►   Recevoir la newsletter 
candidat-presidentielle-2012_scalewidth_630
L’art du retrait des candidats gaullistes
afp_logo
L’AFP, agence de com du Parti Communiste Français ?
bercoff2
Insécurité
Eric Keslassy
Réponse à Michèle Tribalat par Eric Keslassy

Le Front National fait-il partie du système ?

16 septembre 2011, 9:57 Auteur : 36 commentaires

Le débat fait rage ces temps-ci en ce qui concerne le « nouveau FN ». Fait-il partie du système ? Représente-t-il la véritable opposition ? Marine Le Pen a-t-elle ses chances de remporter un jour l’élection présidentielle ? Tant de questions, si délicates, auxquelles nous allons tenter de répondre.

Le FN fait-il partie du système ?

D’abord, qu’est-ce que le système ? Pour faire bref, très bref : l’UMPS et tous ses alliés politiques (faux opposants compris), économiques et médiatiques.

Incontestablement, il fut un temps, le FN en a fait partie. Dès 1986, il a bien servi à la Gauche de François Mitterrand qui avait alors instauré la proportionnelle départementale aux législatives. Cette réforme du système électif, permise par le statut de loi organique de ces élections, a permis au FN de décrocher 35 sièges (soit 5,54%) à l’Assemblée Nationale, et parallèlement, à la Gauche de se protéger de la « victoire annoncée » de la Droite. Une stratégie semble-t-il mutuellement acceptée par Jean-Marie Le Pen et François Mitterrand.

Autre révélateur : les alliances et ententes électorales entre le Front National et les grosses cylindrées politiques de l’époque. PS, UDF, RPR… tous ont eu, un jour ou l’autre, à s’allier ou à s’entendre avec le parti de Jean-Marie Le Pen. Cela dit, ces rapprochements sont à nuancer, dans la mesure où ces derniers ont la plupart du temps eu lieu en contexte régional ou municipal. La mystérieuse rencontre de 1988, relatée par Eric Zemmour, entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac peut contredire ou non, selon son contenu, ce constat.

Enfin, nul besoin d’être un expert en politique pour remarquer à quel point les multiples sorties maladroites et controversées du président du FN ont largement joué en la défaveur du parti. Les seuls résultats de ces mots doux incontrôlés auront été la diabolisation permanente du Front National, ainsi que la division, aussi bien nationale qu’interne. En effet, nombre d’exclusions, de tensions et de départs se sont produits à la suite des récurrentes envolées lyriques du président.

Seulement voilà, depuis janvier 2011, sa fille Marine Le Pen a pris les rennes du parti. Cela fait 10 ans déjà que cette dernière prône une dédiabolisation du Front National et met tout en œuvre pour parvenir à ses fins, chose qui lui sera d’autant plus aisée maintenant du haut de sa nouvelle fonction. Exclusion des éléments perturbateurs, discours adouci mais toujours aussi ferme, liens avec la seconde guerre mondiale ou l’Algérie inexistants, tiroir à casseroles vide…. Marine Le Pen est même allé jusqu’à s’opposer à son père à plusieurs reprises, concernant ses propos sur le « détail » de la seconde guerre mondiale, par exemple, ou sur ses déclarations du même genre au journal Rivarol en 2005.

En plus de tout faire pour ne donner aucune munition au système médiatico-politique, il en est également fini des alliances et des rapprochements avec l’UMP. « Nous ne pouvons pas faire d’accords électoraux, d’alliances politiciennes, alors que nous avons des divergences si profondes avec l’UMP. Ce n’est pas une différence de degré que nous avons avec l’UMP, c’est une différence de nature » a déclaré la nouvelle présidente du FN, fermant ainsi la porte à toute spéculation.

Aucun doute, la volonté de changer d’image est bien réelle. Reste une chose essentielle à accomplir : se séparer de Jean-Marie Le Pen, président d’honneur et toujours aux manettes des finances du parti, afin d’être débarrassé des bâtons qu’il continue de glisser, volontairement ou non, dans les roues de sa fille (voir l’article complet à ce sujet).

Si les partis tels que le Modem, EELV, République Solidaire, le Nouveau Centre, le Parti Radical et bien d’autres, font indéniablement partie du système de par leurs perpétuels alliances et accords électoraux avec l’UMPS, le Front National n’a rien à voir, de près ou de loin, avec cette consanguinité politique. Pour ce qui est du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, il a déjà été clairement établi dans un précédent article que son appartenance au système n’était plus à prouver. L’internationalisme de l’extrême gauche, idiots-utiles officiels, fait ouvertement le jeu du patronat, raison simple pour laquelle ce genre de mouvements dits révolutionnaires n’est jamais inquiété.

Le FN, lui, l’est de toute part à commencer par celle, non négligeable, du Medef. « Nous considérons que Marine Le Pen représente un danger pour notre pays » a encore déclaré sa présidente, Laurence Parisot, ce mardi sur Europe 1. « Je peux le dire en tant que présidente du Medef (sic) que son programme économique aboutirait à un chaos. C’est la ruine de notre pays, tout simplement » a poursuivi celle qui a co-signé un livre intitulé Un piège bleu marine, publié aux éditions Calmann-Lévy. Marine Le Pen n’a pas manqué de rappeler d’ailleurs sur TF1 ce jeudi que la seule fois dans l’Histoire où le Medef a appelé à voter contre un parti, c’était contre Mitterrand en 1981, ce dernier ayant par la suite été élu avec 51,76% des suffrages. Un signe ?

Existe-t-il un symptôme plus évocateur que celui d’être à la fois la cible principale du Medef, de l’extrême gauche, et de l’UMPS – qui monte des « fronts républicains » pour faire barrage à la bête immonde ? A noter que le Front National est également le seul parti politique de France à avoir contre lui des mouvements militants n’ayant pour seul but que de perturber ou d’empêcher son expression et son développement (Ras l’front et SCALP). Difficile de faire partie d’un système qui vous rejette, d’autant plus lorsque cela est réciproque.

Représente-t-il la véritable opposition ?

Sans aucun doute, le programme du Front National fait partie de ceux qui se distinguent le plus de la ligne adoptée par les partis du système. Entre autres :
-    Retour à la souveraineté monétaire (sortie de l’euro), territoriale (sortie de l’UE)
-    Politique de dissuasion (modification des conditions d’attribution des aides sociales et de la nationalité française) et d’action (expulsion des clandestins, retour à la maîtrise des frontières) vouée à stopper l’immigration massive
-    Application réelle de la laïcité républicaine
-    Retour à l’assimilation
-    Restauration de la Banque de France dans ses prérogatives d’institution monétaire
-    Allégement des charges sur les PME
-    Mis en place d’un Etat fort, stratège, et d’un protectionnisme économique (arrêt des délocalisations)
-    Nationalisations des secteurs stratégiques
-    Rayonnement international de la France et sortie de l’OTAN

Tant de choses qui ne correspondent en rien à la politique, au fort penchant mondialiste, menée depuis des décennies par les gouvernements successifs, de Droite comme de Gauche. Ainsi, il est impensable qu’un parti aux visions si différentes fasse partie intégrante d’un système aux antipodes sur tous les points.

Marine Le Pen a-t-elle ses chances de remporter un jour l’élection présidentielle ?

