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Analyse

Les pratiques argumentatives de Tariq Ramadan à l’émission Infrarouge du 3 mars 2009

19 février 2011, 0:39 Auteur : 79 commentaires

Plusieurs mois avant la votation du 29 novembre 2009, qui allait interdire constitutionnellement la construction de minarets sur le territoire suisse, l’émission Infrarouge proposait à ses téléspectateurs  un débat entre deux voix diamétralement opposées quant à la décision à prendre sur cette votation.

D’un côté l’UDC valaisan Oskar Freysinger, porte parole romand de l’initiative, et de l’autre, Tariq Ramadan, professeur d’études orientales à l’Université d’Oxford, et de confession musulmane. Tariq Ramadan est connu pour être un défenseur de l’islam en Europe, et on l’a notamment accusé (voir Fourest, C. Frère Tariq, Grasset, 2004) de servir la cause des frères musulmans, dont il est par ailleurs le petit-fils du fondateur, et en cela de tenir un double discours : d’un côté un discours apparemment progressiste, réformiste et en phase avec les valeurs occidentales, s’adressant aux occidentaux, et de l’autre un discours adapté à une audience islamique, voir islamiste (la nuance étant d’ordre politique). C’est à ce « double-language » lors de l’émission télévisuelle suisse que la présente recherche s’intéresse.

Introduction

Ce papier propose d’examiner en détail les stratégies argumentatives de Tariq Ramadan lors de l’émission Infrarouge de mars 2009, et de tenter de comprendre comment, tout au moins dans cette émission, l’essentiel du débat à été tronqué par celles-ci. Elles se sont articulées autour de plusieurs points essentiels, et leur systématicité permet de dire qu’elles ont été utilisées consciemment et ne sont pas le fruit d’un simple hasard ou de contingences quelconques.

Tout d’abord, il y a un champ sémantique visant à décrédibiliser Oskar Freysinger par plusieurs formes de diffamation implicite (voir infra). Ensuite, le recours à des procédés discursifs tels que la mauvaise foi et la victimisation sont également, parmi de nombreux autres sans doute, identifiables et clairement définissables. Il s’agit pour Tariq Ramadan de convaincre du bon sens de son point de vue en caricaturant le point de vue de Oskar Freysinger ainsi que sa personne. On pouvait bien sur s’y attendre puisque les deux parties constituent des vues diamétralement opposées dans le débat des minarets; il faut cependant noter que de telles stratégies sont remarquables de la part d’un homme qui se présente comme un musulman modéré, critique de l’islamisme, et intellectuel de formation.

1. Les limites de cette dissertation

S’il est de plus en plus reconnu en théorie linguistique que le contexte est un facteur essentiel, voire central, dans la construction du sens dans les énoncés, et que de ce fait l’aspect pragmatique, c’est-à-dire contextuel, de l’analyse d’un discours est essentiel pour en comprendre le sens, il n’en demeure pas moins que le langage n’est pas analysable de manière définitive, et c’est peut-être là l’intérêt, on pourrait dire le refuge, qu’y trouve un orateur comme Tariq Ramadan.

L’analyse linguistique d’un discours n’est pas scientifique au sens propre, en ce qu’un mot ou une expression n’engage (presque) jamais son auteur: il sera toujours possible pour Tariq Ramadan de réinterpréter son discours en fonction de son auditeur, en choisissant d’attribuer aux mots une signification en accord avec ses propres valeurs. C’est là l’essence même du langage que d’être polysémique, que de pouvoir signifier plusieurs choses à la fois, en particulier lorsqu’un énoncé est mis en lien avec son contexte; le contexte constitue toujours une échappatoire au sens définitif d’une phrase ou d’une expression, et un contexte ne peut être expliqué qu’en fonction d’un discours.

En ce sens, il n’est pas étonnant d’entendre systématiquement Tariq Ramadan, à Infrarouge et dans d’autres débats, réinterpréter ses dires et se mettre en position de pouvoir affirmer sans s’engager. Car s’il est une chose dans laquelle il est passé maître, c’est bien de construire sa propre sémantique, sa propre définition des mots, et de pouvoir ainsi affirmer reconnaître les «bienfaits de la loi suisse»  sans mentionner qu’il s’agit bien entendu de la loi tant qu’elle n’empiète pas sur la loi coranique ; il dit à ce propos qu’il « n’appartient à personne de lui dicter la forme que doit prendre [ma] foi », jouant ainsi subtilement sur le concept laic de séparation de l’état et de la religion, mais en se gardant bien entendu de le mentionner.

C’est dans cette optique que le présent papier propose d’offrir non pas une sémantique de Tariq Ramadan, mais un examen de ses méthodes de débat (dans Infrarouge). Posé crument, on tentera de mettre à jour comment il parvient à réduire l’image et le discours de son adversaire à quelques stéréotypes du genre « mon adversaire est un ignorant » ou « mon adversaire est un raciste ». Ainsi, l’identification de ces stratégies discursives permettent-elles de mettre à jour l’utilisation ambiguë de certains mots et de certaines expressions.

De plus, un aspect autrement important dans l’examen de son discours passera également par l’identification de l’intention derrière ces paroles. Le concept de l’intention est en effet un élément central dans la théorie pragmatique appliquée ici, la Théorie de la Pertinence, qui dit que le sens que prend une expression dépend de l’intention que l’interlocuteur prête au locuteur.

Par exemple, c’est grâce à cela que l’on peut comprendre l’ironie: si par une journée pluvieuse je vous dis « quel beau soleil », vous comprendrez que mon intention n’était pas de faire une assertion, de dire quelque chose de littéralement vrai, et ainsi vous pourrez déduire que j’étais ironique. En termes techniques, c’est ce que l’on appelle l’ostension, c’est-à-dire le degré de transparence (ou de sens littéral) d’une expression.

Il existe plusieurs degrés d’ostension (l’ironie et la métaphore en sont de bons exemples, car pour l’interprétation de ces deux dernières il faut pouvoir se représenter l’intention de l’individu qui la produit) et plusieurs degrés d’interprétation de l’ostension. Par exemple, les enfants autistes et certains schizophrènes sont souvent incapables de reconnaître une phrase ironique ou d’interpréter une métaphore, et la théorie veut que ce soit justement parce qu’ils sont incapables de concevoir l’intention (ironique, métaphorale) de l’interlocuteur.

Dans le présent papier, je me servirai de la théorie de la pertinence pour évaluer les remarques de Tariq Ramadan, qui, comme on le verra, est passé maitre dans l’art d’anticiper les attentes de ses interlocuteurs. Il sait parfaitement ce que veulent entendre les socialistes et apologistes de l’islam par exemple, ainsi que les musulmans, et forgera donc un discours qui exploitera ces attentes des deux côtés.

Cependant, on ne peut pas à partir de ces constatations généraliser tout le discours de Tariq Ramadan dans les médias, ne serait-ce que parce qu’il est possible qu’il évolue et qu’il change, cependant on peut se faire une bonne idée de ses méthodes générales telle qu’il les a utilisées dans cette émission. Peut-être ce papier contribuera-t-il à la levée du voile qui cache le vrai visage de Ramadan, qui, semble-t-il, est bien celui d’un musulman à visées politiques, c’est-à-dire d’un islamiste.

1.1. Un mot sur la notation utilisée

La notation des références est du type (X/y:z) où X correspond au fragment utilisé sur youtube, où j’ai trouvé une retransmission de l’émission (à cette adresse ou en tapant « Ramadan vs Freysinger » dans le moteur de recherche), et y:z correspond aux minutes:secondes dans le fragment. Il aurait été plus pratique d’utiliser la retransmission depuis le site de la TSR directement, mais au moment de l’analyse cette source était indisponible. Ainsi (5/3:13) correspond à trois minutes et treize secondes du cinquième fragment. Par ailleurs, toutes les citations utilisées sont de Tariq Ramadan, à moins qu’il en soit indiqué autrement.

2. Stratégies discursives

Comme mentionné plus haut, les stratégies de Ramadan sont principalement la diffamation implicite par l’ignorance, la diffamation implicite par le racisme, la mauvaise foi et la victimisation. Ce sont des catégories générales créées pour l’occasion, mais leur contenu est par contre tout à fait factuel. L’ordre de leur présentation est également le fruit de mon propre choix, même si l’on peut noter que  la phase de victimisation n’intervient qu’en fin de débat, lors de la conclusion, et que c’est pour cette raison qu’elle apparait en dernier dans mon classement.

2.1. La diffamation implicite par l’ignorance

Ce que j’appelle ainsi par ce label un peu pompeux, c’est le fait de produire une phrase qui sert à dire autre chose que ce qu’elle signifie en surface, et que cette signification cachée soit un préjugé sur l’état des connaissances ou de l’intelligence de OF. Par exemple, si je dis: « Mais comme Jean est intelligent » avec un ton ironique ou sarcastique, ce que je veux dire en réalité c’est que Jean est bête.

Chez Tariq Ramadan, les sous-entendus sont bien évidemment plus subtils, mais ils servent clairement à signifier, dans certains cas, l’ignorance de l’autre. Cela peut être affirmé par le fait qu’à d’autres moments du débat il est très explicite à ce sujet. Par exemple à (1/6:00) « Vous devriez continuer [à parler] car on montrerait bien la limite de ce que vous savez ». Une telle affirmation sert à affirmer deux choses: Oskar Freysinger ne sait pas, et Tariq Ramadan sait, le sujet de la discussion étant bien entendu la connaissance du Coran.

De manière générale, on peut très clairement identifier le scénario que propose Tariq Ramadan : lui, d’un côté, qui représente le savoir académique et la connaissance de l’islam, mais également le bon sens antiraciste et progressiste. Par un calme que l’on identifierait plutôt à de la colère contenue, il se pose en défenseur d’une liberté de culte menacée par le raciste intolérant et désinformé, incarné par OF. Le but de la manœuvre étant évidemment de « prouver » la brutalité primitive du Valaisan en attisant sa colère et ainsi de décrédibiliser ce dernier: « vous voyez, regardez ce qu’il vient de faire » (8/6:24) lorsque Oskar Freysinger l’interrompt.

Le premier moyen d’entretenir ce scénario dans lequel il incarne le savoir, c’est de détruire toute tentative d’interprétation du Coran qui ne soit pas la sienne, ou en accord avec la sienne. Ainsi on l’entend dire à plusieurs reprises des phrases du type « Mais ça n’a rien à voir avec ça » (Parlant du minaret comme phare de l’islam, 1/1:56) ou « Mais vous racontez n’importe quoi » (répondant au fait que la sharia est fixe et anti-démocratique 7/5:54) « mais vous racontez n’importe quoi et vous cachez votre ignorance derrière quelques mots savants » (7/6:22).

Non seulement les affirmations de Oskar Freysinger semblent totalement justifiables mais surtout c’est là que se situe le cœur du débat. Ainsi l’on voit déjà comment s’oriente ce-dernier : il doit s’orienter selon le scénario de Tariq Ramadan le savant. Toute tentative d’interprétation du Coran par Oskar Freysinger est niée, voir violemment rejetée, et on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas là d’une règle émanant du Coran, qui vise à laisser la parole du prophète pure de toute interprétation.

Il y a clairement un voile qui est passé sur certains sujets, et en diversion Tariq Ramadan offre ce qui devient un de ses cheval de bataille dans ce débat, à savoir l’idée que Oskar Freysinger n’est autre qu’un illuminé délirant, cependant que lui, Tariq Ramadan, est posé et réfléchi: « quand j’exprime une voix c’est celle du raisonnable, regardez ce que je reçois [désignant Oskar Freysinger] » (8/2:24).

