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Muhammad : analyse politologique et stratégique de la fondation de l’islam.

5 décembre 2011, 11:38 Auteur : TFerrier 111 commentaires

Le postulat de départ de cette analyse est de considérer Muhammad comme un simple responsable politique animé par un idéal patriotique.

L’Arabie de la fin du VIème siècle est encore un territoire essentiellement païen, même si des minorités chrétiennes et juives y vivent également et ont une influence sur les élites arabes. La tendance à la christianisation, qui marquerait l’allégeance implicite aux églises chrétiennes de l’empire romain d’orient, est présente. Si l’islam n’était pas né, la christianisation de l’Arabie aurait sans doute été accomplie. En outre, l’empire sassanide maîtrise une partie de la péninsule arabique et dispose de contingents arabes au sein de son armée. L’Arabie est donc prise en étau entre l’empire romain d’une part et l’empire perse d’autre part. C’était dans ce contexte que l’Arménie au début du IVème siècle avait choisi le christianisme, alors que l’empereur de Rome était encore païen.

Muhammad a nécessairement analysé le contexte de son pays et déterminé les causes de cette situation. Le choix du christianisme dans un tel contexte n’était pas possible, même si Muhammad a été influencé par cette religion, tout comme il l’a été par le judaïsme. Bien que lui-même à l’origine païen, il a été amené à s’enquérir des différentes religions de l’époque. Cela rappelle le mythe du roi de Rus Vladimir, au moment où il choisit de renoncer au paganisme slave, convoquant des représentants des quatre religions (catholicisme, orthodoxie, islam et judaïsme), avant de porter son choix sur la religion chrétienne de rite grec.

A l’issue de cette recherche, Muhammad comprend qu’il ne peut pas choisir l’un des deux autres monothéismes mais considère que le paganisme est un facteur de désunion des tribus arabes, même s’il existe des divinités panarabes. A l’unité de langue et de culture, Muhammad veut ajouter l’unité religieuse. C’est ainsi que progressivement se dessine un projet politique d’unité de la péninsule arabique et de libération du peuple arabe des jougs étrangers. Non seulement Muhammad va y ajouter un programme religieux, mais il va s’appuyer sur une nouvelle religion pour réussir le dit projet. Et cette nouvelle religion dont il a besoin, il va la fonder.

Le premier principe est de récupérer tous les symboles de l’unité arabe en matière religieuse. Au sein du paganisme arabe existent des invariants qu’il convient de mettre en exergue. Même s’il fait le choix d’un monothéisme, qu’il va placer à la suite du judaïsme et du christianisme, il cherche à l’enraciner dans l’histoire arabe. C’est ainsi que le dieu Allah, qui est le dieu arabe païen du ciel, père des autres divinités, époux de la déesse Allat, va devenir le dieu unique de l’islam. C’est assez logique d’ailleurs puisque c’est le culte cananéen d’El Elyon, tout comme Allah issu de la divinité proto-sémitique *Ilu, qui servit de base à l’émergence du dieu unique du judaïsme. Muhammad va ajouter à cela la pierre de Kaaba, don du dieu de l’orage Quzah aux Mecquois, qu’il va dépaganiser et récupérer le pèlerinage annuel de La Mecque que pratiquaient tous les Arabes. La Mecque deviendra un lieu sacré de l’islam, comme il l’était du temps du paganisme.

Une fois cette base arabe mise en place, l’islam s’est inspiré du judaïsme (circoncision et interdiction du porc) et du christianisme (principe de la charité), et se place dans la continuité des deux monothéismes précédents. Il intègre ainsi à l’islam naissant les figures de Moïse et de Jésus, et se définit comme le dernier messager de Dieu, celui qui clôt le cycle. Enfin, il ajoute une dimension guerrière à l’ensemble, puisqu’il s’agit pour lui de mener une guerre de libération par rapport aux influences étrangères.

Par la suite, à l’issue de nombreuses batailles, et l’écrasement de ses ennemis, Muhammad devient une figure patriotique que tous les Arabes finissent par reconnaître. A ce moment là, le paganisme arabe, qui avait résisté tant bien que mal jusque là, est définitivement déconsidéré. Les victoires de ses troupes lui donnent désormais la légitimité. En 632, à sa mort, l’Arabie est unifiée. A ce moment là, il n’est pas possible de savoir si Muhammad avait considéré son œuvre accomplie ou s’il espérait que l’islam se répande par la suite. Il est même probable qu’il n’ait pas choisi d’héritier, ce qui aurait été difficile d’ailleurs puisqu’il se présentait comme le dernier messie. En fait, sa mort permet à ses lieutenants, un peu comme les généraux d’Alexandre, de se disputer son héritage, ce qui amène à l’émergence de clans rivaux.