Il ne faut pas se leurrer. Lorsqu’on combat le système sur son propre terrain, il est extrêmement difficile de le mettre à mal. Pourtant, il en est – presque – terminé de la vieille époque où Jean-Marie Le Pen fonçait tête baissée, du haut de sa franchise et de son parler cru, sans jamais remettre en question cette stratégie qui ne menait nulle part. Les divisions, internes et externes, n’en finissaient plus, et ces troubles apparaissaient comme autant de cadeaux livrés sans emballage au système politico-médiatique. Les médias en avaient pour leur audience, les politiques pour leurs voix.

Désormais, avec Marine Le Pen, la partie est jouée intelligemment des deux côtés. La machine à dédiaboliser est en marche, le programme est clairement défini, la popularité suit. Si le FN a toujours stagné, depuis les années 80, entre 10 et 17%, la nouvelle présidente compte bien en finir avec ces scores maudits et franchir le seuil des 20% en vue du premier tour. En cas de duel avec la Gauche au second, la candidate frontiste a toutes les chances de recueillir nombre de voix à Droite, son infréquentabilité ayant drastiquement diminuée et la sympathie des électeurs de Droite n’étant plus à prouver.

Une mission difficile, mais pas impossible, d’autant que 2012 est encore à bonne distance, que le processus d’assainissement poursuit sa route, et que le score des dernières cantonales est plus qu’en progression : 19,2% au premier tour (plus que l’UMP), et près de 40% au second tour (dans les cantons où le FN y était présent).

Faits de moindre importance mais à rappeler tout de même : Le 8 mars 2011, selon un sondage Harris-Interactive, Marine Le Pen était créditée de 24 % des voix premier tour quelque soit le candidat socialiste. C’est la première fois sous la Ve République qu’un candidat dit « d’extrême droite » est donné en tête du premier tour de l’élection présidentielle. D’autres sondages encourageants ont ensuite suivis. Même s’ils ne restent que des sondages douteux parmi d’autres, ils rapportent une tendance bien réelle. Depuis cet été, les estimations ont baissé, mais, quoi qu’il arrive, un seuil a été franchi. En avril 2011, elle était également classée comme l’une des 100 personnes les plus influentes au monde par le magazine américain Time. Une première.

Point litigieux : la présence médiatique de la candidate frontiste a souvent tendance à donner des arguments à ceux qui prétendant qu’elle fait partie du système. Il ne faut pas oublier que la logique des médias repose beaucoup sur l’audimat, et que, l’attente étant particulièrement importante en ce qui concerne Marine Le Pen, ces derniers n’ont aucune raison de ne pas participer à la fête. A chacun de ses passages télévisés, les résultats d’audience sont excellents, les publicitaires sont ravis, l’argent tombe et la fidélité des téléspectateurs est conservée. De la même manière que les livres dissidents, comme celui d’Alain Soral par exemple, sont présents en nombre à la FNAC, Marine Le Pen passe à la télévision.

Qui a dit que la vénalité du système ne pouvait pas prendre le dessus sur sa cohérence ? Ce dernier ne se gênera pas pour scier la branche sur laquelle il est assis, pourvu qu’il en récolte les fruits. Quand cette même branche se fera trop fragile, il sera peut-être trop tard, et sans doute s’en mordra-t-il les doigts. Dans bien des cas, le profit immédiat surpasse l’éternelle Raison du long terme. Aucune raison donc pour que Marine Le Pen ne profite pas des carences du système qu’elle combat. Qu’il s’agisse de Jules César, de Napoléon Bonaparte ou de son neveu, Napoléon III (et bien d’autres), tous ont su à un moment faire tête basse, utiliser le système à leur compte, faire preuve d’habileté politique, et cueillir le fruit du pouvoir une fois celui-ci bien mûr. Une fois aux manettes, une fois propulsés sur le trône, ils ont pu alors bouleverser l’ordre en place. Ne dit-on pas que la fin justifie les moyens ?

Conclusion

A la vue de ces multiples analyses, quelle réponse apporter ? Comme on l’a vu, le FN a, il fut un temps, pleinement fait partie du système. Sans aucun doute, en jouant le jeu de la République et des élections, le Front National a-t-il encore au moins un pied dedans. Mais avec Marine Le Pen à sa tête, aujourd’hui, les choses ont changé. L’intelligence politique est désormais présente sur les deux tableaux, le Medef sort ses griffes, le Front Républicain se tient prêt.

Avec le processus de dédiabolisation qui fait son chemin, le programme en parfaite rupture avec la ligne dominante, et le soutien populaire de plus en plus important, tout reste possible. Et puis, depuis quand les chances de réussite d’un opposant le privent-elles de son statut d’opposant ? Au moins le FN aura-t-il le mérite d’amener de la pluralité, au débat comme au vote, et de proposer un choix patriotique différent du consensus mondialiste.

Marine Le Pen parviendra-t-elle un jour à ses fins ? Rien n’est moins sûr, tout dépendra des circonstances. Mais quoi qu’il en soit, force est de constater, au vu des arguments développés précédemment, que le parti qu’elle dirige aujourd’hui – et ce, qu’on l’apprécie ou qu’on le haïsse - semble bel et bien en dehors de ce système oligarchique qu’il n’a de cesse de combattre, et souvent, aussi, de faire trembler.

Christopher Lings

Image : capture d’écran BFMTV / Dailymotion | capture d’écran LCI / WAT

36 commentaires

  1. Jean dit :

    Le FN fait partie du système en ce qu’il le consolide plutôt qu’il le détruit. Le FN n’a qu’une ambition : maintenir sa petite boutique à 15%.
    Par ailleurs il joue le jeu de la démocratie, alors que nous ne sommes plus en démocratie mais en oligarchie, il joue donc le rôle de l’oligarchie qui est de faire croire que nous sommes en démocratie.
    Soit on veut prendre le pouvoir, soit on veut garder sa boutique, le FN a choisi son camp.
    Comment peut-on prendre le pouvoir en France par les élections alors qu’il n’y a pas de proportionnelle, et que 80% des Français ne sont pas simplement pour un autre parti, mais sont contre le FN. La démocratie c’est 51%, pas 20 ni 30 ni 40 ni même 49%.
    Comment échouer à Hénin-Beaumont (alors qu’on a envoyé le maire sortant en prison) et espérer gagner à la présidentielle ?
    Aucune stratégie de terrain, quasiment aucun cadre, rien de ce qui fait une résistance, unie et solidaire, reconnue en France comme à l’étranger comme la résistance au système.
    De Gaulle était reconnu à Londres, or où est reconnue MLP ? Nulle part.
    On ne gouverne ni seul, ni contre tous. Même avec 51%, MLP hériterait d’un pays complètement bloqué, risée du monde, les Américains menaceraient d’envoyer l’OTAN et de mettre en place un nouvel AMGOT. Ils auraient presque intérêt à ce que ça arrive pour affaiblir encore plus la France. Mais le gap est si grand, entre les 15% virtuels de Marine, qui ne s’est encore jamais présentée à une élection présidentielle, et les 51%, que ce n’est même pas la peine.
    Quid de la personnalité de Marine, qui s’est séparée d’autant de directeurs de cabinet que Rachida Dati, c’est dire ? Personnalité irascible, insupportable pour le proche entourage, ne supportant aucune contradiction, autoritaire, personne n’arrive à travailler avec elle sur le long terme, sauf son père. Les chiens ne font pas des chats, et c’est aussi pour cela que les deux sont si proches, et qu’ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre.
    Une présidentielle ne vaut rien sans les autres élections. Or le FN en est quasiment absent, pour s’être trop concentré sur les présidentielles. Stratégie du père, reprise par la fille.
    Le père ne voulait pas le pouvoir, ce qui montre bien que la fille ne le veut pas non plus, sinon elle aurait là-aussi changé de stratégie.
    Qui a rejoint le FN depuis que Marine en est présidente ? Quelques individualités, mais aucune vague bleu marine, comme c’était pourtant annoncé. On nous l’annonce maintenant pour les mois qui viennent, et pourquoi pas les années ? C’est toujours après avec le FN, en 2050 ils seront peut-être à 35% mais la France n’existera plus.
    Il y a urgence et la politique est verrouillée, donc il convient d’être là où les partis ne sont plus : le social, le terrain, l’internet sous forme de lobby pour faire plier les pouvoirs, et être le nouveau contre-pouvoir. C’est ce que nous faisons, avec d’autres, et c’est ce que ne fait pas le FN.
    C’est du réalisme politique, on ne fait pas de la politique en 1940 comme en 1958, en 1974 comme en 2010. Les choses changent, la roue tourne il faut tourner avec elle sinon on est broyé par l’Histoire. Et les meilleures intentions du monde, et les plus belles déclarations d’amour à son pays n’y changent rien.

