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La stratégie de la France en 3 mots : liberté, qualité et puissance

24 décembre 2011, 3:35 Auteur : Jean 11 commentaires

Nous vous invitons, dans les commentaires ou mieux encore via un article que nous publierons sur le site, à indiquer votre stratégie pour la France en 3 mots. Voici les miens : liberté, qualité, puissance.

Liberté

“Liberté, égalité, fraternité” est pour l’instant la devise de notre cher et vieux pays. Justement, cette devise commence à sentir légèrement le renfermé, seul le premier terme pouvant être a priori conservé. Il s’agit de procéder au saut qualitatif que la période contemporaine impose, comme toutes les nouvelles époques. D’autant que celle dans laquelle nous nous trouvons depuis quelques années est radicalement différente des précédentes, de toutes les précédentes.

Inutile de revenir longuement sur la notion de liberté, elle est la mère de toute ou presque, et notamment de l’égalité (en droits). Liberté d’expression, liberté d’entreprendre, liberté de réunion, liberté de pouvoir choisir son partenaire, son pays, sa croyance, et bien d’autres. Mais la liberté qui ne mène pas à la qualité devrait être au minimum débattue, voire régulée, tant la qualité est l’autre notion cardinale vers laquelle notre nation, et toutes les nations libres, devraient tendre à l’avenir.

Qualité

Si l’on s’attarde un peu plus sur cette notion, il convient tout d’abord de préciser qu’elle s’oppose bien souvent à la quantité, l’une allant difficilement avec l’autre, sauf exceptions. Certes, cet article ne changera pas de qualité qu’il soit lu par une personne ou dix millions. Mais on ne nourrit pas de la même manière une personne ou dix millions. Et la quantification apporte le plus souvent avec elle des excès qui sont nuisibles à tous, pensons à l’élevage en batterie ou aux pesticides massivement employés de nos jours dans bien des champs rendus rapidement infertiles de ce fait. La société doit se pencher sur la protection des animaux au travers un contrôle strict et “humain” des conditions d’abattage, de transport et d’élevage qui seraient idéalement régies par des normes qualité.
La qualité touche en réalité quasiment tous les aspects de notre vie, du berceau à la tombe, à l’instar de la liberté d’ailleurs, et en conséquence son importance ne saurait être minimisée sinon carrément méprisée comme elle l’est trop souvent de nos jours. Au contraire, il s’agit selon nous d’un objectif majeur, stratégique, pour notre pays et d’autres terres fondées voici des millénaires par leurs glorieux aïeux. Entre la France d’une part et les États-Unis d’autre part, le fossé le plus important réside certainement dans l’opposition qualité/quantité. Nous sommes les champions incontestés de la qualité, du luxe à la gastronomie en passant par la douceur de vivre qui a fait de notre pays la première destination touristique mondiale. Les États-Unis, dont le modèle est aujourd’hui dominant, impose la quantité partout où ils s’imposent, c’est-à-dire partout où la mondialisation progresse. Du Mc Donald’s au Coca-Cola en passant par Disneyland et Monsanto, la quantité règne en maître sur la qualité. A un point tel que la Chine a choisi de prendre le train des USA plutôt que celui de la France, bien que ce pays soit historiquement plus vieux encore que le nôtre. Qu’à cela ne tienne, ils ont préféré pour l’instant la quantité à la qualité. Et, il faut bien le reconnaître, sous de nombreux aspects cela leur réussit plutôt bien. Tout le paradoxe vient du fait que la quantité peut drainer avec elle une part de qualité, l’inverse étant d’ailleurs tout aussi vrai. Mais ce cycle de la quantité est bien moins vertueux que celui de la qualité, et ce qui fonctionne à court ou moyen terme peut se révéler être une catastrophe à long terme.

Placer une priorité sur la qualité plutôt que sur la quantité signifie notamment que le quantitatif n’est pas la seule source de mesure, qu’on parle de PIB, de taux de croissance ou de chiffre d’affaires. Il existe d’autres indices, comme l’IDH (Indice de Développement Humain), les normes ISO, le patrimoine immatériel (comme la réputation ou les brevets) qui sont insuffisamment valorisées de nos jours, mais qui n’ont de cesse de prendre de l’importance dans les mondes de l’entreprise, de l’État et de l’éducation. L’Europe en général, appelé “vieux continent” pour une très bonne raison, et la France en particulier, ont un rôle tout particulier à jouer pour que le monde s’oriente vers plus de qualité et moins de quantité. Il s’agit aussi de croître mieux plutôt que croître plus. Cette association patronale dénommée “Croissance Plus” devrait avoir un pendant qui s’appelle “Croissance Mieux”. Nous devons impérativement créer un qualitalisme, un capitalisme de qualité. C’est-à-dire un capitalisme de propriétaires plutôt que de gestionnaires ou de managers (pour citer Pascal Salin), mais aussi un capitalisme à visage humain, qui investit dans des projets pas seulement ultra-rentables financièrement, mais également rentables humainement et écologiquement.

