Dans sa lettre aux musulmans à l’occasion de l’Aïd-al-Fitr, François Hollande évoque le « projet socialiste pour bâtir cette société enfin véritablement universelle. ». Quel est exactement ce projet ? Il s’agit d’une utopie d’extrême-gauche suicidaire, qui vise à faire de la France le laboratoire du mondialisme.
Pour ce qui concerne les aspects de la lettre qui trahissent la République, la laïcité, et certaines des valeurs historiques de la gauche, je vous renvoie aux excellents articles de Riposte Laïque. Je vais m’attarder ici sur ce projet de « société véritablement universelle », qui existe bel et bien au Parti Socialiste. Il ne s’agit pas d’un projet secret, mais d’une utopie à moyen-long terme, qui est plus ou moins distillée dans les réflexions de Terra Nova, la Nouvelle Civilisation de Martine Aubry, le projet du Parti Socialiste pour 2012, ou bien encore dans cette petite phrase de François Hollande. Mais nulle part vous ne verrez ce projet expliqué noir sur blanc, et pour cause : il a de quoi faire fuir bon nombre d’électeurs socialistes !
Droits de l’Homme dévoyés
Lorsque nos glorieux ancêtres ont proclamé la « déclaration universelle des droits de l’Homme », c’est parce qu’ils pensaient que les droits de l’Homme étaient des valeurs qui pouvaient « s’exporter » dans tous les pays du monde. Ou plutôt qui pouvaient être adoptés par tous les pays du monde. Aux peuples du monde entier de se soulever comme le peuple français pour faire valoir leurs droits (si tel est leur choix).
Lorsque nos ancêtres ont dit que tous les combattants de la liberté seraient accueillis sur le sol français, ils parlaient uniquement des véritables combattants. Il n’ont jamais dit que la France avait pour vocation d’accueillir tous les opprimés de la Terre, et encore moins toutes les populations miséreuses. Bref, nos révolutionnaires n’ont jamais entendu faire de la France une société universelle sur son sol, contrairement à ce qu’essaye de nous faire croire les socialistes aujourd’hui ! Par contre, tel est bien le but des socialistes désormais.
De l’exportation la société universelle…
Force est de constater que deux siècles plus tard, les droits de l’Homme ne se sont pas si bien « exportés » que ça. La démocratie a surtout été adoptée dans les pays proches culturellement de la France : les pays occidentaux. Concernant les autres pays, les socialistes ont d’abord voulu exporter de force notre « lumière universelle » à travers le colonialisme. Jean Jaurès a écrit dans un discours « Quand nous prenons possession d’un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France et soyez sûr qu’on lui fera bon accueil, car elle est pure autant que grande, toute pénétrée de justice et de bonté. Que là , où est établie la France, on l’aime, que là où elle n’a fait que passer, on l’a regrette ; que partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante ».
Hollande cite dans sa lettre la phrase suivante, extraite d’un article de Jean Jaurès, justement : « Cette action socialiste se produira, en chaque pays, avec d’autant plus de force et d’autorité qu’elle sera universelle et universellement probe, et que nul ne pourra y soupçonner un piège. ». Il a juste omit de mentionner les deux phrases précédentes : « La deuxième règle, pour les socialistes de tous les pays, sera de demander pour les peuples vaincus ou les races soumises de l’Asie, de l’Amérique, de l’Afrique le traitement le plus humain, le maximum de garanties. Qu’il s’agisse des Hindous dominés par l’Angleterre, des Arabes dominés par la France ou des races africaines que se disputent et se partagent tous les peuples de l’Europe, c’est le devoir des socialistes de prendre, dans le Parlement de chaque pays, l’initiative des propositions humaines ou des protestations nécessaires. ». Indignez-vous !
Mais ces délicates intentions ne suffirent pas aux peuples colonisés qui finirent par se révolter et par prendre leur indépendance. Or depuis, on ne peut pas dire que les droits universels de l’Homme ont « bien pris » dans les anciennes colonies, malgré quelques guerres néo-coloniales effectuées en leurs noms (la dernière étant celle de Libye, ardemment soutenue par les socialistes). Dès lors, comment faire pour « bâtir cette société véritablement universelle » ? Eh bien puisque l’exportation n’a pas fonctionné, tentons le pari de l’importation !
