible pour un homme qui croit et qui se dit croyant (le contraire aurait été étonnant);
- Arguments pertinents de l’interviewer: outre une défense assez classique de la liberté d’expression, il a bien raison de mentionner que personne ne doit pouvoir dire si les musulmans sont vexés ou pas par cette caricature. Qui peut le savoir? Et même si une majorité des musulmans étaient vexés, une minorité ne l’est surement pas et il n’y a aucune raison de ne pas accorder du crédit à cette minorité (car l’un des fondements de la démocratie est qu’une minorité ne doit pas se faire écraser par la majorité). Au passage, je pense que cette demande de manif des musulmans de soutien à Charlie Hebdo est peu réaliste car les gens ont une tendance naturelle à ne pas soutenir ce qui les offense mais à défendre le droit de ceux qui offensent de le faire: sur ce point, l’administrateur de l’UOIF fait objectivement preuve d’une tolérance bien voltairienne et dire le contraire serait manquer d’honnêteté intellectuelle…
Pour finir, je tenais à féliciter cet administrateur pour avoir mentionné avec un courage pour le coup authentiquement voltairien le fait que l’on ne puisse pas caricaturer la Shoah sans risquer l’opprobre publique par le biais des pressions plus ou moins directes ou une ribambelle de procès d’associations qui prétendent défendre la mémoire de la Shoah. Sur ce point, l’interviewer n’a pas assuré: il est évident que la Shoah jouit d’une sacralité dans la sphère officielle et “politiquement correcte” de notre pays et le droit de blasphémer, c’est d’attaquer ou caricaturer tous les sacrés, religieux ou pas, donc il n’y a aucune raison d’exclure la caricature de certaines épisodes de l’Histoire. Car railler le catholicisme et l’Islam est politiquement correct en France, pas railler d’autres sujets bien protégés par des associations qui n’hésitent pas à faire des procès…
Nighas, je ne sais pas où vous avez vu que dénoncer l’islam vous épargnait les insultes, quolibets, horions voire procès, mais c’est faux.
C’est un mensonge professé en boucle par en général certaines officines islamophiles, voire islamotropes (Soral), quand elles ne sont pas carrément islamolâtres (Marc George). La justice n’hésite pas à condamner pour islamophobie.
Trois exemples : la pauvre Fanny Truchelut, condamnée à de la prison avec sursis et une forte amende pour avoir demandé à une femme voilée de bien vouloir ne pas être voilée dans les espaces publics de son gite pour sa clientèle ; un certain M. CREVELLE d’un certain « Sud journal » condamnés à de la prison FERME pour récidive pour ses écrits jugés islamophobes dans son journal ; à Nice Philippe Vardon et ses « complices » condamnés au total à 40 000 euros d’amende, et 4 mois de prison avec sursis pour un tract ” Ni voilées, ni violées” (si quelqu’un a compris le sens de cette décision je suis preneur de l’explication).
Sans oublier Oriana Fallaci et Guillaume Faye en leur temps, très lourdement condamnés pour avoir écrits des bouquins dérangeant la bienséance islamophile de certains…
Les politiques classiques sont également loin de persécuter l’islam, mais au contraire leur déroule le tapis rouge ; d’Elisabeth Guigou inaugurant la mosquée de Bondy en voile, aux multiples maires fiers de venir poser la première pierre. Sans parler des mouvements de type MRAP, ou JMF (ou A chaque congrès annuel, le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault envoit ses représentants, adjoints à la mairie, des ex-trotskistes pour la plupart, prendre la parole…
Sans parler de Bertrand Delanoe à Paris, qui a carrément sponsorisé la nuit du Ramadan… Ni même du parlement Européen actuel qui met à l’honneur “le monde arabe” du 3 au 7 novembre, dans le cadre de “l’année européenne du dialogue interculturel”…
Sans parler même du pourtant très républicain Code des Impots qui a introduit les règles de la finance coranique.
Bruno, je vous remercie d’avoir voulu me répondre mais j’ai l’impression que vous ne m’aviez pas du tout compris! Mais alors pas du tout! C’est au mieux une lecture précipitée, au pire une réaction parano face à toute opinion nuancée relativisant le caractère supposé menaçant de l’Islam. Je suis personnellement assez mesuré.
Je suis seulement interroger sur le fait que limiter par des leviers légaux le droit d’invectiver de manière ordurière une religion (catholicisme, Islam, judaïsme…) ne signifie pas limiter la critique d’une religion, à l’instar de ce qui se passe pour les personnes physiques dans notre société avec l’injure publique. Vous pouviez par exemple dire que vous n’êtes pas d’accord avec Mr X mais vous n’aviez pas le droit de le traiter d’ “enc*lé” car on tombe dans l’injure publique et ça peut se finir au tribunal (et c’est tant mieux pour le respect de l’ordre public et de la paix sociale). Une telle posture ne me paraît pas une limite de la liberté d’expression, si on comprend cette dernière avec une certaine intelligence et que l’on saisit l’impératif du respect de l’ordre public dans un pays civilisé. C’est en ce sens-là que l’opinion de l’administrateur interviewé ne me paraissait pas scandaleuse et despotique. Car je n’ai pas envie de vivre dans un pays dans lequel on puisse dire publiquement “les Noirs sont des sauvages”, “les Juifs poussent les peuples les uns contre les autres”, “les Musulmans n’ont de pitié pour personne” ou “les Blancs sont arrogants”. Heureusement que des lois nous protègent de ce genre de dérapages (loi contre l’incitation à la haine raciale, loi contre l’injure publique) qui pourraient nous conduire vers des tensions extrêmement graves. C’est précisément la répression contre ces dérapages qui nous différencient des islamistes dont vous nous parlez tant et qui eux peuvent tenir des discours de cette veine…
Bref, je condamne toutes les appels à la haine contre les “infidèles”, les “mécréants” mais aussi contre les “basanés”. A ce titre, vous qui semblez contre les appels à la haine (notamment de certains extrémistes musulmans), je ne comprends pas votre soutien moral à Philippe Vardon, qui est un militant actif de l’extrême-droite niçoise. Je ne dis pas que sa condamnation était justifiée mais je ne prendrais pas une posture favorable à l’extrême-droite, qui a un discours très comparable aux islamistes (haine de tout ce qui ne sont pas de leur race vs haine de tout ce qui ne sont pas de leur religion => pour moi, c’est pareil, et il est moralement irresponsable de soutenir chez soi ce que l’on reproche à l’autre).
Pour vos remarques sur des actions publiques en faveur de Musulmans de France, je comprends votre agacement mais ce problème de la bureaucratie et de la démagogie étatique face à des groupes ethniquement, sociologiquement ou confessionnellement identifiés n’existent pas que pour les personnes proches de l’Islam: dîner du CRIF pour les Israélites, commémoration de l’esclavage pour les Antillais, présence de nos ministres au Salon de l’Agriculture pour les ruraux, sponsoring de l’entretien d’églises pour les catholiques… Bref, les actions étatiques en faveur de groupes bien identifiés ne favorisent guère la cohésion sociale, mais c’est un ensemble beaucoup plus vaste qui ne se limite pas qu’aux Français d’obédience musulmane…
@ Nighas
Quand on commence à vouloir restreindre la liberté d’opinion et d’expression, sous quelque prétexte moral que ce soit, on attente fondamentalement la démocratie. Vous n’avez pas envie de vivre dans un pays où certains propos d’une certaine teneur sont tenus ? Mais peut-être que d’autres ont envie de les entendre ou simplement que beaucoup sont simplement indifférents. Voilà pourquoi il ne faut pas de lois restreignant la liberté d’expression publique, à la seule exception de la diffamation nominale contre une personne spécifique.
Par ailleurs, la démocratie ne peut exister que dans une société homogène. Si vous déplorez qu’une démocratie soit moins forte qu’avant, c’est parce qu’il y a eu atteinte à ce principe d’homogénéité. La démophobie accompagne naturellement la multiculturalisation des sociétés européennes, multiculturalisation quasi forcée qui s’apparente au viol d’un peuple (ici européen).
