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Idée reçue : «On parle mieux de ce qu’on a déjà vécu»

30 octobre 2010, 16:20 Auteur : 2 commentaires

Tout comme les voyages forment la jeunesse, l’expérience forme l’être humain, et le dote d’une connaissance précise, exacte et factuelle de la réalité. Voilà une évidence que bien peu de gens remettent en cause de nos jours, ce qui les amène à commettre une double erreur.

La première, c’est de limiter la parole légitime aux catégories de la population qui vivent ou ont vécu ce dont ils parlent publiquement, et généralement pour s’en plaindre. Seules des femmes peuvent être féministes et parler des femmes, seuls des jeunes peuvent parler des jeunes et des problèmes qu’ils rencontrent, seuls les noirs peuvent parler de la négrophobie ou des discriminations de logement. A ce compte-là, une jeune noire ne devrait être légitime que pour parler des jeunes noires… On voit bien l’impasse où cette logique mène inévitablement.

La seconde erreur consiste à valoriser sa propre expérience sur la réalité, alors que les deux ne se confondent pas. D’une part, nous avons chacun une expérience différente des mêmes choses, deux femmes n’accouchent pas de la même manière, deux hommes ne vieillissent pas de la même manière, deux étudiants n’étudient pas de la même manière.

Mettre en avant “son” expérience revient en fait à mettre en avant sa subjectivité. D’autre part, il est scientifiquement démontré que l’expérience personnelle empêche souvent d’avoir une vision proche des faits, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Le sociologue Raymond Boudon l’a bien démontré avec l’exemple de la robotisation : un ouvrier mis au chômage par la robotisation conclut robotisation = chômage, sans pour autant voir que les machines nécessitent des ingénieurs, pour les créer, pour les réparer, pour les faire évoluer, etc. Il ne voit pas non plus que les gains de productivité ainsi créés permettent souvent de créer d’autres emplois moins pénibles et mieux rémunérés.

La prochaine fois que vous entendrez “je sais de quoi je parle, je suis moi-même un [remplir avec la catégorie de votre choix]“ , pensez-y.

2 commentaires

  1. Emmanuel M dit :

    J’ai du mal à recadrer le très intéressant sujet de ton article avec l’analyse des `fallacies’ (http://fr.wikipedia.org/wiki/Paralogisme) assez détaillée sur wikipedia.fr plus encore dans sa version US.
    Au premier abord, il rentrerait dans la catégorie des «arguments d’autorité» considérant que l’autorité est acquise parce que «j’y étais, moi, monsieur».

    Au delà du débat sur la qualité d’une argumentation, il faut bien voir que nous vivons dans une société où le _sens_ est en chute libre, c’est à dire que s’il n’y a que toi et moi pour s’intéresser à ça, ça me fait une belle jambe! Fréquemment je constate que des adhésions sont remportées purement sur du pathos («I have a dream.» «Ich bin ein berliner.»)

    Question insolente: ça fait partie de la déontologie d’un journaliste?

  2. Paul dit :

    Idée reçue : «On parle mieux de ce qu’on a déjà vécu»
    Cet article n’a pas plus vrai que faux !!!

    Tout est relatif et définir ce qu’est la réalité est aussi subjectif.
    Votre exemple sur “l’ouvrier qui perd son emploi suite à une robotisation.”
    2 réalités +/- vrais cohabitent:

    a)Celle de l’ouvrier :
    robotisation = chômage

    b)Celle d’une robotisation de la production :
    robotisation = +Ingénieurs + gains de productivité +Emplois moins pénible +mieux rémunérés
    (et j’y inclurai mieux formés donc qualifiés)

    La réalité b) peut exister mais n’empêche par a) d’être au chômage.
    La réalité b) est logiquement antérieure à la réalité a) et n’aurai pas du permettre a) de se réaliser.

    Quand vous relisez Thalor, il précise bien que la spécialisation du travaille (donc une forme d’automatisation) dégagerais des “Gains de productivité” à réinvestir :

    -dans les salaires (mieux rémunérés)
    -des formations supplémentaires (mieux qualifiés, meilleure employabilité)

    Le problème c’est que nous appliquons le Capitalisme (issu de protestantisme) qu’ à 50%.
    On s’arrête aux Gains de productivité.

    Le Deal du capitalisme à 100% consiste à réinvestir ses gains de productivité, lié à une spécialisation du travail, dans l’amélioration qualitative (donc souvent quantitative) par une stimulation des motivation par les salaires et une continuelle formation garantissant à l’employer sa propre employabilité (car comme toute chose, une entreprise peut fermé).

    Ce double respect diminue le turn-over et consolide le sentiments d’appartenance à une entreprise, une aventure passionnante, un travail d’équipe évolutif.
    Ces règles permettent une évolution stimulée et maîtrisée de l’économie tout en conservant un pouvoir d’achat et l’employabilité des salariés.

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