Alors que des « indignés » occupent les rues un peu partout dans le monde, nombreux sont ceux qui dénoncent ou rient de ce mouvement naissant. Certains le font, évidemment, parce qu’ils ont intérêt à ce que ce système dont ils profitent ne change pas. Mais pour d’autres, ce mépris parait étonnant, dans la mesure où il provient de personnes partageant pour la plupart cette même indignation.
Ainsi, le mouvement des indignés serait trop bobo, trop gauchiste, trop naïf, trop pacifique, trop inutile. Certes, il s’agit là d’une vérité. Mais ce pessimisme et ce sectarisme est-il pour autant une solution ?
Le cas Zemmour
Pour exemple, voilà maintenant plusieurs chroniques que le journaliste Eric Zemmour consacre aux indignés. Et le chroniqueur n’est pas tendre avec ceux qu’il considère comme les disciples du sénile « papy Hessel ». Selon lui, « l’indignation n’est pas la révolte, encore moins la révolution. Elle est un cri de désespoir et ne mène à rien ».
Quelles sont les raisons qui poussent M. Zemmour, pourtant pas le journaliste le plus tendre avec le système actuel, à rejeter ainsi ces Indignés ?
Selon ce dernier, cette indignation légitime (il partage le point de vue selon lequel 20 ans de mondialisation ont permis à ces 1% d’oligarques d’accaparer les richesses des 99% restant) est pourtant loin de faire trembler le système, qui, au passage, « rit de ces manifestations qui sont comme des boxeurs frappant dans le vide ». Le caractère pacifiste – et passif – de ces mouvements de protestation réduit cette indignation à « un cri dans le désert », ou l’art de s’indigner le cul par terre.
Aussi, la situation n’est pas la même qu’elle l’a été pour les peuples arabes ou encore pour les sujets du roi de l’ancien régime. Comme le rappelle le chroniqueur, « le romantisme révolutionnaire a besoin de tyran, de répression, de mort exemplaire à venger ». Si la répression est, dans une certaine mesure, bien présente (les matraquages observés à New-York montrent que l’Occident n’a pas de leçons à donner à la Syrie ou à l’Iran), le reste manque.
Contre qui se battent les Indignés ? Tout le monde, et personne à la fois. En tous cas, personne en particulier. « Plus de roi qu’on peut emprisonner et guillotiner, plus de 200 familles qu’on peut identifier et chasser, plus même de fortune qu’on peut saisir et confisquer. » Le système actuel est ainsi fait que les responsables et les tenants des manettes sont pour la plupart anonymes, lointains, apatrides, et de ce fait, difficilement identifiables. Tout comme l’argent d’ailleurs, qui est, selon Zemmour, « un monarque volatile, désinvolte et méprisant, qui joue à saute-frontière en un clic d’ordinateur ».
Alors, comment se battre quand on n’a pas d’adversaire ? Car c’est un peu le cas des Indignés, et de tous ceux qui se sentent concernés par cette indignation naissante. Pour l’instant, polie et stagnante, elle ne mène nulle part. Personne n’est là pour théoriser le que faire ? révolutionnaire. D’autant que de révolution, il n’y a pas encore.
« Qu’est-ce que vous faites ? Qu’est-ce que vous avez prouvé ? Quel gouvernement avez-vous renversé ? Quelle proposition avez-vous mis en œuvre ? Il faut arrêter. L’indignation c’est bien, mais c’est rien du tout. C’est le vide intersidéral ! » lançait le journaliste à l’un de ces naïfs Indignés qui, justement, n’avait rien trouvé de mieux à faire que de s’en prendre à lui, comme s’il était le mal absolu, à combattre avant le reste.
Ainsi s’explique l’éternel pessimisme d’Eric Zemmour et de bien d’autres personnes ne se sentant pas représenté par ce mouvement, à forte tendance bobo-gaucho – admettons-le.
