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L’antisémitisme français va bien, merci pour lui !

13 avril 2012, 21:21 Auteur : Commentaires fermés

Malgré un arsenal judiciaire unique au monde (loi Gayssot, loi Pleven, loi Lellouche, etc.), et une ultra-sensibilité politique et médiatique à la moindre critique des juifs (à l’exception notable des Israéliens), l’antisémitisme français va bien, merci pour lui ! Nous allons essayer d’analyser dans cet article les raisons pour lesquelles les héritiers de Drumont et de Coston sont de plus en plus nombreux, et d’autant plus décomplexés qu’ils sont rejoints par les nouveaux antisémites, principalement des musulmans dont Merah et Fofana ne sont que la partie émergée.

Terrible échec de l’antiracisme revendiqué par la LICRA, le MRAP, la Ligue des Droits de l’Homme et SOS Racisme. Après des décennies de matraquage judiciaire et médiatique, mis en œuvre par des officines sur-subventionnées par l’État et les collectivités locales, le seul résultat est d’avoir fait renaître l’antisémitisme dans notre pays, tout en le parant, ultime cadeau, d’une image de victime de la censure. La liberté d’expression est la véritable victime de ces associations, et de ceux qu’elles soutiennent indirectement, en leur permettant d’exister, à savoir les racistes. Il est grand temps de faire le bilan d’une politique établie par un Président d’extrême-droite, François Mitterrand, et d’en tirer toutes les conséquences.

1. Robert Faurisson

Voici un inconnu complet dans les années 70 que la politique de lutte antiraciste a rendu connu mondialement, jusqu’à à recevoir un prix et à serrer la pince du Président iranien récemment. Plus les antiracistes ou prétendus tels se sont acharnés sur lui, y compris par la violence physique, plus son aura a grandi, en France et à l’extérieur de nos frontières. Un “documentaire” complaisant vient même de lui être consacré par un “historien”, Paul-Eric Blanrue, sur lequel nous reviendrons. Ce documentaire a été traduit dans plusieurs langues, bien qu’on ignore l’audience réelle de ce genre de vidéo amateur. Consécration ultime, Faurisson fut acclamé à la fin d’un spectacle de Dieudonné au Zénith en 2008, et il vient de jouer un petit rôle dans le film “L’antisémite” qu’a produit Dieudonné avec l’aide de l’Iran. Un livre bourré d’inexactitudes (y compris sur mon nom, Rolin au lieu de Robin) vient de lui être consacré par une historienne, Valérie Igounet.

Faurisson connut son heure de gloire au micro d’Yvan Levaï le 17 décembre 1980, sur Europe 1, où il put prononcer sa phrase de 60 mots sur les chambres à gaz qui n’auraient pas existé. Une interview qu’on retrouve sur Youtube, sur Dailymotion et sur Google vidéo. On a vu pire censure, et nous y reviendrons car tous nos antisémites actuels, qu’ils soient négationnistes, antisionistes ou antijuifs, occupent un espace médiatique important, sur Internet et même dans les grands médias, bien plus que de très nombreux véritables intellectuels. Tous sont aussi des fans de l’Iran, et des ennemis de ce qu’ils appellent l’empire Américain, pourtant la liberté d’expression est bien plus importante aux USA avec le 1er amendement qu’en Iran où la censure est la règle et la liberté d’expression l’exception (à l’exception de l’antisémitisme, justement). D’ailleurs qui sinon les Américains ont inventé Internet ? Mais revenons à nos moutons.

Faurisson avait surtout fait parler de lui dans les années 70 et 80, puis il avait entamé une longue traversée du désert pendant les années 90 et 2000, jalonnée de rares oasis, des procès contre Robert Badinter notamment. C’est depuis 2008 que le phœnix renait de ses cendres, et depuis il parcourt le monde en créant nombre de vocations, un livre entier vient même de lui être consacré. Si une liberté d’expression totale existait dans ce pays, Faurisson serait connu de quelques centaines de personnes, tout au plus. C’est le tollé qu’avait provoqué la préface de Chomsky du livre de Faurisson à la fin des années 70 qui avait fait de cet obscur professeur de français une personnalité connue mondialement. L’acharnement contre cet homme seul, puis contre ce vieillard un peu moins seul, a même été jusqu’à faire voter l’infâme loi Gayssot, qui hiérarchise les génocides, en interdisant de nier le génocide des juifs mais pas les autres. Par ailleurs, le révisionnisme historique est devenu le mal absolu (en étant amalgamé avec la négation de la Shoah), alors qu’il est à la base de toute recherche historique et scientifique, comme le reconnaît d’ailleurs la LICRA elle-même : « nous sommes attachés au révisionnisme en histoire, dans le bon sens du terme : la méthodologie historique qui par une démarche scientifique explore un système idéologique, un évènement, le remet en question pour modifier plus ou moins profondément les analyses selon les cas. »

