« Réveillons nous ! » nous dit le bandeau sur la couverture du dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan : « L’euro, les banquiers, et la mondialisation : L’arnaque du siècle ». Et en effet, il y a de quoi. A travers un essai court, simple et précis, le président de Debout la République poursuit sont combat contre la monnaie unique et lance un appel sincère au patriotisme raisonné face à une Europe en perdition.
L’euro, la devise qui divise
Avec ce livre au titre accrocheur, Nicolas Dupont-Aignan décoche une flèche bien placée aux européistes entêtés. Au fil des pages, il fustige l’euro, monnaie devenue dogme. Une monnaie chère, trop chère, qui bloque la croissance de notre pays depuis trop longtemps et qu’il vaut mieux abandonner, histoire de ne pas couler avec le navire. Délocalisations, chômage, vie chère… telles sont les conséquences, énumérées par le député de l’Essonne, d’une monnaie unique uniformisatrice qui empêche « toute marge de manœuvre économique », ne correspond pas « à la réalité des économies », et qui sert plus « au bénéfice des banques que des économies ».
« Comment ne pas admettre que nos dirigeants sont prisonniers des vrais maîtres de l’euro, de ces oligopoles de l’industrie, de la banque et de la finance, avec lesquels ils entretiennent des relations très étroites ? » s’interroge NDA, dénonçant au passage un euro « cheval de Troie de la mondialisation ultralibérale en Europe » (p.96). Métaphorique, il conclut : « c’est cela l’euro : un costume standard dans lequel le plus grand est à l’étroit, le plus petit trop au large ! » (p.42).
Avec cet euro trop fort, pas de dévaluation possible, et donc pas de moyen de relancer les exportations et la croissance. Face à Nicolas Dupont-Aignan et confrontée à cette question en pleine Assemblée Nationale, Christine Lagarde, alors ministre de l’économie et des finances, n’a pas trouvé d’autre réponse que cet aveu d’impuissance stupéfiant : « Il faudra bien que cela soit possible, Monsieur le député ».
L’Union Européenne, une impasse politique
Au-delà sa monnaie, l’outil devenu maître, l’Union européenne est également montrée comme une impasse politique, avec à sa tête une commission non-élue, et donc parfaitement anti-démocratique. Destinée à favoriser l’immobilisme et à garantir un alignement systématique sur le « grand frère » américain, l’UE fut avant tout un projet politique, nous affirme l’auteur. « Les Etats-Unis d’Europe, ce sont les Etats-Unis en Europe » (p.108), constate le maire d’Yerres, dénonçant un « totalitarisme soft » ou une « démocratie sous tutelle ».
« L’Europe, ce n’est pas une nation, avec une même langue, un même espace, des mêmes habitudes, ce sont des nations, avec des langues, des cultures, des histoires qui s’enrichissent d’être différentes » (p.42), constate-t-il avec réalisme. Car, et le livre nous le rappelle, l’espace européen n’assure ni la mobilité des travailleurs, ni un budget central d’aide, comme aux États-Unis. A quoi bon vouloir uniformiser un territoire si vaste et si varié ?
La loi de 1973 et le scandale France Trésor
En milieu d’ouvrage, Nicolas Dupont-Aignan ne manque pas de porter à la connaissance du grand public l’existence de deux scandales majeurs.
Le premier, au cœur de toutes les indignations dissidentes actuelles, c’est la fameuse loi du 2 janvier 1973 (article 25), qui privait l’Etat de sa liberté de création monétaire et l’obligeait à emprunter (avec intérêts) sur les marchés privés. Depuis, cette loi infâme, promulguée en douce par Pompidou (ex-patron de Rothschild) et Giscard, a depuis été amplifiée à l’échelle européenne par les traités de Maastricht (article 104) et Lisbonne (article 123).