Vardon n’est pas spécialement un homme d’extrême-droite, c’est un identitaire, donc probablement quelqu’un qu’on aurait pu au XIXème siècle placer à la gauche la plus radicale. Il défend son identité niçois, française et européenne. Maintenant, quant à la teneur de ses propos ou de son action, je n’ai pas à en juger. Quand on défend avec passion sa terre, on est naturellement porté à certains excès verbaux.
Par ailleurs, personnellement, je défends en toutes circonstances les indigènes. Ca veut dire que je défends l’africain en Afrique contre le néo-colon occidental, mais que je défends aussi l’européen en Europe, et étant européen, c’est quelque chose de parfaitement naturel !
@ Nighas :
“…Car je n’ai pas envie de vivre dans un pays dans lequel on puisse dire publiquement “les Noirs sont des sauvages”, “les Juifs poussent les peuples les uns contre les autres”, “les Musulmans n’ont de pitié pour personne” ou “les Blancs sont arrogants”. Heureusement que des lois nous protègent de ce genre de dérapages (loi contre l’incitation à la haine raciale, loi contre l’injure publique) qui pourraient nous conduire vers des tensions extrêmement graves.”
=> Fort bien. Moi, je préfère vivre dans un pays où CHACUN dit ce qu’il pense RÉELLEMENT. Or, dénieriez-vous le fait que certains individus sont RÉELLEMENT convaincus que “les Noirs sont des sauvages” ? Il y en a même, j’en suis sûr, qui sont RÉELLEMENT convaincus que l’homosexualité est contagieuse, ça vous fera peut-être sourire, mais c’est certain. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne s’agit pas forcément là de provocations verbales. Vous est moi, qui sommes la crème de l’espèce, celle qui connaît si bien la distinction entre ce qu’il FAUT dire et ce qu’il convient de TAIRE sommes outrés par de tels propos, et, enferrés dans notre certitude que chacun est apte à aimer son prochain et que tout le monde est voué à tout comprendre de la même manière, nous aimerions nous convaincre qu’il ne s’agit là que de propos volontairement extravagants, émis pour choquer gratuitement… mais il n’en est pas toujours ainsi, et loin, très loin de là !
Ainsi, certains de nos concitoyens sont-ils INTIMEMENT CONVAINCUS de telles choses. De quel droit leur refuseriez-vous le droit de dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas en vous érigeant professeur de morale ? Sous l’empire des Droits de l’Homme, il y a également un droit à la bêtise que, personnellement, j’accorde les yeux fermés. Pourquoi ? Parce que, personnellement encore une fois, je ne crains pas d’être “infecté”, je veux dire conquis par de tels propos. En d’autres termes, je fais le pari du bon sens. Quant à vous, vous semblez plutôt vous en méfier.
Bien à vous.
@Thomas Ferrier,
“Quand on commence à vouloir restreindre la liberté d’opinion et d’expression, sous quelque prétexte moral que ce soit, on attente fondamentalement la démocratie.”
Il n’y a pas de relation stricte entre les deux. La démocratie, c’est un régime grâce auquel le pouvoir politique émane du peuple. Déjà, il faut vraiment séparer la liberté d’opinion et la liberté d’expression. Autant il est impossible de restreindre cette dernière (car personne ne peut pénétrer dans la pensée d’un autre) mais on peut restreindre la liberté d’expression par le fait de condamner le fait d’exprimer certains propos (qui d’ailleurs ne coïncident pas toujours avec son opinion). Les 3 notions sont très liées mais leurs liens ne sont pas stricts. Moi je ne suis pas nécessairement contre le fait de limiter la liberté d’expression lorsqu’il s’agit d’une injure ou d’une moquerie vexante (atteinte à l’honneur) au nom du respect de l’ordre public (incitation à la haine) et de la dignité humaine (qui j’en conviens est très subjective mais les hommes doivent pouvoir établir un consensus mou là-dessus). La vraie question, c’est le périmètre d’identification de cette injure que je cherche à pénaliser: comment séparer la critique d’une religion avec l’injure du sacré, une injure qui souvent n’exprime aucune opinion rationnelle? Dans la tradition grecque, la démocratie s’exerce à travers un débat rationnel et non des anathèmes.
“Voilà pourquoi il ne faut pas de lois restreignant la liberté d’expression publique, à la seule exception de la diffamation nominale contre une personne spécifique.”
Chacun met les exceptions là où il le veut. Moi j’ai mes critères, vous les vôtres. On est dans les jugements de valeur.
“Par ailleurs, la démocratie ne peut exister que dans une société homogène.”
Très discutable (euphémisme).
1) qu’appelez-vous “homogènes”? Sur quel critère?
2) le Brésil, les USA (pays à forte diversité ethnique) et l’Inde (pays à très forte diversité confessionnelle) sont incontestablement des démocraties malgré une faiblesse de l’homogénéité ethnique ou religieuse.
Tout bêtement, pourquoi un Noir dans un pays à majorité blanche ne peut-il pas voter ou être un citoyen consciencieux?
“La démophobie accompagne naturellement la multiculturalisation des sociétés européennes, multiculturalisation quasi forcée qui s’apparente au viol d’un peuple (ici européen).”
C’est une affirmation gratuite, désolé de vous le dire. Pourquoi la cohabitation entre des gens de culture diverse entraînent la haine de la démocratie? Qui vous dit que la multiculturalisation est forcée? Lorsque l’activité proche de l’extrême-droite Bruno Gollnich se “métisse” avec une Japonaise, est-ce que cet homme (ou la France en générale) est violé? Je m’arrêterai là car cette remarque est totalement HS par rapport au débat sur les limites de la liberté d’expression.
@Virgile:
“Sous l’empire des Droits de l’Homme, il y a également un droit à la bêtise que, personnellement, j’accorde les yeux fermés. Pourquoi ? Parce que, personnellement encore une fois, je ne crains pas d’être “infecté”, je veux dire conquis par de tels propos. En d’autres termes, je fais le pari du bon sens.”
Moi je ne fais pas trop le pari du bon sens lorsqu’il y a des provocations qui touchent le cœur des gens, surtout lorsque c’est gratuit et blessant. Voir un match PSG-OM me suffit pour me convaincre de la méchanceté et de sa facilité. Je pense que si chacun aurait la liberté de dire ce qu’il pense de tel ou tel groupe, la haine monterait et ça risquerai de mal se finir pour la cohésion sociale. Ce qui évidemment ne signifie pas que je souhaite interdire la liberté d’expression: je parle de la liberté d’insulter. Mais je ne suis pour aucune restriction dans le domaine du débat rationnel, y compris et surtout pour le sacré (débat sans restriction sur toutes les religions, sur tous les épisodes de l’Histoire…).
La démocratie, c’est un régime grâce auquel le pouvoir politique émane du peuple. Déjà, il faut vraiment séparer la liberté d’opinion et la liberté d’expression.
Alors, disons que vos lois liberticides doivent alors être validées par un référendum… Etrangement, je pense que la majorité des français est opposée à toute restriction en la matière.
on peut restreindre la liberté d’expression par le fait de condamner le fait d’exprimer certains propos
Oui mais au nom de quoi ? Qui a la légitimité pur savoir ce qui est acceptable ou pas ? Et c’est là que le problème réside. En fait, personne n’est à même de définir un bien en la matière.
séparer la critique d’une religion avec l’injure du sacré
En considérant que l’injure au sacré n’est pas punie par les hommes mais par les dieux, et qu’il n’y a donc pas à légiférer.
1) qu’appelez-vous “homogènes”? Sur quel critère?
homoios genos
“Même lignée”. L’idée d’une appartenance commune, réelle ou mythifiée, d’une parenté entre citoyens, d’une culture commune et partagée. La démocratie, et c’est ainsi qu’elle était pensée à Athènes, c’est un demos qui s’intègre dans un ethnos (“une nation”). Les démocraties reposent sur l’homogénéité, sociale et ethnique, alors que les empires, les thalassocraties ou les oligarchies en revanche reposent sur une hétérogénéité assez large.
Voir l’opposition entre la démocratie athénienne (reposant sur le droit du sang) et l’empire romain (reposant sur le droit du sol). Donc homogénéité du corps des citoyens vs hétérogénéité du corps des sujets.