Bref, du grand n’importe quoi, mais la tentation de l’amalgame est si forte entre révision de l’histoire et négation de la Shoah qu’aucun intellectuel ni aucun journaliste n’ose dénoncer cet amalgame odieux. Et dans le même temps, il est autorisé voire subventionné de banaliser la Shoah en traitant le premier venu de négationniste ou de révisionniste, que ce soit au sujet de la corrida, du réchauffement climatique, de la peine de mort ou de l’avortement.

Le retour de Faurisson sur le devant de la scène est principalement dû à deux hommes, Paul-Eric Blanrue d’une part, et Dieudonné de l’autre, penchons-nous sur leur cas.

2. Paul-Eric Blanrue

Blanrue a un parcours bien différent de Faurisson, puisqu’il était loin d’être un inconnu au début de sa carrière. Invité des dizaines de fois sur les plateaux de télévision (ce dont il est apparemment très fier), y compris les émissions les plus trashs sur TF1, il était le représentant de la zététique, une secte qui nie toute existence de phénomènes que la science ne sait pas expliquer. Le but de la science en général, et de la recherche scientifique en particulier, consiste à chercher à expliquer ce que la science ne savait pas encore expliquer, la zététique est donc tout sauf scientifique. Blanrue et d’autres adeptes de la secte zététicienne (avec ne pas confondre avec les esthéticiennes, qui sont beaucoup plus utiles et moins sectaires) se donnaient en spectacle dans les années 80, 90 et même 2000 face à des médiums et autres voyants farfelus, afin de faire grimper les courbes d’audience et le prix des pages de pub pour des voitures ou des croquettes pour chien.

La démystification est la spécialité revendiquée de l’expert Blanrue, mais pas l’enquête, contrairement à certains journalistes qui ont enquêté sur les mêmes sujets que lui :

http://www.dailymotion.com/video/xjj0u2

Comme souvent, le mystificateur n’a de meilleure couverture que la prétendue démystification, tout comme le menteur va accuser l’autre de mentir. Cela s’appelle l’inversion accusatoire, et Ardisson était un de ses plus fervents praticiens, tout en étant très bon ami avec Blanrue d’ailleurs. Autre point commun entre les deux hommes : le plagiat. L’auteur de Sarkozy, Israël et les juifs a été démasqué par un certain saidchomsky que Blanrue a longtemps cru être l’auteur de ces lignes, avant qu’il ne réalise qu’il n’en était rien. Aujourd’hui, il dénonce sur son site Valérie Igounet qui commettrait des “bourdes chinées sur le net entre deux épisodes de Derrick“, et Blanrue sait de quoi il parle.

Celui qui se targue d’avoir des origines vénitiennes joue facilement des masques, comme lorsqu’il va signer son livre Le monde contre soi au salon du B’nai Brith, ce qui lui sera beaucoup reproché dans les milieux antisémites qu’il fréquente assidûment. Lors d’un rendez-vous avec lui, avant son coming-out, il me fait rencontrer sans me prévenir Hervé Ryssen, un antisémite et adorateur d’Hitler revendiqué. Ryssen se serait trouvé là par hasard, lisant Rivarol de manière à ce que tout le monde soit au courant. J’accepte ce débat impromptu, il est houleux, car Ryssen m’a pris en grippe suite à un article de mon blog. Blanrue prend tout naturellement la défense des arguments de Ryssen devant moi, ce qui m’étonne sur le coup, moins par la suite. Dans un autre échange, par mail cette fois, il maintient que mon arrière-grand père n’a pas été assassiné par les nazis, qui l’avaient pourtant déporté à Dora, mais qu’il est mort de maladie, ce qui n’a rien à voir selon lui. J’avais coupé les ponts suite à cet épisode fâcheux, mais lors de notre dernière entrevue peu avant, il m’avait dit qu’il préparait un gros coup. Ce gros coup, on le sait maintenant, c’était la rencontre qu’il organisa entre Dieudonné et Faurisson, et qui allait mener le comique à faire monter le chef des négationnistes sur la scène du Zénith.