Il y a tout un champ lexical et notionnel utilisé par Tariq Ramadan qui sert à donner cette impression. Des phrases du type « Si vous pouviez arrêter de délirer et simplement d’en venir à des choses réelles » (3/5:13) ou « c’est un rapport que vous avez dans votre tête » (5/3:09). Ici Tariq Ramadan assigne à « l’ignare » le rôle supplémentaire d’un aliéné dont les vues seraient si éloignées de la réalité du Coran qu’elles ne doivent pas être écoutées.

Pourtant, il est légitime de se demander si ces vues sont en effet si éloignées de la réalité, et si l’emphase de Tariq Ramadan n’est en fait pas une réaction au fait que justement elles en sont très proches. Quoi qu’il en soit, ce sont les vues d’un infidèle et en ce sens elles n’ont aucune valeur et ne doivent pas être prises en compte, ce que Tariq Ramadan pratique avec ferveur.

A cela s’ajoute une technique de discrimination du savoir, d’ailleurs souvent utilisée par Tariq Ramadan dans d’autres débats: elle consiste à faire dire à son interlocuteur qu’il n’a pas lu tous les textes de Tariq Ramadan, ni de l’islam, ni des commentateurs de l’islam, et que donc il n’a pas droit de cité sur ces sujets. Il s’agit d’un cercle vicieux épistémologique, puisque nul élément ne peut être discuté sans un recours au « tout » du discours auquel il appartient, mais en même temps ce « tout » ne peut être compris que par ses différents éléments. On comprend donc qu’il s’agit plus d’une « pirouette » visant à déstabiliser plutôt qu’un reproche justifié. Car comme on l’a vu, Tariq Ramadan préfère couper le débat que d’expliquer ce contexte d’interprétation, qui est pourtant le cœur d’un tel débat.

Mais il est évident que le personnage de l’ignare mentalement aliéné ne suffit pas au scénario de Tariq Ramadan, il faut qu’il y ait en lui une croyance fondamentalement détestable et facilement reconnaissable par le public. Un monstre en quelque sorte. Ce monstre, ce n’est autre que le racisme.

La diffamation implicite par le racisme

Les exemples sont nombreux qui illustrent ce sous-entendu de Tariq Ramadan. Au début du débat, le personnage du Oskar Freysinger raciste se construit par petites bribes: « Je suis Suisse, il faudra l’entendre, il faudra l’admettre » (1/5:37). Le mot « admettre » renvoie au préjugé qu’a Tariq Ramadan que Oskar Freysinger ne le désire ni ne l’accepte comme suisse. Ensuite, le raciste est bien entendu toujours un ignare à qui l’on veut prêter des généralisations qui ne correspondent par ailleurs pas du tout au discours d’Oskar Freysinger : « Vous avez [donc] un problème avec l’Islam » (1/6:37), niant tout de suite la proposition faite par Oskar Freysinger qui visait à séparer le politique du religieux dans le Coran.

Interdisant cette complexification, Tariq Ramadan obéit sans nul doute à un précepte coranique qui vise à ne pas séparer le mot du livre saint de l’Islam. Mais au-delà de ça, il s’agit de renforcer l’idée (démagogique) que Oskar Freysinger est raciste ; et lorsqu’il est questionné sur son utilisation (indubitablement abusive) du mot « raciste », Tariq Ramadan se contente de répondre « vous jouez sur les mots » (7/1:07) tentant de protéger son jugement. Mais dans le discours de Tariq Ramadan, Oskar Freysinger est plus qu’un simple raciste.

Ce dernier est clairement assimilé à l’extrême-droite. Cette stratégie, devenue trop banale (et étrangement peu condamnée par les milieux bien-pensants), est implicite dans des sous-entendus comme « Moi je vous dis qu’au travers de ces élucubrations-là vous mettez en évidence une certaine idéologie » (4/0:27). Il serait difficile de ne pas faire le rapprochement d’avec « l’idéologie nazie », archétype de l’extrême droite, ce qui est confirmé par l’expression « [Une personne] qui a fini comme vous dans un parti d’extrême droite » (8/0:42). De plus, « Mais si vous étiez au pouvoir je ne l’aurais pas eue, Monsieur Freysinger [parlant de la nationalité suisse] » (2/6:48), sous-entendant que Oskar Freysinger n’a pas de respect pour les lois de la démocratie et serait sans doute plus à l’aise dans un gouvernement totalitaire.

Non-content de traiter Oskar Freysinger de fasciste et de l’intimider avec la notion de raciste, Tariq Ramadan décide ensuite d’intimider la population dans son entier, et nous atteignons un nouveau rempart au débat: « La Suisse est pointée du doigt comme étant un pays qui est en train de devenir raciste par vos souhaits […] et islamophobe par vos interventions ».

Ici le but de l’utilisation malhonnête de termes tels que « racisme » et « islamophobe » est mis à jour: il s’agit d’effrayer, voir de menacer l’électeur suisse de tous ces mots/maux s’il devait voter comme le préconise OF. On le voit, il s’agit clairement pour Tariq Ramadan d’obscurcir le débat par des épouvantails tel que le jugement potentiel d’autres peuples ou l’assimilation de tout discours anti-islamiste à l’extrême droite.

Il est bien clair qu’être raciste est un choix moralement criminel. Mais Tariq Ramadan, de manière très subtile, parvient à indexer Oskar Freysinger au groupe des criminels juridiques, et non pas seulement moraux. En effet, que serait la valeur d’un jugement ayant pour seule étalon de mesure la morale, et non pas l’organe officiel juridique? Tariq Ramadan, par un tour de passe-passe particulièrement habile, y parvient néanmoins. On le sentait déjà intuitivement lorsque Tariq Ramadan sous-entendait qu’un Oskar Freysinger au pouvoir n’aurait  pas hésité à outrepasser les lois en vigueur pour interdire ou révoquer sa nationalité Suisse.

On le ressent également par cette phrase: « celui qui veut changer la loi c’est vous » (2/0:48) qui s’inscrit dans le contexte suivant. Tariq Ramadan explique que la constitution Suisse permet aux gens de toutes les confessions de pratiquer leur culte et c’est donc ainsi que se définit la justice. Or, Tariq Ramadan prête à la volonté de Oskar Freysinger de vouloir changer la constitution (la « Justice » fondamentale de tous les pays civilisés) la propriété de ne pas vouloir respecter la loi telle qu’elle est, taxant implicitement Oskar Freysinger de criminel opposé à la justice. Ce thème s’exemplifie un peu plus tard dans le débat, lorsque Tariq Ramadan dit « Mais qui êtes-vous pour vous donner, au-delà de la loi,  la compétence de pouvoir me reprendre la citoyenneté » (2/6:30) (On notera qu’à aucun moment Oskar Freysinger n’a fait une telle proposition). Ici, le sceaux de la criminalité est d’ores-et-déjà appliqué à son interlocuteur.

Si l’on fait le compte, l’interlocuteur possède les caractéristiques suivantes: l’ignorance, le racisme, le fascisme, le tort moral et la criminalité au sens juridique. Toutes ces accusations sont établies et construites sous le manteau, par l’implicite, et l’on peut se demander si c’est bien ainsi que l’on peut discuter de manière constructive d’un problème politique important.

2.3. La Mauvaise foi

Alors qu’il semble que l’utilisation d’un « scénario » servant à obscurcir le débat en décrédibilisant l’autre et en l’insultant parfois directement (« Vous avez compris que vous l’étiez [ignare] » (8/6:50)) est un outil de propagande suffisamment malhonnête, Tariq Ramadan n’hésite pas à faire preuve de mauvaise foi. Ce que j’appelle mauvaise foi, c’est le fait de jouer volontairement sur le sens de certains mots, en les rattachant à un champ lexical spécifique par exemple (voir notamment le cas de l’âge de raison plus bas), ou de prétendre avoir dit autre chose que ce qui a réellement été dit, ou encore d’écarter le débat par l’utilisation d’expressions trompeuses.

« [Oskar Freysinger] joue sur la tension et la peur, on n’a pas un vrai débat sur le fond des choses, parce que le fond des choses aujourd’hui contrairement à ce qui dit Monsieur Freysinger, tous les chiffres le montrent en Europe, l’installation des citoyens Européens de confession musulmane dans les pays les plus avancés comme la Grande-Bretagne et la France elle se fait de plus en plus pacifiquement, contrairement à ce qu’il dit » (8/5:54).

Nombre d’éléments peuvent êtres relevés dans cette citation. Tout d’abord, le fait de représenter Oskar Freysinger comme un être vil et amoral dont l’intervention empêche le débat. Si l’on est d’accord pour dire que c’est plutôt la stéréotypification effectuée par Tariq Ramadan et l’évitement systématique de certains sujets par un ensemble de pirouettes qui évitent le débat, on pourra apprécier l’ironie de cette affirmation.

Car « le fond des choses », Tariq Ramadan ne peut ignorer qu’il s’agit du Coran lui-même, et de son interprétation, c’est-à-dire de la mise en application de ses préceptes dans la vie de tous les jours, en particulier dans son rapport avec nos lois gouvernementales. Il semble évident que Tariq Ramadan ne laisse pas une seule chance à Oskar Freysinger de s’exprimer sur ce texte religieux, de lui faire partager ses craintes en fait, qui, comme l’a démontré le résultat du vote sont celles de bon nombre de citoyens en Suisse, et sans doute aussi en Europe.

Ainsi, la notion de « fond des choses » chez Tariq Ramadan prend-elle un autre sens; étrangement il s’agit moins pour Tariq Ramadan de désamorcer les peurs liées au Coran en expliquant son texte (ce qui me semble-t-il serait logique, et simple, si effectivement il s’agit d’une religion de paix) que de tenter d’imposer une affirmation ambiguë, à savoir que les musulmans s’installent pacifiquement partout en Europe. Il serait légitime de demander ce qui est entendu par « pacifiquement », car s’il est une chose qui n’existe pas dans l’Islam c’est bien le pacifisme par l’acceptation de la culture autre, ou alors sous certaines conditions, comme un statut social subordonné et une taxe spéciale.

On est donc en droit de se demander si ce que Tariq Ramadan entend par « pacifique », ce n’est pas plutôt l’acceptation passive par les infidèles de la culture musulmane, par exemple par l’installation de plus de 80 tribunaux de la sharia en Angleterre, ou par l’explosion démographique de la population musulmane dans tous les pays d’Europe, ou encore par les coûteux programmes de réinsertion que les différents gouvernements mettent en place. Quel que soit le sens de cette citation, il est clair qu’elle contient des éléments qui sont pour le moins controversables, et il me semble que Tariq Ramadan étant parfaitement conscient de cela, fait usage des mots d’une manière qui l’arrange.

Mais il faut signaler que pour Tariq Ramadan, c’est un objectif premier que de ne pas reconnaître la légitimité des peurs européennes à l’égard de l’Islam. Bien qu’il les connaisse sans doute fort bien, la stratégie adoptée par Tariq Ramadan est de jeter le discrédit sur ces peurs en les assimilant à l’intolérance et au racisme. C’est ce que l’on perçoit en comparant les deux citations suivantes. Oskar Freysinger, face à la négation systématique du problème musulman en Europe, se voit rapidement rembarré.

Il fait remarquer: « Oser dire qu’il n’y a pas de problème avec l’islam dans l’occident actuel [serait une aberration] » et Tariq Ramadan de répondre « Mais qui est-ce qui a dit ça? » (7/1:45). Le problème, et c’est là que la bât blesse, c’est que quelques minutes plus tôt Tariq Ramadan utilisait une attaque personnelle pour convier l’idée que ce n’est pas l’occident ou l’Europe qui a un problème, mais bien le « monstre » Freysinger: « Vous avez bien un problème avec l’Islam » (1/6:37), niant ainsi l’élévation du débat au niveau où il est le plus dérangeant pour Tariq Ramadan, c’est-à-dire au niveau de la comparaison avec les autres pays européens, où le mythe du multi-culturalisme est de plus en plus critiqué et perçu rétrospectivement comme une erreur des milieux bien-pensants.