En 632, le contexte géopolitique environnant a considérablement évolué. Le shah d’Iran, Khosro II, avait presque réussi à retrouver l’empire de Darius, s’emparant ainsi du Proche-Orient et de l’Égypte et menaçant Constantinople. Mais la contre-offensive romaine fut décisive, et en quelques années, non seulement il perdit tous ses gains mais se retrouva lui-même vaincu, dans sa capitale Ctésiphon. La fin du règne de Khosro amène l’empire perse à connaître des guerres de succession et cette grande instabilité est très favorable à l’émergence d’un troisième intervenant. Dans le même temps, l’empire romain d’orient est confronté à une crise religieuse, l’orthodoxie impériale s’opposant à un christianisme hétérodoxe, le monophysisme, particulièrement répandu en Égypte, probablement afin de manifester une forme d’indépendance. Après quelques essais, les troupes arabo-musulmanes constatent qu’elles ne rencontrent pas d’opposition. En outre, la dimension patriotique de l’islam le rend particulièrement attractif aux yeux des Arabes de la diaspora.

Ainsi, les troupes musulmanes d’Umar n’auront aucun mal à vaincre l’armée sassanide, celle-ci subissant la défection décisive de ses mercenaires arabes, rejoignant le camp de leurs compatriotes. Ce retournement déstabilise totalement l’armée du général Bahram, qui subit ainsi de lourdes pertes. Si Alexandre le grand, Iskandar en arabe, est d’ailleurs resté une figure estimée des musulmans, c’est parce qu’il anticipe la victoire d’Umar. Le parallèle historique est d’ailleurs complet. De même que l’achéménide Darius III est contraint à la fuite face aux Macédoniens et finit assassiné, le sassanide Yezdegard III connaîtra un sort analogue face aux Arabes. De la même façon, en pays « romain », les Arabes apparaissent dans un premier temps du moins comme des libérateurs, avant que les populations ne déchantent. Mais là où la Perse sombre, Constantinople résiste et protège ainsi l’Europe, conservant en Asie la seule Anatolie.

Pour la première fois de l’histoire, un homme politique et militaire fonde une nouvelle religion pour réaliser ses objectifs. Malgré les épreuves, il y parvient. Lorsque le sort paraît si favorable à un homme, cela lui confère une certaine légitimité. L’islam, par sa naissance, apparaît comme une religion patriote et guerrière. Que Muhammad ait songé à des conquêtes ultérieures ou qu’elles se soient faites de manière contingente après sa mort, nous ne le saurons jamais. Mais il n’est pas sûr qu’il ait réellement pensé faire de l’islam une religion universelle. Il s’agissait avant tout d’un outil destiné à redonner à son peuple une certaine fierté, à apporter l’unité politique sous sa bannière, et à en faire une arme d’indépendance. Ainsi, un islam qui aspirerait à retrouver ses origines ne pourrait en aucune manière se présenter comme une religion pacifique, mais bien comme une réponse politique, le contrecoup sans doute de la colonisation.

Néanmoins, l’exploitation politique de la religion se retrouve présente, sans cette simultanéité qui caractérise l’Arabie du VIIème siècle, dans les deux autres grandes religions du bassin méditerranéen. Ainsi, les rois des royaumes de Juda et d’Israël se sont-ils fondamentalement appuyés sur le yahwisme, au point où le roi Josias fit rédiger le Pentateuque sous sa conduite. Enfin, même si le christianisme, dont le fondateur est davantage Saül de Tarse que Jésus lui-même, a été fondé avant d’être instrumentalisé politiquement, l’adoption de cette religion par l’empereur romain Constantin est la manifestation évidente d’une démarche apparentée. Toutefois, le choix du christianisme par l’empereur d’un empire menacé par des invasions de toutes parts n’a pas eu les résultats escomptés.