Blanrue a donc fait son coming out, comme d’autres sur lesquels nous reviendrons. Un double coming out puisqu’il révèlera en 2011 s’être converti en 2009 à l’islam. Ses artifices ne suffisent plus à masquer son engagement pour la cause antisémite, la totalité de ses écrits depuis plusieurs années maintenant ne concernant que les juifs, Israël et les sionistes. Il faut lui reconnaître un certain sens de la communication et du marketing, comme avec la pétition pour l’abrogation de la loi Gayssot (signée notamment par l’auteur de ces lignes, par Robert Ménard, Noam Chomsky et bien d’autres), qui visait sans le dire à réhabiliter le négationniste hitlérien revendiqué là-aussi Vincent Reynouard, emprisonné conformément à la loi Gayssot. Yann Moix, préfacier de son livre Le monde contre soi n’a retiré sa signature de la pétition qu’au dernier moment et sous la pression de BHL, tandis que d’autres ne pouvaient supporter de figurer sur une pétition signée par tout ce que le négationnisme compte en France, oubliant ainsi qu’une pétition ne vaut pas par ses signataires mais par son but. Or qui d’autres sinon des négationnistes pour signer une pétition demandant l’abrogation de la loi Gayssot ? Il faut être un minimum cohérent… Mais par cette volonté de tout mélanger, que l’on retrouvera plus loin, il est devenu impossible dans ce pays de penser par soi-même sans risquer les foudres d’autorités morales auto-proclamées.

Sans Blanrue, Dieudonné aurait-il connu Faurisson ? Sans nul doute, les deux comiques fréquentant les mêmes milieux pro-iraniens. Mais Blanrue a sans doute accéléré les choses, et apporté une certaine respectabilité et un doute dans l’esprit de beaucoup de gens, notamment les plus jeunes. Le négationnisme, ultime anti-mysticisme, est le message que Blanrue n’a de cesse de faire passer partout où il va désormais. Comme tous ceux dont il sera question dans ce trop long article, nulle censure ne le frappe toutefois, contrairement à ce qu’il cherche à faire croire et à moins que la censure frappe tous ceux qui ne passent pas au 20h de TF1. Son blog, le clan des Vénitiens, n’est pas censuré. Son livre Sarkozy, Israël et les juifs n’a jamais été interdit en France, mais le faire croire était plus marketing pour Blanrue, qui osa même se comparer, par un communiqué de son avocat, à Voltaire ! La LICRA peut bien le poursuivre pour contestation de crimes contre l’humanité, cela ne fera que renforcer son aura de martyr de la censure et de défenseur de la liberté d’expression et de la vérité… Décidément, ces antiracistes ne comprennent rien à rien, à moins qu’ils ne cherchent à alimenter le mal dont ils se nourrissent par ailleurs.

3. Dieudonné M’bala M’bala

Si le doute sur l’antisémitisme de Dieudonné restait permis en 2004 et en 2005, voire en 2006 quand j’ai publié La judéomanie, ces doutes se sont évanouis au fur et à mesure que le comique de talent s’enfonçait tout seul ou aidé par certains idéologues dans une haine des juifs de plus en plus claire et nette. Le résultat est un gâchis sans nom du plus grand talent comique français actuel.

C’est peu connu mais en 2005, il visitait Auschwitz et s’y recueillait sincèrement :

http://www.dailymotion.com/video/x8699c

La main tendue par le rabbin Haïm Korsia pour l’accompagner dans ce voyage fut rapidement retirée et il dut y aller seul, mais ce fut le dernier acte de respect envers le génocide des juifs. Il s’est enfermé doucement mais sûrement dans cette idée que les juifs dominent le cinéma, les médias, la politique et plus généralement le monde de l’argent. Ses démêlés avec Arthur et Elie Semoun n’ont rien arrangé à ce niveau-là, pas plus que son amitié naissante avec Alain Soral dont l’antisémitisme plus intellectualisé sera vite communicatif.  Et puis les limitations odieuses de sa liberté d’expression n’ont fait que renforcer sa volonté d’en découdre avec ce qu’il appelle le lobby sioniste, mais dont tout le monde sait bien qu’il pense lobby juif. Sur une chaîne iranienne, il déclarera que “le sionisme a tué le Christ“, oubliant un instant que le sionisme date du 19ème siècle et non du début de l’ère chrétienne. Forcément, loin des médias français, on se lâche plus facilement.

