Apostasier signifie changer de religion, soit pour une autre religion, soit pour devenir athée. Il est très consensuel aujourd’hui en France de défendre la liberté de conscience, donc le droit à tout être humain de passer librement d’une religion à une autre, voire d’abandonner sa religion. Or personne ne semble être au courant que ce droit fondamental et intrinsèque de notre République est nié officiellement aux musulmans, qui se retrouvent enfermés, qu’ils le sachent ou non, dans l’islam, dès lors qu’ils sont nés musulmans ou même s’ils se convertissent à l’islam. Une information qui remet fondamentalement en cause la relation de la République avec l’islam.
Tout est parti d’un passage d’un livre paru aux Presses Universitaires de France en 2004, et qu’aucun observateur n’a relevé :
« Ce n’est pas un hasard si la mention du droit à changer de religion, dans la charte donnée à signer aux parties prenantes de la Consultation mise en place par Jean-Pierre Chevènement pour créer une instance représentative de l’islam, a suscité une vive réaction de la part de l’UOIF qui en a obtenu le retrait.
[note de bas de page] Déclaration d’Alain Billon, conseiller de Jean-Pierre Chevènement, Islam de France n°8, 2000 : “Le maintien de la mention initiale explicitée et isolée au “droit de changer de religion” a été considéré par eux comme inutile et blessant. Cette objection a été jugée fondée. [fin de la note] [...]
[note de bas de page 25] Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche recommande ainsi aux musulmans d’Europe “d’Å“uvrer inlassablement en vue d’obtenir des pays dans lesquels ils résident la reconnaissance de l’islam en tant que religion, ainsi que l’exercice – pour les musulmans en tant que minorité religieuse à l’instar des autres minorités religieuses – de tous leurs droits relatifs à l’organisation de leur statut personnel en matière de mariage, de divorce et d’héritage. Il justifie ainsi la condamnation à mort pour celui qui “affiche son apostasie” : “Sa mort vise en fait à protéger la religion et la société [il faut entendre : communauté] de ses méfaits. [...] Les intérêts de l’Etat et de la société [communauté] prévalent sur l’intérêt individuel personnel. Cette question est en vérité similaire à ce que les lois modernes qualifient de “haute trahison”, à la suite des préjudices qui en découlent pour l’intérêt général.” (Recueil de fatwas, série n°1, Youssouf Al Qaradawi, préface et commentaire de Tariq Ramadan, Tawhid, 2002). Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche, basé à Londres, a été créé en 1997 à l’initiative de l’UOIE, équivalent européen de notre UOIF, dont Youssouf Al Qaradawi est le maître à penser. »
L’islam en France, PUF, 2004, pp.24-25
Fort de ce constat, nous avons posé la question au Vice-Président du CFCM, qui faisait d’ailleurs partie des négociations à l’époque, M. Chems-Hafiz, et voici sa réponse dans laquelle il confirme cette version :
http://www.dailymotion.com/video/xgqdvv
La liberté de conscience ne peut donc plus être invoquée comme l’un des piliers de la République que celle-ci défendrait, et une mise au point très claire doit être systématiquement faite aux personnalités politiques, médiatiques ou religieuses qui s’expriment sur ce sujet, comme nous avons pu le faire lors d’une conférence qui a eu lieu récemment, que nous diffuserons bientôt en intégralité et dont voici l’extrait concernant cette question :
http://www.dailymotion.com/video/xgw7y5
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