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Les médias, grands oubliés de l’égalité

2 février 2012, 19:10 Auteur : Jean 1 commentaire

Au Bourget, François Hollande a invoqué à de très (trop ?) nombreuses reprises l’égalité, qu’il a mise à toutes les sauces possibles et imaginables. Outre le fait qu’il oubliait ainsi la liberté (qui est pourtant la condition indispensable à la véritable égalité), on pourrait également lui reprocher de n’avoir dit mot sur l’aspect le plus révolutionnaire qui soit de l’égalité, celui qui concerne les médias. Mais ne comptez ni sur le PS ni sur aucun membre de l’oligarchie pour la réclamer, puisqu’ils la combattent chaque jour que Dieu fait.

L’égalité à l’école ? Oui !
L’égalité au travail ? Oui !
L’égalité devant la justice ? Oui !
L’égalité dans les médias ? Jamais !

L’oligarchie est très claire, les médias sont à elles, et à part quelques miettes vous n’aurez rien si vous n’appartenez pas à ladite oligarchie. Je rappelle que par oligarchie on entend la mise en commun des intérêts des plus gros (l’État, les multinationales, les banques, les médias, etc.) au détriment des plus petits et précaires (créateurs d’entreprise, salariés en CDD, chômeurs, immigrés, etc.) et de plus en plus au détriment de la classe moyenne.
En effet, sans qu’elle le crie sur les toits, l’oligarchie a petit à petit réservé toutes les places importantes dans les médias à ses pions, et à ses affidés. Des gens bien dociles et bien soumis à l’intérêt de cette caste, prêts à tous les renoncements, à tous les sacrifices, et à tous les déshonneurs pour sauver leur petite place dans les grands médias, alors qu’ils y sont totalement remplaçables (et qu’ils le savent pertinemment). Où que vous regardiez, télévision surtout, radio ensuite, cinéma, presse, édition, et la partie oligarchique d’Internet, l’élite auto-proclamée truste les places.

Complotiste ! va-t-on me rétorquer, malgré la brillante démonstration faite ici-même pour démonter cet argument qui n’en est pas un. Que nenni, ce sont les faits, et ils sont têtus. Et pour faciliter encore la tâche, ils sont publics, totalement et entièrement publics. Il suffit de se pencher pour les ramasser à la pelle et en tirer les conclusions qui s’imposent. Combien de fois PPDA a-t-il présenté le JT de 20h ? Des milliers. Pujadas ? Également. Bizarrement, ce sont les mêmes qui présentent des émissions, qui signent dans les plus grandes maisons d’édition, qui sont régulièrement invités un peu partout dans les médias, et qui interviewent très souvent le premier d’entre nous, le Président de la République. Comme ce dernier fait intégralement partie de l’oligarchie, et qu’il la dirige en partie, c’est lui-même qui choisit ces journalistes pour lui poser des questions, ce qui est contraire à l’éthique la plus stricte qui prévaut dans tout pays anglo-saxon (comme le reconnaît même le très anti-américain patron du Monde Diplomatique). PPDA, Pujadas et les autres laquais mandatés par l’oligarchie choisissent eux-mêmes, sans en être redevable devant aucune autorité légitime (eux qui sont illégitimes dans leur place pourtant si influente). Ils font et défont des fortunes, en assurant à certains une promotion gratuite et laissant les autres croupir dans l’anonymat le plus complet, selon des critères totalement arbitraires, renvois d’ascenseur et autres petites ou grandes faveurs.

Pourquoi les BHL, Attali, Minc, Fourest, Boniface, Duhamel, Elkabbach, Zemmour, Polony, Pulvar, Finkielkraut, Ruquier, Todd, Reynié, Barbier, Plenel, Chebel, Onfray, Kahn, et autres éditocrates au robinet d’eau tiède sont-ils invités en permanence (ce qui signifie des centaines de fois!), tandis que les François Asselineau, Michel Drac, Louis Dalmas, Etienne Chouard, Yvan Blot, Alain Laurent, Aymeric Chauprade, Roland Hureaux, Raymond Boudon, Alexandre Del Valle, Kostas Mavrakis, Bernard Genêt, et Jean Robin ne sont jamais invités, ou bien une fois par siècle ? Nous avions déjà comparé le cas de David Mascré (au temps où il n’avait pas encore rejoint le FN) et celui d’Houria Bouteldja, c’est absolument flagrant, et ne peut laisser aucun démocrate insensible.

Pourquoi le PS a-t-il bénéficié d’une telle couverture médiatique, tous médias confondus, pendant la primaire socialiste, alors que de plus petits partis n’ont jamais bénéficié dans toute leur histoire d’une parcelle de cette médiatisation ? Idem pour les primaires au FN, quant au gouvernement ses représentants sont invités constamment dans les médias, et le Président de la République a vu son interview récente diffusée sur… 8 chaînes à la fois ! Cette sur-médiatisation des grosses écuries, combinée avec cette sous-médiatisation des petites écuries, mènent inéluctablement à une fracture, un fossé pour ne pas dire un gouffre entre ceux qui passent dans les médias et ceux qui n’y passent pas.

Tout le monde, surtout à gauche, dénonce les inégalités et prône une égalité stricte, juste et tous les adjectifs pompeux que vous voulez. Mais quand il s’agit des médias, chacun reste sur ses positions, niant une réalité trop flagrante pour être réellement vue. Plus c’est gros, plus ça passe disait Chirac, qui s’y connaissait en inégalités… En réalité, l’égalité dans les grands médias n’est pas pour demain, sauf si le peuple décide de reprendre cette égalité que l’oligarchie lui a volé. Bref, il y a du ménage à faire, mais dès qu’il sera fait, le verrou principal de l’oligarchie aura sauté, et la dictature de la médiatisation avec lui.

Categories : Médias, bestof

1 commentaire

  1. Bruno Landrieu dit :

    Ce n’est pas vrai qu’on parle d’égalité. Il faut en finir avec cette hypocrisie. On parle de ressemblance. Ressemblance des employés, ressemblance des justiciables, etc. Tout est dans l’apparence. Ce qui choque, c’est le confit. Il faut l’éviter tant que faire se peut, le repousser dans la sphère privée là où personne ne peut le voir.

    Exemple : La parité. Il n’est pas question que le conflit homme femme perturbe les relations de travail. Par contre, à la maison, on peut toujours se déchirer parce que Monsieur ramène moins que Madame ou l’inverse. Une femme qui ne s’investi pas dans son travail, parce qu’elle veut garder du temps pour ses enfants et que son mari assure aussi, doit elle être payé la même chose qu’un homme divorcé et responsable prêt à tout sacrifier pour entretenir sa famille ? Je ne crois pas, mais chuuuut.

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