Philippe Sage, posteur sur AgoraVox, allait également dans ce sens, et à raison : « A bien y regarder, en ce mouvement Indigné, point d’ouvriers, de prolos, de chômeurs (ou alors deux ou trois), d’exclus, de virés, de délocalisés, de pauvres, et même de classes populaires. Comme on le constate, chaque jour que Hessel fait, sur nos écrans rapla-plats ». Et de rajouter : « Vos manifestations, sages, propres, dites Indignées (alors que c’est Révoltés qu’il conviendrait d’être) sont celles, je le maintiens, des quartiers épargnés. Celles des confortables. Celles des “Allo Maman Bobos”. Ni plus, ni moins. Il est pas loin, le Café de Flore, mon Indigné. »
« La misère, vous ne savez pas ce que c’est. Sinon, croyez-moi, ça se verrait ». Comment lui donner tort ? Pour autant, il convient de se demander si cette indignation imparfaite et non-représentative doit être méprisée pour autant.
Vers un passage à l’étape supérieure
Depuis la naissance des Indignés espagnols le 15 mai dernier, notamment à la Puerta Del Sol, on n’avait jamais connu pareil mouvement depuis bien longtemps en Occident (outre mai 68 qui, il faut le rappeler, n’a eu pour seul effet que de faire virer un Grand Homme libre et le remplacer par des serviteurs soumis). C’est la première fois qu’un mouvement d’une telle ampleur dénonce les systèmes politiques, sans affiliation à aucun parti (malgré une tentative de récupération de l’ultra-gauche en France). Il a connu une exportation rapide et de grande ampleur malgré le silence complice des médias, et, pour l’Espagne, il est le mouvement social le plus important depuis la chute du franquisme.
Mais surtout, malgré ses nombreux défauts (forte présence bobo, naïveté gauchiste sur la régularisation des sans-papiers et l’internationalisme, idiot-utile du Capital…), il a néanmoins le mérite d’avoir posé, dans le débat public, de réelles questions : dérive oligarchique, démocratie réelle, démocratie directe, critique du système financier, etc., et ne s’est pas trompé d’endroit pour le faire (le mouvement Occupy Wall-Street a établi son campement non loin du cœur névralgique de la finance américaine).
La situation est à ce point critique que toutes les bonnes volontés devraient être les bienvenues. Force est de constater, au vu des critiques précédentes, que ce n’est pas le cas. Mais plutôt que de tuer le projet dans l’œuf, en raison de ses nombreuses imperfections, pourquoi ne pas le soutenir et inviter, justement, les autres à s’y joindre ? D’autant qu’il est certain que tous les opposants à ce système – qu’ils soient patriotes, gauchistes, altermondialistes, etc. – partagent nombre de constats, et que des compromis pourraient être faits. Encore faut-il avoir recours au dialogue et au respect mutuel, ce qui est une autre histoire…
Quoi qu’il en soit, si l’on prétend s’opposer à ce système, d’où qu’on vienne, quoi qu’on pense, il faut trouver la volonté d’abandonner le sectarisme et de se rassembler pour, pourquoi pas, faire passer cette indignation jugée « inutile » à l’étape supérieure. Car ces mouvements d’indignation ne sont que les prémices d’une ère nouvelle, ou, selon le point de vue, le début de la fin d’une autre. Aujourd’hui, le mouvement est lancé. Poursuivre en ce sens ou reculer, le choix nous est donné.
Christopher Lings
Images : “Anonymous – Guy fawkes mask / flickr” | “Capture d’écran dailymotion / RTL“
Contribuez au développement du site en
souscrivant
“(les matraquages observés à New-York montrent que l’Occident n’a pas de leçons à donner à la Syrie ou à l’Iran)” : en Syrie et en Iran, on tire sur la foule à balle réelle, occasionnant des dizaines, voire des centaines de morts. Est-ce que cette parenthèse est sérieuse ?
Zemmour fait son business en jouant au réactionnaire, loin d’égaler l’intensité des textes de Monsieur De Maistre. Ennuyeux, pompeux, comme dirait Joris-Karl Huysmans. Répétitif aussi. Le systême à encore oeuvré dans une ruse destinée à couvrir ses impostures ( de la gauche à la droite, nulle pensée!)
@Jean
Juste avant : “Si la répression est, DANS UNE CERTAINE MESURE, bien présente”. Ce que je veux dire par là c’est que l’occident n’a pas de leçon à donner en terme de liberté de manifester et aussi de légitimité aux yeux du peuple. Il appelle les régimes orientaux à abandonner le pouvoir à la moindre manifestation de l’opposition.
As-tu vu les dizaines de milliers de manifestants soutenant Assad récemment ?