2) le Brésil, les USA (pays à forte diversité ethnique) et l’Inde (pays à très forte diversité confessionnelle) sont incontestablement des démocraties malgré une faiblesse de l’homogénéité ethnique ou religieuse.
Les USA ont pendant longtemps été une démocratie ségrégationniste, de même que le Brésil est sans doute le pays où il y a le plus de racisme et le qualifier de “démocratie” me paraît assez comique, sincèrement. L’Inde, c’est un peu différent, c’est une démocratie à sa manière, avec une certaine forme d’homogénéité (de religion, de culture et partiellement de langue). Maintenant, l’Inde c’est une démocratie en gestation, qui est confrontée à beaucoup de séparatismes.
Tout bêtement, pourquoi un Noir dans un pays à majorité blanche ne peut-il pas voter ou être un citoyen consciencieux?
Pourquoi les pays européens devraient-ils s’ouvrir et se multiculturaliser ? Les citoyens ont-ils été consultés à ce sujet ?
Pourquoi la cohabitation entre des gens de culture diverse entraînent la haine de la démocratie?
Parce qu’il n’y a pas de culture commune, de destin commun, pas de “demos”, et donc pas de démocratie. C’est dans sa définition même. Cette cohabitation définit un empire, non une république !
Qui vous dit que la multiculturalisation est forcée?
Elle est rendue possible (1) [par les flux migratoires] et incitée médiatiquement (2) [par l'idéologie mondialiste, la propagande systémique via les media mainstream, et les lois dites "anti-racistes", c'est à dire "racistes europhobes", à caractère totalitaire destinées à punir ceux qui contesteraient cette idéologie]. Quand on met en situation des populations différentes et qu’on les force à vivre ensemble, la multiculturalisation est nécessairement forcée. La preuve ? Jamais les citoyens n’ont été consultés à ce sujet.
Et je raisonne au niveau collectif et pas au niveau individuel. La multiculturalisation de l’Europe est un phénomène strictement contemporain qui dépasse la question du supposé choix individuel de chacun.
@ Nighas :
Si vous reconnaissez que l’homme n’est pas un être de raison, mais avant tout un être passionnel, c’est déjà une bonne chose… mais est-ce bien le fond de votre pensée ?
Pour reprendre votre exemple, si un supporter du PSG vous traite de “fils de pute”, vous êtes en droit de répliquer. Pourquoi ? Parce qu’il vous insulte ad hominem. Il ne s’agit pas là d’une “pensée” de sa part, du fruit de son intellection… (Si d’ailleurs il en avait une, il ne serait pas supporter !
)
Je ne mets pas cela sur le même plan qu’une personne qui viendrait vous dire : “Je suis intimement convaincu que les Noirs sont plus stupides que les Blancs”. Là, il n’y a pas d’insulte à proprement parler, simplement un point de vue très discutable qu’il convient, pour cette raison même, de DISCUTER et d’INFIRMER.
À partir du moment où certains sont convaincus de ce qu’ils pensent – et ce QUELLES QUE PUISSENT ÊTRE ces pensées – (et encore une fois je ne me place pas dans le cas d’une poignée de footeux débiles et avinés), il est impératif de leur donner droit de cité, et, CONJOINTEMENT, de leur porter la contradiction.
Si vous pensez le contraire, j’aimerais beaucoup que vous m’expliquiez de quoi vous avez peur ? D’être personnellement convaincu par les arguments du raciste ?
Nighas : “Pour finir, je tenais à féliciter cet administrateur pour avoir mentionné avec un courage pour le coup authentiquement voltairien le fait que l’on ne puisse pas caricaturer la Shoah sans risquer l’opprobre publique ”
Je suis curieux de savoir car j’ai vraiment du mal à me représenter la chose : concrètement, c’est quoi une “caricature” du génocide des Juifs d’Europe ? En général, on fait la caricature de quelque chose qui prête à rire ou à sourire. Je suis peut-être trop sérieux, mais je n’arrive pas à voir ce qu’il y a de drôle dans l’extermination des Juifs d’Europe par les Nazis et leurs alliés. Peut-être pourriez-vous m’éclairer ?
@Guillaume : Vous n’avez jamais fait ni ri à de l’humour noir ?
@ Kevin
Si, mais je n’en connais pas associé aux camps d’extermination, du coup j’ai du mal à me représenter ce que cela peut donner… Si c’est les débilités de Dieudonné du genre Shoahnanas ou faire venir quelqu’un déguisé en déporté pour remettre un prix à Faurisson, je ne trouve pas cela très réussi. Mais si vous pouvez me conseiller un lien intéressant ou un auteur talentueux, j’irai volontiers voir
@Guillaume :
A partir du moment où vous acceptez l’humour noir, vous acceptez celui sur la Shoah, car je ne vois pas au nom de quoi on pourrait rire de toutes les atrocités possibles et imaginables, sauf de celle-ci. Après, des blagues de ce genre, j’en ai pour ma part entendu dès le collège, ce qui me laisse penser qu’elles sont très répandues. C’est comme pour tout, à chacun d’apprécier.
@ Kevin
Mais je n’ai pas dit que je n’acceptais pas l’humour noir sur la Shoah. Au contraire, j’ai dit que j’étais curieux de le découvrir, à condition qu’il soit drôle et qu’il ne soit pas pas empreint de sous-entendus négationnistes.
De manière générale, rire du malheur des autres n’est pas particulièrement sympathique, surtout quand il s’agit de choses aussi horribles.
@ Kévin et Guillaume :
Personnellement, j’ai assisté un jour à la tenue de propos racistes dont l’à-propos, justement, m’a fait rire. Eh oui, mea culpa !
Un type se déplace dans la cour du collège, vers sa petite amie qui vient de quitter une copine arabe avec laquelle elle discutait. Je répète que c’est du vécu, pas une blague.
Le type : C’était quoi, ça ?
Elle : ÇA, comme tu dis, c’est Samira.
Le type : Ouais, ben moi ça m’ira pas.
Osez dire que vous n’avez pas souri…
@ Virgile
Oui, la scène n’est pas très à l’honneur d’un des personnages mais le jeu de mots reste valable.
J’avais mis un commentaire hier en réponse à ceux plus haut mais il n’a pas été publié. Censure?
@Nighas
quand il y a un lien dans un commentaire, il passe automatiquement en indésirable
@Jean
Je n’avais pas mis de lien. Est-il possible de réactiver ma réponse d’il y a 2 jours? Bizarre cette censure…
J’ai essayé de reconstituer tant bien que mal la réponse (très argumentée) que j’avais apportée à mes détracteurs peu avant qu’il soit effacé et toujours pas réintégré par les modérateurs…
@Thomas Ferrier :
Mon intervention visait à dire qu’il est possible de restreindre la liberté d’expression au nom de l’ordre social et du savoir-vivre sans pour autant disqualifier une liberté d’opinion sur les sujets de débats qui concerneraient la vie politique et civique. Personnellement, je ne pense pas que ces restrictions soient nécessairement liberticides dans leurs effets. J’ai envie de vivre dans un pays civilisé où les injures et les propos orduriers ne polluent pas l’espace public. Pour moi, la pénalisation du droit à l’injure, c’est comme l’interdiction de se balader nu dans la rue ou de copuler sur la place publique : c’est une restriction qui se fait au nom d’un savoir-vivre en société et ces limites ne relèvent pas forcément d’une démarche liberticide. Encore une fois, je me mets sur le plan de l’injure public et je pense qu’il n’est pas nécessairement scandaleux de dire que l’injure contre le sacré (ex : pisser sur la devanture d’une église, cracher sur une tombe, dire que Jésus est un fils de p#*&) doit être interdit au nom de l’harmonie sociale et de la paix civile, ce qui ne signifie aucunement restreindre la possibilité de débattre sur tous les sujets (critique de toutes les religions, de tous les épisodes de l’Histoire sans tabou). Je n’ai pour l’instant pas trouvé d’argument qui me convint du contraire et ceux qui refusent cette séparation font preuve à mon avis soit de naïveté (i.e. sous-estimer les conséquences possibles d’un climat social où les injures sont omniprésentes), soit d’irresponsabilité (ne pas tenir compte des conséquences sur le climat social au nom d’une liberté sans limite).