Categories : Culture, Histoire

111 commentaires

  1. Virgile dit :

    C’est votre lecture de Nietzsche qui vous fait dire ça au sujet de Socrate. Il faut aussi savoir prendre du recul avec notre ami moustachu : écœuré par les bons sentiments chrétiens, Nietzsche finit par voir du christianisme partout, sauf dans Héraclite et Voltaire. “Foutu pour foutu”, il décide alors de pousser la logique volontariste à son comble, au risque d’être injustement récupéré par les dégénérés du siècle suivant.

    Le monde que souhaitait Nietzsche serait viable si nous étions TOUS des Nietzsche. Nous sommes très loin du compte et nous en éloignons chaque jour davantage… !

  2. Non, c’est l’analyse aussi de Louis Ménard, quelques décennies auparavant. On voit Socrate devant les trois juges infernaux qui l’accusent d’être responsable du christianisme. Lorsqu’il voit les images, Socrate a honte et se rend compte qu’il a engendré un monstre. Telle était la punition réservée par les dieux, et elle fut amère.

    Et Louis Ménard est un des précurseurs et de l’école parnassienne en poésie et du fondement d’un (re)nouveau paganisme

    Le jeune Nietzsche à 15 ans est révulsé par l’image du crucifié. Dans un poème de jeunesse intitulé “Devant le crucifix”, Nietzsche écrit “Pauvre fou, reste là haut !”. Nietzsche s’appuie alors sur Héraclite, mais aussi sur Callimaque, sur Hésiode, sur le sage indien mythique Manu, certes sur Machiavel et Voltaire aussi, mais rejette l’universalisme kantien et hegélien, le marxisme, et la révolution française. Il va sans doute loin dans sa dénonciation mais on ne réveille pas les hommes avec des mots doux.

    Nietzsche ne souhaitait rien, il n’était d’ailleurs pas un surhomme même au sens nietzschéen du terme. C’était ce que l’on appelle un professeur d’énergie, et c’est ce qu’on attend de lui, même et surtout quand on n’est pas d’accord avec lui.

  3. Virgile dit :

    Une chose rassemble au moins les grands esprits : la quête du salut dans les œuvres de l’Antiquité. Nous serons au moins d’accord là-dessus je pense.

  4. Chveik dit :

    ntroduction

    Je viens par cette petite réplique m’inscrire parmi les soldats de l’armée des croyants qui par l’encre et le sang défendent notre bien-aimé Mohammad. Oh ! combien le monde incrédule se trompe à l’égard de la personne du prophète Mohammad. Un Homme d’une complexité et d’une grandeur incommensurable. Personne ne peut ni ne pourra nier l’apport varié et multiple du prophète Mohammad à l’humanité entière. Et ne pourrait reconnaitre les bienfaits du prophète Mohammad que celui qui se détache de son ego culturel et ancestral. Cet ego , emprisonne beaucoup de gens qui ne regardent les choses qu’à travers le prisme de ce dernier.

    La réponse

    Je présume que l’auteur est un athée qui ne croit à aucune transcendance . Mais utilise des fragments d’histoire qu’il arrangea selon sa propre logique matérialiste pour nous faire croire que sa recherche l’a amenée à conclure que les religions en générales et la religion de Mohamed ne sont qu’une construction humaine contextuelle , temporaire s’interagissant avec le milieu ambiant.

    Le texte renferme un ensemble de raccourcis historiques comme dans l’exemple ou il dit que la religion de l’Islam est née de l’influence culturelle et religieuse, exercée par la minorité judéo-chrétienne qui vivait en Arabie. Ou cet autre exemple qui admet que le prophète ayant tirer profit de cette influence poursuivra son projet politique qui consistait à libérer les arabes de la double influence perso-romaine.

    Ce n’est pas nouveau ce type de discours malhonnête car, à chaque percé ou avancé de l’Islam , ces derniers font écho et cocorico.

    Pour qu’une recherche ait un sens , la première des chose avant toute observation , étude ou analyse est de compiler un maximum de matériel originel sur quoi devrait être porter la recherche. On ne peut parler de recherche si au départ on fait abstraction ou la sourde oreille de l’historiographie de l’époque à étudier. Une recherche qui se dit objective et respectable ne devrait jamais ne pas prendre en compte de ce qui vient d’être dit.

    Maintenant est ce que le prophète Mohammed est un simple responsable politique animé par un idéal patriotique ?

    Avant d’analyser cette idée , je fais remarquer que le titre porte en lui- même un coté haineux , mal saint et réducteur à l’encontre de la personne du prophète de l’Islam.