  2. @Jean

    1) Je n’ai pas envie de recommencer ce que je t’ai dit par mail, la flemme

    2) Ton commentaire illustre ton système de raisonnement en %. Les chances de gagner d’un opposant ne lui enlève en rien son statut d’opposant. On pourrait jouer à ce petit jeu avec tout le monde. Tu ne s’attarde que là dessus dans ton commentaire. C’est pourquoi je ne vais répondre qu’à tes deux premières remarques (copier-coller de mon mail) :

    “Le FN fait partie du système en ce qu’il le consolide plutôt qu’il le détruit. Le FN n’a qu’une ambition : maintenir sa petite boutique à 15%.”

    => Un procès d’intention n’est pas un argument, et je prévois et constate le changement d’objectif avec Marine dans mon papier donc bon…

    “Par ailleurs il joue le jeu de la démocratie, alors que nous ne sommes plus en démocratie mais en oligarchie, il joue donc le rôle de l’oligarchie qui est de faire croire que nous sommes en démocratie.”

    => Je te renvoi à ma conclusion :

    Sans aucun doute, en jouant le jeu de la République et des élections, le Front National a-t-il encore au moins un pied dans le système. Mais avec Marine Le Pen à sa tête, aujourd’hui, les choses ont changé. L’intelligence politique est désormais présente sur les deux tableaux, le Medef sort ses griffes, le Front Républicain se tient prêt.

    Avec le processus de dédiabolisation qui fait son chemin, le programme en parfaite rupture avec la ligne dominante, et le soutien populaire de plus en plus important, tout reste possible. Et puis, depuis quand les chances de réussite d’un opposant le privent-elles de son statut d’opposant ? Au moins aura-t-il le mérite d’amener de la pluralité au débat comme au vote, de proposer un choix patriotique différent du consensus mondialiste.

    Marine Le Pen parviendra-t-elle un jour à ses fins ? Rien n’est moins sûr, tout dépendra des circonstances. Mais quoi qu’il en soit, force est de constater, au vu des arguments développés précédemment, que le parti qu’elle dirige aujourd’hui – et ce, qu’on l’apprécie ou qu’on le haïsse – semble bel et bien en dehors de ce système oligarchique qu’il n’a de cesse de combattre, et souvent, aussi, de faire trembler.

  3. Kévin dit :

    @Christopher

    “L’internationalisme de l’extrême gauche, idiots-utiles officiels, fait ouvertement le jeu du patronat, raison simple pour laquelle ce genre de mouvements dits révolutionnaires n’est jamais inquiété.”
    => Vouloir donner des papiers à tous les sans-papiers, est-ce quelque chose qui favoriserait le patronat ?
    ______________

    “Retour à la souveraineté monétaire (sortie de l’euro), territoriale (sortie de l’UE)”
    => Sortie de l’UE ? Jamais entendu parler de ça au FN, une source m’intéresserait.
    _______________

    “Application réelle de la laïcité républicaine”
    => C’est une blague ou on droit vraiment contre-argumenter ? J’aimerais bien que vous m’expliquiez en quoi le FN veut faire une application stricte de la laïcité d’une part, et que vous m’expliquiez en quoi ils voudraient en faire une application plus stricte que le Front de Gauche par exemple.
    ______________

    “- Mis en place d’un Etat fort, stratège, et d’un protectionnisme économique (arrêt des délocalisations)
    - Nationalisations des secteurs stratégiques
    - Rayonnement international de la France et sortie de l’OTAN”
    => Mêmes propositions au Front de Gauche.

    “Ainsi, il est impensable qu’un parti aux visions si différentes fasse partie intégrante d’un système aux antipodes sur tous les points.”
    => Vous êtes aveuglé par votre idéologie, comment pouvez-vous asséner un propos aussi peu mesuré ? Refuser de sortir de la Vème République, est-ce s’opposer au système sur absolument tous les points ? Qui peut prétendre aujourd’hui s’opposer au régime actuel “sur tous les points” ? Pour cela il faudrait prôner une révolution de civilisation. Même un monarchiste traditionaliste partage des points d’accord avec le système actuel.
    ____________

    “Le 8 mars 2011, selon un sondage Harris-Interactive, Marine Le Pen était créditée de 24 % des voix premier tour quelque soit le candidat socialiste. C’est la première fois sous la Ve République qu’un candidat dit « d’extrême droite » est donné en tête du premier tour de l’élection présidentielle. D’autres sondages encourageants ont ensuite suivis. Même s’ils ne restent que des sondages douteux parmi d’autres, ils rapportent une tendance bien réelle.”
    => Là, je dois dire que c’est le pompon. Marine Le Pen serait hors système parce qu’elle est créditée de 24 % des voix par un sondage Harris Interactive ! C’est un peu comme si vous demandiez à l’Elysée de définir le meilleur parti anti-système. Ces sondages (particulièrement ceux de Harris Interactive) ne sont pas douteux, ils sont juste complètement bidons. Si vous n’avez pas encore compris qu’ils étaient l’un des instruments du système pour faire régner la terreur médiatique, pardon mais il vous reste un peu de chemin à faire. Vous devriez justement vous poser des questions si les outils du système médiatique en viennent à positionner MLP à ce niveau. Jean-Luc Mélenchon a, de son côté, engagé une procédure à la Commission des sondages pour mettre les choses au clair sur les procédés honteux de Harris Interactive, voilà quelqu’un qui me semble déjà un peu plus lucide sur les techniques du système.
    ______________

    Votre inventaire des mesures anti-système est complètement subjective, on peut en trouver autant au Front de Gauche suivant un axe idéologique différent. Ne retenir du système que sa caractéristique mondialiste, c’est ne pas aller assez loin dans l’analyse. Votre définition du système est donc à mon sens beaucoup trop simpliste et rigide. Une définition intelligente du système consisterait selon moi à définir différents niveaux d’appartenance au système : ainsi, Front de Gauche et Front National sont à mon sens en-dehors du noyau du système (pour des raisons légèrement différentes), mais sont loin de représenter la strate la plus anti-système (c’est-à-dire celle qui s’opposerait à l’oligarchie de façon la plus claire et la plus rassembleuse, sans jamais faire le jeu de l’oligarchie d’aucune manière). J’aurai l’occasion d’y revenir dans un futur article dès que j’aurai le temps de m’y atteler.