Le second, moins connu, concerne le conflit d’intérêt hallucinant qui existe au sein de l’agence France Trésor. « La mission – impossible – consiste pour ces grands banquiers à “gérer la dette et la trésorerie de l’Etat au mieux des intérêts du contribuable”, tout en feignant d’oublier qu’ils appartiennent chacun, d’abord et avant tout, à l’une de ses mêmes banques qui n’a rien à gagner à ce que la dette en France s’amenuise ! » (p80).

Retour au Franc, retour à la liberté monétaire
Évidemment, le livre n’est pas uniquement un réquisitoire contre l’euro et l’Union Européenne. Il est aussi une fenêtre ouverte vers un nouvel avenir, tentant de prévoir ce que serait l’Europe sans l’euro et proposant, rapidement mais efficacement, un projet alternatif.
Tout d’abord, il n’est pas question de sortir de l’euro. Non. C’est l’euro qu’il faut sortir. Comme le rappelle NDA, « nous ne sommes pas une province de l’euro, (…) ou une nouvelle étoile au drapeau américain » (p.119). Sortir de l’euro, et après ? Après, une logique retour au franc qui, selon l’auteur, ne sera en rien un pas en arrière. Car retrouver sa liberté n’est jamais un pas en arrière. « Le retour au franc sera la clé qui permettra de déverrouiller la porte » nous dit-il (p.127).
Ensuite, le candidat à la présidentielle de 2012 espère qu’une France allégée de l’euro offrira un retour de la compétitivité, des exportations, de la croissance, et ainsi des relocalisations et plus d’un million d’emplois créés (ou recréés). La France retrouverait sa liberté de création monétaire, avec une Banque de France souveraine, libérée des marchés privés. Une véritable projection dans un futur, au mieux merveilleux, au pire beaucoup moins triste.
« Certains – ceux qui aiment se faire battre – diront sans doute que nous aurions tout à perdre sans l’euro, alors que c’est avec lui que nous avons tout perdu » (p.51). Et quoi de plus vrai que ce constat habile, envoyé en pleine tête de tous les europhiles convaincus, prisonniers qu’ils sont de leurs œillères intellectuelles ?
Le patriotisme face au mondialisme, avec une France porteuse d’espoir
Pour finir, le député, gaulliste de cœur, ne manque pas de faire l’éloge du patriotisme : « Tous les pays qui réussissent en ce début du XXIème siècle sont profondément patriotes. Ils défendent leurs intérêts ! Le patriotisme c’est l’arme, la seule arme possible contre le communautarisme, l’européisme, le mondialisme qui minent notre pays » (p.147).
Ainsi Nicolas Dupont-Aignan espère-t-il un retour aux valeurs patriotiques, avec une France qui montre l’exemple, forte de son image universelle toujours aussi importante dans le monde entier : « Une fois restaurée la souveraineté de la France, qui se bâtît d’abord à l’intérieur, nous libèrerons cette Europe kidnappée ! » (p.149). Il ne faut pas oublier que, bien souvent dans l’Histoire, l’exemple est venu de l’hexagone. Et comme l’Histoire est un éternel recommencement, l’espoir ne sera sûrement pas vain.
Ce livre est une contribution non négligeable à l’éveil des consciences, car telle est l’étape incontournable avant le sursaut tant espéré. Un essai simple, grand public, accessible, argumenté, éclairé et éclairant. Seule manque une réelle organisation : les chapitres sont un peu fourre-tout et il est difficile de bien cerner la ligne conductrice. Malgré tout, « L’arnaque du siècle » reste une bonne pierre à l’édifice du renouveau français, avec des valeurs patriotiques et dissidentes comme on les aime. Un ouvrage de qualité, à mettre entre toutes les mains euroseptiques.
Christopher Lings
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Image : Couverture “L’euro, les banquiers et la mondialisation : l’arnaque du siècle”, par Nicolas Dupont-Aignan aux éditions du Rocher
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Dupont-Aignan est, de loin, la personnalité politique a s’être le plus distingué depuis des années chez Ruquier. Henri Guaino n’était pas mal non plus la semaine dernière.
Ivan Levaï, lui, était vraiment pa-thé-tique.