    Essayant au moins de comprendre cette phrase( citation 1)

    Citation1 : « Le postulat de départ de cette analyse est de considérer Muhammad comme un simple responsable politique animé par un idéal patriotique » .

    L’auteur part d’un principe d’hypothèse en considérant le prophète comme un responsable politique animé par un idéal patriotique . Qui dit postulat dit selon « Le Robert » « : principe indémontrable qui parait légitime , incontestable. Axiome, hypothèse » . C’est-à-dire que l’auteur va partir d’un postulat qui par définition , il est non démontrable. Mais comme même l’auteur va jouer le rôle de celui qui connait l’histoire pour la détourner et la violer . On va le voir que l’auteur ne s’appuie sur rien si ce n’est sur un fond de conjectures et d’idées reçues.

    Est-il raisonnable ou admissible chez quelqu’un qui se respecte : Voudrant analyser un fait historique deja connu part seulement d’une hypothèse ???

    Citation 2 : « …des minorités chrétiennes et juives y vivent également et ont une influence sur les élites arabes ».

    L’auteur omet de nous faire partager avec lui le sens exacte de ces influences. Et de quels types étaient-elles ? De plus en aucun cas l’élite Quraychite ou l’élite médinoise ont été influencé par les chrétiens ou les juifs dans leurs devenir et le devenir leurs contrées respectives. Tout ce que l’histoire a retenue de cette époque que l’élite arabe de Quorayche et de Médine est resté païenne. Et , oh ! combien attachée aux valeurs ancestrales arabes.

    Citation 3 : « Si l’Islam n’était pas né , la christianisation de l’Arabie aurait sans doute été accomplie » .

    « Si »ici elle exprime un sentiment (un fond de pensée) de l’auteur : L’auteur n’arrive pas à accepter ou à intérioriser l’avènement de l’Islam. Parce que ce dernier aurait selon l’auteur arrêter l’accomplissement de la christianisation de l’Arabie. Une fois de plus sur quoi repose cette assertion ? On ne le saura jamais. On est toujours dans le doute et dans l’hypothèse.

    Citation 4 : « Muhammad a nécessairement analysé le contexte de son pays et déterminé les causes de cette situation. Le choix du christianisme dans un tel contexte n’était pas possible , même si Muhammad a été influencé par cette religion , tout comme il a été par le judaïsme. Bien que lui-même païen , il a été amené a s’enquérir des différentes religions de l’époque ».

    Le même refrain des orientalistes d’autrefois : L’influence subie du prophète Muhammad par les chrétiens et les juifs…Mais en quoi consiste cette soit disant influence ?

    Pourquoi le choix du christianisme n’était –t –il pas possible pour le prophète ? L’auteur garde le silence.
    Selon la vision hypothétique de l’auteur au contraire si Muhammad( jeu des alliances) n’était pas prophète il aurait choisi le christianisme pour son peuple arabe. Il aurait eu tout le soutien de l’empire byzantin et de toutes les principautés arabes affiliée à ce dernier.

    Citation 5 : « A l’unité de langue et de culture , Muhammad veut ajouter l’unité religieuse . C’est ainsi que progressivement se dessine un projet politique d’unité de la péninsule arabique et de la libération du peuple arabe des jougs étrangers . Non seulement Muhammad va y ajouter un programme religieux , mais il va s’appuyer sur une nouvelle religion pour réussir le dit projet ».

    Lorsque je suis arrive a la fin de ce paragraphe j’ai éclaté de rire !!! Cet auteur fait une projection de son contexte et de sa culture nationaliste rétrograde sur l’histoire du prophète.
    Comment insinuer ça alors que le prophète a toujours mis en avant dans ses prêches l’idée même de piété . Il disait a chaque fois ou l’occasion se présenta à Lui qu’il n y a aucune différence entre le blanc et le noir ,l’arabe et le non arabe si ce n’est par la piété et par les bonnes œuvres. C’est une valeur et une ligne directrice de la prêche du prophète. Dire alors le contraire est un pure mensonge et une marque de mauvaise foi.
    Sais-tu quel a été le projet du prophète : « libérer l’homme de l’homme et rendre le culte et le légifère exclusivement à Allah ».
    Enfin jamais dans l’historiographie du prophète il était question de « l’unité de la péninsule arabique et de la libération du peuple arabe des jougs étrangers » .
    La prédication du prophète comme toutes les autres prédications avant Lui : « O mon peuple ! Adorez Dieu ! Il n y a pour vous d’autre divinité que Lui . Ne craignez –vous pas votre Seigneur ? ».