  4. Chris du Fier dit :

    Bien sur que le FN.même le nouveau, fait parti intégrante du système au même titre par ailleurs qu’ un Krivine, une Arlette et autres sauveurs du peuple français !. D’ailleurs JMLP s’ y complaît parfaitement dans ce role d’ épouvantail qu’ utilisent à bonne escient la gauche comme la droite. Ca lui va à ravir. Il peut ainsi jouer les victimes, tout en en rajoutant allègrement comme on a pu le voir à Strasbourg éructant, postillonnant, hurlant, aboyant etc.. contre l’ infâme Cohen-Bendit.. Il est incapable ainsi que sa fille d’ ailleurs de maitriser ses pulsions (ne faisons pas de rapprochement osé avec DSK..) mais franchemment, l’ idée même que cette équipe pourrait avoir accès au potentiel nucléaire de notre pays me fait froid dans le dos.

  5. @ Kévin

    “Vouloir donner des papiers à tous les sans-papiers, est-ce quelque chose qui favoriserait le patronat ?”

    => C’est l’idée la plus stupide que j’aie jamais entendu. Régulariser les sans-papiers créerait un immense appel d’air pour l’immigration massive. Toute la misère du monde chercherait à entrer en France, l’eldorado, car les frontières de sont pas étanches. Et la peuple français dans tout ça ? Vous accordez plus de valeur aux sans papiers qu’à votre peuple ?! Une politique dissuasive est la seule solution.

    “Retour à la souveraineté monétaire (sortie de l’euro), territoriale (sortie de l’UE)”

    => Vous avez raison, je me suis mal relu. Je voulais surtout parler de la renégociation des traités. Pour autant, une sortie progressive est envisagée, seule la sortie “brutale” est présentée comme une mauvaise solution. L’article a été modifié

    “Application réelle de la laïcité républicaine”

    => Votre argument est un procès d’intention qui n’a aucune valeur. Dans ses discours, dans son programme, le FN milite pour une laïcité respectée, notamment en ce qui concerne les dérives de l’islamisation

    ————

    “Mêmes propositions au Front de Gauche.”

    => Le FN n’a jamais eu l’intention d’appeler à voter pour un parti dont le programme est à l’opposé du – prétendu – sien. Mélenchon, lui, appellera à voter PS, il l’a dit.

    ———-

    “Là, je dois dire que c’est le pompon. Marine Le Pen serait hors système parce qu’elle est créditée de 24 % des voix par un sondage Harris Interactive !”

    => Je ne présentais pas les sondages comme argument pour prouver qu’elle ne fait pas partie du système, mais pour démontrer la tendance optimiste qu’on a pu observer. Cependant, comme je le rappelle, ces faits sont à prendre avec des pincettes et qualifiés de “douteux”.

    ——–

    Enfin, votre Front de Gauche ne jure que par le PS et le “rassemblement de la gauche”. C’est un fait que, malgré vos nuances, vous ne pouvez contourner et j’en ai assez de répéter cela.

    Sinon, j’attends de lire votre article avec plaisir.

  6. @ Chris du Fier

    Si votre remarque comportait des arguments (comme viens de le faire Kévin) je vous répondrais

  7. Kévin dit :

    @Christopher

    Sur les sans-papiers, je ne vous demande pas si vous êtes d’accord ou pas avec cette mesure (pour ma part, je ne le suis pas non plus) ; je vous demande simplement si elle favoriserait le patronat, puisque selon vous le programme du Front de Gauche en fait un idiot utile de ce dernier (et donc du système).
    ________________

    “Dans ses discours, dans son programme, le FN milite pour une laïcité respectée, notamment en ce qui concerne les dérives de l’islamisation.”
    => Je ne trouve pas de programme spécifique quant à la laïcité dans le programme du FN et je n’ai pas connaissance de mesure forte de sa part sur le sujet, mais j’ai peut-être mal cherché et mal écouté. Pour reprendre l’exemple du Front de Gauche, le FN va-t-il aussi loin que ce qui est proposé ci-dessous ?

    “Nous réaffirmons le bienfondé et l’actualité de la loi de 1905 sur la laïcité. Toutes les modifications ultérieures de la loi de 1905 affectant ces principes seront abrogées. Pour nous cette loi fondamentale de notre République a vocation à s’appliquer à tout le territoire national.
    Aucun financement public ne sera octroyé à la construction de nouveaux établissements scolaires privés ou à la rénovation de ceux qui existent déjà. Toute ségrégation de genre ou communautaire de l’espace public sera interdite (par exemple le choix du sexe du médecin à l’hôpital public…).Le président de la République renoncera définitivement à son titre de chanoine de St Jean de Latran.”

    Source : http://www.pcf.fr/11283

    Il faut ajouter que le Parti de Gauche a déposé il y a quelques mois une proposition de loi visant à abroger le Concordat en Alsace-Moselle. Rien de tel, que je sache, dans le programme du FN.
    _______________

    “Le FN n’a jamais eu l’intention d’appeler à voter pour un parti dont le programme est à l’opposé du – prétendu – sien. Mélenchon, lui, appellera à voter PS, il l’a dit.”
    => Comme je l’ai développé dans ma réponse précédente, une consigne de vote au second tour ne peut suffire à qualifier de pro ou d’anti-système, l’analyse se doit d’être beaucoup plus fine à mon sens. En prenant ce seul critère, on s’interdit d’analyser les discours, ce qui me semble au moins aussi important. Enfin, je ne suis pas encarté au Front de Gauche (ni ailleurs), et j’ai déjà dit qu’il était loin de représenter le parti le plus anti-système qui soit. Je le mets sur le même plan que le FN, dans la première strate anti-système, juste après le noyau des oligarques de l’UMPS. Il est évident que, de façon un peu différente, FN et FG font le jeu du système et ont aussi peu de chances l’un que l’autre de conquérir le pouvoir, ce qui n’empêche qu’ils développent chacun un programme ne permettant pas de les ranger aux côtés de l’UMPS.

  8. Virgile dit :

    @ Jean :

    “Par ailleurs il joue le jeu de la démocratie, alors que nous ne sommes plus en démocratie mais en oligarchie, il joue donc le rôle de l’oligarchie qui est de faire croire que nous sommes en démocratie.”

    Oulalàààà !!! Nous SOMMES en démocratie, c’est bien là le problème ! Une démocratie qui dégénère certes en oligarchie aujourd’hui, mais c’est une mutation qui était tout à fait prévisible dans le système mis en place par le général De Gaulle à la fin des années 50.
    Autrement dit, la démocratie représentative, ou mixte selon les vues de l’Homme-du-18-juin, contenait en elle les germes de sa propre destruction. Elle tenait tant qu’un grand homme était à sa tête, mais comme la démocratie est, par essence, le régime du moyen, voire du médiocre, qu’elle engendre du “pas-d’vagues” et du conformisme, et De Gaulle n’étant pas éternel, il était assuré que les élections deviendraient tôt ou tard une vaste foire aux vanités.

    Au finale, le simple fait de se présenter à une élection, c’est déjà faire partie du système. Voilà où nous en sommes à trop chérir la démocratie et refuser d’en voir les vices !!!

  9. Les régularisations massives serviraient le patronat oui. Comme le rappelle Marine Le Pen, le marché du travail est un marché. Un marché qui fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande. En cela, plus il y a de demande, plus les salaires sont tirés vers le bas (les exigences salariales des employés étant réduites à néant par la pression de l’immense file d’attente qui attend que vous soyez licencié pour reprendre votre places. Salaire réduit ou pas, il y aura toujours quelqu’un qui sera volontaire).