La loi de 73 n’est un problème que pour ceux qui veulent faire tourner la planche à billets sans aucune mesure.
Le seul vrais problème est que des politiciens à irresponsabilité illimité, puissent endetter le serf contribuable pour leur bénéfice personnel, sans la moindre conséquence négative pour eux même.
L’endettement d’État doit être interdit (ou au moins conditionné à la majorité des 2/3 au parlement), la loi de 73 n’a donc pas d’objet.
La démagogie, c’est faire croire à des gens en colère qu’il y a des solutions simplistes à des problèmes complexes. Dupont-Aignan se situe dans la lignée des démagogues en faisant comme si l’euro était la cause de tous les maux qui accablent la France, en omettant de mentionner ce que l’euro a apporté de positif (par exemple : une forte baisse des taux d’intérêt, la stabilité des prix, une monnaie forte, l’incitation à une plus grande rigueur budgétaire), et en voulant nous faire croire que le retour à des politiques appauvrissantes et non-coopératives de dévaluation compétitive vont nous faire revenir comme par magie à la croissance, au plein emploi et à la maîtrise de l’endettement (à croire qu’il n’a jamais ouvert un manuel d’économie de base).
Le fait qu’un individu aussi médiocre puisse séduire des gens qui se disent gaullistes en dit long sur l’état de désespoir ou de lobotomisation d’une partie de l’électorat de la droite en France.
@ Shaul
1) C’est un fait que les taux d’intérêt ont fortement baissé et se situent en France à des niveaux historiquement bas depuis l’arrivée de l’euro (et il ne s’agit pas d’une coincidence)
2) C’est un fait que l’inflation est à des niveaux très bas par rapport aux taux à deux chiffres de la belle époque où la seule réponse que l’on apportait aux problèmes économiques consistait à dévaluer le franc
3) Une monnaie forte a des avantages : elle abaisse le coût des importations (élément très important au regard de la hausse des prix du pétrole notamment), elle encourage l’épargne, elle facilite grandement le placement des emprunts obligataires publics et privés auprès des investisseurs, etc. Elle ne doit certes pas être trop forte pour ne pas pénaliser excessivement les exportations, mais de toute façon la compétitivité prix n’est pas l’objectif que doit viser un pays comme la France, qui ne peut pas lutter à armes égales face aux pays émergents en matière de coûts salariaux, et qui doit plutôt mettre en place une stratégie de spécialisation à l’international fondée sur la fabrication de biens et services à forte valeur ajoutée et à contenu innovant, à l’instar de l’Allemagne
4) Si la charge du service de la dette s’alourdit, ce n’est pas à cause de l’euro, c’est parce que les gouvernements ne maîtrisent pas suffisamment leurs déficits budgétaires et ne luttent pas assez efficacement contre la fraude et les gaspillages. En permettant une forte baisse des taux d’intérêt, l’euro a eu au contraire pour effet d’alléger le service de la dette par rapport à ce qu’il aurait été avec des taux d’intérêt élevés.
@ Shaul
PS : ton chiffre de “80% d’intérêt pour 1000 euros de dette” est complètement farfelu, renseignes-toi avant d’écrire, surtout toi qui n’hésites pas à être très arrogant et agressif avec certaines personnes sur ce site.
A Snake,
Tu me sers la soupe européiste, là ? Non merci, j’ai déjà donné.
D’ailleurs, je suis allergique à la Constitution européenne.
Mon médecin m’a conseillé fortement un régime draconien de souveraineté Nationale.
Je ne sers aucune soupe et je ne milite pour aucun ” -isme”. J’essaie juste d’être un citoyen qui exerce son analyse critique.
J’en profite pour rajouter à mon point n°4, même si c’est évident, que si les déficits budgétaires s’accroissent, c’est aussi parce que la croissance est trop faible, ce qui engendre des rentrées fiscales insuffisantes, et, à ce titre, la politique monétaire menée par la BCE n’a pas toujours été adaptée (je n’ai jamais dit qu’il ne fallait rien changer à l’Europe évidemment, il y aurait beaucoup à dire sur le sujet, mais le snake doit filer…)
@ Snake Plissken :
“Le fait qu’un individu aussi médiocre puisse séduire des gens qui se disent gaullistes en dit long sur l’état de désespoir ou de lobotomisation d’une partie de l’électorat de la droite en France.”