Une autre utilisation de la mauvaise foi, plus terre-à-terre celle-là, illustre néanmoins bien la capacité de cette prétendue « voix du raisonnable » à vouloir garder son image à tous prix. Cela questionne le rapport qu’a Tariq Ramadan à ses propres affirmations: exerce-t-il sur lui-même cette exigence de rigueur qu’il demande toujours hardiment à ces interlocuteurs ? Clairement pas lorsqu’il demande à Oskar Freysinger de lui citer le nom d’une personne en Suisse qui aurait exigé la loi de la sharia, et que Oskar Freysinger lui donne immédiatement le nom d’un personnage non-musulman qui aurait fait cette demande. Ce à quoi Tariq Ramadan répond « Vous vous êtes trompé, je vous ai demandé un musulman » (3/5:27).

Or, si l’on examine le texte qui précède, ce que Tariq Ramadan demande c’est, de manière très précise: « Qui en Suisse aujourd’hui, citez-moi le nom d’une personne en Suisse qui a demandé l’application de la sharia en Suisse ». Nulle mention d’un musulman, ce qui implique qu’il se contredit grossièrement en tentant d’illustrer la prétendue gaucherie de Oskar Freysinger.

On peut noter par ailleurs l’utilisation par trois fois de l’expression « en Suisse » dans la dernière citation, ce qui, semble-t-il, poursuit cette volonté de ne pas élargir le débat à l’Europe en général, où il y a déjà des tribunaux de la sharia parmi les institutions légales. Par ce resserrement aux frontières suisses, Tariq Ramadan dénonce le fait qu’il sait fort bien qu’il y a des problèmes avec l’Islam ailleurs en Europe au niveau de la loi et que c’est précisément ce genre de problèmes que la Suisse veut éviter de manière préventive.

Un dernier élément de mauvaise foi dans le sens de l’utilisation abusive de certains mots, se trouve dans le moment du débat qui parle de la fréquentation des piscines par les musulmans. Car en effet Oskar Freysinger reproche à Tariq Ramadan le fait de défendre l’idée qu’il faille aménager nos lois et conventions scolaires pour les musulmans en particulier. Tariq Ramadan répond de manière élusive « jusqu’à l’âge de raison il n’y a pas de problème [pour mélanger garçon et filles]» (5/3:55) (d’un ton qui se veut d’ailleurs excessivement rassurant). Et d’ajouter immédiatement « à partir de l’âge de raison il y a une détermination qui est liée à la pudeur ». Il y a dans cette affirmation douteuse deux problèmes essentiels, qui ne sont malheureusement pas relevés explicitement.

Le premier, c’est de définir ce qu’est « l’âge de raison ». Est-il le même pour tout le monde? Est-il même définissable, ou fait-il ici référence à la puberté, auquel cas on peut faire remarquer que le dernier souci de toute jeune personne de cet âge est la pudeur? S’agit-il donc de déterminer pour autrui ce qui doit être désiré, ce qui doit être caché, ainsi que de différencier ce qui est pudique, donc montrable, de ce qui ne l’est pas? C’est le second problème.

En effet, l’utilisation du mot pudique et sa co-occurrence avec l’expression « âge de raison » est particulièrement révélatrice. Cela implique en effet que ce qui devient raisonnable… doit devenir pudique! On peut difficilement imaginer une association d’idées plus dérangeante pour une société qui ne recherche pas (ou plus) sa morale dans la religion, qui pendant sa renaissance à eu comme thème central la célébration du corps et de sa beauté, en droite ligne de la culture Grecque.

Car le second problème, c’est précisément cette notion de pudeur: en effet, de quelle pudeur s’agit-il? D’une pudeur « raisonnable », on pourrait dire « naturelle », qui fait que l’on ne se promène pas nu dans la rue, ou plutôt de cette pudeur religieuse, bien connue par les chrétiens du moyen-âge, qui vise à exorciser le désir en dissimulant le montré, portant sur la physiologie même de la femme, de son être, l’origine du pêché de chair. Et par là même, recalibrer le regard de l’homme sur cette femme, le diriger, le censurer; et si l’on accepte qu’une poitrine ne puisse être ni vue ni montrée, quel critère a-t-on pour définir qu’alors une jambe, un bras, une main et même un œil (comme c’est le cas maintenant en Arabie Saoudite) ne peuvent eux non-plus être ni montrés ni vus? Ce n’est certainement pas la religion islamique qui mettra un frein à cette escalade aussi ridicule que réelle.

On pourrait rétorquer qu’en Suisse les femmes n’ont eu le droit de vote que très récemment. S’il est une chose qui est certaine, c’est que si les femmes n’avaient pas le droit de vote ce n’était pas à cause d’une essence de leur être « fondamentalement inférieur » donné par une prescription divine immuable. Le problème de la pudeur est ici l’illustration d’un nœud central du conflit culturel entre orient et occident, et il semble que Tariq Ramadan le balaie par l’évocation élusive d’une « pudeur » au sens multiples, raisonnable mais en fait religieuse, tout en rassurant. Si c’est ainsi que Tariq Ramadan traite une question aussi « légère » que la fréquentation des piscines (en comparaison à d’autres problèmes plus grave comme les châtiments corporels), on peut se demander s’il est vraiment la voix du raisonnable et non pas la voix d’un islamisme cruel et violent.

2.4. La victimisation

Aussi surprenant que cela puisse paraître, non content d’avoir pratiqué la diffamation, l’ambiguïté volontaire et la manipulation contre son adversaire, Tariq Ramadan poursuit et conclut son propos par cette note de victimisation qui ne fait que renforcer ce scénario dans lequel le musulman, non seulement raisonnable, est également persécuté.

D’abord au niveau du dialogue: « On ne peut pas discuter avec quelqu’un comme Freysinger […] A chaque fois qu’on est raisonnable, c’est qu’on cache l’irrationnel, l’expansion et l’arrogance » (8/2:36). Autrement dit, Tariq Ramadan tente de mettre en évidence une forme de paranoïa de la part du valaisan, qui verrait un complot là où il n’y en a pas (on peut cependant remarquer que ces trois termes, l’irrationnel, l’expansion et l’arrogance définissent magnifiquement bien l’islamisme en Europe et dans le monde).

Quoi qu’il en soit, les rôles sont soudain inversés: ce n’est plus l’Europe ou la Suisse qui sont en danger de se faire islamiser, mais au contraire c’est la question même « des banlieues de France », c’est-à-dire la manifestation d’une peur et d’un refus de l’islamisation, qui devient « le danger pour toute l’Europe » (8/6:27).

En effectuant ce retournement quasi-théâtral, Tariq Ramadan se pose lui-même, et tout le processus d’implantation de l’islam en Europe, comme victimes d’une rhétorique extrémiste, et ainsi l’implantation de l’islam deviendrait le signe d’intelligence et de tolérance de la part des Européens. Mais pour Tariq Ramadan l’Islam n’est pas « persécuté » que par la rhétorique. Il l’est également au niveau de son appartenance nationale. On en avait déjà eu l’intuition lorsque Tariq Ramadan tentait de faire de Oskar Freysinger un raciste qui rejetterait « l’autre » de manière indiscriminée (voir 2.2. plus haut), mais ici le sous-entendu se matérialise par des larmes crocodile: « de toute façon on ne sera jamais des vrais citoyens » (8/2:18) dit-il, faisant également mine d’expliciter ce qu’Oskar Freysinger penserait vraiment dans le fond.

Il est indéniable que cette stratégie à une visée double: d’abord, il s’agit de renforcer encore l’idée, déjà bien implantée, qu’Oskar Freysinger et tout type de discours se rapprochant du sien sont le fruit d’un racisme latent qui persécute le musulman d’Europe. Ce serait donc la faute à l’intolérance européenne si le musulman ne peut s’implanter dans sa société.

C’est par le recours fallacieux à cette notion plus qu’ambigüe qu’est la « liberté de culte » que Tariq Ramadan tente d’implanter au niveau politique (par la réglementation sur les heures de piscines notamment) une doctrine religieuse. Si de ce fait il ne rentre pas directement en conflit avec les lois occidentales et suisses en particulier, il bafoue néanmoins la notion de laïcité et de séparation du juridique et du religieux.

Il tente ainsi de justifier l’implantation de sa propre croyance, inséparable des lois qu’elle contient; car rappelons-nous qu’ « il n’appartient à personne de mes concitoyens de me dire quelle est la forme de mon lieu de culte » (2/3:35). Si cela est vrai pour un élément qui n’est pas prescrit comme obligatoire par le Coran, tel que le minaret, on peut imaginer quelle flexibilité (et quels problèmes potentiels) il pourrait y avoir quant à ce qui est clairement prescrit par le texte fondateur de l’islam, comme les châtiments corporels, la soumission et la discrimination sociale des incroyants.

3. Aparté

Tout au long de sa diatribe contre Oskar Freysinger, Tariq Ramadan lève un certain nombre de reproches contre le valaisan, son parti et ses idées, et il m’a semblé que cela ferait un aparté amusant que de tenter de voir dans quelle mesure ces reproches pourraient êtres appliqués à celui qui les profère, c’est-à-dire à Tariq Ramadan lui-même. En voici quelques exemples:

1) Tout d’abord, on peut mentionner la citation déjà utilisée « Mais qui êtes-vous pour vous donner, au-delà de la loi, la compétence de pouvoir me reprendre la citoyenneté ? » (2/6:30). Il est intéressant de noter qu’une telle chose n’est jamais proposée par Oskar Freysinger à aucun moment. C’est donc de l’imagination de Tariq Ramadan que découle cette proposition, et on pourrait lui rétorquer « c’est [une chose] que vous avez dans votre tête » (5/3:09). Cette hallucination targue donc Tariq Ramadan de l’aliénation mentale qu’il reproche à son interlocuteur.

2) Ensuite, Tariq Ramadan reproche à Oskar Freysinger « d’agiter un épouvantail, et vous utilisez les minarets pour faire peur sur l’islam » (4/0:03). On l’a vu, Tariq Ramadan n’hésite pas à intimider les Suisses sensibles à l’argument de l’intolérance avec les termes manipulatoires que sont le racisme et de l’islamophobie. On pourrait donc lui retourner la pareille en disant que lui aussi agite un épouvantail, et tente de faire peur sur l’image de la Suisse à l’étranger ou sur la désolidarisation des Suisses d’avec une morale de la tolérance. Ainsi, comme il le dit de manière plus imagée à Oskar Freysinger, on pourrait lui répondre: « Vous surfez sur une vague de la peur » (6/2:30)

3) Tout comme Tariq Ramadan dit à Oskar Freysinger « vous imaginez que les musulmans sont des illuminés » on pourrait rétorquer au premier que lui imagine que c’est Oskar Freysinger et tous ses suivants qui sont des illuminés, les présentant comme tels à de nombreuses reprises.

Ainsi le discours paradoxal de Tariq Ramadan n’est-il pas seulement obscurantiste, on pourrait dire que sa « façon de parler est à la fois arrogante et hautaine » (5/3:00), comme il le reproche à Oskar Freysinger, car n’est-ce pas plutôt le fait de couper systématiquement le débat qui est un comportement arrogant et hautain?

Conclusion

On l’a vu à de nombreuses reprises, Tariq Ramadan utilise le sous-entendu comme stratégie discursive visant à nier l’objectivité de son interlocuteur. Il utilise de plus toute une rhétorique du « brouillard sémantique » qui procède d’une démagogie manipulatrice pur et simple. De fait, il serait dangereux d’attaquer Tariq Ramadan sur « ce qu’il a dit » car par une pirouette il pourra sans doute aisément se justifier en utilisant d’autres expressions ambiguës. Dans un débat comme celui d’Infrarouge, il semble beaucoup plus propice d’analyser et d’isoler les éléments même de son « floutage », l’attaquant ainsi sur le versant de la forme, plutôt que du fond.