… à l’importation de la société universelle
Vous avez sans doute remarqué une sorte de confusion dans l’esprit de François Hollande, et des socialistes en général, entre l’universalité des droits de l’Homme et la « société universelle ». C’est que pour eux, la seconde est l’aboutissement de la première. François Hollande écrit dans sa lettre à propos de l’Aïd : « Ces jours-ci, nous célébrerons la grande fête de solidarité et de partage qu’est l’Aïd-al-Fitr ». Il écrit aussi plus loin que l’Aïd est « issue d’une longue tradition et porteuse de riches héritages culturels, par les valeurs qu’elle porte et l’idéal social qu’elle vise, elle s’inscrit pleinement dans cette démarche d’universalité. ». Ainsi, du moment qu’il y a (soi-disant) solidarité, partage et idéal social, on est dans le bon universalisme. Quant à la liberté, on a bien vu avec le communisme que c’était finalement accessoire pour la gauche. Elle sera de nouveau sacrifiée sur l’autel de l’utopie.
Cela fait quelque temps déjà que l’extrême-gauche prône en quelque sorte la création d’une « nouvelle civilisation » sur nos terres. Ceci en faisant venir en masse des immigrés, en important de nouveaux « prolétaires » pour remplacer ceux qui font défaut en France, afin de faire exploser le système capitaliste (si c’est sous le poids des prestations sociales, c’est bien vu !). Mais aussi pour mettre à mal l’ordre établi dans notre société judéo-chrétienne et blanche, donc « fondamentalement raciste ».
Mais peut-on comparer les objectifs d’un socialiste « normal » comme François Hollande, avec ceux de l’extrême-gauche ? Si l’on se réfère à la maxime « pas d’ennemi à gauche, pas d’ami à droite », oui. Sur ce point en tout cas, l’objectif final est le même : faire naître une « société universelle » sur le territoire français. La grande différence, c’est la méthode.
L’extrême-gauche a tendance a vouloir «tout, tout de suite » et à avancer à visage – à peine – voilé. Les socialistes dévoilent leurs cartes progressivement, et misent sur le temps. Du côté des idées, ils ont commencé par développer l’anti-racisme, auquel nous avons tous adhéré. Une fois l’anti-racisme adopté par toute la société française, ils ont ensuite dit que l’immigration était inéluctable. Mais ne vous inquiétez pas, les immigrés vont s’intégrer nous ont dit les socialistes. Les Français ont alors compris « ils vont s’assimiler plus ou moins ». Mais non, l’intégration c’était en fait du multiculturalisme, on ne vous l’avait pas dit ? Maintenant que le multiculturalisme est un fait dans de nombreux quartiers, on peut bien l’avouer. Et de toute façon, celui qui est contre le multiculturalisme est un raciste !
Il est donc temps de passer à l’étape suivante : faire la promotion du métissage. Pas en tant que choix individuel, mais en tant que politique d’État. Nicolas Sarkozy l’a bien expliqué dans un discours datant de 2008 « [le métissage] ce n’est pas un choix, c’est une obligation, c’est un impératif. On ne peut pas faire autrement au risque d’être confronté à des problèmes considérables. ». Plus loin, dans le même discours, il explique la politique à mettre en place pour lutter contre les discriminations : « Alors nous allons changer ! On va changer partout en même temps : dans l’entreprise, dans les administrations, à l’éducation, dans les partis politiques. Et on va se mettre des obligations de résultat. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra alors que la République passe à des méthodes plus contraignantes encore ». Quelles seront ces méthodes contraignantes ? Une politique de métissage ? Bien sûr, on ne pourra obliger les gens à se métisser (quoique, avec une bonne dictature…). Mais on pourra forcer les gens à vivre ensemble afin de favoriser les « rapprochements », grâce à tout un arsenal juridique favorisant la « mixité sociale ». Mais au fait, vous vous dites que Nicolas Sarkozy n’est pas socialiste. Ah bon ? Ses idées se retrouvent pourtant dans la convention égalité réelle du parti socialiste pour la présidentielle de 2012…
Politiquement, les socialistes ont commencé par créer des lois nationales et adopter des conventions internationales laxistes, qui favorisent une immigration massive et incontrôlable. Pour renforcer ces dispositions, les socialistes n’osent pas encore franchir le Rubicon que représente le droit de vote des étrangers. Mais pour une fois, ils annoncent la couleur : le droit de vote aux élections locales ne sera qu’une première étape ! Ne vous leurrez pas, le droit de vote (et d’éligibilité) aux élections nationales en sera l’ultime étape. C’est dans la logique d’une citoyenneté fondée sur la résidence et non plus sur la nationalité. Et cette « citoyenneté universelle » est dans la veine de la société universelle. Mais il suffit surtout aux socialistes de jouer la montre : dans les conditions actuelles, la moitié de la population française sera d’origine africaine, et musulmanes, dans trente ans à peine ! La « société universelle » sera inéluctablement en marche. Les Français seront mis devant le fait accompli.