=> Il est le seul à faire le net distinguo entre le citoyen et le consommateur, ce qu’il dit explicitement dans cet extrait. Alors ça ne constitue pas un programme, certes, mais c’est un début primordial qui n’est présent chez aucun autre candidat, à ma connaissance.
De plus il ne s’agit pas de dire que l’Euro est le grand responsable de tous les maux de la planète, mais à partir du moment où l’on mise sur la souveraineté nationale, celle-ci doit entre autres être envisagée en termes monétaires, fût-ce au prix d’une décennie de récession subséquente.
Et je ne fais pas partie des mieux nantis…
A Snake,
Je vais te démontrer les 80% d’intérêts sur la dette, laisse moi juste un peu de temps.
Tu dois connaitre le chiffre mais cela risque de mettre à mal ton idéologie européenne, celle qui promeut la paix, la prospérité, l’échange et la diversité.
L’Europe est à bannir, ça fait 40 ans que l’on nous roule dans la farine, alors le discours qui veut nous faire avaler un ré-équilibrage de truc et une refonte de machin, c’est bon, on balance tout à poubelle et on retrouve notre souveraineté.
Je rappelle pour les bas du front que nous sommes la 5eme puissance mondiale et que la France est l’inspiratrice, sans le vouloir, des Nations. Beaucoup attendent de nous, que nous soyons la France, pas un dhimmi de l’Europe.
40 ans de coma, on stop et on se réveille.
@ Shaul
La charge de la dette représentait en 2010 un montant d’un peu plus de 40 milliards, pour une dette de 1700 milliards et un déficit budgétaire qui s’est établi à 150 milliards au cours de l’exercice.
Sans la forte baisse des taux d’intérêt qui a été rendue possible dans une large mesure par l’euro, la charge des intérêts de la dette serait beaucoup plus lourde.
@Snake
Les taux d’intérêts ont baissé avec l’arrivée de l’Euro. Mais le problème grec n’est-il pas, en partie, du à ces taux d’intérêts, artificiellement bas, qui l’ont incité à emprunter ?
Snake, avoue déjà que si NDA ne pointe que les mauvais effets de l’Euro, c’est de bonne guerre ; toi-même tu ne pointes que les bons effets. Et encore, ta vision est largement biaisée.
En effet, tu te réjouis :
- Du faible taux d’intérêt. Si tu suivais ce que NDA dit déjà, tu verrais qu’il prône un remboursement partiel de la dette par création de monnaie (qui serait, pour répondre à je ne sais plus qui, peu inflationniste puisque nous sommes clairement en période de sous-emploi). Faut pas juste prendre un élément, faut avoir une vision plus large de ce qu’il dit, hein.
- De la faible inflation et de la monnaie forte : c’est bien, je vois que tu connais les bases. Oui c’est sûr ça a des avantages. Avec une monnaie faible, on importera plus cher, certes ; mais en attendant, on n’exporte plus rien. Je préfère une nation productive qui favorise les travailleurs, plutôt qu’une nation qui favorise uniquement le capital. Après, c’est un choix de vie ; peut-être préfères-tu le chômage.
Je vois que tu préfères aussi notre époque à la “belle époque”. Certes il y avait une inflation. Mais… et alors ? Plein-emploi, croissance, bref, une économie qui favorise le travail et la production : ça, c’est quoi ?
Tu me fais rire avec ta critique de la dévaluation : aujourd’hui, tu crois que c’est mieux ? sans la liberté monétaire et budgétaire, tu fais quoi ? C’est simple : rien. Tu n’es qu’un simple gestionnaire travaillant pour l’UE. Voilà à quoi est réduite la France aujourd’hui et voilà à quoi t’as l’air d’aspirer.