Typiquement, un exemple serait de questionner cette tendance systématique à recourir à la notion de « respect de la loi ». Comme il le dit à de nombreuses reprises, lui-même et de nombreux musulmans de Suisse, probablement une très large majorité, respectent la loi suisse. Or, il semble clair que là où les européens (et les suisses en particulier) manifestent une peur ce n’est pas tellement à l’égard du culte musulman et de sa réglementation dans le présent, mais bel et bien une potentialité future de faire face à une population grandissante d’électeurs musulmans, dont l’incapacité à séparer le politique du religieux pourrait à terme conduire à de profonds changements, y compris juridiques, dans nos gouvernements. Comme on l’a vu, le peuple suisse a le pouvoir de changer la forme d’un culte, ainsi on ose à peine imaginer les conséquences d’un tel vote dans un pays à majorité musulmane. La balance démographique européenne ne semble certes pas jouer en la faveur des gens de culture locale.

Ainsi Tariq Ramadan peut-il aisément faire « passer la pilule » lorsqu’il s’agit de jouer sur le bon sens. On remarque néanmoins que la comparaison de la Suisse avec l’Europe n’est pas dans son programme, car il semble bien clair qu’elle constituerait un contre-argument à sa notion tronquée d’établissement pacifique des communautés musulmanes.

Au niveau rhétorique, on perçoit très bien comment Tariq Ramadan utilise et manipule les attentes de ses auditeurs par des termes comme « pacifique » ou « raisonnable » qui dans sa bouche prennent immanquablement une tournure religieuse.

Il est donc important de se rappeler qu’au delà de la stigmatisation, de la discrimination et de l’intimidation pratiquées par Tariq Ramadan dans ses discours, il existe une possibilité de retravailler nos attentes, de ne pas prendre ce qui est dit pour argent comptant, au sens de ce qui est dit.

Vivre en paix pour un musulman engagé n’est certes pas la même chose que vivre en paix pour un européen laïc ; une cohabitation  pacifique et respectueuse passera forcément par un travail de communication: quelles intentions puis-je prêter à mon interlocuteur, et comment dois-je les traiter? Il est clair que si cette question se pose entre toutes les cultures, elle a une importance particulière en Islam; les intentions de gens profondément religieux ne peuvent être les mêmes que celles d’humanistes séculiers, et ainsi une analyse plus fine au niveau pragmatique, au niveau des intentions qui sont perçues et des ostensions qui sont produites, devient vitale. À l’Europe de s’affirmer.

79 commentaires

  1. AMAR dit :

    Jamais vu un article à charge aussi nul!

  2. théo dit :

    Bonjour,
    C’est censé être une interprétation effectuée sur la base du livre (fameux) “La pertinence: communication et cognition” de Dan Sperber (grand pourfendeur du culturalisme dégradé) et Deidre Wilson?? Si c’est le cas (mais comment savoir puisque l’auteur ne présente pas ses sources), j’avoue que j’ai un peu de mal à imaginer qu’on puisse à ce point dénaturer les genres de travaux que ces auteurs poursuivent, en les ayant lu. Mais je dois reconnaitre que j’ai décroché à un tiers du texte, au bord de l’indigestion de speudo-science (et malheureusement je doute que ce soit une blague à la Sokal)

    Cette phrase est une perle: “S’il est de plus en plus reconnu en théorie linguistique que le contexte est un facteur essentiel, voire central, dans la construction du sens dans les énoncées, et que de ce fait l’aspect pragmatique, c’est-à-dire contextuel, de l’analyse d’un discours est essentiel pour en comprendre le sens, il n’en demeure pas moins que le langage n’est pas analysable de manière définitive, et c’est peut-être là l’intérêt, on pourrait dire le refuge, qu’y trouve un orateur comme Tariq Ramadan”.

    A quand des versions nominalistes et “cultural studies” de Joëlle Proust, David M. Armstrong ou même du matérialisme éliminativiste de Paul Churchland???

    Il parait que sur ce site on attend des commentateurs qu’ils apportent des arguments, des faits et des sources. Force est de constater que dans cet article les travaux universitaires qui donnent au texte son aura de sérieux flottent dans un espace encombré d’Objets Sérieux Non Identifiable (en raison de l’usage qu’en fait son auteur), tandis que Fourest est référencée.

    En bref l’auteur n’a rien fait qui puisse valoir qu’on s’épuise à argumenter sur ses morceaux de textes

    Si l’auteur avait simplement écrit honnêtement soutenez machin et rejetez bidule, il me semble qu’il aurait offert un point de départ plus sain pour un débat loyal

    • Marc Henri dit :

      Bonjour,

      Pour mon approche théorque je n’ai pas jugé nécessaire de citer mes sources, car (puisque vous semblez vous y connaître) il existe de nombreux auteurs qui utilisent cette théorie, qui est par ailleurs très répandue dans des champs aussi divers que la philosophie (Carston), la linguistique (Kempson, Nunn, Huang, Grundy), la pragmatique clinique (Cummings, Terkourafi, Mitchley) pour n’en citer que quelques uns. Elle est également utilisée en stylistique (du moins chez les anglo-saxons), en études culturelles et en psychologie de la communication. Il n’y a donc aucune raison de penser qu’elle ne puisse pas s’appliquer à une analyse média. En fait, c’est plutôt le contraire: elle marche particulièrement bien pour une analyse média, puisque les intentions (notion centrale de la théorie), d’ordre politique par exemple, des sujets sont très clairement définies et explicites, contrairement à ce que l’on observe dans l’analyse linguistique de conversations courantes, en études culturelles, en littérature ou en clinique. Par ailleurs, le fait même que Sperber et Wilson viennent de deux backgrounds différents montre la vocation pluridisciplinaire de cette théorie.

      Je reconnais que cet article (qui à la base était un projet personnel) est un peu long; il n’était pas destiné à être publié, du moins pas dans le cadre d’une analyse média. Cela dit, je crois avoir appliqué la théorie de la pertinence de manière scrupuleuse, et je serais intéressé de savoir où ce n’est pas le cas. Mais c’est sur que si vous n’avez pas lu le corps de l’article (le premier tiers étant plutôt théorique justement), vous aurez du mal à vous en rendre compte. Et le fait que vous associiez cela à de la “malhonnêteté” ne montre que votre ignorance (navré de le dire ainsi).

      • theo dit :

        hum… impossible pour moi de partager votre présupposé, constaté sans surprise dans votre réponse, sur un encodage préalable de l’intentionnalité (à part vous, je serais curieux de savoir qui parmi les auteurs que vous citez appliquent cette méthodologie et s’en servent pour débusquer la mauvaise fois de quelques x ?). La théorie de la pertinence telle qu’elle a été présentée et proposée en 1986 par Sperber et Wilson est construite explicitement contre les modèles du code. Par ailleurs Dan Sperber appartient à ces praticiens des sciences humaines qui sont du coté du réalisme et du naturalisme et qui s’opposent très clairement au culturalisme

        Je n’ai pas fini l’article parce que, pardonnez moi (pour ma part je vous excuse bien volontiers), si la partie théorique de l’article est déjà si éloignée des proposition précises et strictes qu’on est en droit d’attendre de quelqu’un qui emploie des travaux théoriques aussi rigoureux et stimulant, j’attends peu de chose de la suite. Du reste s’appliquer à décrypter (attitude contre laquelle le pauvre Sperber avait déjà écrit un livre entier: “Le symbolisme en général”) et à ne décrypter qu’un des participants de la communication, dit déjà tout d’un détournement de ce genre de travaux réalisés pour étudier des situations relationnelles. Du reste statuer sur la bonne ou la “mauvaise foi” de quelqu’un n’est pas le propos de la théorie de la pertinence: elle ne fournit pas de décodeur. Et statuer sur la “profondeur” des croyances religieuses encore moins. Employer le terme “profondeur” est déjà absurde s’il n’existe pas d’endroit, physique ou métaphysique, où localiser la chose, ou bien s’il n’existe pas d’échelle pour la mesurer.

        j’ai bien peur que vous vous soyez servit des interprétations journalistique de Fourest pour encoder le malheureux dont vous faites une exégèse des intentions… Vous auriez mieux fait de vous servir de la théorie de la pertinence pour comprendre en quoi le travail de Fourest relève plus de la métaphysique de la subjectivité que d’autre chose.

        J’ai feuilleté un peu l’article où j’ai trouver ladite “mauvaise foi” et le coup des croyances religieuse “profondes”, je ne vois que des confirmations de ce que j’avais pu préjuger.

        Ps: Personnellement, même si j’ai plus d’estime pour Ramadan que pour Freysinger, vos opinions je m’en fiche. Vous pouvez dire ce que vous pensez de Ramadan, sans avoir besoin d’enrôler des théories qui ont des ambitions explicatives, pour faire du commentaire culturaliste de texte… ou de bande vidéo!

        • theo dit :

          ps2: Etudiez le débat en vous appuyant sur des livres comme “l’art d’avoir toujours raison” d’Arthur Schopenhauer ou “L’empire rhétorique” de Chaïm Perelman aurait certainement été plus pertinent et même plus excitant. Ici, il suffit de lire les commentaires pour voir que vous n’avez eut pour salaire que d’avoir “convaincu” ceux qui étaient déjà parfaitement d’accord avec vous.

        • theo dit :

          ps2: étudier le débat à partir des techniques répertoriées dans “L’art d’avoir toujours raison” d’Arthur Schopenhauer ou bien à partir d’un travail comme “L’empire rhétorique” de Chaïm Perelman aurait certainement été plus pertinent et plus excitant. De préférence, à mon avis, en s’amusant à regarder la technique des deux adversaires.

        • Jean dit :

          @Theo
          merci pour votre commentaire. Si vous le faites, nous publierons ;)

        • Jean dit :

          @theo
          merci pour votre commentaire. Je dirai que la critique est un art plus facile que l’action, et que l’on peut reconnaître à notre ami d’avoir passé beaucoup de temps pour analyser ce débat, certes uniquement du côté de Ramadan, mais pourquoi ne feriez-vous pas la partie Freysinger ? Nous la publierions ici, y compris si vous voulez étudier à votre tour aussi la partie Ramadan.

  3. Emmanuel M dit :

    Analyse très brillante! ça change de fdesouche, et même des lieues au dessus du contenu de la presse habituelle.

    Jean, peux-tu présenter l’auteur (ou alors auto-présentation?)

    Un exercice écrit difficile auquel j’avais également essayé de me livrer par écrit sur l’interview Ardisson/R.Camus à propos de Canossa.

    ***

    Je suis tout de même un peu circonspect. Quand je regarde un débat avec Ramadan sans la providentielle touche PAUSE, je détecte environ 30% des abus relevés ci-dessus. De ceux qui m’échappent, reste le sentiment diffus d’être sous l’emprise d’une sorte d’hypnotiseur qui essaye de nous rouler; sans vouloir être méprisant, j’estime que la plupart des auditeurs sans protection mentale, ne peuvent que faire état d’une gêne diffuse sans rien pouvoir _expliquer_.

    Peut-on considérer dans ces conditions, que le débat a eu lieu? Quand je vois Finkielkraut face à Ramadan suite aux émeutes de 2002 [http://www.nouveau-reac.org/alain-finkielkraut/] on voit bien que AF ne peut pas avancer et lutte contre une ébullition intérieure contre la mauvaise foi de son interlocuteur.