PS : en Syrie ce n’est pas une répression de manifestants, c’est une guerre ouverte entre deux clans. Des deux côtés, il y a des morts. Les opposants ne se privent pas pour tuer, brûler des bâtiments publics et des commissariats.
Jean oublie aussi que les Etats-Unis sont encore sous le Patriot Act, invention post-MCcarthyste qui permet à l’état de faire ce que bon lui semble en matière de lutte contre le térrorisme, ce qui favorise aussi certaines dérives.
- “les matraquages observés à New-York montrent que l’Occident n’a pas de leçons à donner à la Syrie ou à l’Iran”
Tout à fait d’accord avec Jean, ce commentaire est indécent.
- “l’occident n’a pas de leçon à donner en terme de liberté de manifester”
Ben tiens donc, allez donc essayer de manifester contre le pouvoir en place en Iran et on en reparlera.
- “As-tu vu les dizaines de milliers de manifestants soutenant Assad récemment ?
PS : en Syrie ce n’est pas une répression de manifestants, c’est une guerre ouverte entre deux clans. Des deux côtés, il y a des morts”
Vous regardez trop les videos de Soral.
Oui, bon effectivement, les US ne sont pas comparables avec l’Iran ou avec l’Arabie Saoudite où il est déjà interdit d’appartenir à une autre branche de l’Islam que le wahabisme!
N’empêche que tout régime est criticable, car né de la main de l’Homme il demeure imparfait!
@snake
Vous oubliez volontairement le “dans une certaine mesure” pour servir votre argumentation. Il n’est pas ici question de comparer les USA et la Syrie. Il faut être bête pour les ramener au même niveau. C’est juste une question de principe quand on se permet de donner des leçons.
“Vous regardez trop les videos de Soral.”
Niveau zéro de l’argumentation. Faudrait développer l’ami.
@Christopher
oui sauf qu’il y a une différence de nature entre les deux, pas de degré, or cette expression “dans une certaine mesure” fait croire à une différence de degré, c’est ce qui est choquant je crois.
@ Lings
1) “Il faut être bête pour les ramener au même niveau”
Je suis d’accord. Mais c’est à vous que devrait s’adresser ce compliment car c’est vous qui avez procédé à cette équivalence, pas moi.
2) “Niveau zéro de l’argumentation. Faudrait développer l’ami”
Je ne suis pas votre ami.
Si j’ai mentionné le nom de Soral, c’est parce que vous dîtes la même chose que lui sur la Syrie et que le sujet a été beaucoup débattu sur ED récemment autour de la video d’Adbelhamid Drira; et puisque vous êtes un contributeur régulier de ce site, je présumais que vous aviez regardé tout cela. C’est tout.
@Snake Plissken,
Vous vous êtes rendu quand en Iran?… pour la dernière fois ?…
Puisque je sens qu’on ne va pas tarder à tomber dans l’inévitable comparaison:
http://www.enquete-debat.fr/archives/dis-moi-ce-que-tu-es-je-te-dirais-quel-nazi-tu-es
@ azim
Parce que vous croyez que se rendre sur place est une garantie d’objectivité ? Bien sûr que non pour deux raisons fondamentales :
1) Parce que vous pouvez très bien vous rendre sur place non pas dans le but de vous informer de manière impartiale mais au contraire dans le but d’essayer d’apporter une pseudo-caution factuelle à des mensonges et des partis pris (cela s’appelle de la propagande).
C’est exactement ce qu’a fait Dieudonné, par exemple, quand il s’est rendu en Iran et qu’il a fait de la publicité pour le régime islamiste en place en déclarant devant les caméras que le régime iranien était plus libre et plus démocratique que la France parce que l’Iran n’est pas contrôlé par les sionistes, contrairement à la France, déclaration qui est à la fois grotesque et choquante (eu égard à la mémoire de toutes les victimes du régime iranien).
C’est aussi ce qu’a fait Soral lors de son récent déplacement en Syrie, qui était guidé par une volonté de dédouaner le régime d’Assad.
2) Parce que, même si vous allez sur place avec l’intention sincère de vous informer, vous pouvez en être empêché par tous les moyens de contrôle et de surveillance que peut déployer un régime dictatorial.
En Iran, un peuple est opprimé par une dictature théocratique fondée sur la forfaiture et imposant une foi fondamentalement étrangère. C’est pourquoi de nombreux étudiants iraniens se tournent désormais vers le message 100% iranien de Zarthusht.
