Nous avons interviewé Michel Bogé (photo) récemment, il est Président de ConsomActeurs Associés et gérant de la Boutique de l’Ecologie. Consom’acteurs associés réalise une sélection des meilleurs éco-produits du marché, pour une décroissance douce, pour l’avenir de l’homme et la sauvegarde de la planète. Consom’acteurs associés c’est une boutique en ligne (http://www.consomacteurs.com/), une boutique à Paris, 41 rue du Couédic dans le 14è, et une association de défense de l’environnement par la consommation responsable. Il a été touché par notre arrêt temporaire, voici sa réaction.
L’information : Trop c’est trop…
La première pollution du monde occidentalisé est actuellement la pollution par l’information, trop d’informations nuisent à l’Information. Plus les outils d’informations sont sophistiqués, dématérialisés, plus leur prix d’achat et de fonctionnement devient accessible au plus grand nombre. Avec Internet, n’importe qui, n’importe quand, communique ou reçoit de l’information sur n’importe quoi.
La plupart des internautes veulent de l’information gratuite. En effet, pourquoi payer ce que l’on pense pouvoir obtenir ailleurs gratuitement ? Tout simplement parce que c’est enfreindre une règle immuable des échanges économiques, ce qui a peu de prix vaut peu et ce qui n’a aucun prix n’a pas de valeur du tout.
L’exigence de qualité
De plus en plus de consommateurs se dirigent vers le « bio » parce qu’ils souhaitent disposer d’une alimentation naturelle, plus vivante, plus qualitative, plus en rapport avec leur santé ou celle de leurs proches. Pour acquérir ces nourritures issues de l’agriculture biologiques, ces consomActeurs sont prêts à payer leurs denrées plus chères. Parce que l’homme se nourrit aussi d’informations spirituelles, sociales, politiques et culturelles, il demande des informations véridiques et non trafiquées, en un mot il veut des informations libres.
L’information libre est celle que vous acceptez de payer à son juste prix
La plupart des journaux et magazines, les grandes télé et radio, tous ces médias sont payés en grande partie ou en totalité par des annonceurs ou des mécènes privés ou gouvernementaux. Comment voulez-vous qu’ils soient au service de leurs destinataires, ils sont d’abord, et plus ou moins, au service de leurs financeurs. De plus en plus de citoyens s’aperçoivent que l’information n’est plus libre, que cette information indigeste, incongrue, les rend de plus en plus insatisfaits, déprimés quand ce n’est pas malades. Parce qu’il n’y a pas de miracle, à l’instar de l’alimentation « bio » plus chère parce que plus saine, ces personnes plus exigeantes acceptent maintenant de financer leurs informations libres et de qualité.
Enquête et débat le média libre des ConsomActeurs
Le changement de paradigme qui s’opère actuellement nous fait passer, qu’on le veuille ou non, d’une civilisation du toujours plus avoir vers celle du mieux être, du monde du quantitatif à celui du qualitatif. Parce qu’on ne peut plus raisonnablement se satisfaire des médias sous contrôles des 19è et 20è siècles, Enquête et Débat conscient de la situation vous propose de devenir soutien de votre source d’information libre parce que vous appartenant. Enquête et débat vous propose de passer de consommateurs passif d’informations à ConsomActeurs en répondant à la demande de souscription qui vient d’être lancée.
M.Bogé le 25 10 2011
Contribuez au développement du site en
souscrivant
Lire la suite ►
Lire la suite ►
Merci M. Bogé
Même si je le rejoint sur la conclusion, je ne suis pas d’accord avec les arguments de M. Bogé, on dirait qu’il considère que l’information doit etre payante.
L’information est gratuite par nature, contrairement a un bien matériel. “Si j’ai un verre d’eau et que je vous le donne, je ne l’ai plus. Mais si j’ai une information et que je vous la donne, je l’ai toujours. Par conséguent l’information ne peut etre que gratuite” (jaques attali)
C’est l’accès a l’information qui a de la valeur et qui peut donc etre payant et payé
Plus fondamentalement c’est le travail qui mérite salaire : la recherche, la vérification, la mise en perspective, la structuration, la mise a disposition, l’enregistrement d’interviews ou l’ogranisation de confrontations, l’archivage et la mise a disposition d’outils de recherche. Tout cela c’est du travail, mais pas l’information elle-même qui n’a ni prix ni qualité.