    Ce que je veux dire, c’est que si un débat avec Ramadan, c’est de fait — pas de débat, car pas de terrain d’accord dans le domaine des idées — et des heures de travail de fourmi pour en décortiquer la forme, il faudrait mieux lui imposer un «huissier rhétorique» avec un gros buzz, ou alors,

    déclarer Tariq Ramadan persona non grata en France (pas sur ma terre — dans le domaine physique).

    • Jean dit :

      @EMmanuel M
      L’auteur souhaite rester anonyme, il a ses raisons et je les respecte. Pour Ramadan, je vois plutôt son art de berner tout le monde comme une chance pour nous de nous tirer vers le haut en le démasquant, comme ce brillant article le permet. Sans Ramadan, pas de brillant article, il faut un adversaire à sa mesure pour faire un bon match ;)

    • Marc Henri dit :

      Bonjour,

      Merci pour le compliment, c’est un plaisir (et une sorte de soulagement) que de pouvoir exprimer ce qui est dans cet article. A la base c’était un papier que j’avais décidé de n’écrire que pour moi, tellement j’étais contrarié par les pratiques de M. Ramadan, qui, sans pouvoir vraiment mettre le doigt dessus, me sembaient en effet douteuses. Vous avez tout-à-fait raison de dire que la plupart du temps elles passent inaperçu, et c’est sans doute là la raison de son succès. Ce qui semble d’autant plus frappant, et un peu injuste, c’est que les gens l’écoutent sans protester, et en effet sans “protection mentale” on peut vite tomber dans le piège; c’est déjà difficile pour ceux qui n’adhèrent pas à son message, alors imaginez l’impact sur ceux qui s’y identifient.

      Sinon, je suis étudiant en linguistique (troisième cycle), d’où la forme un peu académique de cet article. Je me spécialise en neurolinguistique, en particulier dans les domaines des handicaps verbaux associés à des maladies mentales comme la schizophrénie et l’autisme, mon but étant d’essayer de forger des modèles linguistiques plus complexes, qui permettraient éventuellement de créer des thérapies plus efficaces, tout en tenant compte de données psychologiques et neurologiques. En tous les cas, je suis vraiment ravi de pouvoir contribuer à ce site.

      • Malick dit :

        Analysez plutôt l’audition de Tariq Ramadan à l’assemblée nationale du 2 décembre 2009 si vous êtes si intelligent et pertinent que vous prétendez l’être. Et constatez comment M. Ramadan à lui seul, avec éloquence et avec la plus grande clarté, pour le moins qu’on puisse dire, “met à mal” la dizaine de parlementaires présents ce jour-là.

        http://www.tariqramadan.com/Audition-de-Tariq-Ramadan-a-l.html

        Bien-sûr, j’imagine, comme bons détracteurs que vous êtes et campés sur vos positions réductrices du sujet; vous trouverez toujours et encore des choses à redire comme le serpent qui se mord la queue…

        • Marianne75 dit :

          Tarik Ramadan pratique la Takya… comme il se doit pour tout musulman qui veut faire progresser l’islam en pratiquant l’art de la dissimulation et du mensonge pour tromper son adversaire et l’endormir… et en Takya, il excèle et réussit à endormir ceux qui ne connaissent rien à ce stratagème… pour ceux qui savent ce qu’est la Takya… sa fourberie apparait alors comme le nez au milieu du visage.

  4. Marc Henri dit :

    Bonjour,

    Merci pour le compliment, c’est un plaisir (et une sorte de soulagement) que de pouvoir exprimer ce qui est dans cet article. A la base c’était un papier que j’avais décidé de n’écrire que pour moi, tellement j’étais contrarié par les pratiques de M. Ramadan, qui, sans pouvoir vraiment mettre le doigt dessus, me sembaient en effet douteuses. Vous avez tout-à-fait raison de dire que la plupart du temps elles passent inaperçu, et c’est sans doute là la raison de son succès. Ce qui semble d’autant plus frappant, et un peu injuste, c’est que les gens l’écoutent sans protester, et en effet sans “protection mentale” on peut vite tomber dans le piège; c’est déjà difficile pour ceux qui n’adhèrent pas à son message, alors imaginez l’impact sur ceux qui s’y identifient.

    Pour ma part, je suis étudiant en linguistique (troisième cycle), d’où la forme un peu académique de cet article. Je me spécialise en neurolinguistique, en particulier dans les domaines des handicaps verbaux associés à des maladies mentales comme la schizophrénie et l’autisme, mon but étant d’essayer de forger des modèles linguistiques plus complexes, qui permettraient éventuellement de créer des thérapies plus efficaces; le modèle théorique dont je me suis inspiré pour cet article est par ailleurs celui que j’utilise le plus fréquemment dans ma recherche, et il semble marcher de manière assez satisfaisante pour la rhétorique politique!

    Comme je vous le disais plus haut, ma motivation pour cet article vient du refus de la violence rhétorique (systématique) que je perçois chez Tariq Ramadan. Je suis ravi de pouvoir partager ceci avec des gens qui, comme moi, ont cette impression.

  5. Bill dit :

    L’angle est intéressant, mais l’analyse est complètement subjetcive.
    Il suffit de peu pour voir que c’est Oskar qui refuse de complexifier le débat.
    Et si jamais Tariq Ramadan a tenté de le faire passer pour un beauf, il n’a pas eu beaucoup d’efforts à faire, Oskar se ridiculisant tout seul. C’est bien dommage parce que sur tous les points abordés, le représentant de l’UDC ne faisait pas le poids. Il est évident qu’il maîtrise peu la complexité de l’islam, ou seulement quelques clichés.
    J’aurais bien aimé que quelqu’un de pertinent et connaisseur soit en face de Ramadan parce que je n’aime pas trop ce dernier. Mais je suis très déçu et par Freysinger, et par Fourest, et par un autre musulman, Meddeb, qui l’ont affronté sur un plateau et en qui je posais quelques espoirs.
    Franchement, comment ne pas aller dans le sensde Ramadan quand il affirme : « Vous devriez continuer [à parler] car on montrerait bien la limite de ce que vous savez ».
    Je suis prêt à étudier tous les non-sens de Freysinger dans cette émission si vous le désirez.

  6. Emmanuel M dit :

    Il y a à dire aussi (mais beaucoup moins) sur la technique de M. Freysinger; cette volonté de se donner un air cool (qui lui permet après d’en jouer — «a-t’on vu un nazi avec une queue de cheval?»), cette façon d’occuper tout l’espace physique avec ses 1m90 les bras écartés en gros plan, d’introduire une composante affective (recevoir à domicile, guitare sur le mur, évocation de sa vie privée, facilités de langage…) pas forcément appropriées.

    Cela nuancerait un peu.

    Cependant, je maintiens que Ramadan devrait disparaître des plateaux télé. Au même titre qu’un analphabète n’y serait pas le bienvenu, celui qui ne se plie pas aux codes du débat intellectuel honnête devrait, aussi, en être banni.

    Je ne vais quand même pas redonner ce pointeur vers… oh si… finalement… http://www.fdesouche.com/138565-plaidoyer-pour-la-lapidation-a-la-television-suisse/comment-page-4#comment-1503853

  7. Bill dit :

    Pour le coup, Freysinger est vraiment un ignare sur le sujet de l’islam, et il n’est pas de mon intérêt de défendre les minarets en Suisse (je suis plutôt contre d’ailleurs) ni de défendre Ramadan.

  8. Bill dit :

    La preuve que l’analyse est subjective :
    “Pourtant, il est légitime de se demander si ces vues sont en effet si éloignées de la réalité, et si l’emphase de Tariq Ramadan n’est en fait pas une réaction au fait que justement elles en sont très proches. Quoi qu’il en soit, ce sont les vues d’un infidèle et en ce sens elles n’ont aucune valeur et ne doivent pas être prises en compte, ce que Tariq Ramadan pratique avec ferveur.”

    Quel rapport avec une analyse linguistique ????

    • Marc Henri dit :

      @Bill

      En soi, aucun. Par contre, dans le cadre d’une analyse qui cherche à mettre en rapport l’intention de l’auteur avec son discours, ce point sert à expliquer pourquoi Ramadan nie systématiquement les interventions de son interlocuteur. Mais n’étant pas religieux je ne prétends pas atteindre la Vérité absolue ;)

      En effet ce serait intéressant de travailler sur le point de vue de Freysinger. Mais a priori je ne dirais pas que c’est “vraiment un ignrare sur le sujet de l’islam”, il y a des vidéos sur ce blog qui montrent qu’il a bien préparé son référendum.

      • Bill dit :

        Il a sans doute bien préparé son réferendum, et c’est une chance pour la Suisse qu’ils ne se retrouvent avec des minarets…

        Mais sincèrement, sur cette émission, il est très mauvais lorsqu’il parle de l’islam. Même si sur le fond (les minarets), il a plutôt raison, son argumentation est très faible. Ses idées ne sont étayées que par des considérations ou des jugements à l’emporte-pièce. Je ne détiens pas la Vérité absolue, et il n’est point la peine d’être religieux pour connaître l’islam et ses nuances au niveau théologique, historique ou politique pour être un spécialiste avisé (cf. François Burgat notamment).

        • Bill dit :

          Mais effectivement, il faudrait enfin proposer un spécialiste qui jouerait sur le même terrain que lui. Non pas un opposant farouche (et c’est pour cela que Mme Delcambre ou M. Hilout ne feraient pas l’affaire) mais un spécialiste pragmatique, froid, et avisé sur les nuances des courants islamistes. Quelqu’un qui puisse différencier traditionnalisme, fondamentalisme, intégrisme, fanatisme ou encore extremisme – car ses termes apportent des nuances qui posent la complexité d’une partie de l’islam. Quelqu’un qui puisse contextualiser la vie de Mahomet sans faire d’anachronisme ridicule. Quelqu’un qui tienne la route quoi. Et pourtant, on ne lui a opposé aucune personne de ce calibre.

        • Emmanuel M dit :

          mais pourquoi rentrer dans son jeu?

          s’il y avait une invasion de scientologues? on devrait s’intéresser aux scientologues? trouver parmi eux un repenti?

          nous (français, suisses) sommes capables de penser notre identité indépendamment de l’islam…

  9. tobias dit :

    dans la phrase “un média français, et pas musulman”, vous opposez les deux. Or on peut tres bien etre les 2 ! oumma.com est un média français musulman…

    que répondez-vous à cela ?

  10. Bill dit :

    Voilà : avec les propos d’Emmanuel M (à propos des scientologues et de l’identité française), nous avons un exemple de ce qu’il faut éviter.

    • Emmanuel M dit :

      Apparemment tu a fixé des règles que j’ignore au cadre acceptable des commentaires? Tu pourrais les énoncer pour que au moins je sache ce qui ne va pas…

      • Bill dit :

        Je peux le faire bien sûr mais avant tout, j’aimerais que vous évitiez de me tutoyer.

        Il ne s’agit pas de rentrer dans le jeu de Ramadan. Il s’agit plutôt, d’une de le laisser s’exprimer (vous qui souscrivez à un site se targuant de mettre en avant la liberté d’expression, je trouve que c’est un comble). Deux, de lui opposer quelqu’un de sérieux pour démonter ses propos (ce quelqu’un de sérieux doit réunir les caractéristiques que j’ai développé plus haut). Trois, si nous devions réduire au silence tout ceux avec qui vous n’êtes pas d’accord, il n’y aurait effectivement pas de débat. Vos propos sont donc contre-productifs et alimentent ce que vous combattez.

        • Emmanuel M dit :

          Excusez-moi pour le tutoiement, je comprends vos réserves.

          Ce que j’essaie d’expliquer, et cet article, aussi, je crois, c’est qu’en réalité avec Ramadan il n’y a pas de débat mais uniquement des évitements.

