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Pierre Jourde

La déliquescence de la Gauche… et de la Droite.

28 août 2011, 12:58 Auteur : 17 commentaires

La Gauche est devenue au, fil du temps, ce que l’on nomme péjorativement « La Gôche » c’est-à-dire une caste de « bobos » qui s’adresse aux « bobos ». C’en est fini depuis longtemps des plaidoyers en faveur des classes populaires car il y a déjà pas mal de temps que la Gauche a perdu l’électorat populaire qui faisait le socle de sa mission. Contrainte elle se tourne maintenant vers un nouvel électorat : l’électorat petit-bourgeois mais aussi l’électorat immigré ; ce qui à première vue ne va pas forcement ensemble sauf que si on y regarde de près on voit bien dans la classe des petits-bourgeois une frange d’immigrés de divers horizons, plutôt bien intégrés au système mais restant attachés à leur racines et surtout très attachés à leur communauté. Et pour ces immigrés communautaristes toute marque de compassion ou d’accommodement « raisonnable » à leurs communautés est le signe d’un possible ralliement à tel ou tel parti et comme la Gauche est plutôt accommodante, les immigrés, toutes les études le prouvent, votent majoritairement pour elle et particulièrement pour le Parti Socialiste.

Le Parti Socialiste est très sensible à ces études prospectives et son penchant naturel à l’électoralisme lui fait prendre des voix partout où cela se peut. Foin des atteintes à la laïcité, à la citoyenneté, pourvu qu’on prenne des voix et si on pouvait régulariser tous les sans-papiers, quel pied ! Pourtant l’électorat populaire reste le plus nombreux alors pourquoi la Gauche va-t-elle chercher ailleurs ? Il semblerait qu’elle n’a plus vraiment le choix et que ce soit par facilité : plutôt que de faire des efforts, certainement vains (ça elle l’a compris !) pour récupérer les classes populaires qui depuis un moment déjà voient bien que l’UMPS est bien devenu une réalité, le PS et la Gauche dans son ensemble préfèrent aller chercher un électorat moins aguerri, plus maniable et plus sensible à un discours lénifiant et surtout très politiquement correct. Les classes populaires très réticentes ont bien vu que Droite ou Gauche appliquent respectivement et alternativement la même politique libérale : austérité, politique antisociale, casse des services publics, connivence avec les marchés financiers, perte du contrôle de toute souveraineté et j’en passe…

Le Parti Communiste qui ne représente plus que l’ombre de lui-même est devenu inaudible. Il a bien ça et là quelques poussées patriotiques et républicaines mais cela n’a plus aucune prise sur son électoral traditionnel. Plus personne n’est dupe : son ralliement au libéralisme peut se draper dans une phraséologie prolétarienne on ne peut oublier sa posture bien molle contre les privatisations quand il gouvernait avec les autres forces de gauche. Ce parti est devenu également électoraliste prêt à toutes les concessions pour garder quelques pouvoirs régionaux ou municipaux et avale couleuvres sur couleuvres : d’abord et surtout la nomination de Mélenchon comme leader pour représenter le Front de Gauche à la présidentielle (le PC perd à jamais tout espoir de dominer l’alliance « Front de Gauche ») et il accepte toutes les atteintes à la laïcité et à la citoyenneté au nom du multiculturalisme par pure idéologie égalitariste. Ce parti qui avait été un promoteur et une force de propositions d’idées progressistes au XXème siècle est en voie d’extinction. Incapable de proposer une conception politique claire, le PC s’attache à des détails qui sur le fond ne peuvent changer grand-chose et qui de toute façon n’intéressent plus grand monde.

Les « écolos » eux détiennent le pompon de l’incohérence : leurs leaders ont été partisans du « OUI » en 2005 qui concrétisait l’unification politique de l’Europe avec son cortège de contraintes multiculturelles mais dans le même temps étaient partisans de la culture régionale et de la promotion des langues de terroir alors que l’Europe politique comme elle est définie aujourd’hui non seulement veut imposer le multiculturalisme mais en plus nivelle tout (la politique, la culture, l’économie). Les « écolos » votent pratiquement toutes les directives économiques libérales européennes et en même temps s’insurgent contre les dégâts du capitalisme. A part leur proposition de dépénaliser le cannabis, de supprimer le défilé du 14 juillet et de sortir du nucléaire on ne voit toujours pas où ils veulent en venir. Pour l’instant leurs propositions n’intéressent que les « bobos ».

Et la Droite ? Ah ! La Droite, l’UMP, qui nous promettait un pays sécurisé, un pays où on gagnerait plus (en travaillant plus évidemment !), un pays où l’immigration ne serait plus subie mais maitrisée et choisie, un pays souverain face au mondialisme… bref au résultat et au final c’est l’inverse que l’on a eu : un désastre, du désordre et un pays au bord de la crise de nerf (et de la crise tout cours !).

Nos politiques sont vieux, usés, dépassés, déconnectés de toute réalité, incapables d’anticiper les crises, de gérer l’économie réelle, de promouvoir une morale républicaine mise à mal par le mondialisme, de proposer une perspective d’avenir pour les jeunes. Ils sont tous responsables de l’anarchie et de la déliquescence qui s’installent à tous les niveaux.

Faire de la politique c’est prévoir et anticiper. C’est aussi oser le possible et le meilleur pour son peuple et être à son service. C’est proposer une perspective exaltante. Nous sommes bien loin de cette vision sauf peut-être avec… Marine Le Pen ?

Claude PICARD

Categories : opinion

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