« Quand on met en situation des populations différentes et qu’on les force à vivre ensemble, la multiculturalisation est nécessairement forcée. »
Pour moi, il n’y a pas de rationalité dans vos propos pour dire que des gens issus de cultures très différentes ne peuvent être des acteurs d’une démocratie européenne : il n’y a que des affirmations assénées comme des certitudes, comme des dogmes. Personnellement, je connais beaucoup de Français de cultures diverses (musulman, juif, bouddhiste, antillais, africain, maghrébin, indien…) qui sont des citoyens comme les autres : ils votent, ils paient des impôts, lisent des journaux et s’intéressent comme ils le veulent à la situation politique française. En quoi ces personnes-là ne peuvent-elles pas s’insérer dans la démocratie française ? Harry Roselmack est-il une menace contre la démocratie française ? Et Rachida Dati ? La conséquence logique de votre raisonnement (inadapté à la réalité) est que les personnes que je viens de vous citer ne peuvent pas être des Français démocrates. Parallèlement à cela, je connais des Français du « terroir » qui se désintéresse totalement de la démocratie ; certains mêmes sont contre la démocratie (cf une certaine extrême droite catholique pro monarchiste).
« La multiculturalisation de l’Europe est un phénomène strictement contemporain qui dépasse la question du supposé choix individuel de chacun. »
Pensez-vous que ces Français qui épousent des femmes de culture différente (africaine, asiatique…) et qui ont des enfants avec (forcément métis) sont « forcés » ou « violés » dans leur choix ? A ce moment-là, vous qui vous prétendez contre les lois liberticides, êtes-vous pour le fait de contraindre ces gens-là à ne pas faire des choix matrimoniaux et familiaux impliquant le multiculturalisme au nom du fait que la multiculturalisation empêche la démocratie et constitue un « totalitarisme europhobe » ?
Je vais m’arrêter-là car visiblement cette association entre multiculturalisme et esprit anti-démocratique constitue pour vous une obsession ou une lubie.
@Virgile :
« À partir du moment où certains sont convaincus de ce qu’ils pensent – et ce QUELLES QUE PUISSENT ÊTRE ces pensées – (et encore une fois je ne me place pas dans le cas d’une poignée de footeux débiles et avinés), il est impératif de leur donner droit de cité, et, CONJOINTEMENT, de leur porter la contradiction.
Si vous pensez le contraire, j’aimerais beaucoup que vous m’expliquiez de quoi vous avez peur ? »
Tout simplement la violence, une violence qui se généraliserait et qui créerait un climat agressif dans notre société. Je ne suis pas naïf : si l’on autorisait chacun à dire des propos relevant de l’insulte, alors les violences se déchaîneraient. Combien de fois ai-je été témoin de bagarres qui se déclenchaient juste à cause d’un mot de travers ou de propos haineux… Je ne suis pas un violent (loin de là) mais si un individu me traite dans la rue d’ « enc*lé », je lui mettrai une paire de gifle (comme tout le monde finalement). Que se passerait-il si ces dérives étaient généralisées à l’échelle de la société entière, grâce à une dépénalisation de l’injure et de propos haineux ? Je pense que les propos orduriers visant une appartenance d’un individu (race, religion, origine familiale, orientation sexuelle…) engendrent un climat de haine et se finira très probablement par des actes violents : si vous n’êtes pas convaincu par ma démonstration, essayez de placer la phase « je pense que les Noirs sont des sauvages » autour d’une table où il y aurait des personnes de couleur, et vous verrez comment cela peut se finir…
Car je pense que certains propos d’incitations à la haine et des injures favorisent un désordre social et surtout ne font pas avancer la démocratie et la liberté (d’où cette notion très importante du respect de l’ordre public et du civisme). Que pensez-vous de droit accordé à certains imams radicaux à Londres de proférer librement des propos peu propices à l’harmonie sociale vis-à-vis de certains groupes ? Êtes-vous contre l’expulsion d’il y a quelques années d’un imam algérien de la banlieue lyonnaise en raison de propos tenus dans un journal, vous qui êtes pour une totale liberté d’expression ? Moi je pense que certains propos de cette teneur ne peuvent être tolérés, car je suis contre les injures publiques et les propos d’incitation à la haine (cohérence intellectuelle et morale de ma part, vis-à-vis des positions que j’ai prises ci-dessous). Il en est de même pour certains propos auxquels l’extrême-droite est familière.
@Guillaume :
« En général, on fait la caricature de quelque chose qui prête à rire ou à sourire. Je suis peut-être trop sérieux, mais je n’arrive pas à voir ce qu’il y a de drôle dans l’extermination des Juifs d’Europe par les Nazis et leurs alliés. Peut-être pourriez-vous m’éclairer ? »
Ce que j’ai voulu souligner, c’est le fait que lorsqu’on est pour le droit de se moquer du sacré au nom de la liberté d’expression, on peut se moquer de toutes les formes de sacré, que ce soit la religion (catholicisme, islam, judaïsme…) mais aussi de tout autre fait social qui est entouré d’une valeur sacrée (Shoah, dans l’exemple pris plus haut). Mon sentiment est qu’il est plus facile dans notre société de se moquer des religions que de moquer de la Shoah, car cette derrière créé une levée de bouclier quasi instinctive (cf la réaction de l’interviewer lorsque l’administrateur interviewé prenait cet exemple). Je ne dis pas que caricaturer la Shoah est drôle ou pas drôle, je dis simplement que dans notre société, le sacré n’est plus nécessairement la religion mais aussi certaines épisodes comme la Shoah : le droit de blasphémer doit être le droit d’injurier ou de moquer TOUS les sacrés, sinon ce n’est plus un droit au blasphème. Car chaque citoyen a son « sacré » : le croyant catholique a le sien, le croyant musulman a le sien, le juif sensible à la 2ème Guerre Mondiale a le sien… Le droit de blasphémer, c’est le droit d’attaquer tous les cœurs…
Pour moi, il n’y a pas de rationalité dans vos propos pour dire que des gens issus de culture très différente ne peuvent être des acteurs d’une démocratie européenne
C’est dans la définition même de ce qu’est une nation, de ce qu’est un demos, de ce qu’est au final une démocratie européenne. N’oublions jamais que la démocratie athénienne repose sur le principe de l’autochtonie des citoyens et du droit du sang pour en maintenir la continuité et en perpétuer le souvenir. En clair, s’il n’y a pas homogénéité du corps des citoyens, il n’y a simplement pas de demos et donc pas de démocratie. C’est d’ailleurs pourquoi la multiracialisation de l’Europe s’est naturellement accompagnée d’une perte de pouvoir au niveau des citoyens et de la quasi-confiscation de ce dernier par des technocrates et des oligarches. Cette dérive avait déjà été particulièrement analysée par Aristote qui avait montré que les cités qui avaient ouvert leur citoyenneté aux étrangers avaient toutes connu des guerres civiles entre citoyens de souche et nouveaux “citoyens”. Dans certaines banlieues françaises, il n’est pas bon d’être un européen (sous entendu “de souche” car européen a un double sens).
Personnellement, je connais beaucoup de Français de cultures diverses (musulman, juif, bouddhiste, antillais, africain, maghrébin, indien…) qui sont des citoyens comme les autres : ils votent, ils paient des impôts, lisent des journaux et s’intéressent comme ils le veulent à la situation politique française.
Vous en restez à la surface des choses, Nighas, la preuve en est que quand vous parlez de “français de cultures diverses” (ce qui fait que vous niez l’existence d’une culture française pourtant séculaire), qui est une aporie. Vous confondez là identité et citoyenneté administrative.
En quoi ces personnes-là ne peuvent-elles pas s’insérer dans la démocratie française ? Harry Roselmack est-il une menace contre la démocratie française ? Et Rachida Dati ?
Parce que vous croyez encore qu’on est en démocratie ? C’est bien là le problème. Redonnons donc vraiment le pouvoir aux européens, et vous verrez qu’il y aura beaucoup de changement et pas dans le sens que vous croyez.