    Pour ce qui est du “programme” concernant la laïcité, il est normal que vous n’ayez rien trouvé, le programme pour 2012 est en cours d’élaboration. Pour l’instant il faut se fier aux annonces et aux discours. Le Parti de Gauche, lui, entend bien se servir de la laïcité mais pas pour les mêmes raisons : Jean-Luc Mélenchon, ultra-anti-clérical qu’il est (et aussi franc-maçon selon certains) n’a qu’une envie, qu’un objectif, c’est de nuire à l’Eglise catholique. C’est son droit, mais c’est aussi pourquoi je méprise cet homme.

    Enfin, oui le FN a un pied dans le système, je l’ai précisé dans l’article. Mais il le combat avec vigueur et désormais : intelligence et stratégie. Cela laisse entrevoir un espoir pour les patriotes.

  10. Kévin dit :

    @Christopher

    “Jean-Luc Mélenchon, ultra-anti-clérical qu’il est (et aussi franc-maçon selon certains) n’a qu’une envie, qu’un objectif, c’est de nuire à l’Eglise catholique.”
    => Quand on promeut la laïcité, on promeut la République (et rien d’autre), et on ne s’attaque pas davantage à une religion qu’à une autre. C’est vous qui interprétez le programme du PG comme une attaque envers l’Eglise catholique ; pourquoi faudrait-il s’abstenir de faire respecter la laïcité quand celle-ci est concernée ? Ne sombrez pas dans les procès d’intention.

  11. Je n’interprète pas le programme du PG comme une attaque envers l’Eglise. Ce que j’interprète, c’est Mélenchon. Je le connais assez bien pour cerner les cibles qu’il a dans le viseur. Il n’est pas tout blanc (ni tout noir).

  12. Samy dit :

    @Kévin,
    Je pense que Christopher fait référence à ce genre de propos, qu’il me corrige si je me trompe.
    http://www.youtube.com/watch?v=kA4TXOpi7mg&feature=player_embedded

  13. Kévin dit :

    @Samy : Typiquement le genre de propos qui perd tout son sens tiré de son contexte. Personnellement je ne comprends pas ce qu’il veut dire dans cette vidéo. Si vous y êtes arrivé, chapeau.

  14. seamus dit :

    Je suis, pour ma part, assez d’accord avec cet article.

    Ce qui me gene le plus, sur ce sujet, c’est la facon dont le FN est traite. Il me semble qu’en France, de nos jours, tout le monde se fout des propos, on se focalise uniquement sur qui les tient. Or j’ai l’impression que le postulat suivant a ete etabli : “le FN est un parti raciste et haineux”. Et tout le monde vous le dira ! Personne n’en doute, c’est une verite absolue comme le fait que la Terre tourne autour du soleil.
    Du coup on n’ecoute plus ce qu’ils disent on se contente de dire ce qu’ils pensent. Si demain Marine le Pen se prononcait en faveur de la regularisation des sans-papiers je suis sur qu’elle ne pourrait meme pas finir sa phrase sans que tout le monde hurle au racisme, comme ca par principe, juste parce que c’est elle.
    Je trouve cette demarche injuste et intellectuellement inepte. Le FN ne m’a jamais convaincu, mais je lui laisserai toujours une chance, comme a n’importe quel autre parti.

    Jean nous dit “Le FN n’a qu’une ambition : maintenir sa petite boutique à 15%”. Mais ca c’est vous qui le dites ! C’est un peu comme si moi je disais :”Avec ce site, Jean Robin n’a qu’une ambition: s’en mettre plein les poches”. C’est facile de lancer des phrases en l’air comme ca et de pretendre savoir ce que les gens pensent ou desirent, mais ce qui est interessant ce sont les faits. Pour l’instant la ligne de conduite de Marine le Pen est de se presenter a l’election presidentielle, donc ses actes me disent qu’elle veut gouverner. Quant a ce qu’elle pense, ni Jean Robin, ni Christopher Lings, ni moi-meme n’en savons rien.

    • Jean dit :

      @seamus
      “Il me semble qu’en France, de nos jours, tout le monde se fout des propos, on se focalise uniquement sur qui les tient.” : arrêtez le couplet victimisation du FN, et regardez la réalité en face. C’est humain : si un membre de votre famille vous apprend qu’il s’est fait violer par son père, vous n’allez pas le croire. S’il s’était agi de quelqu’un d’autre, n’ayant rien à voir avec votre famille, vous l’auriez cru. Injustice! Comme dirait Zemmour, mouche ton nez et mets ton cache-col.

  15. Kévin dit :

    A propos des sondages, je conseille la lecture de cet article de Rue89. Tant qu’on n’aura pas compris que les instituts de sondage sont une entreprise de manipulation pure et dure et du bidon intégral (et non pas simplement du travail “un peu suspicieux mais qui doit bien receler une part de vérité”), le système aura de beaux jours devant lui.

    http://www.rue89.com/yeti-voyageur/2011/09/15/francois-hollande-candidat-socialiste-favori-de-la-tns-sofres-221980

  16. Samy dit :

    @Kévin,
    Je suis d’accord cette vidéo, en soi, n’est pas extraordinaire, le ton détendu, etc, certes, il ne dit pas grand chose, mais cela nous éclaire quelque peu sur sa façon de voir le monde, vous ne croyez pas? Y a-t-il une difficulté à comprendre les phrases suivantes? “Je ne souhaite pas être un occidental,(…) je ne veux pas être un blanc catholique”. Niveau hors contexte, on est loin de la vidéo de Philippe Val.

  17. Kévin dit :

    @Samy : Désolé mais je ne comprends vraiment et sincèrement pas ce que Mélenchon veut dire par là, surtout qu’il commence par dire que l’Occident n’a pas de réalité… Si vous avez la vidéo intégrale, je pourrai peut-être vous donner un avis, mais là c’est juste impossible me concernant.

  18. jarod dit :

    Jean Robin n’est pas non plus un analyste parfait, il a ses faiblesses et ses bêtes noires et ses propres motivations restent pour le moment obscures; quand il dit “le FN fait partit du système” c’est un raccourci pour dire que le système se sert bien de lui.

    Par contre sur les scores passés et possibles du FN je le rejoins: on ne passe pas de 15 à 51% en ayant aucune assise électorale locale, en étant honni tous les jours par 80% de l’électorat, en ayant l’intégralité de la presse mainstream et des “intellectuels médiatiques” contre soit, et en se trimballant l’image qu’a créé de vous la presse pendant 30 ans: des racines néonazi, nationalistes, ultra-catholiques, antisémites etc…

    Marine le Pen n’est pas non plus une très bonne dirigeante de partie car comme il le dit elle continue sur une ligne similaire à celle de son père : le ministère de la parole, les provocations en moins; sans innover sur le plan métapolitique. De la a conclure eu le seul but c’est de se maintenir à 15% il n’y a qu’un pas; mais objectivement il est évident qu’en ne se transformant pas en partie de masse le FN a choisi l’immobilisme, ce qui traduit soit un manque de culture historique, soit une volonté délibéré de n’exister qu’à la marge.

    Tant que le FN se cantonnera au jeu d’une présence purement électorale et médiatique il perdra, car sur les 2 tableaux il a le VRAI système contre lui.

    Mais de manière plus globale il est trop tard pour un tel parti même non diabolisé: l’immigration est non seulement définitivement et solidement ancrée en France, mais à moyen terme l’européen deviendra minoritaire sur son propre sol, ce ne peut donc plus être un thème vendeur car il sera confronté à un plafond électoral indépassable. Il faut se résigner ou partir à ce stade.