Et sinon, j’espère que Reza Pahlavi pourra jouer un grand rôle dans la libération de son pays du joug du vieux barbu fêlé et de son fidèle larbin, le nain poilu.
@snake…
Je pense juste que c’est plus facile de parler d’un sujet quand on le connait. Moi, je parle beaucoup de ce que je sais. Pour le reste, j’aime bien écouter ceux qui me paraissent compétents. Ce n’est pas le sentiment que vous me donnez…
Je voudrais vous rappeler que votre indignation portait sur l’idée que l’auteur de l’article “osait” comparer ce qui n’est pas comparable à votre avis. pourquoi pas… mais en ce moment, en France : des gens s’immolent (1 prof et 1 artisan) des pédophiles passent les mailles du filet de la justice maçonnique (vous voulez des preuves), des animaux vivent un enfer dans des élevages industriels immondes, des malades du Médiator ne sauront jamais ce que veut dire la justice, des hommes et des femmes vivent dans une précarité de plus en plus palpable, le votes et les référendums ne servent à rien, il y a un parlementaire français pour 7 lobbiiste à Bruxelles, on donne des valises de billets à des délinquants mafieux qui deviennent président .. etc.. etc…
On peut donc considérer facilement que notre pays n’a pas vraiment de leçon de démocratie à donner (puisque celle-ci n’existe pas).
Aussi, je vous rappelle que la France est à la 44ème place en matière de Liberté de la presse. Mais certains voudraient nous dire que l’Iran c’est pire… en fait, j’ai bien peur qu’avec des raisonnements comme celui-là, on en arrive à “tais-toi, c’est pire ailleurs”.
Pour ma part, je suis prêt à soutenir le peuple Iranien dans ses ambitions (que vous êtes persuadé de connaître… mes amis qui reviennent d’Iran pensent tout autrement) mais je voudrais d’abord m’occuper de ce qui me concerne ainsi que de ce qui concerne mes administrés.
Les bombardements et la propagande, je vous les laisse ainsi qu’aux oligarques sionistes qui contrôlent mon pays.
Az
Une connaissance empirique biaisée est nettement moins parlante qu’une connaissance théorique soutenue. Il y a de nombreux ouvrages disponibles qui permettent de bien comprendre les enjeux. Et de la part de gens qui ont été sur le terrain ou qui en sont issus.
qu’aux oligarques sionistes qui contrôlent mon pays
Là encore, attribuer aux oligarches une démarche “sioniste” c’est en réalité s’attaquer aux origines supposées des dits oligarches. Et Lagardère, et Betancourt… “ils en sont” ? Ce mot n’a ici simplement aucun sens. Si les élites européennes et américaines étaient “sionistes”, Israël n’aurait pas à gérer de question palestinienne et aurait les frontières du temps d’Hérode le grand…
Hérode, ô grand Hérode
Entends cette ode
Qui te préviens que mille dangers rôdent
Autour de ta courronne d’émeraude!
Supporte et abstiens-toi.
Je les connais tous ces jeunes, ils ne demandent que deux choses : du fric et une Bentley. Donnez leur et la révolution est finie.
Pour la dernière partie je suis globalement d’accord.
S’il y a des imperfection, ce n’est pas en tuant le mouvement que les choses vont s’arranger.
Une révolution pour qu’elle réussisse il faut qu’il y ait union entre les classes populaires et les classes moyennes.
Pour la remarque concernant les classes moyennes comme élément principal de ces manifestations, il ne faut pas oublier que en de nombreux pays, elles ont été les premières perdantes des 30 ans de néolibéralisme. Ils ne connaissent pas la misère, mas c’est peut être justement pour ne pas la connaitre qu’ils ont amorcé le mouvement.
Au vu de la situation actuelle il n’est pas étonnant qu’il y ait des mouvements de protestations un peu partout dans le monde.
Pour qu’il y ait révolution, il n’y a pas besoin de prendre les armes, comme en Tunisie ou dans les pays de l’est, mais provoquer des ruptures au niveau du fonctionnement du système. Actuellement ce qui doit être remis en cause c’est le fonctionnement du système financier qui prend en otage le monde entier.
Il ne faudra pas attendre des réponses du côté des libéraux dogmatiques, qui ont oublié les fins initiales du libéralisme, les gauchistes du libéralisme en quelque sorte.