Le communisme du XXIe siècle
Nous l’avons vu, la société multiculturelle n’est qu’une étape vers la société universelle. Le métissage des personnes et des cultures a pour objectif de créer un nouveau citoyen, un « citoyen universel ». Ce qui est censé mettre fin au racisme, au nationalisme, aux frontières, aux conflits, voire au réchauffement climatique. Cet objectif final de métissage constitue « un piège » de la part des socialistes, contrairement à ce que dit Hollande. Aussi bien pour les Français de souche que pour les musulmans, qui s’imaginent à tord qu’on leur promet de cultiver leur différence.
Dans le projet socialiste, la France (et l’Europe) ne sera qu’un laboratoire, une étape avant la gouvernance mondiale, qui permettra de faire la même chose à l’échelle planétaire. François Hollande le dit souvent : il est internationaliste, il se soucie autant de l’ouvrier français que de l’ouvrier indien…
Le gros problème, c’est que comme le communisme, cette « société universelle » est une folle et dangereuse utopie, pour laquelle l’humanité n’est pas encore prête (si tant est qu’elle le soit un jour). D’abord, notre société ne deviendra pas universelle. Parce qu’une grande partie de l’humanité, l’Asie notamment, ne sera que très peu représentée. Ensuite, parce que les moins enclins à ce bouleversement historique ce sont les immigrés eux-mêmes ! Et tout particulièrement les musulmans, qui seront sur-représentés. En effet, l’Islam a son propre universalisme, ce que reconnait d’ailleurs François Hollande dans sa lettre. Mais cet universalisme est sans partage, sans concession, sans diversité. Dans une France peuplée majoritairement de musulmans, il est carrément utopique de croire, comme les socialistes, que les femmes voilées vont côtoyer pacifiquement des juifs et des transsexuels en string ! Une société a besoin d’un minimum d’homogénéité pour le fameux « vivre ensemble ». Et cette homogénéité doit au moins être culturelle. D’ailleurs, les socialistes le savent bien au fond, puisque le but du métissage est justement de recréer une homogénéité aussi bien raciale que culturelle…
Les musulmans devenus majoritaires n’accepteront pas de faire des concessions. Ils n’adhéreront pas à la « société universelle », ils préfèreront la leur : la « Oumma ». Et contrairement à François Hollande, de nombreux Français non musulmans n’accepteront pas de vivre comme des dhimmis soumis sur leur propre territoire. Le clash est inévitable et redoutable. La société universelle ne passera pas le cap du multiculturalisme, tout comme la société communiste n’a jamais passée le cap du socialisme d’État. Si la transition vers la société multiculturelle se fait plus pacifiquement, en « vitesse de croisière » le régime risque d’être tout aussi rude : société invivable, conflits ou domination islamiste. Et la chute risque de se faire de manière plus brutale. D’autant plus les pays de l’Est ont fini par faire table rase du communisme. Comment pourra-t-on faire table rase du multiculturalisme, vu la situation démographique inextricable vers laquelle on se dirige ?
Le candidat normal doit jouer carte sur table
Sous ses airs bonhomme et pondéré, François Hollande est donc, en tant que candidat socialiste, porteur d’un projet à long terme aussi dangereux et encore plus suicidaire pour notre civilisation que le fut le communisme ! Celui ou celle qui sera désigné candidat socialiste à l’élection présidentielle devra enfin jouer « carte sur table » avec les Français, et exposer clairement les tenants et les aboutissants de ce projet de « société universelle ». Cesser de se réfugier derrière l’antiracisme, le « vivre ensemble » et autres paravents. Et cesser d’agir dans le dos des français une fois élu (lois et accords passés en douce, réalité cachée). Si l’utopie est si belle, pourquoi ne pas l’exposer clairement ? Que les Français votent en connaissance de cause ! Nul doute qu’ils ne le feront pas, d’autant plus que le prochain quinquennat ne sera pour eux qu’une étape supplémentaire sur le chemin de la « société universelle ».
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Une vision franchement angoissante .Des tendances inverses, puissantes, existent heureusement. Mais que soit déja déclarée une guerre idéologique aussi mortifére que la guerre soit-disant froide du siécle dernier, c’est une réalité à laquelle il convient de se préparer. Espérer faire l’économie de convulsions violentes semble assez peu réaliste. Mais aprés tout, les hommes ont toujours été en guerre, d’une façon ou d’une autre: Que l’Europe soit plongée dans une apathie béate depuis soixante ans, ne change rien à cette nature guerriére. Son réveil risque d’être douloureux, et pour paraphraser Malraux: Le XXIe siécle sera sanglant, comme les précédents……
La société universelle des socialistes me semble concurrencer directement l’islam.