          Si je souscris à ce site, c’est pour favoriser des passages d’armes honnêtes entre gens de bords très différents. La liberté d’expression, si elle consiste à laisser s’exprimer un fou, ou regarder quelqu’un se comporter comme une _savonnette conceptuelle_ pendant 45 minutes, a vraiment bon dos!

          Je préfèrerai largement céder le mégaphone à un envahisseur au discours franc et guerrier — on va vous submerger par la démographie, vous réduire et vous faire disparaître — et je pense n’être pas loin du fond de la pensée de Ramadan.

          En admettant que vous trouviez un débatteur «sérieux» selon votre acception, je pense que la discussion se perdrait des heures dans d’obscurs méandres islamiques sur le sexe des anges qui apporteraient quoi? Ce n’est pas mon école de pensée. Je me reconnais tout à fait, et sans complexes, dans ce beauf (le mot est de vous) de Freysinger et ses idées simples, bien trempées, et pleines de bon sens.

          Il se trouve que l’espace médiatique du débat est limité. La place occupée par M. Ramadan est démesurée, sa _légitimité a priori_ inquiétante (n’a t il pas encore été, la semaine dernière, le «Monsieur Égypte» sur France2?), et son discours galvanise les banlieues.

  11. Malick dit :

    Mais M. l’auteur de l’article, cette analyse subjective, longue et ennuyeuse est valable pour n’importe quel homme politique ou intellectuel qui serait amené à parler sur un sujet ou un autre. Il est facile de faire un copier-coller à votre analyse en y ajoutant quelques citations ici et là de la personne à qui on voudrait détracter. Il va de soi que chaque orateur qui prétend défendre ses intérêts adoptera son argutie et élaborera une stratégie dialectique et sémantique qui lui est propre. Inutile de présenter Tariq Ramadan comme un comploteur malin et rusé comme un renard; et qui plus est avec un légendaire double discours. C’est plutôt vous qu’avez une double audition ! Il répond juste de manière spontanée à toutes les objections que lui balance son interlocuteur, en se basant sur sa parfaite connaissance du sujet. Et à ce propos, je crains qu’Oskar Freysinger, le professeur d’Allemand, a une longueur de retard et présente de graves lacunes tellement son argumentation est pauvre. N’importe quel islamophobe tiendrait le même discours vaseux. Remarquez que contrairement à M. Ramadan, Oskar ne répond pas à toutes les questions que lui a posé la présentatrice et n’a pas contre-argumenté, et ce à maintes reprises, face aux objections que lui soumettaient Tariq. Bref, arrêtez de délirer avec cet islam expansionniste en vous projetant dans un futur utopique. Mais peut-être qu’ Oskar a-t-il une solution et s’il le pouvait peut-être convertirait-t-il tous les musulmans de l’espace Schengen au christianisme ou au judaïsme ? Les détracteurs de M. Ramadan pratiquent la malhonnêteté intellectuelle et font tous dans l’émotionnel. Ils persistent becs et ongles à admettre que le professeur en théologie de renommé international est finalement obscur dans ses intentions et est passé maître dans l’art de la rhétorique et du détournement du discours. On n’hésite pas, notamment en France, à le diaboliser en le présentant constamment (alors qu’il n’a rien à voir avec ce mouvement) comme le petit fils des fondateurs des frères Musulmans, oh mon Dieu que c’est effrayant… Conclusion : M. Ramadan est donc un islamiste en puissance puisque toute la classe dominante française le dit et le démontre à sa manière, c’est donc forcément vrai :)

    • Emmanuel M dit :

      La félonie n’est jamais légitime.

      Ramadan n’est pas présenté comme, de fait, il EST le petit fils du fondateur des frères musulmans Hassan El-Banna. À moins que dans son monde si sympathique, la filiation par la mère ne vale pas grand chose?

    • jeannot dit :

      malick,

      Ramadan utilise une réthorique malhonnête, manipulatrice , qu’il soit universitaire et son adversaire moins calé n’y change rien.

      Toute la dialectique islamiste repose sur la manipulation : culpabilisation (des non musulmans bien sûr), victimisation (des islamistes), projection de ses défauts aux autres ( ils projettent leur intolérance sur les autres, par exemple), chantage, refus du dialogue( on ne discute pas du coran, il y a toujours un truc qui fait que le koufar se voit rejeter toute analyse du coran, par exemple), auto-valorisation sans fondement (on clame une religion d’amour mais on discute de la lapidation de l’adultère par exemple).

      Mais d’un autre côté ce n’est pas étonnant, ils sont héritier d’une école de pensée qui repose sur le rejet du rationalisme, donc à défaut d’avoir raison , il ne reste que la manipulation.

      Et donc Ramadan, ne fait que se montrer comme le fidèle élève de l’école de pensée islamiste, en l’habillant de modération.

      • Malick dit :

        @ Emmnauel M

        Oui, en effet, il est le petit-fils du fondateur des Frères Musulmans et aussi le frère du directeur du centre islamique de Genève… Ce que je soulignais par là c’est qu’on a trop tendance en France à faire l’impasse sur sa fonction première de professeur universitaire à l’échelle internationale. Mais les médias y préfèrent mettre en avant ses racines familiales, en ayant pour objectif de le diaboliser, de faire croire aux français qu’il est issu d’une mouvance extrémiste alors qu’il ne l’est pas. Je ne vais pas faire l’apologie des frères musulmans mais je sais qu’ils ont l’aval de beaucoup d’Egyptiens et notamment de jeunes étudiants. Ils se présentent comme un mouvement d’opposition légaliste et non violent. Bien sûr, il va falloir enquêter sérieusement sur leur bien-fondé et de jauger leurs intentions démocratiques…

        @ Jeannot

        La dialectique islamiste n’est pas monolithique ! Permettez-moi de vous rappeler qu’il existe une pléthore de tendances dans l’islam et les deux branches majeures sont les Sunnites et les Chiites. Pour ce qui est des mouvances radicales, dites littéralistes et/ou fondamentalistes ou même conservatrices (Wahhabisme, Soufisme etc..) elles crèchent et prennent racine dans les régimes dictatoriaux de l’Extrême-Orient pour la plupart (concernant la lapidation, la Burqua etc..). Tariq Ramadan est un réformiste de l’islam, il est pour une évolution cohérente et dans le bon sens du terme, il a une approche pédagogique. Tariq Ramadan n’est pas très apprécié dans ces régimes, on a essayé de le torturer, il n’a pas droit de cité dans ces pays arabes (pour la plupart des pétromonarchies) auxquels il tente, tant bien que mal, d’apporter sa lumière. Ce qui nous importe, nous citoyens européens, c’est de constater que les musulmans vivants en Europe, dans leur grande majorité, respectent les lois et les valeurs républicaines, sont en accord avec la laïcité, respectent le code du travail tout en jouissant d’une liberté de culte et d’expression.

        • jeannot dit :

          @malik
          Il y a peut être des différences, mais ce que je constate c’est avant tout ce qui les unis.
          Entre les salafistes et le grand père à ramadan, la différence est avant tout de forme, sur le fond c’est la même idéologie, tout comme les talibans.
          Ce sont des idéologies basées sur le refus de l’individu, de la raison et de l’universalité, des idéologies réactionnaires.
          Pour les adultères qui se font lapider ou les apostats qui se font assassiner ou condamner à mort, les différences qu’il peut y avoir entre les diverses mouvances sont minimes, ils crèvent quand même, et ça c’est important.
          J’inclus pas le soufisme dans le même sac, ou éventuellement des mouvements plus modérés, mais ceux qu’en occident ont appelle islamistes, ce sont des mouvements d’extrême droite.
          Je pense que de même, pour un arabe, se faire tabasser par l’extrême droite païenne raciste ou l’extrême droite ultra-catho intégriste ne présente peu d’intérêt de se dire qu’ils ont des différences.

          Et puis je ne connais pas les tendances de chaque musulman qui fait des discours ou utilise les espaces de discutions sur internet, mais quoi qu’il en soit ce sont toujours les mêmes méthodes de manipulations qui reviennent, que ce soit tarik ramadan, son frère hani, leur grand père commun, ou l’égérie voilée des indigènes de la république, ou le forumeur X d’un forum musulman, qui peuvent avoir parfaitement des points de divergences, ils utilisent toujours la même rhétorique manipulatoire de double manipulation par la culpabilisation des occidentaux et autres non musulmans, et la victimisation des islamistes et des dogmes liberticides islamistes.

  12. Bones dit :

    Analyse très intéressante. Bravo.

    Mais pour disqualifier Ramadan rien de plus simple que de mettre en avant son ” profond respect” pour Qaradawi, ( http://www.youtube.com/watch?v=HStliOnVl6Q ) “savant ” qui considère Hitler comme une punition divine envoyée par Allah sur les juifs, un homme qui dit que “La masturbation féminine peut être mortelle ” et qui approuve la loi musulmane qui rapporte qu’il faut précipiter dans le vide du haut d’une tour ou d’une montagne les homosexuels.

    Tariq Ramadan sera cette semaine, à Lille aux cotés de Ikrima Sabri qu’on ne présente plus. Un fou furieux. (Bravo au passage à Martine Aubry, pour accueillir l’ “événement” au sein de sa ville, et au ministre de l’intérieur qui délivre des visas aux prêcheurs de haine. )

    On ne parlera pas de l’UOIF et des JMF, avec des têtes d’affiche comme Iquioussen, déjà épinglé pour antisémitisme, mais qui s’en est bien sorti grâce à des excuses “L’antisémitisme est une horreur. (…) Je fais une centaine d’interventions par an. Ça m’arrive de déborder, je n’ai pas de scrupules ni de honte à reconnaître mes erreurs »”

    Tariq Ramadan n’a jamais débattu avec les islamologues Européens, mettez le entre les mains de Delcambre, Chabbi, les Urvoy, Aldeeb, Patricia Crone, des philologues, des philosophes spécialisés dans les courants musulmans, médiévistes et plus récents, quelques historiens spécialistes du monde arabo-musulman, du colonialisme, du médiévisme, des croisades, de l’Andalousie et du Moyen Orient, et il n’en restera plus rien.

    Ramadan est un très bon orateur, mais il sait aussi avec qui débattre :), un peu comme les frères Bencheikh( dans un registre totalement différent) qui ont un langage très châtié, une très bonne connaissance de la pensée occidentale et qui jouent là dessus. Ils sont en revanche incapables d’affronter des spécialistes en droit musulman et en théologie générale. Ils ne font pas de débats avec d’autres théologiens ou islamologues.

    • Bones dit :

      Il y a un retour à l’orthodoxie sunnite et coranique qui se fait actuellement en Europe. TariQ Ramadan n’est malheureusement qu’un télévangéliste parmi d’autres. Il y a tout une panoplie de prédicateurs, et qui ont de multiples visages et de multiples discours parfois contradictoires voire carrément opposés. C’est le problème, parce que du coup on noie le poisson dans l’eau en relativisant grâce, ou à cause (tout dépend du coté dans lequel on se place) de ces fameux pseudos réformateurs. Ils en appelent en douce au retour aux sources tout en adaptant ce qui peut l’être à la modernité.Les partisans soufis qui font de l’islam une philosophie du mysticisme. Des personnes comme Malek Chebel,bardé de diplômes qu’il met sans cesse en avant, mais qui n’est ni islamologue ni historien et qui prône un islam “retapé “, imaginaire, le fameux islam des lumières, qui plait tant aux médias, dont tout le monde parle et entend parler, mais que personne n’a jamais vu…un peu à l’image de Dieu Lui_même. Loin de faire l’unanimité d’ailleurs, le “prétentieux” à traduit le coran, sans posséder l’arabe littéraire coranique dans son répertoire :D, et s’est permis de faire des séances de dédicaces de ce que les musulmans considèrent comme le verbe d’Allah incarné en Livre, la fameuse “inlibration”, ce qui n’a pas vraiment plu. Sans parler de la traduction en elle-même, édulcorée un max !