Outre la montée de Faurisson sur la scène du Zénith dont nous avons déjà parlé, il vient de produire (avec l’Iran) un film intitulé “L’antisémite” que la LICRA poursuit en justice en cherchant à l’interdire. La quasi-totalité des sketchs, déclarations et autres manifestations de Dieudonné sont liés aux juifs, à Israël ou au sionisme depuis 5 ou 6 ans. L’obsession antisémite est bien connue, mais quand elle touche un humoriste qui nous a tant fait rire, c’est d’autant plus triste.

Leader d’une liste “antisioniste” aux dernières européennes, avec son acolyte Soral, il fait le lien dans son théâtre de la main d’Or entre l’ancien et le nouvel antisémitisme. Lui-même métis, il est le pont rêvé entre le monde blanc et le monde coloré des banlieues, entre le monde du spectacle dont il a longtemps fait partie et Internet où il officie désormais avec un énorme succès. Ses vidéos sont souvent visionnées par plusieurs centaines de milliers de personnes, parfois même des millions, comme un sketch, mauvais selon moi, sur DSK. Souvent dépeint par ses ennemis comme très attiré par l’argent, il gère ses affaires de main de maître, et invente grâce à Internet un marketing novateur pour diffuser ses productions indépendantes. T-shirt, goodies, affiches, DVD, billets de spectacle et maintenant film, on pourrait croire qu’il s’agit de Georges Lucas mais non, c’est bien Dieudonné.

Évidemment, à force de parler encore et toujours du même sujet, la Shoah, les juifs, Israël et le sionisme, d’en faire une chanson, un film, des dizaines de sketchs redondants, malgré le talent ça tourne sérieusement en rond, alors que les autres sujets à ne pas être traités par les humoristes faute de courage ne manquent pas. Mais Dieudo préfère les valeurs sûres, et force est de constater que son théâtre ne désemplit pas, preuve incontestable de son talent… ou de l’antisémitisme français qui a le vent en poupe ? Un peu des deux, mon capitaine. Et on retrouve Dieudonné, comme Blanrue, Faurisson et Soral, en Iran, dont les rentes pétrolières permettent de financer tant le Hamas que le Hezbollah, et un groupe de leaders français aussi charismatiques qu’antisémites.

4. Alain Bonnet de Soral

Autre phénomène des plateaux télé passé à Internet avec succès, le frère d’Agnès Soral est passé maître dans le décervelage de jeunes de banlieue en manque de sensations fortes. Masquant de plus en plus difficilement une haine viscérale de tout ce qui se termine en -man, -schild ou -lévy, il se déclare dans une de ses vidéos de juin 2011 carrément antisémite, faisant à son tour son coming out. Mais attention, il se dit antisémite “face au judaïsme talmudo-sioniste d’aujourd’hui et face à cela, être antisémite revient à être authentiquement antiraciste“. C’est légèrement embrouillé dans les boyaux de la tête de ce garçon, il faut bien l’avouer.

Quiconque l’a côtoyé personnellement sait parfaitement à quoi s’en tenir, et sa déclaration à Complément d’Enquête en 2004 ne fut pas un dérapage ou un piège dans lequel il est tombé, mais bel et bien le fond de sa pensée. Nous l’avons nous-même constaté, devant témoins dont Oskar Freysinger avec qui il venait de débattre sans rien dire de particulier sur les juifs. Puis, une fois la caméra éteinte, le festival soralien se déclencha, l’auteur de ces lignes en faisant d’ailleurs personnellement les frais, car d’origine juive (personne n’est parfait, je ne suis le pas à 100%).