La monnaie forte “ne doit certes pas être trop forte” comme tu dis : eh bien, sache qu’aujourd’hui, c’est le cas. Cf. : Balance commerciale.
“La compétitivité prix n’est pas l’objectif que doit viser un pays comme la France, qui ne peut pas lutter à armes égales face aux pays émergents en matière de coûts salariaux” : déjà, je te signale qu’on perd notre compétitivité sur l’un de nos plus gros points forts : le tourisme. Je parlais à un américain récemment : l’expresso dans un quartier huppé, pour lui, c’est quasiment 10$. De fait, l’attrait de notre beau pays est beaucoup plus limité. Avoir une compétitivité monétaire à ce niveau a donc un sens. Ensuite, NDA a proposé une taxe pour les cas de concurrence déloyale ; afin justement de lutter à armes égales. Et encore une fois, c’est un choix de société : tu as l’air de vouloir d’un pays qui ne produit plus rien et qui est composé seulement de services et de chômeurs.
“et qui doit plutôt mettre en place une stratégie de spécialisation à l’international fondée sur la fabrication de biens et services à forte valeur ajoutée et à contenu innovant, à l’instar de l’Allemagne”
Sur ce point, tu n’as pas tort. Mais justement, pour le moment, l’Allemagne est n°1. Donc une monnaie forte ne nous est pas adaptée pour le moment.
- La charge de la dette ne s’alourdit pas à cause de l’euro ?
Eh bien si, puisque notre croissance est molle et que le chômage ronge notre économie. Et cela, à cause d’une monnaie trop forte.
De toute façon, je ne sais pas pourquoi je m’évertue à argumenter. Car enfin, l’Euro va exploser, pour la simple raison que sa survie est conditionnée… à des conditions absurdes/impossibles :
- Soit la Grèce, l’Espagne, l’Italie partent et l’Euro n’a plus de raison d’être.
- Soit l’Allemagne part, et l’Euro n’a plus de raison d’être.
- Soit on mutualise tout, le cauchemar fédéraliste en quelque sorte, de force : car l’Allemagne n’acceptera pas, et elle a bien raison.
@ Nicolas O.
Si je vous comprends bien, les taux d’intérêt seraient trop bas car, au niveau où ils sont depuis plusieurs années, ils induisent des effets pervers de fuite en avant dans l’endettement.
Il est vrai que des taux d’intérêt trop bas créent ce que les économistes appellent de l’”aléa moral”. Mais je ne pense pas que la BCE aurait dû pour autant pratiquer une politique monétaire plus restrictive. D’abord parce que la croissance dans la zone euro est trop faible : des taux d’intérêt plus élevés auraient eu pour effet d’asphyxier encore plus l’économie européenne, surtout dans un contexte caractérisé par la relative inefficacité du levier budgétaire. Ensuite parce que les crises bancaires ont obligé la BCE à injecter des liquidités dans le système. Il me semble que les deux facteurs principalement responsables de la crise grecque sont : 1) la politique budgétaire laxiste de l’Etat grec, qui ne pouvait que susciter la défiance des prêteurs tôt ou tard; 2) la surréaction typique des marchés financiers, qui a aggravé considérablement le problème. Dans les deux cas, je ne crois pas que l’euro soit le coupable. Au contraire, l’euro aurait dû obliger l’Etat grec à cesser de reporter les réformes structurelles dont l’économie grecque a besoin – si l’Etat grec avait respecté les règles du jeu de l’Union européenne, en l’occurrence les critères de convergence.
@ Sylvain
1) Revenir à la planche à billets serait une régression. On ne dotera pas la France d’une économie forte ni les Français d’un pouvoir d’achat plus grand en revenant à des taux d’inflation à deux chiffres, en ruinant les épargnants et en faisant perdre toute sa valeur à notre monnaie. Si nous faisons cela, nous nous ferons entièrement racheter et vassaliser et nous ne pourrons plus nous financer.