      Associées à toute cette faune luxuriante de représentants, les risques que prennent ceux qui osent taper sur l’islam à visage découvert, les poursuites judiciaires pour incitation à la discrimination ou haine en raison de leur croyance, une médiocratie générale et l’islam progresse dans une voie royale, pendant que tous ce déchirent autour de lui, à se traiter mutuellement de facho, collabo, couil*** molles, bobos, frontistes etc…

      Avec le temps les différentes facettes de l’islam s’effaceront plus ou moins, et les évidences que veulent faire apparaitre certains aujourd’hui prendront formes, ce temps risque malheureusement de jouer plutôt en faveur de ceux qui appuient et croient en l’islam.

    • samir dit :

      @Bones

      J’ose espérer que lorsque vous respectez profondément un personnage vous n’etes néanmoins pas systématiquement d’accord avec lui sur TOUS les sujets?

      Donc selon vous Si les choses étaient aussi simplistes les programmes politiques des différents candidats ne serviraient plus a rien puisque l’élection ne consiste plus a étudier les différents points de vue des candidats mais de choisir celui que vous respectez le plus puisque forcement vous serez d’accord avec ses prises de positions : TOUTES

      Tariq Ramadan est sans cesse jugé sur ses intentions

      Par exemple a titre personnel je respecte Youssef al qardaoui mais ne souscrit pas a toutes ces positions mais ce genre de nuances risquent de faire de votre argument un fiasco

      Notamment :

      “Al-Qardaoui appela les talibans à ne pas démolir les bouddhas de Bâmiyân, et il fit le voyage en Afghanistan à la tête d’un groupe de savants pour tenter de convaincre les talibans à renoncer à cette destruction des deux statues et leur expliquer l’avis de la religion qui est contraire à cette décision.”

      ou encore

      Au sujet de la peine ou non de l’apostasie, Youssef al-Qaradâwî écrit :

      « `Abd Ar-Razzâq, Al-Bayhaqi (en) et Ibn Hazm rapportent qu’Anas, revenant de Tastour (en), se rendit chez `Umar.
      Ce dernier lui demanda : « Qu’ont fait les six de la tribu de Bakr Ibn Wâ’il qui ont renié l’islam et qui ont rejoint les idolâtres ? »
      Anas répondit : « Ô Commandeur des Croyants, ce groupe de gens qui ont renié l’Islam et qui ont rejoint les idolâtres ont été tués sur le champ de bataille. »
      `Umar reprit : « Nous appartenons à Dieu, et c’est à Lui que nous retournerons. »[7]
      Anas dit : « Mais avaient-ils une autre issue que d’être tués ? »
      `Umar répondit : « Oui, j’allais leur proposer l’Islam et, s’ils refusaient, j’allais les mettre en prison. »[8].

      [b]Le sens de cette tradition est que `Umar a pensé que la peine de mort n’était pas applicable à l’apostat en toute situation[/b]. Elle peut être annulée ou reportée si une nécessité impose son annulation ou son report. Dans ce cas précis, la nécessité consiste en l’état de guerre, en la proximité géographique entre ces apostats et les idolâtres et en la crainte que ces apostats ne soient tentés de passer à l’ennemi. `Umar a probablement fait l’analogie avec ce qu’avait dit le Prophète — paix et bénédiction sur lui : « Ne coupez pas les mains pendant les batailles. », et cela de crainte que le voleur, furieux, ne rejoigne l’ennemi.[9] »

      de plus vous dites :

      ““savant ” qui considère Hitler comme une punition divine envoyée par Allah sur les juifs,”

      c’est ce que disent les Juifs eux meme sur les tyrans qui les ont persecutés tout au long de l’histoire

      • Bones dit :

        ;) Vous ne faites que ressortir des banalités déjà publiées sur wikipédia. Qaradawi pourrait aider à traverser une petite vieille, ou sauver un enfant de la noyade, ça ne changerait rien au personnage. Nous vivons sur la même planète, mais pas dans le même monde…:D.

        Comme toute pourri***** Qaradawi à aussi ses cotés moins détestables, ça n’en fera jamais quelqu’un de respectable.

        Il n’y a pas de place dans ce pays pour des gens comme ça.
        Un Européen attaché à ses racines, à ses cultures ne peut qu’être l’antagoniste de ce genre de débris.

  13. Emmanuel M dit :

    Jean, un quart d’heure de célébrité avec Anne Marie Delcambre?

  14. Bill dit :

    La oumma n’existe pas, ce n’est qu’un fantasme. Il suffit de voir comment les nations du monde musulman ne sont pas solidaires pour affirmer cela. Il suffit de voir que nombre d’arabo-musulman ont du mal à croire que des asiatiques (indonésiens), des blancs (bosniaques), des noirs soient de véritables musulmans.

  15. Bill dit :

    Pour vous répondre Emmanuel M.
    Je veux bien considérer que Ramadan évite le débat avec Freysinger. Mais franchement, je serais musulman et je remplacerai Ramadan face au représentant de l’UDC, je ne pourrais pas faire autrement que rappeler Freysinger à du sérieux. Ou alors je m’étonnerais de voir qu’on ne me propose pas quelqu’un de connaisseur pour pouvoir vraiment débattre.
    Effectivement il n’y pas débat : tout simplement parce que Freysinger n’arrive pas à l’élever.

    Alors que si un spécialiste “comme je l’entends” se retrouvait face au petit-fils de Hassan El Banna, effectivement, on élèverait le niveau du débat. C’est peut-être fait pour vous déplaire, mais d’une part, il me semble que c’est bien plus sérieux et intéressant et pertinent, d’autre part c’est la seule manière de “coincer” Ramadan.
    Il ne faut pas oublier une chose : aussi fourbe ou pervers que l’est peut-être Ramadan, on ne peut pas lui enlever son intelligence, et sa grande connaissance de l’islam. Quelqu’un qui n’a pas son niveau de connaissance peut difficilement le contrecarrer sur son terrain.

  16. samir dit :

    Sincerement,

    Trouver dans ce Oskar Freysinger un once de talent, d’honneteté intellectuelle, voir meme d’intelligence au sens large est une gageure

    et je crains pour le niveau intellectuel de ceux qui le trouvent tres bon, bon ou formidable

    C’est tres inquietant quand les beauf se prennent pour des lumieres…

  17. samir dit :

    “Arrête de nous raconter des salades de taboulé.”
    j’suis francais troud’balle alors tes clichés taboulé, chameau, harem tu els gardes pour tes potes fachos

    “Oumma, on en parle sr un plan terrestre.”

    La OUmma n’a pas de réalité planétaire tu comprends ce qu’on te dit ?

    “Et sur ce plan là, même s’il y avait deux califats, il y a un imbrication entre le terme de communauté et de Nation.”

    Ben voyons comme ca t’arrange

    “Reste sur Terre, Samir et laisse Dieu dans ses nuages.”

    ne reprends pas mon argumentaire c’est exactement ce que j’ai dis : Oumma = spirituel nation = seculaire

    tu comprends ou il te faut un plus de “taboulé”

    j’comrpends pourquoi tu aimes bcp de beauf sur pattes

  18. samir dit :

    “A Samir qui les collectionne,

    Oskar, c’est tout simplement du bon sens de la terre. Pas plus et pas moins.”

    en quoi c’est le bon sens? explique?

  19. samir dit :

    Ce qui m’enerve c’est que les gens “courageux” comme toi sous pretexte de se dresser contre l’Islam ne sont de fait que de petits racistes dont on percoit tout de suite la mentalité à travers leur mépris affiché et l’utilisation d’un vocable vaseux du type “taboulé” “chameau”

    assume ton racisme au lieu de parler de l’Islam ca sera mieux pour le débat

  20. samir dit :

    Je te le répète ton mépris et ton vocabulaire peuvent preter a confusion : on ne parle pas aux gens comme ca surtout lorsqu’il s’agit de l’expression d’autres francais qui ne sont pas comme toi mais qui du fait des principes de ce pays ont le droit d’être ecoutés et respectés…

    Tu me dis que tu n’es pas raciste mais beaucoup de racistes s’ignorent…

    Bref pour en revenir a la question : moi aussi je connais la France et je connais l’Islam
    Donc maintenant dis moi en quoi l’Islam ne respecte pas la séparation dont tu parles?

  21. Pascale dit :

    @ samir

    “””Tu me dis que tu n’es pas raciste mais beaucoup de racistes s’ignorent…”””

    Le mot “raciste” étant galvaudé il serait peut être bon que vous nous donniez, vous, votre définition de ce qualificatif ?

  22. Pascale dit :

    Ramadan n’utilise pas le double langage. Il brouille les cartes du discours. C’est le prototype même du manipulateur. Il interprète délibérément faussement ce que son interlocuteur explique pour le décrédibiliser. C’ est en cela qu’il est très fort.
    C’est un type qui doit être immédiatement recadré dès qu’il sort quelque chose de sa bouche car il fait dériver le débat du sujet central vers un autre sujet : une anguille qui vous glisse entre les doigts et qui ne répond jamais franchement. Mais qui répond systématiquement à côté.
    Il a une très grande maîtrise de lui-même alors que Freysinger est trop dans l’émotionnel. Mais ce dernier est aussi pragmatique ce que Ramadan aimerait bien l’empêcher d’être.

  23. Pascale dit :

    http://www.youtube.com/watch?v=n6l9-U4qR74&feature=related

    Regardez dans cette vidéo comme Ramadan manipule.

    Zemmour dit “à Rome on fait comme chez les Romains”. Ramadan détourne le discours en tentant d’expliquer que la culture française n’est pas ce que l’on croit. Zemmour dit que l’on doit s’adapter à la culture des Français quand on est en France et Ramadan répond à côté : il se met à attaquer la tradition française. Et avec brio il a déplacé le débat.

  24. Bones dit :

    Trouver l’islam repoussant, n’a rien de raciste, pas plus que d’être une hostilité phobique et maladive, c’est de la pure logique, du discernement ;)

    • samir dit :

      “Trouver l’islam repoussant, n’a rien de raciste, pas plus que d’être une hostilité phobique et maladive, c’est de la pure logique, du discernement ”

      Donc d’une certaine manière Hitler etait baigné par une pure logique? une sorte de discernement??

      Le discernement vous ne l’avez manifestement pas : ce ne sont pas les médias qui vous offriront la verité sur un plateau

      Des lors que vous prétendez devenir LA verité qu’est ce qui vous différrencie du fanatique religieux qui lui aussi prétends détenir LA verité et La compréhension totale de cette verité??

      Dites moi quelle différrence entre vous et le fanatique?

      • jeannot dit :

        samir
        tu as pris des cours de manipulation lors d’une conférence de ramadan?

        Désolé mais le point godwin, c’est archi connu sur internet.
        Et le point godwin c’est une tactique favorite de défense des islamistes.

        Mais tu baigne dans le mensonge.
        les nazis ne se sont jamais intéressés à la religion juive, mais uniquement à la nature juive des juifs supposés.

        Donc critiquer le coran ou les islamistes, n’a rien à voir avec des nazis qui traquaient les personnes avec un nez ou des oreilles de juif, qui ont envoyé à la mort toute personne qui était né de parents juifs.

        bref tu ne fais que confirmer les propos de l’article au sujet des techniques de manipulation islamistes.

        Surtout que les seuls vrais appels à la mort (pour faire comparaison avec le nazisme), on le trouve chez les islamistes, dont de nombreux courants pronnent la mort contre ceux qui ne leur plaisent pas pour une raison ou une autre (relations sexuelles, attitude vis à vis de la religion, etc ….)