Comme Dieudonné et Faurisson, il faut croire qu’un livre lui sera bientôt consacré, tant le phénomène Soral (ou Soraël pour ceux qui veulent être un peu plus méchant) a pris de l’ampleur ces dernières années sur le net. Très souvent invité à la télévision dans les années 80 jusqu’à 2000 (où il a même travaillé en tant que chroniqueur-comique-pas-drôle-à-la-Ruquier), grand copain d’Ardisson qui l’invita à de multiples reprises dans ses émissions, il mit sa célébrité de people artificiel au service de la cause antijuive en investissant le net, où il peut déverser en toute tranquillité sa haine et son mépris envers “la communauté”. Ses vidéos sont moins vues que celles de Dieudonné, mais leur audience ne cesse d’augmenter, pour tutoyer les 100 000 visionnages récemment par vidéo, ce qui est considérable : l’émission télévisée de Zemmour et Naulleau, d’une durée équivalente, est visionnée en moyenne 120 000 fois sur Paris Première…

Comme tous les antisémites français actuels, Soral se dit censuré alors qu’il est encore invité dans des radios comme RFI (où l’auteur de ces lignes n’a jamais été invité) ou sur des plateaux télé comme celui de Frédéric Taddéï, qui invite toujours Dieudonné d’ailleurs. Et sur Internet, l’audience énorme que réussissent nos deux compères sont une des multiples preuves que leurs fadaises n’ont aucun sens : si le lobby juif était si puissant qu’ils le prétendent, il les aurait déjà mis en prison ou supprimé physiquement, car ils font vraiment du tort aux juifs par leurs discours haineux et toujours sous couvert de défendre une cause juste (cause palestinienne, réconciliation des peuples, et même véritable antiracisme, ce qui ne manque pas de sel). Or il n’en est rien. Son dernier livre, Comprendre l’Empire, loin d’être censuré, s’est écoulé à plus de 30 000 exemplaires, et principalement en librairie, y compris dans les grandes chaînes comme la Fnac ou Virgin (qui ne seraient donc pas aux mains des juifs ?).

La réalité est plus complexe qu’Alain Bonnet de Soral (son vrai nom) veut le faire croire à ses adeptes : le lobby juif existe mais il est divisé, entre pro et anti-israéliens (comme nous l’expliquait Philippe Karsenty), entre socialistes (UEJF) et umpistes (LICRA), entre juifs assimilés (Eric Zemmour, Elisabeth Lévy) et juifs affiliés à la France et à Israël (Gilles-William Goldnadel, Alain Finkielkraut), etc. etc. Mais tous ces courants sont bien trop compliqués pour un manichéen obsessionnel comme Soral, et son discours est bien plus percutant quand il met tout le monde dans le même sac, dès lors qu’il a un nom à consonance juive, ou qu’il est suspecté de fricoter avec “la communauté”, les banques (forcément juives), et s’il va au dîner annuel du CRIF, son compte est bon !

Ainsi, un discours qu’on n’avait plus entendu depuis ce que les antiracistes appellent pompeusement “les heures les plus sombres de notre histoire” refait surface avec la gouaille d’un marxiste qui est passé du PC au FN avant de fonder sa propre association, Égalité et Réconciliation, dont le but est de réconcilier tout le monde contre les juifs, enfin contre le sionisme pardon. En 2007, j’ai accepté l’invitation de Soral pour présenter à la première Université d’Été de son mouvement mon livre La judéomanie, elle nuit aux juifs, elle nuit à la République. Je n’avais été invité nulle part ailleurs, et j’étais curieux de voir par moi-même qui se trouvait là, et quelles étaient les motivations de ces jeunes (et moins jeunes). Je ne fus pas déçu, mais je fis passer l’idée au public rassemblé là que les juifs ne sont pour rien dans la judéomanie, Mitterrand, Jospin et Chirac n’étant pas juifs, et les lobbies ayant le droit d’exister mais les responsables politiques ayant le devoir d’y résister. Je fus applaudi, preuve que tout n’est peut-être pas perdu…

Peu de temps après, Soral refusa un débat qu’il m’avait pourtant promis, et refusa de me rendre un livre auquel je tenais, Les juifs dans la collaboration de Maurice Rajsfus, préfacé par Pierre Vidal-Naquet, introuvable dans le commerce. Il s’en glorifia même à plusieurs reprises, et fit créer un T-shirt “J’ai volé un livre à Jean Robin” qu’il exhiba fièrement dans certaines de ses vidéos. Se glorifier du mensonge et du vol, voici un curieux choix, mais après tout rien ne me surprend venant des antisémites. Il va sans dire que les sbires soraliens viendront pourrir en masse les commentaires de ce billet, je préfère donc les fermer, ça leur évitera de se fatiguer pour rien. Qu’ils aillent plutôt demander à leur gourou de secours pourquoi il refuse le débat avec quelqu’un qui est pourtant capable de lui tenir la dragée haute sur son sujet de prédilection.