2) Tu es nostalgique des Trente Glorieuses, mais c’est fini ce temps-là, on ne peut pas y revenir parce que l’environnement économique a subi des transformations majeures entre-temps : essor de la Chine et des pays “émergents”, libéralisation et globalisation des échanges de biens et de capitaux, crise de l’Etat-providence, etc. Le nouvel environnement est plus complexe, on ne le gère plus simplement par des politiques de stop and go, les politiques budgétaires ont perdu de leur efficacité, la politique monétaire est plus délicate à mettre en oeuvre, etc.
Ce n’est pas le retour au franc et aux pratiques de dévaluation compétitive qui vont nous permettre de nous adapter à ce nouvel environnement, au contraire cela aggraverait nos problèmes. De plus, il faut être naïf pour croire que nos partenaires économiques et commerciaux vont nous laisser exporter notre chômage sans prendre des mesures de rétorsion.
3) Il y a bien d’autres facteurs que le taux de change de l’euro qui expliquent l’insuffisance du taux de croissance de notre économie, liés à notre spécialisation internationale, à notre fiscalité, à notre marché du travail, à notre partage de la valeur ajoutée, etc.
4) Le point sur lequel je suis d’accord avec toi, c’est que le statu quo ne peut pas durer : soit on revient à une gestion de l’économie au niveau purement national avec des Etats européens qui pratiquent des politiques non-coopératives entre eux, soit on va vers plus d’intégration et de fédéralisme, mais on ne peut pas continuer à faire les choses à moitié comme on le fait en ce moment, avec une politique monétaire unifiée et des politiques budgétaires et fiscales nationales et les inévitables incohérences qui découlent d’un policy-mix bancal.
Les raisons de l’appauvrissement et des difficultés actuelles de nombreux Français (y compris moi-même !) ne sont pas à trouver dans l’euro mais plutôt dans les facteurs suivants (non exhaustifs) :
- hausse extravagante des prix de l’immobilier, qui oblige les ménages à consacrer une part de plus en plus importante de leur budget au logement
- hausse continue du prix du pétrole
- politiques de réduction des coûts salariaux dans la plupart des entreprises et dans la fonction publique qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages
- difficultés à réformer le marché du travail et la protection sociale, qui aboutissent à la coexistence de phénomènes de surprotection et d’exclusion
- politique fiscale à la fois injuste et inefficace, qui pèse trop sur le travail et sur les classes moyennes, au profit de la rente et du capital improductif
Arrêtez de prendre l’euro comme seul bouc émissaire et dîtes-nous ce que vous comptez faire sur ces sujets, M. Dupont-Aignan et tous vos sympathisants.
@Snake
“Dans les deux cas, je ne crois pas que l’euro soit le coupable.”
Si la Grèce n’avait pas été dans l’euro, pensez-vous qu’elle aurait pu s’endetter de la même façon ?
@ Nicolas O. : “Si la Grèce n’avait pas été dans l’euro, pensez-vous qu’elle aurait pu s’endetter de la même façon ? ”
Non, mais personne n’a forcé l’Etat grec à pratiquer une politique budgétaire laxiste, sûrement pas les institutions européennes qui, au contraire, imposent en principe des limites aux déficits et aux niveaux de dette admissibles. L’euro a offert au gouvernement grec la possibilité de s’endetter auprès d’une base d’investisseurs élargie et à des taux plus bas, ce qui aurait dû profiter à l’économie grecque, mais encore faut-il faire bon usage de ces moyens d’action nouveaux. De plus, l’euro n’est pas responsable de la mauvaise gestion des risques par les banques ni des phénomènes de panique sur les marchés financiers.
@Snake
1) Tu radotes… De surcroît, payer des intérêts à des banques privées, avec une dette d’ailleurs gérée par une agence (France Trésor) contrôlée par les banques : est-ce un progrès ? Enfin, je ne suis évidemment pas pour créer de la monnaie par millier. Mais comme je l’ai dit (je note que tu n’as rien répondu du tout), création de monnaie n’engendrera pas d’inflation pour l’instant, au regard de l’utilisation sous-optimale de notre production.
