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La télévision norvégienne ose aborder la difficile question de l’inégalité

30 juillet 2012, 16:38 Auteur : 9 commentaires

La télévision norvégienne vient de consacrer deux émissions entières sur l’inégalité parmi les êtres humains, un sujet parmi les plus tabous dans nos médias hexagonaux. Les norvégiens rejoignent ainsi les anglo-saxons dans l’ouverture du débat sur l’inégalité entre les êtres humains, débat légal mais qui “rappelle les heures les plus sombres de notre histoire” ici en France. Enquête & Débat s’est procuré ces deux émissions, voyons la manière dont ils osent traiter le sujet.

Contrairement au documentaire anglais que nous diffusions en février 2011, qui était réalisé par un noir, cette fois c’est un blanc qui ose se poser la question du rôle de l’héréditaire dans l’intelligence et les performances physiques. Facteur aggravant, c’est aussi un homme, et il ose malgré cela se poser la question sur l’inégalité entre hommes et femmes. Ne vous rassurez pas, il ne s’agit pas de comprendre pourquoi les femmes sont moins payées que les hommes à travail égal, non. Il s’agit d’essayer de comprendre pourquoi les femmes ont plutôt tendance à exercer des professions sociales tandis que les hommes ont plutôt tendance à exercer des professions où la technique rentre en ligne de compte. Voici les deux reportages d’une demi-heure chacun :

http://www.dailymotion.com/video/xsc9vl

http://www.dailymotion.com/video/xscbhs

Première conclusion en regardant ces reportages : ça décoiffe ! On n’a jamais vu cela sous nos latitudes, aucun journaliste ni aucune chaîne de télévision n’est prête à enquêter directement auprès des chercheurs pour savoir ce qu’ils pensent du sujet en toute liberté, et surtout en les confrontant par la suite. Cette méthode est très originale : le journaliste interviewe quelqu’un qui dit A, puis interviewe quelqu’un d’autre qui dit B, B étant ici le contraire de A, puis il montre à celui qui dit B ce que dit celui qui dit A. Il réagit, puis cette réaction est montrée à celui qui dit A. La boucle est bouclée, chacun s’est exprimé sur ce que dit l’autre, même si c’est à des milliers de kilomètres de distance. Ainsi ce journaliste évite l’écueil trop souvent rencontré dans les documentaires, où chacun parle dans son coin, dans son monde, dans sa logique, sans jamais la confronter. Cette nouvelle méthode encourage le débat, et l’esprit critique.

Et cette méthode est d’autant plus précieuse qu’on touche à des sujets très “touchy”, comme nous l’avons déjà vu. Au moment où un journaliste est accusé d’être misogyne pour avoir demandé à une ministre femme et asiatique si elle avait été recrutée parce que belle, femme et asiatique, et que certains demandent déjà la tête de ce journaliste à sa radio (certainement par amour de la liberté d’expression), on se demande ce qu’il arriverait à ce journaliste norvégien s’il travaillait chez nous ! Pourtant ses deux reportages sont très professionnels, et ils coincent les moralistes qui veulent nier tout rôle au biologique tout en accusant leurs opposants d’être sectaires et ridicules. Nous avions déjà vu que la Norvège n’est pas un pays de gauche, en voici une nouvelle confirmation !

Deuxième conclusion : il semble que plus un pays soit égalitaire, comme la Norvège, plus il devient inégalitaire ! Ainsi les femmes norvégiennes occupent bien plus qu’ailleurs des emplois dits “sociaux”, tandis que les hommes emploient beaucoup plus qu’ailleurs des emplois dits “techniques”. La raison est expliquée dans le premier reportage : plus un pays est libre, plus ses individus se dirigent vers les occupations qui les intéressent et qui correspondent à leur réel intérêt. Or les femmes ont, semble-t-il dès le plus jeune âge, besoin de communiquer, les hommes beaucoup moins. L’étude d’un membre de la même famille que l’humoriste Sacha Baron-Cohen, Simon Baron-Cohen, qui travaille à Cambridge, démontre que les bébés ont déjà des différences de comportement selon qu’ils sont du genre masculin ou féminin, ce qui invalide le discours tout-environnement, et valide un discours qui semble plus modéré d’un mix entre l’environnement et l’héréditaire, entre l’inné et l’acquis.

Les masques tombent, et l’on voit que des gens qui se disent scientifiques ne se basent sur aucun fait scientifique pour affirmer ce qu’ils affirment, tandis que dans l’autre camp nous avons des scientifiques de Harvard, ou de Cambridge, qui osent regarder les faits en face, quelles qu’en soient les conséquences. La science n’a pas à être soumise à la morale, même si science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Soumettre la science à la morale, c’est se condamner à l’obscurantisme, et nous félicitons ce journaliste norvégien d’avoir levé la chape de plomb qui existe sur le sujet, tout en prenant soin de ne pas conclure, ce qui aurait été dommage. Comme disait Flaubert : la bêtise consiste à conclure.