  19. Samy dit :

    @Kévin,
    La vidéo résume, en partie, ce que vous disait Christopher un peu plus haut. Par simple curiosité, seriez-vous un sympathisant du parti de gauche?

  20. LeSaint_mtl dit :

    Melenchon sur L’Euro, dans son blog:

    ” si l’euro venait à disparaitre je pense que notre projet de gauche et nos objectifs révolutionnaires dans l’histoire seraient plus difficiles à accomplir. (…) Faut-il rappeler que cette unification est le but permanent de la doctrine de gauche depuis ses origines ? ”.

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/09/14/alerte-les-voyous-de-la-finance-attaquent-la-france/

  21. Sylvain dit :

    Article intéressant.

    Cependant, dire que les médias dominants parlent de MLP par volonté de faire de l’audimat me paraît peu pertinent. En effet, les intérêts en jeu sont tellement énormes (rien que ceux des banques) que les médias, s’ils étaient véritablement conscients et s’ils appartenaient à un système très cohérent voire hiérarchisé, ne feront jamais paraître un personnage anti-système. Au pire, les acteurs du système (encore les banques) compenseront le manque à gagner -financièrement parlant, j’entends.

    Alors pourquoi MLP passe-t-elle à la télé me dira-t-on ?

    Personnellement, je n’ai pas de réponse catégorique à cette question. Je ne pense pas qu’elle soit une sorte d’agent caché travaillant pour le système, ni qu’elle soit utilisée malgré elle par le même système. Je crois -j’espère- que c’est simplement parce que le Système est plus faible qu’il en a l’air, et qu’il est, de fait, traversé de multiples contradictions.

  22. Kévin dit :

    @Samy

    “La vidéo résume, en partie, ce que vous disait Christopher un peu plus haut.”
    => Pour qu’elle résume quelque chose, il faudrait qu’elle soit intelligible. Je me répète, mais elle ne l’est pas, à moins que vous ne sachiez me l’expliquer.

    “Par simple curiosité, seriez-vous un sympathisant du parti de gauche?”
    => Tout dépend de quel point de vue je me place. En ne considérant que l’échiquier politique dominant, on peut me qualifier de sympathisant du PG, bien que je sois en rupture avec des lignes importantes de son programme. Mais dans la mesure où j’estime que le PG est un parti profondément naïf et inoffensif, qui reste encastré dans les logiques électorales dictées par l’oligarchie, on peut dire que je ne le suis pas du tout.

    @Jean : Mon article aura une portée bien plus large que le Front de Gauche, honnêtement ce mouvement ne m’intéresse que marginalement. Mais c’est pas pour tout de suite, je pense que j’attendrai le début d’année prochaine, même si j’ai déjà les grandes lignes.

  23. Samy dit :

    @Kévin,
    J’imagine que chacun peut voir ce qu’il désire dans cette vidéo, je propose que nous en restions là.

  24. @Jean

    “le programme en parfaite rupture avec la ligne dominante” : si l’on considère qu’un pays où l’Etat pèse 56% du PIB est un pays ultra-libéral, ce qui n’est pas mon avis.

    Où lis-tu dans la phrase citée le mot “ultra-libérale” ? Et puis, je ne t’apprends rien en te disant que le FN veut alléger les taxes sur les PME, baisser la TVA, faire payer plus (que 8%) les gros du CAC 40, et rétablir la justice sociale où chacun paye en fonction de ses moyens.

  25. Casta Niet dit :

    @Christopher Lings

    Bravo pour cet article, parfaitement équilibré et pertinent !

    @Jean
    Croire que vous pourrez changer quoique ce soit par le simple fait de s’agglutiner et s’auto-proclamer lobby relève de l’utopie douce, ou bien de la mégalomanie. Les seuls leviers pour changer le monde sont le fric et, dans une moindre mais non-nulle mesure, le pouvoir politique (fut-il dévoyé pour accéder au fric, mais ce n’est pas toujours le cas). Je vous suggère de vous rapprocher de la fameuse “Révolution bleue”, qui a eu cette idée avant vous, vous m’en direz tant.

    Et je ne reviendrai pas sur quelques-uns de vos arguments qui sont d’un ridicule achevé (Hénin-Beaumont, De Gaulle reconnu à Londres, les Américains menaceraient d’envoyer l’OTAN, …), que je préfère placer sur le coup de la précipitation, par charité chrétienne.

    Je suis cependant d’accord avec vous sur l’emploi abusif par Marine Le Pen du terme “ultra-libéral”, qui est pour le moins inconvenant pour la France (on lui préférera bien sûr le terme “mondialiste”)

  26. Casta Niet dit :

    Pardon, micro-complément : “changer quoique ce soit” => “changer quoique ce soit à la défense des Français, dans leur liberté et leur fraternité” (des lobbies ont bien sûr réussi à faire changer des choses en France, mais jamais en faveur de l’intéret du plus grand nombre et du patriotisme)

  27. @Casta Niet

    Merci de m’avoir lu avec attention et sérieux ;)

  28. seamus dit :

    @Jean,

    ““Il me semble qu’en France, de nos jours, tout le monde se fout des propos, on se focalise uniquement sur qui les tient.” : arrêtez le couplet victimisation du FN, et regardez la réalité en face. C’est humain : si un membre de votre famille vous apprend qu’il s’est fait violer par son père, vous n’allez pas le croire. S’il s’était agi de quelqu’un d’autre, n’ayant rien à voir avec votre famille, vous l’auriez cru. Injustice! Comme dirait Zemmour, mouche ton nez et mets ton cache-col.”

    Merci du conseil, j’en ai bien besoin vu le temps epouvantable :-) ! Loin de moi l’idee de donner dans la victimisation du FN, ils le font deja tres bien tous seuls et ils n’ont pas besoin de moi. L’article est sur le FN mais je parlais de facon generale.
    Le probleme, en fait, est la difficulte de reconnaitre qu’une personne qu’on aime pas pour des raisons diverses et variees, puisse quand-meme dire des choses interessantes. Vous nous dites que c’est humain, mouais peut-etre, mais ca ne veut pas dire que c’est une bonne chose…

    Le FN a dit, et continue de dire certaines choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord, mais dois-je pour autant declarer que, de ce fait, je serai a tout jamais oppose a toute idee emise par le FN avant meme de les ecouter et devrai a tout jamais douter d’absolument toutes leurs positions ? Ca me parait un peu idiot comme attitude…

    Vous etes tres critique avec la television (avec raison) car tout n’y est que spectacle et que la forme y prime toujours sur le fond. Or la vous faites un peu la meme chose, vous vous concentrez sur une image (la forme) qui est Marine le Pen (et encore vous semblez surtout la voir comme “la fille de…”). C’est dommage je trouve, car personnellement j’aimerais bien que quelqu’un expose veritablement la politique du FN (et pas que du FN d’ailleurs), sans etats d’ame, sans aprioris, en laissant de cote ce que l’on sait ou croit savoir des le Pen, ca serait interessant. Attention je ne dis pas que c’est facile hein ! Il est evident que nous avons tous nos croyances et positions et il est probablement difficile d’y echapper…

    Ce qui me gene, c’est qu’il n’y a plus d’analyses… On est dans le :
    -c’est le FN, un parti raciste qui ne veut pas vraiment gouverner, pas la peine d’ecouter
    -c’est Melenchon, le populiste idiot utile du systeme, donc pas la peine d’ecouter
    -c’est Sarko, le facho ami des riches, donc pas la peine d’ecouter
    -c’est Aubry, la bobo amie des musulmans, donc etc etc

    Finalement on n’ecoute plus personne et on n’analyse plus que des images et des postures…

  29. tribal dit :

    je pense que les medias ne sont pas en phase avec la realité sur ce coup…
    Le FN est trés populaire chez les “pauvres” ..et leur nombre augmente a grande vitesse.

    les mentalité ont evolués, 2002,2007 n’etait pas satisfaisant, a vouloir rester dans les clous, on se retrouve a elire le moins “pire” ..
    Le point noir du fn (qui lui vaut son surnom de facho) c’ etait le discours sur l’immigration, or tout le monde se rend compte aujourd’hui,que dans l interet general, y compris celui des immigrés, il faut encadrer l’immigration.

    donc si Mme Lepen se defend bien, surtout en débat, et si les Francais ne sont pas frileux, on pourrait avoir une surprise…

    tout le monde s’est bien rendu compte que la droite,la gauche, c est le même agenda, y a pas eu de grosse surprise ces 20 dernieres années,sinon une suite logique de tout drainer,a tous les niveaux pour nourrir les marchés!