    Citation 6 : « Le premier principe est de récupérer tous les symboles de l’unité arabe en matière religieuse. Au sein du paganisme arabe existent des invariants qu’il convient de mettre en exergue. Même s’il fait le choix d’un monothéisme , qu’il va placer à la suite du judaïsme et du christianisme, il ;cherche à l’enraciner dans l’histoire arabe…. du paganisme ».

    Se croyant nous donner une leçon d’histoire l’auteur nous montre ces limites dans le domaine de l’histoire comparée . Ce qui ne sais pas ou feigne de savoir que ce qu’il croit être une symbolique ou des rites chez les païens arabes , ne sont en fait que les termes ,les gestes et les pratiques d’adoration de l’Islam d’Ibrahim que les arabes ont altérés à travers les âges.
    Le prophète n’a fait que reprendre cette tradition la nettoyer de tout ce qui était contraire à l’esprit du monothéisme.
    Etant le dernier des Messagers , cette tradition lui revenait de droit et qu’il fallait la remettre dans son état originel.
    Ce que l’auteur ne sais pas : Le Qor’an et la sunnah nous ont enseigné que l’humanité a commencé sa vie sur terre comme monothéiste , ce n’est que 10 siècles après que le polythéisme s’est installé.

    Citation 7 : « Par la suite , à l’issu de nombreuses batailles ,et l’écrasement de ses ennemis , Muhammad devient une figure patriotique que tous les arabes finissent par reconnaitre…Anatolie ».

    Ce paragraphe fait presque une page : Pour éviter de le recopier je l’ai mis en parenthèse avec les trois points de suspension. Il n’empêche que je répondrai en général à l’ensemble des idées qu’il contient point par point.
    – On apprend chez l’auteur que le « patriotisme » est égale à une foi + une épée: Par son esprit réducteur et suggestif l’auteur essaye de nous imposer sa sémantique et sa terminologie qui lui est propre.
    – Un autre mensonge historique s’ajoutant au délire : « …devient ( c’est-à-dire le prophète) une figure patriotique que tous les arabes finissent par reconnaitre » .

    Premièrement : ce n’est pas parce qu’il gagna des batailles que les arabes le reconnaissent comme tel. Avant ses conquêtes , les arabes et autres ont reconnu en Lui : Sa prophétie, qui était avant tout un choix divin délibéré.

    Deuxièmes : Dire que « Tous » les arabes le reconnaissent comme tel , ça manque de crédibilité . Il restait en Arabie , un nombre non négligeable de chefs et autres qui lui vouaient haine et jalousie. Que dire des « Hypocrites » ?

    – Poursuivons encore ce délire, il dit : « En 632, à sa mort , l’Arabie est unifiée. A ce moment là , il n’est pas possible de savoir si Muhammad avait considère son œuvre accomplie ou s’il espérait que l’Islam se répande par la suite » .

    L’auteur tout au long de son texte il omis toujours de nous situer les choses. Il parle d’« Arabie unifiée » mais de quelle Arabie parle t-il ? C’est quoi ses limites géographiques ? Jusqu’à aujourd’hui les géographes ne sont pas encore d’accord sur ses limites.
    D’un cote l’auteur parle d’Arabie unifiée et d’un autre cote laisse planer le doute sur les visées du prophète et le devenir de l’Islam( le projet politique du prophète !!!) .
    Selon le propos de l’auteur le prophète a fondé une religion de sa tète et en s’aidant du contexte pour libérer les arabes du jougs de l’étrangers. Si c’est le cas : Pourquoi faire planer le doute encore ? Car l’auteur sait pertinemment et refuse d’admettre que l’œuvre du prophète se voulait universelle. Dés le départ de sa da’wa le prophete énonça l’universalité de ses principes. Il n’a jamais été question d’un appel quelconque à autre que le monothéisme et le char’ d’Allah.