Categories : International

9 commentaires

  1. Nash dit :

    Bonjour Jean,

    Il y a quelques temps vous avez pointé quelques perles souvent rabâchées.
    L’inégalité de salaire en est une et c’est pas un journal qui le dit mais c’est E&D qui pretendait les dénoncer.
    “Ne vous rassurez pas, il ne s’agit pas de comprendre pourquoi les femmes sont moins payées que les hommes à travail égal, non”

    Comme quoi, les meilleures intentions au monde ont des limites …

    Lisez l’étude de Godonou : http://leblogdenash.over-blog.com/article-le-mythe-de-l-ecart-salarial-hommes-femmes-de-plus-de-20-a-travail-egal-86722043.html

    Pour en revenir à ce sujet de l’indifferenciation des genres. Magareth Mead ne disait pas autre chose après avoir étudié des Kibboutz qui avaient choisit de ne pas séxuer l’éducation des enfants. Plusieurs années après, ils avaient repris des comportements séxués.

    Sachez tout de même que la science est très biaisée. Prenez le cas des hommes battus. Etudier la victimisation des hommes vous expose dans les cercles scientifiques à de sévère problème. Murray Strauss l’a bien expliqué :

    http://pubpages.unh.edu/~mas2/V74-gender-symmetry-with-gramham-Kevan-Method%208-.pdf
    comme un autre groupe : http://www.mediaradar.org/docs/RADARreport-50-DV-Myths.pdf (http://www.mediaradar.org/reports.php)

    Cette différence de traitement révèle une flagrante inégalité.

    Bonne journée

  2. JJC dit :

    Merci pour cet excellent documentaire.
    Etant moi même scientifique, j’ai tendance a avoir une vision assez cartésienne des choses et a ne m’interdire aucune hypothèse.
    J’aimerai voir ce genre de documentaire plus souvent.
    Quelque petits commentaires.
    - Concernant la notion de race, je reste assez dubitatif. Je peux me tromper, mais je pense qu’il y a plus de différence génétique entre un peul et un pygmée qu’entre un ibère et un kabyle (j’irai même jusqu’à dire entre un scandinave et un kabyle). La notion de race me semble être a l’encontre de toute vision subtile des choses. Je constate factuellement des différences ethniques, mais la notion de race n’a rien a voir.
    - content d’entendre dans la bouche de spécialistes une hypothèse que je fais depuis longtemps: le QI élevé des ashkénazes vient d’une adaptation a leur environnement (je suis un darwiniste plus que convaincu).
    - j’aurai aime voir un peu plus de débat autour des tests de QI. Il me semble très limite, je pense qu’il est difficile d’évaluer l’intelligence. Le scientifique américain a raison de dire que de compétence qui ne servent plus n’ont pas a être prise en compte dans notre société. Cependant, l’intelligence est, a mon sens, notre capacité d’adaptation. notre environnement n’ai pas figé, une même personne peut être brillante pour résoudre certain problème abstrait, mais être incapable de survivre dans un environnement hostile. Les catastrophes naturelles font aussi partie de notre environnement, aux USA comme ailleurs.
    - enfin, si ce que nous sommes résulte d’une adaptation a notre environnement, cela signifie que rien n’ai figé.

  3. Nash dit :

    Bonsoir Jean,

    Merci pour votre réponse.
    Il faut bien être pincant parfois toutefois, j’ai pas le temps à chaque coup de lire ou de chercher dans un site web. C’est déjà un article rare alors la reprise …

    Toujours est il que si ce sujet vous interesse je veux dire la sous médiatisation de la victimisation masculine ou d’autres éléments en lien, vous avez Patrick Guillot et moi même.

    Pour votre information, l’association SOS Hommes Battus va tenir son colloque le jour de la journée internationale des hommes : http://soshommesbattus.over-blog.com/article-2eme-colloque-les-hommes-victimes-de-violences-conjugales-107543770.html

  4. FabriceM dit :

    Le premier documentaire est si convaincant que s’en est presque suspect, ça réveille des souvenirs de Michael moore et de montages par franchement règlos. parce que sérieusement le scientifique qui confond son hypothèse de travail et certitude scientifique .. c’est un peu gros.

    Sur le deuxième, il manque à mon avis une information importante, qui est simplement : qui paye, pourquoi ? Le cout de la recherche scientifique est souvent très important, et sauf erreur on ne paye pas quelqu’un sans motif. La “curiosité scientifique” n’explique peut-être pas tout. Après c’est sur, une fois que les chiffres sont sortis de la boite de pandore, il faut assumer, mais ces connaissances deviennent alors plus un poids qu’autre chose …

  5. Stagire dit :

    Cher Jean Robin,

    Comme disait Flaubert : la bêtise consiste à conclure.

    Or :
    La science n’a pas à être soumise à la morale, même si science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Soumettre la science à la morale, c’est se condamner à l’obscurantisme.

    Mais, n’est-ce pas conclure ? ;-)

  6. bijaoui dit :

    le ashjénazes d’israel ont un qi bien moins élevé que les ashkénazes des états-unis (103 en israel contre 110-115 aux usa). de plus les sépharades français occupent aujourd’hui massivement de bons postes(médecins, avocats, banquiers) alors que ce n’est pas le cas des sépharades israeliens. vous voyez, c’est complexe.

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