  30. MP dit :

    @ Kevin

    Il existe ce qu’on appelle “un marché du travail”.

    Quand on augmente de façon importante et rapide l’offre de main d’oeuvre sur un tel marché,
    par définition local, comme par des régularisations massives, par exemple, on permet
    aux agents économiques qui constituent la “demande de main d’oeuvre” (le patronat) de faire
    baisser les “prix”, c’est à dire le coût du travail.

    L’immigré, sans doute, ne “vole” pas le travail d’un ou d’une autochtone, pas plus qu’une voiture
    fabriquée en Roumanie ne “vole” la vente d’une voiture fabriquée en France, mais les deux constituent
    une concurrence.
    Est-elle toujours loyale ?

    A noter que tandis que la qualification (enseignement général et/ou technique) de la main d’oeuvre
    autochtone est financée par les prélèvements obligatoires nationaux, donc en partie par les entreprises,
    en partie par les particuliers, la qualification de la main d’oeuvre “importée”, elle, ne l’est pas.

    Elle est donc en quelque sorte “gratuite” pour les agents économiques qui en bénéficient,
    mais d’un point de vue entrepreneurial principalement, car le consommateur lui
    ne paye pas un bien/service produit par un immigré moins cher que si il était produit par un
    actif autochtone.

    Le consommateur/citoyen/contribuable a donc paye donc sa propre formation par ses impôts, et
    “offre” de surcroit la sienne à l’immigré vis à vis du coût de celle-ci pour l’employeur.

    Le pays d’origine, qui a financé la formation de cet immigré, se dédommage de ce qu’il n’a pas à lui
    assurer une subsistance sans travail (car si travail il y avait, l’immigré aurait-il immigré ?), et bénéficie
    même souvent de transferts de fonds, vers la famille restée sur place, notamment.

    Avant que la demande dans les biens de consommation/prestations de service ait permis de
    “digérer” l’afflux de main d’oeuvre et rétabli un certain équilibre entre offre et demande sur le
    marché du travail, il peut se passer un certain temps, en particulier si les gains réalisés dans
    les économies de coût salarial ne sont pas redistribués par leur bénéficiaire (travail au noir, etc…)

    Qui dit “régularisations des étrangers” demandeurs d’emploi ne dit pas automatiquement
    “régularisations des situations d’emploi” de ces étrangers.

    Voire à ce titre le cas d’un certain nombre d’employées de maison d’origine Européenne, par exemple.
    On peut bénéficier d’un permis de séjour en bonne et due forme…et d’un emploi “dissimulé”.
    Là encore, c’est l’offre et la demande qui régissent les situations, pas les bonnes intentions,
    ou les pétitions de principes.

    Historiquement, en France, l’afflux de main d’oeuvre immigrée des années 60 et 70 a été économiquement
    “digéré” grâce à l’orientation d’une grande partie de la main d’oeuvre autochtone vers le secteur
    public (40% actifs issus des classes nées en France entre 1943 et 1957) mais au prix cependant d’une grande modération dans les évolutions de rémunérations des emplois les moins qualifiés (voir l’écart grandissant entre France et RFA sur ce point à partir des années 60 et qui continue jusqu’à nos jours).

    Enfin, et de façon tout aussi négative, l’abondance de main d’oeuvre “à bon marché” (puisqu’abondante)
    peut encourager les entreprises à retarder ou éviter la modernisation de leur appareil productif (idem comparaison France/Allemagne années 60-70).

    A titre de “curiosité”, l’un des éléments “déclencheur” de la sécession des états esclavagistes
    aux USA en 1860, la question de l’extension territoriale de l’esclavagisme aux nouveaux états
    entrant dans l’union, ou ceux à venir, relevait exactement de cette problématique (concurrence
    entre la main d’oeuvre servile et la main d’oeuvre libre).

    Une main d’oeuvre libre et abondante est certes plus chère qu’une main d’oeuvre servile, mais
    toujours moins chère qu’une main d’oeuvre libre…qui n’est pas abondante.

    Le CNPF puis MEDEF, ainsi diverses personnalités/organisations patronales représentant ultra-majoritairement le monde des grandes entreprises, se sont exprimé depuis longtemps et continuent
    de le faire en faveur d’une politique de soutien à l’immigration.

    De deux choses l’une : soit ces personnalités/organisations défendent des programmes contraires
    à leurs intérêts “bien compris” par pur humanisme, soit elles agissent aux mieux de leurs intérêts.

    On pourrait par ailleurs imaginer une “solution” à ce problème qui serait l’affectation autoritaire de
    la main d’oeuvre à tel ou tel secteur, et dans telle ou telle condition de salaire, ainsi que la collectivisation
    des moyens de production/distribution, afin d’empêcher cette “concurrence” sur le marché du travail
    entre offre et demande de se produire, ou en tous cas, la limiter fortement.

    On peut remarquer que si l’URSS a bien mis en oeuvre la seconde proposition (collectivisation),
    elle s’est bien gardé, à de très rares exceptions près, de mettre en oeuvre la première.

    Les jeunes soviétiques étaient en effet libres, au sortir de leur formation
    scolaire/universitaire/professionnelle, de solliciter des employeurs (certes publics) suivant leur souhaits/possibilités, la seule limite étant géographique puisqu’il fallait disposer d’une autorisation administrative pour changer de région, mais les “régions” en question étaient vastes.

    A coté des marchés kolkhoziens, l’URSS, et ce point est rarement soulevé, et pour cause, disposait également d’un marché du travail fondamentalement basé sur la liberté de choix des acteurs, avec
    quelques restrictions, finalement bénignes.
    Les “entreprises” soviétiques devaient naturellement obéir à des quotas d’effectifs, mais quand
    ceux-ci étaient atteints, elles n’avait aucune obligation d’embauche supplémentaire.
    L’orientation professionelle étant par ailleurs libre, il n’est pas difficile de comprendre qu’il n’y avait pas adéquation parfaite entre offre et demande sur le marché du travail soviétique.

    Il y avait donc, horreur, du chômage dans la “patrie des travailleurs”, et heureusement d’ailleurs,
    sinon comment fournir en main d’oeuvre avant plusieurs années une toute nouvelle unité de
    production, surtout quand il était par ailleurs interdit sauf autorisation de quitter son emploi ?

    Il est vrai cependant que le niveau quasi inexistant de l’immigration étrangère en URSS ne
    soulevait pas de questions afférentes, puisque c’est plutôt l’émigration qui était interdite, et
    d’ailleurs durement réprimée.