    – Il dit : « En fait , sa mort permet à ses lieutenants , un peu comme les généraux d’Alexandre , de ses disputer son héritage ,ce qui amène à l’émergence de clans rivaux »

    Vraiment ! Quel rapprochement historique : Comparer les compagnons du Prophète aux généraux d’Alexandre. Cela voudrait dire que cette personne ne connait rien à l’histoire de l’Islam si ce n’est prendre ce qui l’arrange pour seulement jeter le doute et le discrédit.
    Disputer quel héritage ? L’héritage des prophètes est al ‘Ilm ( le Savoir) . On ne dispute pas un Savoir mais on en prend soins pour éviter son altération. Et on le diffuse pour élever les nations et les peuples de la condition de servitude du Satan vers l’adoration exclusive d’Allah.
    Ce qu’on entend par dispute entre les compagnons n’est en fait que des discussions portant sur l’idée de succession et de la répartition des pouvoirs. Sachant que les compagnons sont des êtres humains et ils ne pouvaient échapper à la condition humaine. Mais ce qui les différencie du genre humain c’est leur intégrité morale , spirituelle et intellectuelle. Sans omission de l’apport de la révélation qui éleva et édulcora leur comportement.

    – De « En 632, ….Anatolie » , l’auteur comme beaucoup d’orientalistes avant lui , inscrivit la victoire des troupes musulmanes sur les troupes perses et romaines comme un phénomène passif . C’est-à-dire si les musulmans ont triomphé sur les troupes des deux empires c’est parce que ces derniers n’étaient plus capables de se défendre ni de pouvoir mener des expéditions.
    Comment peut-on croire et faire croire à ce type de sornettes ? L’histoire contemporaine nous prouve qu’un musulman armé de foi et d’une arme de combat défiera quiconque sur son chemin. Que dire donc des Compagnons du prophètes et ceux qui les ont suivis ?!

    L’auteur termine son idée hypothétique par ceci :
    1- « Pour la première fois de l’histoire , un homme politique et militaire fonde une nouvelle religion pour réaliser ses objectifs ».
    2- « L’Islam , par sa naissance apparait comme une religion patriote et guerrière ».

    3- « Que Muhammad ait songé à des conquêtes ultérieures…Mais il n’est pas sur qu’il ait réellement pensé faire de l’Islam une religion universelle » .

    4- « Ainsi , un islam qui aspirerait à retrouver ses origines ne pourrait en aucune manière se présenter comme religion pacifique ,mais comme une réponse politique , le contrecoup sans doute de la colonisation ».

    Je ne sais si vous vous êtes aperçu lors de la lecture de ce texte que l’auteur se fourvoie tout le long de son propos délirant , car il n’arrive pas à admettre que parmi des humains il y a des Prophètes et des Messagers. Il part du principe que le Prophète Muhammad n’est qu’un homme ordinaire parmi les autres hommes . Il lui destina une explication historique purement anecdotique en dehors du texte fondateur et de la tradition prophétique.
    Ces derniers 4 points finalisant l’objet du texte sont :

    – L’ athéisme de l’auteur et son rejet de tout ce qui est considéré comme une « émanation du Divin »
    – La réduction de l’Islam à une volonté humaine tirant profit de ce que lui offre le contexte.
    – L’incarcération de l’Islam dans une vision ou optique nationale-patriotique .
    – La résurgence de l’Islam aujourd’hui n’est qu’une réponse au coup de la colonisation.

    En réponse de ces quatre points je dirais seulement que l’auteur devra reconsidérer le Prophète à sa juste place dans l’histoire . Et qu’un postulat ne pourra jamais remplacer la vérité historique.
    Un esprit honnête et juste ne pourrait en aucun cas réduire l’apport culturel, civilisationel et religieux du prophète Mohammed à une responsabilité politique.

    Enfin : La religion de l’Islam est la voie qu’Allah a choisi pour toute l’humanité et le Messager Mohammad est l’exemple à suivre pour finir bien dans ici-bas et dans l’au-delà.

  5. Bruno dit :

    @ Virgile
    Il ne faut pas perdre de vue cette leçon de l’Histoire, à savoir que les héraults ne sont que des annonciateurs. Pas des héros. Ils ont le tord d’avoir raison non seulement avant tout le monde, mais aussi avant eux-mêmes.
    Nietzsche a simplement commis des erreurs parce qu’humain trop humain. Il a par exemple échoué à conquérir Lou Salomé parce que justement il n’a pas appliqué ses propres idées.
    Et puis il y a d’autres raisons comme l’influence de sa soeur Elisabeth Förster. On ne saurait comparer la philosophie de Nietzsche avec la vie de Nietzsche, car c’est une erreur.
    Machiavel ou Voltaire sont de même nature. D’excellents éveilleurs de conscience mais pas des modèles humains à imiter.