L’expression “information de qualité” est mauvaise, qu’entends-il par la ? une information vraie par rapport a une fausse ? une information détaillée par rapport a une simple ? mais même les mensonges et les onomatopées sont des informations ! Je veux croire qu’il entends par la “information présentée dans un média de qualité” et donc qu’il s’agit d’un jugement de valeur sur le média porteur d’information et pas sur l’information elle-meme.
@Georges : ben à peu près tout est gratuit par nature alors ! Vous vous voyez dire à votre marchand de légumes “vous avez eu gratuitement ces légumes sans rien payer à Dame Nature, alors je vois pas pourquoi je devrais les payer !” ?
Alors ok, c’est le contexte qui définit la valeur des choses. Et l’information a donc une qualité et un prix en fonction du contexte personnel du lecteur. Il s’agit d’en prendre conscience
non Aurélien, si mon marchand de légumes me donne des légumes, après me les avoir donnés il ne les a plus, par conséquents les légumes ne sont pas gratuits par nature
or si mon vendeur me donne une information : la date de récolte de ses légumes, l’age de sa grand mère ou le nom de jeune fille de sa femme, cette information, après me l’avoir donnée il l’a toujours
comprends-tu la différence ?
c’est le média qui a une qualité et un prix pas l’information l’un n’est pas synonyme de l’autre. Ce qui nécessite un travail et donc coûte c’est l’accès a l’information
Le débat doit s’élever et être situé dans un problème beaucoup plus large qui est le problème de la laïcité en crise et de la crise de la laïcité dans le monde moderne. L’invention de la laïcité remonte au début du XVIIIè siècle. Elle s’est construite contre l’Eglise et par une critique parfois virulente du monde juif pour ne pas dire un antisémitisme flagrant (relire à cet égard le Dictionnaire philosophique de Voltaire, mais on pourrait citer aussi Diderot dans Le Neveu de Rameau, qui le met en débat). On trouve d’ailleurs au XVIIIè siècle chez ces grands écrivains philosophes français une même haine à l’égard des juifs que des Tsiganes qui se retrouveront ensemble à Auschwitz face à la chambre à gaz. C’est un destin remarquable quand on sait que Louis XIV, dans sa jeunesse, où il était un grand danseur, s’habillait en Tsigane et qu’une tsigane, aux cheveux noirs de geai était à la Cour de Louis XIV une véritable star à l’époque, qui a engendré une grande mode d’ailleurs de comparaison entre les blondes (tradition remontant à Iseult) et les brunes qui deviennent alors à la mode. Ce contraste fondateur de notre modernité se retrouvera dans la littérature romantique et jusque dans le film de Godard, Le Mépris, avec BB la blonde transformée par Godard dans une scène célèbre en BB la brune…
Je m’explique.
Le plus robuste pilier de la doctrine laïque est la science économique, puisque c’est elle qui théorise le lien entre la raison et le bonheur. La sociologue Dominique Schnapper a fait observer que la première apparition du principe “Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit” en 1776 dans la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, repris par la France en 1789, coïncide avec la parution du premier ouvrage de théorie économique, “La richesse des Nations”, d’Adam Smith. Or, , le spectacle qu’offre la vie économique d’aujourd’hui dément sur tous les points l’optimisme du XVIIIè siècle.
Le monde d’aujourd’hui est divisé en populations qui meurent de faim et de misère (il en meurt un grand nombre durant le moment où j’écris ce commentaire !) et de gens qui mangent trop tout en vivant dans l’angoisse de perdre son emploi.
De nombreux biens et services naguère payants sont pratiquement gratuits, comme le téléphone, la musique, les vidéos, l’information, etc. Les transports des personnes et des marchandises sont de moins en moins chers, tandis que les bien les plus rares sont aujourd’hui des biens collectifs, comme l’eau potable, comme l’air de nos mégalopoles modernes.
Les facteurs politiques sont de plus en plus déterminants dans la satisfaction des besoins matériels. On sait que les famines dans le monde ne proviennent absolument pas d’une pénurie en nourriture mais sont causées par des guerres d’extermination (Somalie) et les politiciens corrompus de l’oligarchie planétaire qui est le nouveau totalitarisme à combattre comme jadis on a combattu Hitler.