    L’économie et la société soviétique étaient en revanche confrontées à des problèmes liés à des
    migration nationales clandestines (puisque non-autorisée) vers les principales agglomérations
    qui entrainaient des conséquences très proches de celles que connaissent les pays développés
    avec les migrations en provenance d’un certain nombre de pays sous-développés, mise en cause
    du dogme patriotique excepté, bien entendu.

    Finalement, les sociétés dont l’économie peut-être qualifiée de “socialiste”, n’ont pas eu tellement à
    souffrir de réactions antagonistes vis à vis de l’immigration, car elles n’en avaient quasiment pas, ce
    qui n’est pas très flatteur pour elles, finalement.

    Les opposants les plus acharnés de l’immigration devraient donc soutenir les organisations politiques
    ou syndicales qui prônent un virage déterminé vers la destruction de l’économie capitaliste.
    A l’inverse, les défenseurs de l’immigration libre et sans entrave devraient être les défenseurs les plus
    zélés de la libre entreprise et de l’économie de marché.

    Heureusement ou malheureusement, les névroses personnelles, l’esprit de clocher politique, et une
    bonne dose d’incompréhension des mécanisme économiques et sociaux de base font que cette étrange situation à “front renversé”, si j’ose dire, est sans doute encore loin de d’apparaître.

    Une approche alternative au à la problématique de “plus/moins/pas d’immigration”
    serait, tout en considérant que la faculté de libre-circulation/distribution/installation des biens et des personnes sur la terre constitue un objectif philosophiquement respectable, de restreindre cette liberté
    aux biens et personnes dont l’introduction dans les contextes économiques/sociaux nationaux ne fausse
    pas les règles d’une concurrence équilibrée, c’est à dire celle qui se produit à prix de revient/niveau de qualification/niveau de protection social théoriquement égal.

    Vouloir pérenniser les niveaux de protection sociale des pays développés en limitant/interdisant
    les importations en provenance de pays à protection sociale publique faible/inexistante, tout en
    laissant les populations de ces mêmes pays immigrer à leur guise, c’est un peu se plaindre d’un mal,
    tout en en chérissant les causes.

    Il faut laisser les populations “d’accueil” décider, souverainement, du moment où elles considèrent
    que l’importation de main d’oeuvre, car c’est bien de cela dont il s’agit, est souhaitable, ou pas.
    L’évolution historique des réactions populaires en France à ce sujet, entre les années 60 et aujourd’hui, montre que c’est une problématique dont le peuple dans son ensemble est capable de juger avec réalisme, puisque son opinion évolue en fonction des circonstances.

    L’immigration est sans doute toujours une chance pour les immigrés, sinon, pourquoi
    immigreraient-ils ?
    En tous cas, si l’erreur devient manifeste, pourquoi continueraient-il ?

    Affirmer qu’ils n’ont “pas le choix”, cela revient à dire que le choix est, à tout le moins,
    déjà fait entre le “pire” (rester) ou le “meilleur” (partir), car qui choisirait le pire ?

    Il faut donc, sauf à prendre les immigrés pour des demeurés, et dans ce cas clairement
    l’assumer, reconnaître que l’on immigre toujours du “pire” vers le “meilleur”.

    Même si le choix entre “pire” et “meilleur” se résume à vivre ou mourir, c’est déjà un choix, et tous les immigrés, heureusement pour eux, ne fuient pas une mort certaine.
    Il faut donc bien reconnaître que l’on immigre, très majoritairement, pour de l’argent, en tous cas, plus d’argent.

    Si le “meilleur” en question se situe là où nous vivons, nous n’avons pas à nous en excuser, bien au contraire.

    Cependant, dans le cas où l’immigration ne relève pas toujours d’un choix conscient, qu’on
    nous explique d’abord pourquoi une partie des populations, d’ailleurs très majoritaire, reste sur place,
    puis qu’on nous montre les camions bâchés, les wagons plombés, les chiens policiers, les barbelés
    et les miradors qui permettent de contraindre les immigrés à quitter leur terre natale, contre leur
    propre gré.

    Dans les diverses formes de mépris et de condescendance que peut montrer une conscience un peu trop
    assurée d’elle-même vis à vis de celle d’autrui, il y a la conviction que les autres n’agissent que
    contraints et forcés, sans jamais exercer leur volonté.

    Cette contrainte par force prend habituellement l’appellation de “formatage”, “misère”, etc…
    Ne pas reconnaître à l’autre la faculté de décider, y compris en commettant des erreurs, compte
    tenu des informations dont il dispose, ou de ses propres limites intellectuelles, c’est le considérer
    comme un objet. Un objet de commisération, peut-être, mais un objet tout de même.

    Il sera toujours plus facile de plaindre quelqu’un qu’on suppose avoir agi sous la contrainte
    que par choix, quitte à le prendre plutôt pour un sombre imbécile que pour un maladroit.
    Ainsi se perpétue, et se renouvelle, sous nos yeux, le mythe du “bon sauvage”.
    Jadis celui-ci pêchait sans le vouloir, car sans le savoir, aujourd’hui, il immigre sans le vouloir,
    puisque sans le savoir.

    Quant à la question de savoir si l’immigration est “toujours” une chance pour les populations hôtes, la
    réponse est peut-être moins évidente.

    Il faudrait pouvoir la poser, cette question, par exemple, à ces tribus amérindiennes qui permirent
    à ceux qui, parmi les premiers immigrants européens, venaient de débarquer et avaient épuisé
    toutes leurs provisions, de passer un hiver sans mourir de faim et donc de s’installer durablement,
    sans avoir alors l’ombre d’un canon et d’une armée à leur disposition pour contraindre leur hôtes
    à leur rendre cet inestimable service.

    Ou bien encore aux populations de Palestine qui ont d’abord, quoique non sans réactions
    de plus en plus violentes au fur et mesure, laissé s’installer des immigrants juifs à coté
    d’une population juive autochtone alors très minoritaire.
    Là toujours, pas l’ombre d’un canon ou d’une armée au départ, mais au contraire une population
    très majoritairement pacifique, et laborieuse.
    Du coté des hôtes, de la méfiance sans doute, mais finalement un laxisme plus ou moins teinté
    de bonhommie, d’avidité, voire de curiosité.

    On notera d’ailleurs au passage qu’en 2012, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de leur
    territoire, reste finalement toujours une question de couleur de peau, le niveau de mélanine requis
    pour pouvoir prétendre à exercer ce droit s’étant cependant manifestement inversé.
    Hélas, on n’efface pas une injustice en en commettant une autre.

    Ces réactions d’accueil, ou de laisser-faire, ayant été le fruit de décisions, généreuses ou intéressées, opportunes ou inopportunes, peu importe, qu’on laisse à nos peuples souverains le droit d’en prendre,
    sans avoir, si possible, à recourir aux armes pour les faire connaître.
    Que ceux qui s’y opposent, après avoir pu faire entendre leurs arguments, les acceptent
    démocratiquement , ou bien en supportent intégralement les conséquences.

  31. sonia dit :

    c’est même les chiens de garde du capitalisme…l’héritière qui se loue un 2 pièces pour les élections, relèguent le question des habitnts à Son Steeve….je pense qu’il faut arrêter de prendre les gens pour des cons…en brandissant le drapeau des musulmans je crois qu’au FN ils les appellent ça la peste verte alors que les vrais soucis c’est les banques et la politique européenne qui s’est construit sur l’économie au lieu de la politique……

Ecrire un commentaire :

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Articles récents

Contribuez au développement du site en souscrivant