Parallèlement à cela, je connais des Français du « terroir » qui se désintéresse totalement de la démocratie ; certains mêmes sont contre la démocratie
On juge un arbre à ses fruits et les dérives de la pseudo-démocratie actuelle font beaucoup de tort à l’image même de la démocratie aux yeux des français “de terroir”. Mais il y a des actions politiques concrètes qui permettraient de croire à nouveau dans la démocratie, et notamment en mettant fin à ce processus de multiculturalisation et en, disons le franchement, l’inversant vigoureusement ! C’est ainsi qu’on sauvera la démocratie européenne et non en s’entêtant à vouloir à tout prix faire rentrer des carrés dans des cercles.
A ce moment-là, vous qui vous prétendez contre les lois liberticides, êtes-vous pour le fait de contraindre
J’ai parlé ici de la liberté d’expression et d’opinion. Sinon, le service militaire serait liberticide et tout ce que la collectivité exige de ses citoyens, ce qui serait ridicule… Moi je ne demande rien, je pose la question au plus grand nombre d’européens, à ceux qui ont envie que l’Europe demeure l’Europe et qui n’ont pas envie de devoir “faire avec” les choix individuels d’une époque de décadence morale et de paupérisation économique.
@Nighas
pardon mais vous ne savez pas de quoi vous parlez. Les caricatures sur la Shoah parues en Iran n’ont pas été publiées en France parce que le responsable de ce concours l’a refusé, alors que je lui avais proposé, sans toucher le moindre centime. J’ai déjà mis un lien plus haut vers mon article à ce sujet. Par ailleurs Finkielkraut lui-même avait déclaré que ces caricatures méritaient d’être publiées, même si elles le faisaient gerber, parce qu’il fallait que les gens sachent que “ça” existe.
@ Nighas :
Je trouvais légitime de foutre à la porte un imam qui, visiblement, se sentait mieux dans son pays d’origine. Il faut savoir rendre service à ces gens-là. Si si !
Mais malgré tout, je ne suis pas contre les prêches : je dis simplement qu’en les autorisant, il faut en parallèle renforcer la dureté des sanctions lorsque ceux-ci conduisent à des actes terroristes. Autrement dit, donner davantage de latitude, mais savoir recourir à des peines capitales en cas de débordement. Vous voulez avoir la liberté d’écouter des barbus délirer ? Soit. En cas de passage à l’acte, nous vous couperons la tête. Voilà des méthodes à la fois libérales ET responsables, valables pour TOUT LE MONDE.
De manière plus générale, je considère que tout ce qui est pensé intimement, pour peu que son auteur veuille le rendre public, EST bon à dire. Mais notre société cultive le paradoxe, elle est profondément infantile et incapable d’assumer ses contradictions, d’où son inaptitude au libéralisme.
D’un côté elle promeut l’égalité absolue entre les êtres, de l’autre elle s’étonne que chacun ne soit pas apte à comprendre certaines choses.
Je dis que l’égalité entre les êtres n’existe PAS (hors de la dignité et du besoin de justice), que pour “X” personnes susceptibles de comprendre certaines choses,”nX” ne le seront JA-MAIS. Pour un individu autrefois enclin à l’a priori à l’encontre de telle ou telle population (par exemple) et ravisé après mûre réflexion, plusieurs ne le seront pas car ils ne sont pas intellectuellement, moralement, empathiquement, humainement, sensiblement (ou autres) équipés pour.
Une société qui table sur une égalité qui n’existe pas dans les faits et qui s’en fait un idéal symbolique doit assumer ses choix et offrir la liberté d’expression à TOUS ses sociétaire, TOUS. Mais on ne peut pas avoir à la fois l’égalité parfaite ET la liberté absolue (ce que je démontre dans l’article suivant : http://www.enquete-debat.fr/archives/libertes-contre-egalite), ce qui inclut la liberté d’expression.
Mais notre société comporte aussi un autre dangereux défaut : celle d’accorder systématiquement du crédit à ce qui fait nombre, c’est-à-dire ce qui a tendance à obtenir une majorité. C’est d’ailleurs mathématique : si tous les êtres se valent en pensée, le seul moyen de faire triompher la sienne est de convaincre une majorité… même lorsque c’est pour convaincre que les Noirs sont inférieurs aux Blancs ! D’où le problème ! Une société relativiste comme la nôtre se retrouve prise au piège par une égalité fictive qu’elle promeut et qui se déchaîne dans des pensées délirantes qu’elle n’est plus en mesure de contrer publiquement, ayant déclaré hors-la-loi tout magistère, toute hiérarchie intellectuelle.
Si j’accepte d’entendre les délires des racistes, et de les voir parler sur la place publique, c’est que je suis un être attaché à me faire une opinion par moi-même et cultivant mon esprit critique chaque jour que Dieu fait. D’autre part, je mise sur le même bon sens chez nombre de mes concitoyens. Mais (et je vais vous paraître présompteux), je sais pertinemment que certains n’accorderont pas autant de temps à exercer leur boulot de citoyen, et que d’autres seront éternellement esclaves du conformisme, de ce que peut penser une majorité, par défaut d’intelligence propre. J’ai une vision inégalitaire de la société (au plan culturel), mais celle-ci tient sur ses pates. Ce n’est pas le cas de la nôtre, qui nous fera perdre, tôt ou tard, la démocratie même, par un culte aveugle rendu à l’égalité.
Le jour où la science pourra sonder les crânes pour en extirper toutes les mauvaises pensées, on aura fait un grand pas dans le progrès. J’espère sincèrement que je serai mort d’ici là.
L’égalité certes, mais bornée par la liberté.
Merci pour vos réponses. Voici mes impressions:
@Thomas Ferrier:
“En clair, s’il n’y a pas homogénéité du corps des citoyens, il n’y a simplement pas de demos et donc pas de démocratie.”
Encore une fois, il ne s’agit que d’une phraséologie: des concepts que la réalité remet en cause. ça dépend de votre conception de l’ “homogénéité” et on est dans le problème du “verre à moitié vide ou à moitié plein”: vous me parlez des jeunes des banlieues, je peux vous parler de Rachida Dati, de Rachid Arhab, d’Harry Roselmack… et de pleins d’autres Français de race non européenne et/ou de religion non chrétienne que je connais personnellement et qui sont des citoyens comme les autres. Ils se sentent français, au même titre que des Antillais engagés dans l’armée ou des harkis à une certaine époque. Ils se sentent profondément français et ils sont français dans le réel (i.e. ils vivent et beaucoup sont nés en France). Ce qui ne signifie pas non plus que n’importe qui peut devenir n’importe quoi…
“Vous en restez à la surface des choses, Nighas, la preuve en est que quand vous parlez de “français de cultures diverses” (ce qui fait que vous niez l’existence d’une culture française pourtant séculaire), qui est une aporie. Vous confondez là identité et citoyenneté administrative.”
Svp ne vous cachez pas derrière un nominalisme. Je ne nie rien, ce n’est qu’une expression pour désigner des Français que vous considérez comme extérieur au peuple français, à savoir des Français de race non européenne et de religion non chrétienne. En quoi je reste en surface? Je vous parle de Français qui vivent, qui consomme et qui construisent en France, pas d’une superficialité ou d’une vue de l’esprit.
“Parce que vous croyez encore qu’on est en démocratie ? C’est bien là le problème. Redonnons donc vraiment le pouvoir aux européens, et vous verrez qu’il y aura beaucoup de changement et pas dans le sens que vous croyez.”
Changement? Mon c*l! (désolé pour ce dérapage). En France, les élections sont libres et si tout le monde était contre le multiculturalisme à tout prix (logique selon vos postulats étant donné le supposé caractère mortifère du multiculturalisme), alors le FN aurait été au pouvoir depuis longtemps! Et ce n’est pas le cas! Je ne vous raconte pas le nombre de Français dit de souche européenne qui condamne l’anti-immigrationnisme radical, qui sont pour le multiculturalisme, ou même qui sont de gauche… Ils sont autant Français et Européens que vous! Donc je n’y crois pas, à vos histoires d’absence de démocratie et d’un peuple qui ne rêve que de sa blancheur (si j’ose dire). Je pense que la plupart des gens que vous fréquentez sont des gugus de l’extrême-droite et que vous extrapolez sur comment pensent la plupart des “Européens”.