@azim 18 octobre 2011 à 14 h 18 min
Tu parles du pays dirigé par une théocratie, et où la critique contre le régime peut être assimilé à une attaque contre dieu, et donc passible de peine de mort selon les dernières lois?
@ Azim
Ce qui est mis en balance ici, c’est la liberté de manifester contre le gouvernement, ce n’est pas le caractère plus ou moins “démocratique” en général du régime – qui ne peut d’ailleurs pas être jaugé à l’aune des exemples que vous énumérez de manière décousue. Oui, je maintiens qu’en France, on peut manifester contre le gouvernement sans se faire tirer dessus ou se faire torturer en prison comme c’est le cas en Iran ou en Syrie.
Quant à votre sentiment sur mes compétences, si vous saviez comme je m’en balance… Votre arrogance ne diminue en rien votre bêtise, elle ne la rend que plus ridicule.
A Thomas F
“qu’aux oligarques sionistes qui contrôlent mon pays” “Là encore, attribuer aux oligarches une démarche “sioniste” c’est en réalité s’attaquer aux origines supposées des dits oligarches. ”
Vous en êtes encore là? Seuls les juifs sont sionistes !!! Je vais vous apprendre que beaucoup de juifs ne sont pas sionistes et que beaucoup de sionistes ne sont pas juifs.
La démarche “indignés” n’est pas universaliste mais bien un club d’étudiants très à gauche et de bobos libéraux-humanistes, en témoignent comme vous le dite les slogans habituels sur l’immigration sans frontière qu’il faut régulariser à tour de bras au nom des “droits de l’homme” à venir coloniser n’importe quel pays (mais surtout l’Europe et ses systèmes sociaux).
Cette “indignation” n’est que de l’altermondialisme, en témoigne la rapidité d’organisation hérité des manifs pour “les droits à” et la capacité de mobilisation dans le temps qui ne peut être que le fait d’étudiants oisifs ou d’associations subventionnées…
Cette indignation est donc fondamentalement socialiste, et je la vois mal “s’allier”, même un court instant avec “l’indignation souverainiste” qu’elle exècre.
ne nous y trompons nous sommes dans un jeu à 3 bandes:
- l’oligarchie mondialiste
- les indignés internationalistes
- les souverainistes
Les deux premiers peuvent s’allier contre le troisième de manière opportuniste et temporaire, mais le troisième restera désespérément seul, il n’avait qu’à pas perdre la seconde guerre mondiale, et toc!
Quand au sionisme international son influence est très surfaite, la preuve il est en train de perdre la France…
Des juifs peuvent être sionistes, et en général ceux-là font leur alyah pour être en cohérence avec eux-mêmes. Et des non-juifs, y compris des antisémites, peuvent être pro-sionistes, pour des raisons variées. La différence est alors entre sionisme et pro-sionisme.
Je vous l’ai dit, si nous étions gouvernés par des sionistes, Israël correspondrait à la Judée-Samarie de l’époque d’Hérode le Grand, il n’y aurait pas 20% de citoyens israéliens arabes, pas de mur, pas d’entité palestinienne… etc
Ce n’est pas le cas donc votre remarque est fausse.
@Snake,
“Quant à votre sentiment sur mes compétences, si vous saviez comme je m’en balance… Votre arrogance ne diminue en rien votre bêtise, elle ne la rend que plus ridicule.”
Merci “être de lumière”…
“il n’avait qu’à pas perdre la seconde guerre mondiale, et toc!” na-na-nè-re !
@Thomas,
“Je vous l’ai dit, si nous étions gouvernés par des sionistes, Israël etc…”
Merci de me dire qui des politiciens actuels français ne sont pas sionistes et le revendiquent, svp. Voulez-vous que je vous fasse une liste -commençons pas le gouvernement Sarko- de “droite” et de “gauche” pour vous aider ? Je suis vraiment impatient de connaître les noms des anti ou non sionistes en poste ou qui briguent un mandat…
@ Azim
Aucun n’est sioniste, de fait. Puisque aucun ne défend ce que je viens d’expliquer.
Citez-moi un seul politicien français apportant un soutien explicite ou implicite à Lieberman par exemple…
@ Thomas FERRIER :
“Aucun n’est sioniste, de fait” Icare tu vas trop loin fais gaffe !