Les pays musulmans fondent leurs institutions sur le charia et non les droits de l’homme (non ratifiés), ce n’est donc pas moi mais eux qui le disent.
Il est important de rappeler que la colonisation fut l’oeuvre des socialistes anticléricaux.
Jamais elle ne fut considérée comme rentable, et elle ne le fut pas.
Lire Historiquememt correct, de Jean Sévilla.
Quant à ce qu’il est advenu de l’Algérie, cela préfigure effectivement l’avenir de la France.
Charles de Foucauld prévoyait ces évènements dès le début du 20e siècle, alors qu’ils étaient impensables.
Pour résumer: Évangéliser était interdit, et l’islam excluait la francisation, donc l’issue était inéluctable.
Aujourd’hui la France est largement islamisée et le christianisme chassé, confiné dans la clandestinité.
Même causes, mêmes effets…
Les considérations de Terra Nova ont été réfutées en parole, mais les faits sont têtus. Le PS glisse sur une pente islamique.
Belle analyse de l’évolution progressive du discours de la gauche (association antiracistes incluses) sur le sujet:
1) – reconstruction de la France “laissons les amener leur famille!”
2) – tolérance des minorités “sinon vous êtes nazi”
3)- métissage obligatoire de la France “sinon c’est la guerre civile”
J’attends avec impatience la prochaine étape:
- mariages interdits entre individus de même ethnie? (sauf les étrangers qui ne sont pas encore totalement “intégrés)
- suppression des allocations familiales pour les familles non métissées
- interdiction d’exercer des mandats locaux aux européens (trop racistes)
Excellent article sur “l’évolution progressive du discours de la gauche”, je reprends les termes de jarod puisque ce sont les bons.
Il serait bien de rajouter, voire de convaincre, qu’avoir une écoute critique de ce discours socialiste n’est pas du racisme ou de l’islamophobie. Que l’on peut rester humaniste et néanmoins s’inquiéter de cette immigration, non pas en tant que telle puisque les courants migratoires sont le propre de l’Homme depuis l’Antiquité, mais par son caractère massif, non-contrôlé, et qu’elle peut (va !) porter préjudice à la République Française. Nous avons un exemple péremptoire avec la remise en cause de la laïcité !
Je dis que l’on peut rester humaniste car il ne s’agit pas de mettre dehors à coup-de-pied au c** les immigrés et de rester hermétiques à toute nouvelle vague de populations miséreuses. Les français, je ne parle pas seulement de la poignée de nos élus mais bien du peuple, nous avons une moralité, des valeurs… et surtout le respect de la Déclaration des Droits de l’Homme. Cela ne sous-entends pas les droits des français exclusivement, mais des droits des êtres humains. La misère, même si c’est celle des “autres”, nous émeut, nous choque, nous révolte. Arrêtons ce clivage droite/gauche incessant.
L’immigration en France pose un problème, cela est une réalité (le nombre d’intention de vote pour le FN en est une preuve concrète). Alors que cela ne devrait pas être un problème.
Il y a de la misère dans nos pays voisins. Pourquoi ? D’où vient-elle ? Ce sont là les vraies questions, celles qui méritent l’attention des plus grands sur la scène politique mondiale. La France a pleinement un rôle à jouer là -dedans puisqu’elle se pose en “combattante pour la Liberté” depuis la révolution de 1789.
La solution n’est pas dans l’importation, mais je pense bel et bien dans l’exportation. L’Histoire montre que la colonisation et l’imposition forcée de valeurs judéo-chrétiennes n’ont pas fonctionné. Il faut s’y prendre autrement. C’est une problématique complexe, elle nécessite une très grande réflexion : être capable de trouver le juste compromis entre respect de la culture et l’adoption des droits universels de l’homme (et de la femme).
Ce débat entre intégrer absolument tous ces immigrés ou au contraire endiguer de force cette immigration, ce n’est pas là le juste débat ! A mon sens, ces deux propositions ne sont ni l’une ni l’autre bonnes. Il faut donc en trouver une autre, une qui considère la source du problème. Et là -dessus, non nous ne sommes pas face à un mur mais devant une problématique, certes ardue, mais à envisager absolument pour une stabilité du monde : se battre pour que les droits universels des hommes et des femmes soient bel et bien universels à travers le monde. Et ce, tout en préservant le multi-culturalisme et les échanges entre les pays du monde ! Le métissage pouvant être parfaitement une option pour ceux qui le souhaite.
Ce n’est pas une vague utopie, c’est le bon sens même !