“On juge un arbre à ses fruits et les dérives de la pseudo-démocratie actuelle font beaucoup de tort à l’image même de la démocratie aux yeux des français “de terroir”.”
Oui mais ça n’a rien à voir avec le multiculturalisme! L’argument que j’entends, c’est plutôt le carriérisme des hommes politiques et leur train de vie…
“Moi je ne demande rien, je pose la question au plus grand nombre d’européens, à ceux qui ont envie que l’Europe demeure l’Europe et qui n’ont pas envie de devoir “faire avec” les choix individuels d’une époque de décadence morale et de paupérisation économique.”
Voilà qui est dit. Il ne faut pas sous-estimer l’attachement des Français à leurs libertés individuelles, à commencer par la liberté matrimoniale et de mode de vie. Faites un débat sur cette “décadence morale” et vous aurez sans doute des choix qui vous surprendront.
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@Jean
Je sais de quoi je parle, Monsieur. Je dis juste que le sacré n’inclut pas que les religions mais aussi certains épisodes comme celui dont nous parlons.
“Par ailleurs Finkielkraut lui-même avait déclaré que ces caricatures méritaient d’être publiées, même si elles le faisaient gerber, parce qu’il fallait que les gens sachent que “ça” existe.”
Avouez que l’argument de Finkielkraut n’est pas génial pour un défenseur des libertés: au lieu de dire que ces caricatures auraient dû être publiées pour prouver que “ça existe”, j’aurai préféré qu’il parle plutôt de liberté d’expression et du droit de caricaturer. Ceci étant, je n’aurai pas été spécialement pour la publication de telles caricatures en vertu de la pénalisation des injures et incitations à la haine (en cohérence avec ce que j’ai dit plus haut).
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@ Virgile:
“Je trouvais légitime de foutre à la porte un imam qui, visiblement, se sentait mieux dans son pays d’origine. Il faut savoir rendre service à ces gens-là. Si si !”
C’est bien ce que je pensais: il n’y a pas de cohérence chez vous!
Vous êtes pour un droit de tenir des propos “choquants” (dirons-nous) sur les Noirs (cf discussion plus haute) mais pas pour le fait qu’un Arabe puisse tenir des propos aussi choquants (puisque vous trouvez son expulsion “légitime”). Et après on donne des leçons de liberté d’expression…
Moi qui suis structuré et cohérent, je suis contre TOUS les propos choquants selon les critères que j’ai défini plus haut.
Votre démonstration est intéressante et, honnêtement, je n’ai pas tout suivi. La seule chose que je peux dire, c’est que ma position n’implique aucunement un “égalitarisme” mais c’est juste un pragmatisme pour éviter la désagrégation de la société. Avant la liberté d’une société, il faut sa pérennité et sa survie…
@ Nighas :
Voyez-vous la LOGIQUE est justement un point d’honneur chez moi, et je vais donc me faire fort de vous prouver que je suis lo-gi-que dans mon raisonnement.
Si je n’accorde pas de “liberté d’expression” à Monsieur l’imam (encore qu’il faudrait réellement savoir le motif pour lequel on lui a demandé de faire ses bagages), c’est tout simplement parce que ce Monsieur est étranger. Lorsque l’on est l’hôte de la France, non que l’on n’ait point droit à la liberté d’expression chère aux autochtones, mais l’on doit à son pays d’accueil un minimum de correction et ne pas fomenter, fût-ce par le verbe, de troubles publiques en distillant dans le tête de milliers de crétins des idées anti-France.
Donc, oui, je mets ce Monsieur à la porte, sur son tapis de prières.
À côté de ça, comment mettre un Français à la porte de chez lui ? Bien évidemment, je ne serais pas aussi virulent vis-à-vis d’un compatriote “barbu”, quels que soient ses propos… mais je me ferais fort, également, et moi aussi par le verbe, de le discréditer, ce qui resterait mon droit. À dialecticien, dialecticien et demi.
Enfin, pour ce qui est de mon argumentation, je vais résumer pour vous (n’y voyez aucune condescendance de ma part, je vous prie) :
1. La France crie haut et fort que tous les hommes se valent en tout, ce qui inclut aussi bien capacité intellectuelle que faculté à diffuser ses idées ;
2. Elle ne jure en outre que par ce qui “fait nombre” ;
3. Elle se veut, de surcroît, la défenderesse des “libertés”.
4. Combinez tout ceci ensemble, vous obtenez quoi : un raciste, notre égal à vous et moi, grand orateur, et qui permet à ses idées stupides de “faire nombre”, tout en revendiquant la même liberté de parole que vous et moi. Vous voulez la lui interdire ? Lui s’appuiera sur les millions de Français qui pensent comment lui, et vous vous retrouverez ennemi de la démocratie, des libertés (parce que vous lui interdirez la parole, par peur de la “contagion”), et, pour le coup, de toute logique.
Comprenez-vous ce que j’essaie de pointer ? Les points “1″ et “2″ me semblent en fait intenables.
Pour en revenir à notre imam : lorsqu’une personne qui s’invite chez moi vient me dire, sous mon toit, que je suis un “en…lé”, il n’est plus question de liberté d’expression : je la fous dehors, avec mon pied au c…
@ Jean :
Au sujet de Finkielkraut, j’ai vu son récent et sempiternel débat avec frère Tariq chez Taddeï l’autre jour.
Nul. Il n’est vraiment pas du niveau pour affronter Ramadan.
Même Abdelwahab Meddeb n’était pas du niveau chez le même Taddeï.
Donc voilà un beau débat que tu pourrais promouvoir, Jean, un vrai débat, profond et passionnant :
Tariq RAMADAN vs. Rémi BRAGUE
vous me parlez des jeunes des banlieues, je peux vous parler de Rachida Dati, de Rachid Arhab, d’Harry Roselmack… et de pleins d’autres Français de race non européenne et/ou de religion non chrétienne que je connais personnellement et qui sont des citoyens comme les autres.
Vous tombez là dans un travers néo-colonialiste bien connu, cher Nighas. Je n’ai jamais résumé la question à un problème d’insécurité mais avant tout à un problème d’identité, de reconnaissance d’une destinée partagée par ascendance partagée. C’est toute la question de la citoyenneté d’appartenance et d’héritage par rapport à la citoyenneté d’acquisition, surtout lorsque celle-ci ne se fait que par décision de l’état et pas comme dans certains cantons suisses par des jurys populaires. C’est bien l’antithèse du modèle démocratique européen, qui prend racine dans l’Athènes de Périclès, la démocratie reposant sur le principe d’autochtonie, sur le droit du sang et sur le service militaire.
Ils se sentent français, au même titre que des Antillais engagés dans l’armée ou des harkis à une certaine époque.
C’est bien ce que je dis, vous confondez les faits avec les sentiments, comme si on appartenait à un peuple, à une nation, en simplement l’affirmant. Mais avez-vous demandé si les français les considéraient comme tels ? C’est toujours dans un seul sens…
On retrouve là la conception américaine des choses, pas la conception européenne, conception américaine qui nie l’enracinement et rejette l’indigénat (les indigènes américains ont su ce que cela signifiait).
Ce qui ne signifie pas non plus que n’importe qui peut devenir n’importe quoi…
Qui détermine la ligne de démarcation ?
Je vous parle de Français qui vivent, qui consomme et qui construisent en France, pas d’une superficialité ou d’une vue de l’esprit.
Vous refusez je l’ai dit de vous interroger sur des questions de légitimité et d’identité. Vous en restez donc bien à la surface des problématiques. Et par ailleurs, alors que l’Afrique est exsangue, vous ne vous interrogez pas sur le devoir des élites de ces pays de contribuer à l’essor de leur pays plutôt que de vouloir vivre mieux dans le notre.
En France, les élections sont libres et si tout le monde était contre le multiculturalisme à tout prix
Les élections ne sont pas libres puisque les media ne sont pas libres de donner une information objective et non faussée. Or si l’éducation nationale déculture et si les journalistes déforment ou cachent l’information, il ne peut y avoir de vraie démocratie. En outre, pour qu’il y avait vraiment liberté, il faut aussi qu’il y ait une véritable pluralité, ce qui n’est pas le cas. Enfin, on doit demander l’avis au peuple avant de lui imposer une situation qu’il n’a pas désiré. La multiculturalisation a été forcée, donc c’est un peu tard pour une fois qu’elle a été imposée demander l’avis aux gens.
alors le FN aurait été au pouvoir depuis longtemps! Et ce n’est pas le cas!