        Bref tu nous fais le misérable jeu de la culpabilisation et de la victimisation.
        C’est donc que tu n’as aucun argument rationnel à présenter.

        IL n’y a pas nbesoin d’avoir une peur irrationnelle, d’être raciste pour détester l’islamisme, le seul fait que vous n’aaez recours qu’au mensonge et à la manipulation, vous rend détestable. Surtout pour au fond défendre des idées autoritaires, intolérantes et ségrégatives.

  25. chrysaetos dit :

    Bonne démarche

    Références un peu floues, mais, bon, en a-t-on besoin?
    Je n’ai jamais vu d’application concrète de la notion de pertinence de Sperber et Wilson, et là ça n’en est pas une non plus. Pues na’.

    N’y a-t-il pas contradiction entre 1. dire que partout il y a de l’ambiguité, parce que le “contexte” etc. et 2. accuser TR de jouer sur l’ambiguité.?

    J’aimerais te contacter directement, Marc Henrri.
    Jean a mon adresse.

  26. Pierre-Yves Bourgeois dit :

    L’article soulève des bons points dans le discours de Tariq Ramadan.
    Cela dit, il s’agit d’un débat politique: pas surprenant d’y trouver de la rhétorique manipulatrice.
    L’article pêche pas un biais en faveur de Freysinger, dont l’art du débat politique me semble tout aussi consommé.
    Ce qui est dommage, c’est que finalement, il n’y a pas de débat sur le problème spécifique (les minarets), que l’un comme l’autre évitait.

  27. Bones dit :

    Qaradawi, maitre de la Fatwa vient de condamner à mort Kadhafi… :D

    Voilà qui va donner du grain à moudre aux fanatiques qui vont se gargariser d’être les ennemis des dictateurs.

    “Ce qui fut, cela sera ;
    Ce qui s’est fait se refera ;
    Et il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
    Ecclésiaste, Livre 1 verset 9.”

  28. samir dit :

    “”A Samir,

    Donc, je suis un raciste inconscient ? Tu sais, samir, si je ne t’aime pas cela ne veut pas dire que je suis raciste. Essaye d’apprendre et de maitriser le français.”

    Tant il est vrai qu’un français s’appelant Samir ne peut maitriser ni comprendre la langue francaise : encore un mot de trop raciste mon ami

    Sinon tout ton post consiste en :

    -Des extraits de journaux dont la qualité est absolument pathétique

    -Des Faits divers isolés que tu montes en sauce pour essayer de faire croire a une réalité sociétale : ce qui est hautement discutable, la réalité que tu t’es construit est donc celle que tu percois a travers les medias? ton esprit est il aussi étriqué que cela pour en etre arrivé la?

    -Les décisions des politiques prisent a l’égard des “communautés visibles” primo n’impliquent pas la religion musulmane et ne sont pas le fait de musulmans mais de personnes comme Sarkozy…ne t’est il pas venu a l’esprit que cette affirmative action a la francaise avait un but??? et que ta réaction hoistile a tous ce qui est musulman ou que sais je est l’un de ces buts??? rien n’arrive au hasard en politique…

    -Enfin ton post consiste essentiellement en la négation des 99% de musulmans discrets, pacifiques, heureux de vivre en France, contre les proselytes

    Quand on se focalise sur deux trois énergumènes pour ostraciser une immense communauté comment cela s’appel t il?

  29. Emmanuel M dit :

    Voulez vous regarder ceci?

    http://www.bivouac-id.com/billets/video-la-rethorique-de-tarik-ramadan-decryptee-par-un-autre-musulman/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed:+bivouac-id+(Bivouac-ID)

    Cela semble plus proche que ce que Bill suggère.

    Cependant, ça n’apporte pas grand chose de plus. Et cela me hérisse de voir un arabophone faire un aparté en arabe au milieu d’une phrase, comme walahou bismillah amdoulilou (ça veut dire quoi?), et explicitement orienter son discours 1/ aux frères 2/ aux soeurs 3/ aux non-croyants — impoli

  30. Emmanuel M dit :

    pour compléter: remarquer chez Metmati Mâamar l’incitation à 9:30 à ne soutenir que un gouvernement islamiste et le poster en bas à gauche

  31. Paulette lacruze maria Condoleza de Madrid dit :

    Vous me faites tous rire avec vos analyses contre Tariq Ramadan!
    La vérité est que vous ne ferez jamais le poids face à la puissance de son
    raisonnement!
    Je vous conseille de prendre des cours auprès de Tariq ramadan, cela pourra vous
    aider.
    J’ai pitié pour vous…

  32. Caro kahn dit :

    @ Marc Henri

    Franchement, vous n’avez rien d’autre à faire de votre temps et de votre vie pour écrire des articles aussi creux
    et inutiles.
    la vie est courte, profitez en et répandez le bien autour de vous au lieu de nous casser les ” couilles”!

  33. Raphael dit :

    Avec une vision complete du debat il faut se dire que oui je pense qu’il serait utile de faire une analyse de Freysinger. Car dans se debat il coupe a tout va la parole. Ne reponds quasiment jamais au question repondant par d’autre questions. Cite des passages de livres sans le livre. Ni reference page ligne Sans parle des dessins afficher en permance qui carrcature Tariq.

    A bon entendeur salut.

  34. Raphael dit :

    Je retire ce que j’ai dis pour les dessins il y en a quelqu’un en faveur de Tariq. Je viens de finir de regarder le debat. Frysinger est tout simplement pathetique

  35. Respectman dit :

    Cet article est lourd, n’a aucuns sens, en plus d’être calomnieux.
    J’invite l’auteur à revoir le débat et à corriger son monceau de bêtises.

  36. Dumont dit :

    @ Paulette lacruze etc…

    “la puissance de son raisonnement” !! J’ai failli m’étouffer de rire… Il n’a pas de raisonnement, il ment, il dissimule, il entourloupe. C’est peut être un futé OK, mais d’après ce que je constate il est depuis quelques années maintenant mis à jour, il est en clair “débusqué”. Tout le monde sait ce qu’il est. Un nuisible, qui, d’après moi doit être étroitement surveillé par les RG, la CIA et tout le fourbi des services secrets internationaux. Je suis convaincue que l’islam va s’en prendre une dans la gu… de façon imminente. Je ne sais pas pourquoi, mais je le sais. Et les journalistes qui l’invitent à débattre le font uniquement parce qu’ils aiment agiter et faire de l’audience. Donc le tarik est invité parce qu’il fait bien dans le décor dès qu’on parle de l’islam. Pas plus.
    L’islam n’a rien à faire dans les démocraties occidentales, c’est d’ailleurs plus un mouvement politique fasciste et totalitaire qu’une religion. Quant à samir qui nous “barbe”, c’est le cas de le dire, avec ses interventions comiques et qui nous parle d’hitler il ferait bien de se renseigner parce que le grand mufti de Jérusalem était l’allié d’hitler et que ce dernier admirait beaucoup les “mahométans” comme il disait. Donc…..

  37. no pasaran dit :

    Au fur et à mesure que les musulmans intiment à tous y compris aux laïcs de supporter leur délire, je suis pour un combat dont l’enjeu sera de devoir fermer sa bouche sur ce sujet pendant au moins un siècle.
    Je pense que cette guerre, inévitable contre l’expansionnisme et le totalitarisme musulman a commencé. Pour la plus grande joie des populations étouffant sous le joug de ceux qui interprètent si mochement (dt Ramadan) la parole du “prophete”.
    Ramadan finira mal, car il est dit que les fauteurs de trouble finissent emportés par ces troubles.

    La croisade islamique menée avec des mots et des minarets et des comportements moyen âgeux dans les hôpitaux comme dans les piscines sont inacceptables pour quelque prétexte que ce soit. Mieux vaut la guerre que cette oppression. Cette religion, encore plus que d’autres, est rétrograde et autorise tous les crimes : suffit de constater l’histoire des pays sous domination de l’Islam. Quelle chute en quelques siècles ! Personne ne le montre à Ramadan. Tout pays envahi par l’Islam a décliné sur des siècles. Il doit bien y avoir une raison essentielle, et peu m’importe qu’elle soit mise à jour. No pasaran !

  38. A.N O'nyme dit :

    Pourquoi tant de haine et de fourberies dans vos commentaires?

    @marianne 75 je te conseille de lire l’article http://fr.wikipedia.org/wiki/Taqiya.
    Le concept que tu emploi tel un “savant” de l’Islam et qui reflète un intérêt douteux sur la question, n’est en réalité absolument pas applicable pour un sunnite tel que Ramadan…
    Erreur volontaire ou pas? Ta malhonnêteté pue le racisme, au point d’en faire injure aux principes égalitaires de Marianne que tu semble pourtant défendre!

    Quant aux autres je ne comprends pas non plus cette volonté de jouer le jeu des extrémistes en faisant croire au “tous pourris” pour mieux se faire la guerre…
    Le discours de ramadan que je perçois pour ma part est un discours d’amour et de rapprochement des peuples mais peut-être qu’en définitive, c’est cela qui vous effraye

  39. Saladine dit :

    Analyse totalement objective… On lit bien que vous ne portez pas M. Ramadan dans votre coeur…

  40. maxx dit :

    “Analyse totalement objective… On lit bien que vous ne portez pas M. Ramadan dans votre coeur…”

    On lit surtout que VOUS vous le portez lui et ses idées puantes dans ce qui vous sert de coeur. Manque de bol pour vous il y aurra toujours des gens comme l’auteur de cet article pour dénoncer ses pratiques et celles de ses sbires comme vous. Que ça vous plaise ou non.

  41. CHVEIK dit :

    Salut tout le monde

    L’occident et le monde musulman

    voici une preuve: http://www.dailymotion.com/marikabel#videoId=xnm1tz

    Au revoir et à bientot

    • Jean dit :

      @Chveik
      “les musulmans n’ont causé aucun mal depuis 200 ans” : sauf aux musulmans eux-mêmes. Les musulmans sont les premières victimes de l’islam, cette idéologie politique qui empêche le développement économique, la démocratie, l’égalité homme-femme, la laïcité, la liberté de conscience, la liberté d’expression, et les droits de l’homme en général. Quant à la colonisation, l’islam colonise 57 pays depuis 1400 ans, pays qu’ils ont colonisé par l’épée.

  42. A.N O'nyme dit :

    @Maxx

    Visiblement votre attaque m’était également adressée et bien qu’aucun argument de fond n’a été développé de votre part( rassurez vous, j’en attends pas tant de vous), je prends tout de même la peine de vous répondre pour essayer d’analyser votre cerveau reptilien, car contrairement à ce que VOUS laissez entendre, MOI, je suis pour le débat!

    Selon vous, tout homme qui entend des arguments opposés aux vôtres, et qui incite à la paix avec les musulmans est un sous-homme (une bête!?) et n’a pas de coeur…
    Permettez moi ainsi de vous rétorquez que vos propos remontent aux temps les plus obscures de NOTRE civilisation et finalement je reste toujours étonné de voir des gens comme VOUS qui n’ont pas évolué d’une once depuis tous ces siècles… Cela prouve la médiocrité de VOTRE intellect et le peu de valeur que vous accordé à la vie. Sortez de chez vous, ouvrez les yeux, nous sommes en 2012!!

  43. Albert L dit :

    j’ ai trouvé une vidéo sur youtube avec un enregistrement audio supposé de Tariq Ramadan, où il parle à une assemblée de musulman. L’ enregistrement audio véhicule une image différente que celle qu’ il donne sur les plateau télé.

    d’ après la description de la vidéo, le discourt est disponible en audio dans les librairies islamiques.

    http://www.youtube.com/watch?v=OGfzjEBn_28&feature=related

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