2) Je ne suis pas nostalgique des Trente Glorieuses. Je trouve ça juste marrant que tu blâmes son inflation à deux chiffres en omettant tout le reste…
Quant à toutes les transformations que tu évoques, justement, on peut infléchir tout cela, car « cela » résulte bien de quelque chose : à savoir les politiques de libéralisation du marché des capitaux. Après, qu’il faille tenter des coordinations, ce n’est pas faux. Mais les politiques budgétaires n’ont pas totalement perdu de leur utilité : lors de la crise des subprimes, tous les pays les ont pratiquées. Je fais remarquer que le déficit français ne résulte que de très peu du plan de relance ; ce sont les exonérations fiscales de Sarkozy qui ont provoqué le trou actuel (rapport de la Cour des comptes). Bref, si évidemment, l’environnement est plus complexe, ce qui se passe actuellement c’est un suicide à petit feu pour tous les pays qui n’ont pas les capacités d’exportation de l’Allemagne. Contre les dévaluations compétitives, on peut d’ailleurs envisager un retour au SME (certes, les dévaluations continueront à exister, mais contrairement à ce que nous disent tous les thuriféraires du nouvel ordre mondial, elles n’ont pas provoquer de nouvelle guerre mondiale ; et que de toute façon, le monde actuel est bien plus violent en termes de compétition qu’avec les dévaluations de l’époque) comme le propose NDA.
3) Je ne dis pas le contraire. Mais on ne peut nier l’impact de l’euro…
4) Eh bien, je suis content de voir qu’au moins, on est d’accord sur l’enjeu final et qu’au fond, on est d’accord sur le plus important. Voilà, soit on croit à la nation européenne, soit on n’y croit pas : la question est claire. Quant à moi, sachant que l’économie n’est pas mon critère absolu, j’ai choisi mon camp.
Sinon, pour répondre à ton autre message, NDA a un programme plus complet que ne le montre une émission de télé, nécessairement biaisée. Son programme ne consiste pas à simplement sortir de l’euro.
PS : Pardonnez mon message décousu, mais il se fait tard !
@Snake
+100
@Snake
+1000
Nicolas Dupont-Aignan a été “magistral” chez Ruquier.Son livre est excellent également .
il fera alliance avec Marine Le Pen, surtout si celle-ci réalise un gros score à la présidentielle comme tout le laisse à penser.
donc cela se fera je l’espère…en temps voulu… aux législatives peut-être selon toute vraisemblance .
@Snake “Non, mais personne n’a forcé l’Etat grec à pratiquer une politique budgétaire laxiste”
Ca me fait un peu penser au problème des subprimes aux USA. A qui la faute ? banquiers ? politiques (fed/fanny/freddie/ glass steagall) ? , agents immobiliers ? « mortgage brokers » ? assurances (cds) ?
Je pense que pour Snake (s’il suit la même logique que pour le problème grec), la réponse est plus simple : c’est la faute à l’irresponsabilité des gens qui ont souscrit des prêts sans lire les conditions, ou sans vouloir voir qu’ils ne pourraient pas les rembourser. Est-ce bien votre avis ?
Pour l’euro je ne pense pas qu’il soit la source de tous nos problèmes, mais il fait partie de la liste des choses à changer, notamment parce que l’Europe n’est pas une nation, nous avons des cultures et des économies différentes, et qu’une monnaie unique favorise forcément certains au détriment des autres.
@ Nicolas O.
“Je pense que pour Snake (s’il suit la même logique que pour le problème grec), la réponse est plus simple : c’est la faute à l’irresponsabilité des gens qui ont souscrit des prêts sans lire les conditions, ou sans vouloir voir qu’ils ne pourraient pas les rembourser. Est-ce bien votre avis ?”