Mais le FN n’est pas vraiment opposé au multiculturalisme à vrai dire, quand on est objectif à son propos. Il défend en vérité une ligne encore plus molle que le RPR d’il y a vingt ans à peu de choses près. En fait, les élections contemporaines ne permettent pas de se prononcer sur les problèmes de fond… en outre, je vous rappelle que tout est fait à ce sujet pour que les gens n’aient pas accès à la réalité des faits et à une analyse objective, et donc nécessairement politiquement incorrecte, de la situation. L’extrême-droite n’a jamais eu et n’aura jamais la moindre crédibilité sur ces questions.
Le seul rempart contre le multiculturalisme c’est l’europé(an)isme, c’est l’Europe !
Je ne vous raconte pas le nombre de Français dit de souche européenne qui condamne l’anti-immigrationnisme radical, qui sont pour le multiculturalisme, ou même qui sont de gauche… Ils sont autant Français et Européens que vous!
Ils sont en effet autant européens que moi. Mais à la différence de moi, ils ne connaissent simplement pas les sujets dont ils parlent et ne vivent pas les conséquences de ce qu’ils prônent, et c’est là le mensonge. A la différence d’eux, même si je ne souffre pas personnellement de cette situation (pour le moment), je suis solidaire des dizaines de millions d’européens (au moins) qui n’ont pas ma chance. Et je pense aussi à nos ancêtres, car j’ai le respect des anciens, et au fait qu’ils ne sont pas morts, souvent au combat, pour que l’Europe s’ouvre au surplus démographique de pays qu ne veulent pas réguler leur natalité, au prix d’abandonner sa civilisation et de renoncer à son européanité.
Il y a aussi eu des amérindiens qui croyaient la propagande des blancs. Ils ont fini dans des réserves…
Je pense que la plupart des gens que vous fréquentez sont des gugus de l’extrême-droite et que vous extrapolez sur comment pensent la plupart des “Européens”.
Vous vous trompez et je n’ai d’ailleurs jamais eu la moindre complaisance pour l’extrême-droite, pour son europhobie crasse, pour son enthousiasme pour les caudillos de pacotille, pour son christianisme sectaire…
Faites un débat sur cette “décadence morale” et vous aurez sans doute des choix qui vous surprendront.
Contextualiser les choses et vous verrez que tout change. Je n’ai pas dit que les gens étaient encore prêts dans leur majorité à entendre certaines choses. Car tout mensonge est vaincu lorsque les évidences ne peuvent plus être niées, et le temps approche pour cela. Beaucoup commencent à ouvrir les yeux sans aller au bout de leur raisonnement.
Mais c’est toute l’action des responsables politiques que de déciller leurs yeux.
Mettez les problèmes en perspective au lieu de les isoler dans leur spécificité, et vous constaterez que vos évidences ne reposent pas sur la réalité.
Cordialement.
@Nighas
Entièrement d’accord sur le fait que la couleur de peau, le sexe, et la religion, ne déterminent pas la qualité d’un individu.
@Virgile
bonne idée, tu te charges de Brague ?
@ Jean :
Je n’ai pas ton réseau, mais je vais faire de mon mieux.
Merci pour vos réponses. Voici mes retours:
@Thomas Ferrier:
“C’est toute la question de la citoyenneté d’appartenance et d’héritage par rapport à la citoyenneté d’acquisition, surtout lorsque celle-ci ne se fait que par décision de l’état et pas comme dans certains cantons suisses par des jurys populaires. C’est bien l’antithèse du modèle démocratique européen, qui prend racine dans l’Athènes de Périclès, la démocratie reposant sur le principe d’autochtonie, sur le droit du sang et sur le service militaire.”
Comme beaucoup de Français, je pense que l’appartenance à la Nation et à l’autochtonie ne se résume pas à la couleur de peau (ce que vous pensez comme une condition nécessaire, puisque vous nous parlez sans cesse d’européanité) mais à un sentiment (se sentir appartenir au peuple français), à des valeurs (valeurs françaises issues de l’humanisme) et à une territorialité (vivre en France et de préférence être né en France). Ainsi, je pense qu’Harry Roselmack et Rachida Dati sont pleinement Français, ni plus ni moins que vous: ils se sentent Français, ils sont acceptés comme Français par la plupart des Français de souche je présume (je ne crois pas que si vous faites un référundum “êtes-vous pour le retrait de la nationalité française à Harry Roselmack et Rachida Dati?”, la majorité des Français de souche répondront “non”). La “francité” de ces personnes citées – comme beaucoup de mes amis français de racines non blanche et catholique, mais je prends ces exemples car ils sont connus – me paraît parfaitement acceptée et les références répétées à Athènes ne semblent pas annihiler cette réalité de la France actuelle. Répondez-moi à ces questions: Harry Roselmack fait-il parti du “demos” français selon vos critères? Si non, pourquoi? Et que faire de ce Monsieur si vous lui refusez l’appartenance au peuple français (retour de force dans les Antilles…)? Je suis dans le concret et le réel, pas dans l’abstrait et dans la nostalgie.
“Les élections ne sont pas libres puisque les media ne sont pas libres de donner une information objective et non faussée.”
Il ne faut pas surestimer le rôle des médias dans la démocratie. Le peuple vote pour qui il a envie de voter. Si le peuple était véritablement contre le multiculturalisme, il aurait voté pour le parti de taille importante – et très présent dans les médias! – qui a le discours le plus distant vis-à-vis du multiculturalisme, le FN! Or, ça n’a pas été le cas et pourtant encore une fois, les élections sont démocratiques (le plus grand nombre de voix fait gagner le parti qui réussit à les réunir).
“Mais le FN n’est pas vraiment opposé au multiculturalisme à vrai dire, quand on est objectif à son propos. ”
SVP pas ce type d’argument peu raisonnable: vous savez très bien que la plupart des Français perçoivent le FN comme le parti de l’anti multiculturalisme de par ses discours musclés vis-à-vis des Français et étrangers d’origine non européenne! Je ne crois pas à l’idée que votre remarque pourrait évoquer en filigrane: la majorité des Français sont contre le multiculturalisme et ainsi, ne vote pas pour le FN car il ne le trouve pas si opposé au multiculturalisme.
“Ils sont en effet autant européens que moi. Mais à la différence de moi, ils ne connaissent simplement pas les sujets dont ils parlent et ne vivent pas les conséquences de ce qu’ils prônent, et c’est là le mensonge.”
Permettez-moi de vous dire, sauf votre respect, que je trouve cette remarque de votre part très arrogante et outrecuidante. Vous et ceux qui pensent comme vous – lecture ethniciste des critères pour appartenir au peuple de France -sont dans la lumière et la vérité, les autres dans l’obscurité et dans le mensonge! Sachez juste que vous n’êtes pas le seul à avoir des ancêtres enterrés en France et tombés pour elle: c’est aussi mon cas et celui d’autres Français dont le refus d’une approche ethnicisante de la France n’en fait pas des traitres. Avez-vous sondé les tombes?
“Vous vous trompez et je n’ai d’ailleurs jamais eu la moindre complaisance pour l’extrême-droite, pour son europhobie crasse, pour son enthousiasme pour les caudillos de pacotille, pour son christianisme sectaire…”
Avouez que vous partagez avec les néonazis au moins cette fascination pour l’épiderme dans l’identification à la France. Évidemment, je ne réduirai pas votre approche politique à ce petit point commun.
“Contextualiser les choses et vous verrez que tout change. Je n’ai pas dit que les gens étaient encore prêts dans leur majorité à entendre certaines choses. Car tout mensonge est vaincu lorsque les évidences ne peuvent plus être niées, et le temps approche pour cela. Beaucoup commencent à ouvrir les yeux sans aller au bout de leur raisonnement.”
En gros, vous dites que ceux qui ne pensent pas comme vous ne sont pas libres, sont ignorants ou sont manipulés. Pourquoi parler au nom des gens et ne pas comprendre qu’ils ont peut-être des conceptions différentes des vôtres?