Et il ne s’agit surtout pas d’être sectaire, mais au contraire de rester pragmatique et éclectique, deux des clés d’un avenir à la hauteur de l’Homme. Réguler le marché, certes, mais aussi réguler l’État quand c’est nécessaire. Il ne s’agit plus de gauche et de droite, ni des vilains fonctionnaires ou des gentils entrepreneurs, mais des bons contre les nuls. Tout le monde est potentiellement bon, un fonctionnaire comme un entrepreneur, un artisan comme un chômeur. Quelqu’un n’est pas bon ou mauvais en soi, il est peut être mauvais car mal orienté (il faut plus de mobilité dans le marché du travail), mal formé (plus d’accent doit être mis sur la formation), mal dans sa peau (mettre l’accent sur les cabinets de psychologues, sophrologues, médecines douces), etc. Il est question de développer un libéralisme de qualité, un fonctionnariat de qualité, des services publics de qualité, etc. Mener des études au cas par cas, secteur d’activité par secteur d’activité : si la concurrence mène à la qualité, la privilégier, sinon privilégier d’autres systèmes, si possible qui ont déjà fait leurs preuves. Par exemple le système de démocratie directe comme il existe en Suisse depuis des siècles, ou dans d’autres pays depuis des décennies, et qui a fait ses preuves tant en terme de liberté que de qualité.

La qualité c’est aussi la préservation de la vie privée, et cette notion va devenir de plus en plus cruciale à l’avenir. Une fois encore, on retombe sur cette opposition France/USA : contrairement à la stratégie des Américains (Facebook) ou des Chinois, la France a un rôle à jouer pour défendre ce nouveau droit de l’homme qu’est l’anonymat.
Le relativisme n’a pas sa place au pays de la qualité. Il faut savoir faire la différence entre un Mc Do et un repas bio, entre Britney Spears et Queen, entre Mozart et Lully, entre les immeubles construits à Paris et ceux construits en Algérie, qui s’écroulent au premier séisme. Mais aussi entre ceux de Paris et ceux de Tokyo, ces derniers étant encore plus résistants !
La qualité est un objectif vers lequel tendre, après chacun son niveau d’exigence.

Les concepts ne sont pas obligatoirement qualitatifs ou quantitatifs, tout est bien plus complexe et nuancé. Si l’on considère un instant la notion de vitesse, elle est conforme à la qualité quand on parle de la vitesse de recherche de Google ; mais contraire à la qualité quand on parle de fast food.
Et l’argent ! Ce qui compte n’est pas seulement la richesse financière, mais aussi la richesse familiale, spirituelle, d’accomplissement de soi (création d’entreprise, referendum d’initiative populaire) etc. Pour reprendre l’adage, l’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître.
Quant à la laïcité, il devient urgent d’interdire le financement de tout lieu de culte, de supprimer les subventions aux différentes religions, d’organiser un sanhédrin pour l’islam, de dissoudre le CFCM, et de revenir au principe de Clermont St Tonnerre : tout pour les individus, rien pour les communautés.

Quid du travail ? Il paraît inconcevable qu’à notre époque soi-disant avancée, le travail soit encore si souvent synonyme de corvée. Il existe pourtant de nombreux moyens de redonner à l’homme l’envie de travailler avec bonheur. En développant le travail à la maison : il est plus proche de sa famille, plus loin du patron dictateur, il dispose de plus de liberté et de responsabilisation dans sa gestion de son travail (il est jugé sur les résultats plus que sur les conflits politiques internes), il utilise moins les transports, donc il pollue moins et il dispose de plus de temps à consacrer à sa vie, etc.
On doit également agir pour développer une culture entrepreneuriale dans ce pays, pour que plus de Français acquièrent le virus de entrepreneuriat, et créent une ou plusieurs entreprises, donc un ou plusieurs emplois (et les libèrent ainsi sur le marché du travail pour des chômeurs tout en créant de la richesse pour tous), et comprennent qu’un échec est une expérience positive et non négative. Mais aussi pour que les Français même sans créer d’entreprise soient plus conscients de l’importance des créateurs d’entreprise pour la société dans son ensemble, et qu’ils soient moins jaloux de ceux qui réussissent et plus compatissant avec ceux qui échouent.
Les emplois d’aujourd’hui n’existaient pas pour la plupart hier, et les emplois de demain n’existent pas pour la plupart aujourd’hui. De même pour les produits et les services. Donc il convient de tout mettre en œuvre pour permettre cette libre création.
Enfin sur ce volet de l’emploi, le stress est permanent dans notre société moderne, alors qu’on n’a jamais autant fait de gains de productivité. Il faut revenir à un rythme humain, et sortir du rythme robotique.

