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Mourir pour l’Oncle Sam

27 septembre 2011, 16:21 Auteur : 4 commentaires

Lors de sa convention sur la défense nationale, dans le cadre de la préparation de son projet pour 2012, l’UMP a proposé mardi que chaque Français, à sa majorité ou à sa naturalisation, fasse «allégeance aux armes de la France» sous forme d’un serment. Une idée venue des Etats-Unis… et ce n’est pas un hasard.

Une fausse bonne idée disent certains, un scandale se plaignent d’autres. Mais avant même de se demander si le fait de jurer loyauté aux armes de son pays est si ridicule que ça (comme les gauchistes et les antimilitaristes aiment à le répéter), il faut se recentrer sur un autre sujet : qui parle ?

Se battre pour le roi de Prusse

Ceux qui parlent, ceux qui nous demandent si nous serions prêts à mourir pour notre pays, sont justement les mêmes qui ont entièrement bradé notre souveraineté et notre indépendance. Mourir pour l’Oncle Sam, pour ses intérêts financiers, tel est le véritable projet. Car comme on a pu le voir en Afghanistan ou ailleurs, la France marche, tête basse, aux côté de son protecteur et maître américain depuis plusieurs années. L’OTAN, en réalité, n’est qu’une façade de légitimation masquant une réelle soumission à la puissance d’outre-Atlantique.

Avec la récente intervention en Libye, on a pu voir la France signer pour un déshonorant travail de sous-traitant. Kadhafi avait eu l’imprudence, disent certains, de vouloir se passer du dollar au profit d’une nouvelle monnaie africaine, le dinar or. Appelées à accomplir leur devoir de vassaux, la France et la Grande-Bretagne sont allés faire le sale boulot de l’autre côté de la Méditerranée. Un exemple parmi tant d’autres. Cela étant, comment demander aux citoyens de prêter « allégeance » à des armes qui n’appartiennent même plus à la nation ? Autrefois, on aurait appelé cela se battre pour le roi de Prusse.

Les sans culottes de Valmy ou les poilus de 14, eux, se battaient pour quelque chose. Pour sauver leur pays d’une domination étrangère. Sous le Premier Empire, les conscrits étaient levés en masse pour démanteler les coalitions qui, sous l’impulsion de la Perfide Albion, menaçaient la France et les acquis de la Révolution. Mais aujourd’hui, pourquoi devrions-nous nous battre ? Pour satisfaire les intérêts américains ? Ou peut-être ceux de nos multinationales qui, une fois satisfaites, s’empresseront de délocaliser nos emplois en territoire conquis.

Petite parenthèse : même Arno Klarsfeld, fraîchement nommé à la tête de l’Ofii, a jugé « ringarde » cette proposition, mais certainement pour d’autres raisons plus obscures : à en juger par son propre exemple, ce dernier aurait sans doute préféré une allégeance aux armes de Tsahal… Et il ne serait, une fois de plus, pas en contradiction avec la réalité. Car bien souvent, intérêts américains et israéliens se retrouvent mêlés. Aujourd’hui la Libye. Demain l’Iran ? La Syrie ?

« L’éducation par l’exemple vaut tous les serments du monde »

C’est un comble que d’avoir l’hypocrisie de demander allégeance à une armée dont on réduit les effectifs et les budgets de manière croissante. Un comble, également, de parler de patriotisme dans un pays où, grâce au matraquage idéologique antiraciste, toute exhibition d’un drapeau français est immédiatement considérée comme un acte raciste, fasciste, xénophobe. Un comble de demander au peuple une allégeance aux armes quand on a soi-même vendu son âme aux intérêts étrangers. Un comble, enfin, de réduire le patriotisme à un serment quand on abandonne, d’un autre côté, les valeurs de l’éducation.

Eric Zemmour l’a d’ailleurs bien rappelé dans sa chronique RTL du 22 septembre. Autrefois, le patriotisme s’apprenait dès l’école. Aujourd’hui, l’Histoire de France est survolée, les grands personnages supprimés de la mémoire, les valeurs ne sont plus inculquées, la France s’américanise, le service militaire n’en est plus un, et l’on souhaiterait masquer cette décadence avec un simple serment sur l’honneur. « Cette éducation par l’exemple valait tout les serments du monde » rappelle le chroniqueur.

Quoi qu’il en soit, au-delà des applaudissements des uns ou des indignations des autres, le problème devrait être posé autrement, dans un souci d’honnêteté. Une fois élus, nos gouvernants devraient, eux aussi, s’imposer un serment d’ « allégeance ». Mais celui-ci, directement à l’Empire américain et à ses intérêts. Au moins, les choses auraient le mérite d’être claires.

Christopher Lings

Image : Uncle Sam Poster / flickr

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