Bien à vous,
———————————
@ Virgile:
Je constate que vous n’êtes pas logique et que vous êtes partisan, désolé de vous le dire: vous soutenez le fait d’expulser un homme parce qu’il émet une opinion qui ne vous plait pas, mais vous vous dîtes démocrate et pour le droit que l’on puisse dire “je pense que les Blancs sont supérieurs aux Noirs”. J’ai comme le sentiment – sans procès d’intention – que vous êtes favorable à la possibilité de tenir des opinions qui vous semblent acceptables et que vous acceptez la pénalisation de propos qui vous semblent inacceptables (sans doute parce qu’ils paraissent à vos yeux une incitation à la haine — pénalisation à travers l’expulsion d’un étranger qui tient ses propos). La différence, c’est que je suis contre TOUTES les injures et les appels à la haine. Je suis cohérent.
Je comprends ce que vous dites (raisonnement en 3 étapes) mais n’avez-vous pas l’impression que certaines opinions créent de la violence et de la division? Il y a des droits fondamentaux mais le premier est celui de s’assurer de la sérénité et la sécurité dans son pays.
@ Nighas :
Un étranger est un hôte, un invité. Lorsque l’on est en famille, il est préférable, car plus sain, de laisser toutes les opinions s’exprimer à voix haute, puis d’en débattre. Mais s’entendre dire, chez soi, des insanités par un hurluberlu profitant de ce droit pour dresser les membres de la famille les uns contre les autres, c’est du masochisme. Lorsque je suis de passage à l’étranger, je me tiens à carreau. Chez moi, je revendique le droit de dire ce que je veux. Simple notion de politesse.
Pour ce qui est des opinions délétères, j’en suis tout à fait conscient. Seulement, et c’est là que je suis plus logique que certains, je ne prétexte pas l’égalité des consciences : je sais pertinemment que certains sont capables de faire la part des choses – par exemple de rire d’une blague homophobe sans que cela prête à conséquence – et que d’autres n’y verront que l’occasion de décharger leur haine et leur venin. Pour prendre cela en compte, il faudrait cesser de considérer que toutes les voix se valent. La modernité ne pourra jamais y consentir, d’où son incapacité à garantir une réelle liberté d’expression. Si je suis favorable à une totale liberté d’expression, c’est, en partie parce que c’est un idéal qui me convient, en partie parce que ça permet de faire en sorte de remettre en cause l’égalitarisme ambiant. C’est machiavélien, j’en suis conscient.
Lisez bien l’article que j’ai écrit, tout y est.
@Virgile
Le discours de Solon vous est resté dans la tête? Est citoyen celui qui nait de parents libres? Vous en êtes encore à ça? Déjà d’entendre les invocations de dieux païens me fait bizarre, s’il faut maintenant entendre ça…je n’ai plus qu’à puiser mes répliques chez l’Homme qui vivait dans un tonneau!
@ king flo :
Désolé, je ne comprends pas ce que vous me dites et ne vois aucun rapport avec ce que j’ai pu dire…
Ben, en fait ce que vous dîtes pour effrayer ce pauvre Nighas fait penser au discours de Solon. Je suis chez moi, donc citoyen libre, et à l’étranger de rester à sa place d’hôte. Vous ne connaissez pas Solon l’Athénien?
@ King flo :
Humour ?
Solon est pour moi une référence, mais je ne vois toujours pas ce que mon discours lui devrait, ou du moins en quoi il s’apparenterait au sien.
Êtes-vous opposé à l’idée de citoyenneté ? Ne trouvez-vous pas normal qu’il soit accordé à un “citoyen” plus de droits qu’à un “métèque” (voir la définition du mot avant de me tomber sur la paleot…) ?
Quant à votre allusion aux Dieux païens, ne vous adressiez-vous pas plutôt à Monsieur Ferrier ?
Alors, en partie c’est de l’humour ( surtout concernant les invocation des Dieux Païens auquel je ne vous rattachait pas du tout). Non, je ne suis pas du tout opposé à l’idée de citoyenneté, je suis pour. Par contre le truc de “plus de droits” ça dâte d’une autre époque. Je pense que la citoyenneté se mérite et qu’il y’a des individus de souche comme d’origines extra-européennes qui ont oublié qu’ils vivent dans un pays civilisé ( encore que j’aimerais savoir ce que veut signifie ce môt, compte tenu de l’agréssivité ambiante).
Météque veut dire étranger, vous n’allez pas me l’apprendre à moi qui vis en Provence terre de Charles Maurras.
Bon, je crois qu’il faut que vous et moi allions nous coucher.
En tout cas, moi, je file. Bonne nuit à vous.
Comme beaucoup de Français, je pense que l’appartenance à la Nation et à l’autochtonie ne se résume pas à la couleur de peau (ce que vous pensez comme une condition nécessaire, puisque vous nous parlez sans cesse d’européanité) mais à un sentiment (se sentir appartenir au peuple français), à des valeurs (valeurs françaises issues de l’humanisme) et à une territorialité (vivre en France et de préférence être né en France). Ainsi, je pense qu’Harry Roselmack et Rachida Dati sont pleinement Français, ni plus ni moins que vous: ils se sentent Français, ils sont acceptés comme Français par la plupart des Français de souche je présume (je ne crois pas que si vous faites un référundum “êtes-vous pour le retrait de la nationalité française à Harry Roselmack et Rachida Dati?”, la majorité des Français de souche répondront “non”). La “francité” de ces personnes citées – comme beaucoup de mes amis français de racines non blanche et catholique, mais je prends ces exemples car ils sont connus – me paraît parfaitement acceptée et les références répétées à Athènes ne semblent pas annihiler cette réalité de la France actuelle. Répondez-moi à ces questions: Harry Roselmack fait-il parti du “demos” français selon vos critères? Si non, pourquoi? Et que faire de ce Monsieur si vous lui refusez l’appartenance au peuple français (retour de force dans les Antilles…)? Je suis dans le concret et le réel, pas dans l’abstrait et dans la nostalgie.
Qu’importe la pensée en l’occurence, puisque ce n’est pas ce que les gens pensent qui compte dans cette histoire mais ce qu’ils sont. Etre “français” n’est pas un sentiment artificiel ou subjectif, mais une réalité d’appartenance. C’est une règle ancestrale parfaitement saine. Vous avez le droit de préférer que l’Oronte déferle sur le Tibre mais vous savez que c’est ce qui a tué Rome.
Font-ils partie du demos européen ? Vous avez la réponse aussi bien que moi. Et je vous rappelle être en outre pour l’indépendance pure et simple des dom-tom.
L’humanisme c’est Voltaire. Relisez Voltaire et en le lisant, vous verrez qu’il est exactement sur la même ligne que moi.
Et quand je parle du peuple, je parle des européens, pas des “français”… notion qui ne veut plus rien dire depuis 1889.
“Qu’importe la pensée en l’occurence, puisque ce n’est pas ce que les gens pensent qui compte dans cette histoire mais ce qu’ils sont.”
Le fait d’accorder de l’importance à ce que les gens pensent, ça s’appelle la démocratie et la liberté d’expression…
“Font-ils partie du demos européen ? Vous avez la réponse aussi bien que moi.”
Vous vous esquivez face à mes questions concrètes qu’implique votre conception du peuple français et/ou européen. Je réitère ces questions et j’attends des réponses concrètes: Harry Roselmack fait-il parti du “demos” français selon vos critères? Si non, pourquoi? Et que faire de ce Monsieur si vous lui refusez l’appartenance au peuple français (retour de force dans les Antilles…)?
Autre question: quelle est la condition religieuse pour être français?
La majorité des Français ne sont pas pour une conception du peuple français proche de la vision épidermique des néonazis…
La liberté d’expression, sans aucun doute. Tout dépend de son champ d’application. La démocratie implique qu’elle s’inscrive au sein du “demos”.
La majorité des français tiennent à ce que leur pays reste un pays européen. Je ne m’intéresse pour ma part qu’au demos européen en l’occurence, ce qui présuppose ma réponse.
Pour être européen, aucune condition religieuse particulière. Un albanais musulman est un européen, tout comme un français de confession catholique, protestante ou j*uive.