  6. Thomas FERRIER dit :

    “hérauts” ;)

  7. Thomas FERRIER dit :

    @ Chveik

    Personne ne peut ni ne pourra nier l’apport varié et multiple du prophète Mohammad à l’humanité entière.

    C’est le propos d’un croyant, non une analyse historique.

    Et ne pourrait reconnaitre les bienfaits du prophète Mohammad que celui qui se détache de son ego culturel et ancestral.

    Le déracinement est tout sauf sain, c’est du mondialisme. C’est exactement le contraire qu’il convient de faire, comme l’a expliqué la philosophie grecque. “Connais toi toi-même et tu connaitras le monde et les dieux”. Il faut s’enraciner en profondeur dans sa propre culture et y être fidèle. L’impérialisme culturel, même caché derrière des revendications religieuses, est une forme de colonisation, ce qui est indéfendable.

    Jésus ne s’adresse qu’aux juifs, Muhammad qu’aux arabes. Telle est mon analyse. Si on doit en respecter les dites figures, c’est pour l’amour de leur patrie et leur volonté de donner à leur peuple la liberté. Ce n’est pas rien, et c’est très estimable.

    Pourquoi le choix du christianisme n’était –t –il pas possible pour le prophète ?

    Parce que cela aurait été choisir le camp des Romains, donc accepter de subir leur influence, ce qui est arrivé en Arménie par exemple. Son patriotisme arabe rendait cela impossible à ses yeux.

    Sais-tu quel a été le projet du prophète : « libérer l’homme de l’homme et rendre le culte et le légifère exclusivement à Allah ».

    Relisez ce que j’ai répondu à l’évangéliste chrétien sur ce que l’on rapporte des propos des grands hommes. Je prends une grande distance avec ce que l’on prête à tel ou tel personnage historique, ce qui est conforme à la discipline historique qui implique d’avoir un esprit critique à l’égard des documents.

    ne sont en fait que les termes ,les gestes et les pratiques d’adoration de l’Islam d’Ibrahim que les arabes ont altérés à travers les âges.

    Visiblement, vous ne connaissez pas la mythologie sémitique comparée. Je vous rappelle que les ancêtres des Arabes, des Cananéens, des Phéniciens, des Assyro-babyloniens… n’étaient à l’origine qu’un seul peuple, avec sa langue originelle, qui était le proto-sémitique, et sa religion, qui était polythéiste dès l’origine. Je vous parle ici de 6000 avant J.C environ. La religion des anciens Sémites reposait sur le culte du dieu *Ilu, du dieu de l’orage *Balu, de la déesse de la fécondité *Shtrt’.

    Le Qor’an et la sunnah nous ont enseigné que l’humanité a commencé sa vie sur terre comme monothéiste

    Je me base sur les données historiques et scientifiques, non sur les croyances collectives.

    – L’ athéisme de l’auteur et son rejet de tout ce qui est considéré comme une « émanation du Divin »

    Cet article n’est ni le point de vue d’un athée ni le point de vue d’un religieux, mais un article strictement historique. Vos propos en revanche ne sont pas ceux d’un historien mais ceux d’un croyant.

    Enfin : La religion de l’Islam est la voie qu’Allah a choisi pour toute l’humanité et le Messager Mohammad est l’exemple à suivre pour finir bien dans ici-bas et dans l’au-delà.

    Ce propos n’est pas, là encore, un argument historique ou scientifique mais celui d’un croyant.

    Cordialement.

  8. Thomas FERRIER dit :

    C’est une réponse courte, je n’ai pas souhaité répondre point par point à l’ensemble de vos remarques. Croyez bien que cet article, de nature strictement historique, n’a pour but que d’éclairer sous un angle nouveau la geste historique de Muhammad, de mieux comprendre ce qui l’a animé et de l’interpréter comme personne ne l’avait fait auparavant.

    Bien évidemment, vos croyances sont votres et sont respectables en tant que telles. Cet article n’est animé que par l’amour scientifique de la vérité historique. Il ne vous convainc pas. C’est ainsi.

    Bien cordialement.

  9. Thomas FERRIER dit :

    Les rabbins ne sont pas des historiens. Et ce n’est pas auprès d’eux que je m’informe.

  10. chveik dit :

    Salut

    Encore pour votre information :

    http://www.youtube.com/watch?v=7UhpRtOqr10&feature=related

    Bon voyage dans le temps

    A Bientot

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