@ azim
Mais fichez-nous la paix avec vos fantasmes de sionistes qui dirigent la France… Il n’y a que cela qui vous intéresse, faire la chasse aux “sionistes” réels ou supposés, quel que soit le sujet on se ramène toujours in fine à la même obsession. C’est tellement lassant et appauvrissant pour le débat. En ce qui me concerne, je suis pour le droit d’Israel à vivre en paix et en sécurité sur son minuscule territoire – donc j’imagine que je fais partie de ce que vous appelez les “sionistes”. Pour autant, je ne prends pas en otage le moindre sujet en le ramenant systématiquement au débat sur le conflit israélo-arabe, je m’intéresse à bien d’autres choses… Ne pourriez-vous pas faire de même et quitter votre vision binaire du monde “sionistes/antisionistes” ? Ne croyez-vous pas qu’il y a quantité d’autres sujets qui sont importants pour la France ? Ne pensez-vous pas qu’il est malsain d’essayer d’importer le conflit israélo-arabe sur le sol français comme vous le faîtes en permanence ?
Quand on a en face de sois deux ahuries sans la moindre argumentation.
Qui de surcroit cite Rocard comme maitre a penser on ne peut pas s’attendre a autre chose que de se faire renvoyer dans les 10 métres par Eric Zemmour.
Ce mouvement soixantehuitard faites moi rire il est aux antipodes . Ce mouvement souhaiterai au contraire une ultra intervenetion de l’état pour tout réguler ..
Un réve du bon nbolchévisme sans doute
@Jullien
Vous avez entièrement raison pour ce jeu à trois bandes et la solitude des souverainistes. Ce que j’espère dans l’article c’est une question de priorité : un compromis entre souverainistes et indignés basé sur le respect mutuel et le combat commun sur bien des points de connivence. Cependant, cela relève juste de l’espoir… Malheureusement, je n’y crois pas une seconde…
PS : les souverainistes sont souvent seuls. Mais lorsqu’ils se réveillent, le peuple est avec eux
Trop bobo, trop gentils, trop rapla plat, trop gauchistes, et j’en passe…comme toujours, les critiqueurs ne sont pas les payeurs.
Rappelons au passage que le mouvement vient d’Espagne, 45% de chômage chez les jeunes. Dire qu’il n’y a pas de chômeurs chez les indignés alors que le mouvement vient d’eux, c’est un peu de la fumisterie.
Certes, la situation des européens fait un peu penser à celles d’enfants riches qui se plaignent. Mais c’est là dessus qu’est bâti le système ! Notre jeunesse est subventionnée pour rester à domicile, et ainsi anesthésiée. Et que disent les indignés ? Cela ne nous suffit pas. Nous voulons plus, nous voulons du travail et de la dignité. Cela ne devrait-il pas nous réjouir plutôt ?
Il disent aussi : nos dirigeants n’ont plus pour priorité l’intérêt général et se foutent de l’avis du peuple. N’est-ce pas ce que je lis à longueur de temps sur ce site et sur d’autres ?
Alors comme le conclut cet article, il faudrait commencer à voir les points communs avant de voir les différences. En crachant sur ce mouvement, Zemmour et consor dévoilent peut-être leur vraie nature : servir le système en faisant de la propagande contre la convergence des mouvements contestataires.
@ Quidam :
“Il disent aussi : nos dirigeants n’ont plus pour priorité l’intérêt général et se foutent de l’avis du peuple.”
Quelle trouvaille !
Mais, dites-moi, qui a réellement en vue, dans nos pays occidentaux, l’”intérêt général” ? Et qu’est-il devenu, d’abord, cet “intérêt général” ? N’est-ce pas la somme sèche des intérêts particuliers ? Eh bien voici le premier pas vers l’indifférence et la déréliction : vous commencez par considérer que l’individu prime la société, et donc que la société n’est que la somme des individus, et ensuite, libre à chacun d’appréhender la société comme il l’entend, à savoir en retranchant telle ou telle de ses parties. Je ne dis pas que je souscris à cette vision des choses, bien au contraire, je dis qu’à force de mettre en avant la subjectivité, la vie privée, les caprices des uns et des autres (des plus riches comme des plus pauvres), on a anéanti votre fameux “intérêt général”. Pour ma part, d’ailleurs, je préfère parler de “bien commun” ; l’emploi de la formule “intérêt général” est symptomatique de ce que je viens de vous dire.