Au-delà de toutes ces questions, nos compatriotes ont pour beaucoup d’entre eux perdu la foi, en une religion, en eux, en leur civilisation, en leur identité. Avant toute chose, il s’agit de les faire rêver à nouveau, de leur offrir des perspectives, que leurs enfants aient un meilleur avenir que le passé de leurs parents. Bref, inverser le cours actuel des choses, changer le cercle vicieux en cercle vertueux. Et comme souvent, à tout malheur correspond un bonheur. L’opportunité vient du fait que nous n’avons pas une religion ou des traditions qui s’imposent trop à nous, et que nous sommes bien plus libres qu’avant de pouvoir choisir notre destin. A l’instar de celui qui pourrait choisir sa religion à 18 ans plutôt qu’elle lui soit imposée à la naissance.

Puissance

La puissance s’oppose à l’impuissance, donc nous parlons avant tout de la souveraineté individuelle, familiale, communale, nationale et internationale. Cette notion de puissance est éminemment complémentaire aux deux premières, sans laquelle elles perdent quasiment toute valeur. Et réciproquement. Par exemple, prenons le couple sécurité et liberté. La liberté sans sécurité représente une absence flagrante de qualité et de puissance. Mais la sécurité sans liberté représente une absence de qualité.
La puissance, quand on parle d’une nation, est synonyme de la souveraineté du peuple à tous les niveaux, d’individuel à international, le tout doté d’une élite digne de ce nom.
Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, rappelons qu’est contraire à la qualité ce qui est favorable à la dictature, à la théocratie, à l’oligarchie, et à la restriction des libertés.
De même, est contraire a la puissance tout ce qui rend impuissant, nous n’en dresserons pas la liste ici, par crainte de ne pas pouvoir être exhaustif.

Le cÅ“ur de toute politique de puissance doit être l’emploi, or ce qui crée de l’emploi c’est le marché, pas l’État. L’État crée les conditions d’un marché libre (propriété privée, sécurité, certains moyens de transports) et redistribue les fruits pris au marché, et crée ainsi des emplois. Mais la véritable création de richesses, donc d’emplois, vient de la création d’entreprise, donc des créateurs d’entreprises, des inventeurs, des créateurs de toutes sortes. Ils doivent donc être les personnes les plus écoutées du pays, les plus facilitées dans leur travail, car une seule de leur entreprise, une seule de leur découverte, un seul de leur brevet peut créer des millions d’emplois sur des dizaines d’années (ou sauver des millions de vies si on parle d’un médicament), ainsi qu’un surplus de puissance pour le pays tout entier. Qu’on pense à Google, à la découverte de l’électricité ou de la carte à puce, nous sommes sur des gains de productivité immenses, une croissance exponentielle et durable, et une puissance incommensurable pour le pays qui a la chance de détenir ces créateurs. Mais quand on dit « facilitées dans leur travail », il ne s’agit pas de les subventionner, ni de les payer plus, mais de faire peser sur eux le moins possible de lourdeurs étatiques, fiscales, administratives et bureaucratiques. L’État peut également défiscaliser au maximum les pépinières d’entreprises, les clubs d’entrepreneurs, et tout ce qui peut créer les conditions de la création d’entreprise. Tous ceux qui veulent devenir créateur d’entreprise doivent pouvoir tenter l’aventure, et ceux qui préfèrent devenir fonctionnaire par vocation doivent pouvoir le devenir également.
Une politique de gestion des hommes clés s’impose donc, via le traitement spécial des individus qui, pour une quelconque raison, peuvent influencer des millions voire des milliards d’êtres humains par leurs inventions, leurs découvertes, etc. et apporter ainsi qualité et/ou puissance au pays. Il s’agit pour les dirigeants de savoir les identifier le plus tôt possible en amont (dépôts de brevets, détection de créations originales, découvertes scientifiques ou techniques, art, management, etc.) afin de pouvoir mener cette politique.

Une réflexion sérieuse doit être menée à court, moyen et long terme sur l’énergie, afin de savoir où et comment orienter notre recherche fondamentale au meilleur coût et pour un rendement optimal, car il ne sert à rien d’injecter des milliards dans des projets comme ITER dont on sait par avance qu’ils ne rapporteront que des déficits et des catastrophes sanitaires (voir nos différentes vidéos avec Jean-Pierre Petit sur ce site à ce sujet). De même, nos partenariats géostratégiques doivent être notamment motivés par l’indépendance énergétique qu’ils peuvent nous procurer.