5. Houria Bouteldja

Je ne m’étendrai pas longtemps sur le cas pathologique de cette indigène de la République auto-proclamée, qui se compare désormais à Mohamed Merah, l’assassin de Toulouse et de Montauban. Je m’attarderai d’autant moins qu’elle a la gachette judiciaire facile, et que la moindre critique peut faire l’objet d’une poursuite en diffamation, en grande défenderesse de la liberté d’expression qu’elle est (mais de sa liberté d’expression), j’ai déjà dû retirer une vidéo sous l’injonction de son avocat et sous menace de poursuite, alors que je ne révélais rien de particulier. J’ai aussi été l’objet de menaces physiques de la part de ses sbires, et d’un appel direct au lynchage, au plein milieu de la manifestation du 17 octobre 2010, commémorant le 17 octobre 1961. Ce qui en dit long sur les pratiques de cette… dame. Et je ne parle même pas des conférences où elle parle avec le portrait du Cheikh Yassine, cet antisémite forcené qui appelait à tuer les juifs, sans distinction de militaires ou de civils, et qui est responsable de bon nombre d’attentats en Israël.

Je constate simplement que malgré cela, elle a été invitée plus d’une vingtaine de fois à la télévision publique française, sans avoir écrit le moindre livre, et en tenant systématiquement des paroles de haine et de culpabilisation de la France. Elle se compare maintenant à un assassin d’enfants juifs, et de militaires français, mais on peut faire confiance à nos chers programmateurs pour l’inviter à nouveau sur les plateaux télé pour qu’elle vienne déverser toute sa haine, toujours au nom de la bonne cause. En tout cas la transition est toute trouvée avec les deux derniers de cet article décidément trop long.

6. Mohamed Merah et Yussuf Fofana

Ces deux assassins et notamment de juifs démontrent s’il en était besoin que l’ancien antisémitisme, dont nous venons de décrire les principaux leaders en France, n’est rien comparé au nouvel antisémitisme d’origine musulmane et africaine. Ils démontrent également que toutes les lois du monde pour censurer l’expression antisémite n’empêchera jamais de véritables antisémites de passer à l’acte en assassinant des juifs parce qu’ils sont juifs. Ce climat judéomane empêche même de savoir de manière sûre si les motivations de ces fous étaient uniquement antisémites ou bien également voire uniquement médiatiques, tant ils avaient tués ou menacés des non-juifs auparavant sans qu’il ne se passe rien au niveau médiatique et politique, avant qu’ils ne se décident à passer aux juifs, générant ainsi le déluge médiatico-politique qu’on a connu.

Conclusion

Avec ces exemples, qui sont loin d’être exhaustifs, nous constatons que l’antisémitisme français est réapparu avec l’antiracisme d’abord, et a été amplifié par Internet ensuite, ainsi que par une certaine partie de l’immigration musulmane récente, qui s’abreuve de messages antisémites en provenance du monde arabe et iranien, et qui sont des colonisés imaginaires pour qui la France reste responsable de tous les malheurs, et derrière la France les juifs (et les franc-maçons, ne les oublions pas) qui tirent les ficelles. Nulle censure n’est plus possible, avec Internet et les pays étrangers (et notamment musulmans) qui prennent le relais.

Oui, les politiques de différenciation des juifs du reste de la communauté nationale ont lamentablement échoué depuis 30 ans, et il convient de revenir à plus de raison et d’égalité en droits si nous ne voulons pas assister à de nouveaux drames touchant les juifs et les autres dans une guerre civile et raciale qui ne dira pas son nom.
Oui, décidément, l’overdose est un mauvais médicament, et il convient plus que jamais de considérer les juifs comme des êtres humains à part entière, ni plus ni moins, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

A chacun de prendre ses responsabilités, en tant que journaliste, je prends les miennes depuis plusieurs années déjà, avec les risques d’amalgame dont j’ai déjà parlé, dans un silence médiatique et politique assourdissant. Les choses changeront peut-être un jour, puisque la roue finit toujours par tourner, pour le meilleur et pour le pire.

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