En bref, il est on ne peu plus convenu aujourd’hui de cracher sur nos dirigeants qui, s’ils sont en effet en dessous de tout et méritent le mépris le plus profond, tous bords et tous pays confondus, ne sont pas tant responsables de la panade actuelle que de simples profiteurs. La responsabilité nous incombe à tous : c’est notre choix de société, multiséculaire, et sa déviance marchande portant un coup fatal à l’idée même de politique qui est à mettre en cause. Vaste problème qui dépasse très largement le coup de colère d’une poignée de jeunes adultes, manichéens et naïfs.
@Virgile
Je rebondis sur votre commentaire pour vous poser une question de fond sur votre vision de l’opposition bien commun VS le bonheur individuel. Votre position semble se résumer à, et je schématise, bien commun, paradigme de l’antiquité ; contre bonheur individuel, paradigme de la modernité, ou “démocratie” moderne.
Si je peux concevoir qu’individualisme et “démocratie” élective/moderne/clientèliste (rayez la mention inutile) sont liés, je ne comprends pas pourquoi vous associez exclusivement le bien commun à l’antiquité.
Ne contestant pas cette association, j’observe que l’individualisme ne régnait pas comme valeur suprême dans la France d’avant guerre. Et on trouve même actuellement de nombreuses sociétés qui font passer le bien commun avant l’individu. C’est le cas au moyen orient par exemple, les familles à structure patriarcales, les mariages arrangés, bref le bien de la famille (au sens large) avant l’individu.
@ sopode :
Merci pour votre commentaire au mien, il est très intéressant.
Ce que j’appelle “bien commun” est le fait de se référer à la communauté avant soi-même.
)), je ne pense qu’au devenir général de la France, pas à ce que me promet en particulier, personnellement, tel ou telle candidat(e). Ça peut prêter à rire, mais je ne pense pas que ce soit le cas de la majorité des votants, sincèrement. Je ne fais pas partie des mieux nantis financièrement de ce pays, loin de là, mais mon pouvoir d’achat n’entre pas, et ne doit pas rentrer en considération. S’il est temps que la France se serre la ceinture, lors même que j’ai l’impression d’avoir déjà connu jusqu’ici que des années de vache maigre, eh bien tant pis, j’y souscris car c’est une réalité. Voilà un exemple de conception du “bien commun”. Le service militaire en était un autre : peu m’importait d’entendre celles et ceux qui, ne l’ayant pas effectué par ailleurs, me conseillaient de me faire porter pal ou aux pieds plats, peu m’importait également que certains, plus « malins » soi-disant, y échappent : j’avais un devoir, on me demandait de donner dix mois de mon temps à la communauté, je l’ai fait sans broncher, pour mettre en accord mes actes et ma pensée.
Exemple : personnellement, lorsque je vais voter (ou plutôt lorsque j’allais voter (
En faisant référence à cela, on introduit nécessairement de la justice distributive dans les rapports entre les êtres, c’est-à-dire une justice qui rétribue avant tout en fonction des actions accomplies dans le sens du bien commun. Chacun doit donc donner en proportion de ses moyens, et être rétribué en conséquence (je ne parle pas seulement d’argent).
Exemples : une personne dotée d’un fort capital économique doit donner plus qu’une personne modeste de ce point de vue, mais une personne dotée d’un fort capital politique (plus difficile, il est vrai, à déterminer), c’est-à-dire mieux apte à comprendre comment fonctionne la politique (la vraie !) doit elle aussi donner davantage qu’une personne profane en la matière. Dans le premier cas on taxe à proportion le plus riche, dans le second on écarte à proportion de l’activité politique le plus ignorant. C’est un principe antique, vous avez raison de le souligner, auquel ne contrevenait pas pour autant la démocratie athénienne : le principe des liturgies, l’éphébie, la reddition de comptes, la rotation des charges et le temps immense accordé à la vie politique faisaient, entre autres, que les gouvernants étaient sans cesse ramenés au principe de bien commun et intéressés à sa sauvegarde avant celle de leurs intérêts propres.