Une des sources les plus fondamentales de puissance reste cet immense continent à explorer : Internet. Nous avons la même mission que les Européens au 15ème siècle, les mêmes opportunités, et même peut-être davantage. Inutile là non plus d’enfoncer des portes ouvertes, mais il est à noter que les gouvernements successifs depuis 15 ans n’ont pas fait grand chose en ce sens. Christophe Colomb n’aurait rien pu faire sans le soutien de la couronne espagnole…

Une autre source de puissance réside dans la relation intelligente entre l’État et les entreprises, comme on le voit dans tant d’autres pays développés mais qui reste relativement tabou en France. Un pays est la cible d’attaques, et aujourd’hui l’une des cibles de choix n’est plus les châteaux-forts ou les lignes Maginot, mais les entreprises, et notamment les entreprises de haute technologie. Un libéral non-patriote pense pouvoir vivre n’importe où de la même manière, mais n’a aucune conscience de tout ce que le pays qui l’a vu naître lui apporte, en terme de sécurité, de culture, de structure familiale, etc. Il suffirait pourtant qu’il se rende dans un pays moins développé pour en avoir automatiquement conscience
Les plus grosses entreprises disposent de moyens de pression sur les gouvernements pour obtenir indûment des marchés, et sur les petites entreprises pour les racheter, les faire couler etc. quand elles les dérangent trop. L’Etat de qualité et puissant n’a pas d’autre choix que de rester vigilant vis-à-vis de tout cela, afin d’incarner véritablement cet Etat stratège, et non l’Etat obèse et sur-endetté auquel nous avons droit actuellement.

Précisément l’oligarchie au pouvoir depuis au moins 30 ans sinon plus est la principale responsable des affres dont nous souffrons, par conséquent la seule condition pour mettre en Å“uvre cette politique et refaire de la France le phare du monde libre, consiste d’abord à renverser légalement l’oligarchie.

11 commentaires

  1. patrice lamy dit :

    excellent texte même si nous pouvons ne pas être d’accord sur google ou iter c’est a la marge

  2. Remplacer Egalité et Fraternité par Qualité et Puissance, ça n’augure rien de bon pour l’avenir..

  3. Hyacinthe dit :

    Cet article est bien essayé mais on nage dans la facilité. Les mots sont mal choisis. Le coca-cola ? Mais la qualité pour une bouteille de coke c’est tout simplement qu’elle respecte les critères de qualité d’une bouteille de coke !!! Vous ne comptez quand même pas faire passer ce genre d’argument en comparant la qualité d’un coke et d’une bouteille de Saint-Émilion ? Parce que oui le goût du Saint-Émilion est mieux mais côté qualité, merci l’utilisation du sulfate dans le bordelais !!! La qualité ca n’est pas comparé des produis de luxe et des produits agro-alimentaires.
    Ensuite Disney, Disney monsieur ce n’est pas toujours du goût de tout le monde mais côté qualité je pense que c’est irréprochable.
    Je vais pas revenir sur tous les aspects de cet article car il y en a beaucoup qui sont tirés par les cheveux (google, Iter, etc.) mais juste pour dire que si vous voulez développer Internet en France, Oui il va falloir payer mieux les programmeurs.

    Puissance ??? pour la France je dirais plus impuissance totale mais c’est pas grave.

    Un développeur de logiciel expatrié à Montréal (là on paie correctement les gens comme nous).

  4. V12 dit :

    Ma stratégie en trois mots : Marine, front, national.

  5. Jean dit :

    @V12
    et comment votre Marine peut-elle arriver au pouvoir (et y rester plus de 3 jours accessoirement) ?

  6. Virgile dit :

    Liberté, équité, laïcité.

  7. Thomas FERRIER dit :

    @ V12

    Et quelle “stratégie”… ce n’est pas un V12 (pas plus qu’un V3 d’ailleurs), mais un pétard mouillé.

    Qui vive ? Europa !

  8. Ghalloun dit :

    Jeunesse, confiance, universalité.

  9. Pouec dit :

    Et puis pour ce qui concerne les normes ISO… les normalisations ont des apports benefiques mais elles ont toutes un point : elles limitent gravement l’innovation en general. Il faut les utiliser a bon escient sinon fini les depots de brevet… mais ca en France, ca fait longtemps que c’est en declin… au profit des normalisations a tout va justement…. bon de toute maniere cet article est vraiment tire par les cheveux.

  10. guillaume dit :

    pour moi les trois mots sont: liberté, souveraineté et laïcité!

  11. Thomas FERRIER dit :

    rajeunissement – “politique du réel” – européanité universalité

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