Dans le cas des subprimes, je pense que les banques portent une lourde responsabilité, pour deux raisons :
(i) Elles ont incité les ménages au surendettement en leur proposant des crédits sur très longue durée à taux progressifs, ce qui rendait les premiers paiements relativement peu élevés et donnait ainsi aux ménages l’illusion qu’ils avaient les moyens de leurs acquisitions. Si les banques avaient été guidées par une saine gestion des risques et non par l’appât du gain, elles n’auraient pas octroyé ces crédits car elles ne pouvaient pas manquer de s’apercevoir que les ménages en question n’étaient pas solvables.
(ii) Elles ont cherché à diluer leurs engagements et à transférer leurs risques de manière opaque par l’intermédiaire des CDOs.
Cela étant, le facteur déclencheur principal de toute la crise a été la hausse extravagante des prix de l’immobilier, qui a mis une pression budgétaire énorme sur les primo-acquérants, qui sont obligés de s’engager dans des crédits de plus en plus longs s’ils veulent accéder à la propriété, et qui fait croire aux banques qu’elles peuvent prêter toujours plus sans risque parce que la hausse des prix immobiliers semble illimitée et qu’elle semble ainsi garantir aux banques l’acquisition d’un collatéral qui se sera apprécié en cas de défaillance du débiteur. Ce qui est une illusion dangereuse. Les pouvoirs publics continuent de soutenir artificiellement la hausse des prix immobiliers, ce qui est une double erreur, d’abord parce que cela crée des injustices profondes dans la société entre ceux qui possèdent déjà un bien et ceux qui n’en possèdent pas, et ensuite parce que quand la bulle crèvera, notamment si les taux d’intérêt augmentent, cela risque de faire très mal.
Je pense que le problème de la hausse extravagante des prix de l’immobilier depuis une quinzaine d’années est un problème majeur de la société et qu’il n’est pas du tout assez abordé dans le débat politique malgré sa grande importance dans la vie quotidienne des gens. Ce serait plus important pour la société française de parler davantage de ce sujet plutôt que de nous bassiner les oreilles avec, par exemple, la question palestinienne et l’obsessionnelle propagande “antisioniste”.
@snake
Si vous admettez la responsabilité des banques, notamment lorsque celles-ci incitent au surendettement, pourquoi, dans le cadre du problème Grec, dites-vous que « personne n’a forcé l’Etat grec à pratiquer une politique budgétaire laxiste » ?
Pourquoi ne pas parler, là aussi, des banques et des taux d’intérêts artificiellement bas qui ont incité la Grèce à se surendetter ?
@ Nicolas O.
Parce qu’un gouvernement a tous les moyens qu’il faut pour pouvoir anticiper correctement les conséquences de ses actions, ne serait-ce que par les équipes dont il dispose au Budget, au Trésor, qui savent très bien comprendre les caractéristiques d’un emprunt et faire des projections chiffrées sur la dynamique de la dette, contrairement à des ménages, qui sont des proies beaucoup plus faciles pour une banque avide.
@Jean
Vous êtes pour l’Euro, la monnaie forte et le fédéralisme ?
Vous m’étonnez de plus en plus….
@Sylvain
non
@ snake
Vous accordez beaucoup de qualités à ces “experts”. La réalité prouve pourtant l’inverse.
Et pourquoi pas la sortie de l’Allemagne et des vertueux interdisant constitutionnellement tout recours à la dette (sauf pour des investissements gagés sur des retours effectifs) pour l’Etat et les institutions sociales ? Ils créeraient une nouvelle monnaie européenne, l’écu par exemple, ouverte à tous les pays européens à partir du moment où ils auraient inscrit cette interdiction dans leur constitution. Résultat : l’euro restant s’effondrerait, les dettes ne vaudraient plus rien et, une fois la situation intérieure assainie, chaque pays rejoindrait petit à petit la nouvelle monnaie et des institutions monétaires nouvelles au service de l’économie et non pas uniquement destinées à lutter contre l’inflation. Bien sûr, dans l’intervalle, on aura connu une inflation à 2 ou 3 chiffres, mais après ce remède “de cheval” tout le monde sera vacciné contre la dette !!!