De nos jours, cette vision des choses est obsolète. C’est dorénavant le sort des individus qui prime, le respect de l’égalité entre eux, l’interdiction d’attenter à la volonté singulière de chacun. Je ne dis pas que la chose n’a pas ses vertus, bien évidemment, je dis que nous avons troqué un idéal pour un autre, et que si l’on veut retrouver un semblant de cohésion « sociaaaale », il faudra sacrifier un peu de nos attentes strictement personnelles, c’est-à-dire faire un peu machine arrière. Les partisans d’un retour à la démocratie « directe » semblent l’oublier.
Quant à votre dernière remarque : oui, les choses vont à mes yeux en s’aggravant (plus graves aujourd’hui qu’avant-guerre, et le fait de fustiger systématiquement tout patriotisme n’y est pas étranger), et oui les sociétés de type « holiste » (en gros le monde entier sauf l’Europe, Israël et les deux Amériques) ont une tout autre considération que nous de ce fameux « bien commun »… mais attendez un peu que le Maghreb, par exemple, se soit totalement occidentalisé ! Ce qui ne veut pas dire pour autant que je préfèrerai vivre là-bas !!! (Par contre, les mariages arrangés dont vous faites état ne participent pas, de mon point de vue, du “bien commun”). Je sais apprécier ce que la modernité nous offre, mais je sais aussi ce qu’elle a dû sacrifier pour ce faire.
@vile serpent
“Mais fichez-nous la paix avec vos fantasmes de sionistes qui dirigent la France”
…je fais ce que je veux… je te propose de ne pas lire mes post et de te remettre sous ta couette.
Si vous vous interrogez tellement sur les indignés, allez donc discuter avec ; j’ai bien peur que beaucoup d’entre vous -commentateurs- parlent de ce qu’il ne connaissent pas comme il est dit dans un commentaire.
Je trouve inquiétant que l’on fasse si peu de cas de la démocratie directe en France et sur ce site en particulier. Nous avons en France une démocratie qui fonctionne avec un substitut de roi, nous mettons en place des élus à qui sommes incapables de faire rendre des comptes. Les élections obligent les candidats à la peapolisation, à la fraude, au mensonge et à une radicalisation professionnelle qui les rend solidaires les uns des autres et les isole du reste de la population. Nous avons mené une guerre économique terrible depuis plus de deux cent ans aux pays les plus pauvres avec nos grandes idées -alibi des lumières- et plongé l’humanité dans le noir, surtout en Afrique où on leur a bien expliqué que ce n’était pas pour eux. Encore aujourd’hui, est-ce bien citoyen ce dumping contre les produits des pays sous développés. Cela n’a même pas l’alibi libéral au sens marché.
Je ne souhaite pas continuer ni à voter, ni à pas voter, la solution dépend de nous et nous ne disposons pas d’une émancipation démocratique ni pour décider, ni pour même faire transcender une élite. Il faut sortir des isoloirs, parler avec les autres; échanger les idées les enrichit, les peuples savent en inventer. Lorsqu’il prend le pouvoir, le peuple a tellement de créativité que tous les intellectuels et artistes s’y abreuvent pour des générations, mais il n’est pas dans sa nature de le conserver, il est magnanime et l’offre en récompense à ceux qui ont l’ambition de la servir.
Aujourd’hui nous avons une démocratie de consommation, au magasin comme à l’urne on prend ce qu’on trouve. Est ce ainsi que l’on compte explique notre projet de société à nos enfants.
Les indignés sont principalement des exclus, et des jeunes ; ceux qui ont traversé l’Espagne et d’autres pays jusqu’à Bruxelles, se sont simplement dit ” je n’ai pas de place, alors je vais prendre la route …” Y’a pas eu un Bobo sur les routes.
Ici aussi ils ont prit des matraquages, gazages et autres tracasseries policières. On leur a arraché des bâches de protection contre la pluie – manif autorisée – cassé le matériel… Le pays des droits de l’homme interdit quand il veut de se réunir à trois personnes et la décision est aux mains des forces de l’ordre.
Je suis solidaire des indignés et j’aimerai avoir le sentiment de mes concitoyens, savoir ce qui les dérange, les indignés ou ce système qui va à notre perte. Ensuite, nous verrons ce que l’on peut décider entre gens de bonne volonté.
Déclaration des 99% par “indignés occupy WallStreet”: https://sites.google.com/site/the99percentdeclaration/