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Pourquoi Mélenchon fait partie du système

30 août 2011, 23:39 38 commentaires

Jean-Luc Mélenchon a tranché. En vue de sa campagne pour 2012, à la tête du Front de Gauche, on pouvait s’attendre à ce que toute son énergie soit consacrée à la lutte contre le système capitaliste, la suprématie des banques ou le patronat. Et bien non, son objectif est tout autre. « Mon adversaire, c’est elle ! » a-t-il prévenu.

Elle, c’est… Marine Le Pen, présidente du Front National. Devant ce sens des priorités pour le moins farfelu, on en vient à se demander qui est au pouvoir (politique) depuis des décennies. Est-ce le Front National ou la fausse alternance UMPS qui occupe le trône surplombant le tas de ruine qu’est devenue la France ? Et comment se fait-il qu’un prétendu adversaire du système ait les mêmes ennemis prioritaires que ce dernier ? Analysons.

Qu’est-ce que le système ?

Si l’on regarde la situation d’un œil conceptuel : l’antithèse (ici, le PS) s’oppose à la thèse (l’UMP). Au fur et à mesure que l’affrontement dure – et cela fait déjà bien longtemps -, les deux blocs parviennent petit à petit à des compromis, s’influencent l’un l’autre, se mêlent, et finissent au final par ne faire qu’un, ou presque. De cette fusion naît la synthèse. Cette synthèse, c’est l’UMPS d’aujourd’hui.

Car mis à part quelques sujets de société, force est de constater que les deux forces politiques dominantes sont en parfait accord, bien que tout cela soit habilement dissimulé, sur l’essentiel de leurs positions (à ne pas confondre avec leurs postures). La même politique économique libérale, européiste, soumise à la finance internationale. La même politique étrangère interventionniste, impérialiste et atlantiste. Je passe sur bien des points, sur lesquels souvent, seul le discours varie.

Tel est l’UMPS, telle est la synthèse, tel est le système. Mais ce dernier ne se résume pas qu’à ses seules forces majoritaires. Tout corps périphérique se soumettant, s’alliant, ou négociant avec l’une de ces deux forces fait, de facto, partie intégrante du système. Et aujourd’hui, nombre de formations politiques (Nouveau Centre, Modem, EELV…) font, par intérêt sans doute, corps avec lui. Jean-Luc Mélenchon, aussi, en fait partie.

Qui est vraiment Mélenchon ?

Car pour ceux qui ne le savaient pas encore, Jean-Luc Mélenchon n’est pas « le bruit et la fureur », la voix du peuple en colère. Il n’est rien d’autre que l’agitateur de l’aile gauche du PS, tout au mieux. Car si en 2012 – c’est un fait objectif – ses chances d’accéder au second tour sont minces : qu’importe, puisque cela fait partie du projet. Attirer, à coups de grands discours, la petite jeunesse perturbée, les universitaires idéalistes, les déçus du Parti Socialiste, les jeunes bobos, l’esprit plein de rêves révolutionnaires, qui soulageraient ainsi leur conscience de petits bourgeois des centres-villes.

Les attirer, pour leur offrir cette impression d’air nouveau. Un air, qui ne sera pourtant nouveau que le temps d’un premier tour. Ceci fait, sous couvert de négociations – bien que perdues d’avance -, le leader du Front de Gauche en appellera à ses ouailles : il faut faire barrage à la droite, se rassembler à gauche. En d’autres termes : voter PS. Bien faible projet, pour un révolutionnaire.

Révolutionnaire, qui plus est au passé douteux. Ancien ministre et député socialiste, il a tout dernièrement encore validé l’intervention militaire en Libye, ce qui a fait se demander à Pierre Carles, journaliste dissident, si sa posture révolutionnaire n’avait pas ses limites. Il y a peu encore, l’ancien éléphant du PS, dont certains soupçonnent des liens avec la franc-maçonnerie, avait également nié connaître l’existence du dîner du Siècle… Peu crédible. Enfin, il ne faut pas oublier ses projets d’alliance avec Cohn-Bendit (oui, l’ultra-mondialiste) en 2009, et son vote en faveur du « oui » à Maastricht en 1992.

Malgré tout ce qui vient d’être exposé, on pourrait croire, à l’écoute des discours populistes et démagogiques de Jean-Luc Mélenchon, grand orateur qu’il est, que le Front de Gauche est hors du système. Il n’en est rien. L’extrême gauche, sous influence trotskyste, fait depuis des années, avec ses rêves internationalistes d’abolition des frontières et de régularisation massive des sans-papiers, le jeu du patronat. Comme si cela n’était pas encore assez, cette même extrême gauche complice se voit dirigée par des gens qui, à l’image de Mélenchon, s’empresseront au second tour de diriger leurs électeurs, en criant au rassemblement de la gauche, vers le Parti Socialiste, partie intégrante du système.

L’épouvantail FN

Autre connivence avec ce système, et non des moindres : ils agitent un même épouvantail nommé Front National – la bête immonde. Lors de leur université d’été, les militants du Parti de Gauche ont même planché en atelier spécial sur les moyens de contrer l’ascension de Marine Le Pen. Dans leur esprit, le vilain système capitaliste est déjà loin. Il s’agit désormais de s’allier à lui pour faire face à la menace fasciste. Comprenez que la candidate frontiste a toutes ses chances d’accéder au second tour de la présidentielle, et que sa présence est l’alibi idéal pour qu’une alliance avec le PS ne soit pas trop mal perçue.

Jean-Luc Mélenchon l’avait dit à Marine Le Pen lors du débat qui les a opposés sur BFM TV : « Contre vous, on fera tous bloc à gauche ». Ce à quoi la présidente du FN avait rétorqué qu’« il y a toujours des bonnes excuses pour aller au soutien de la gauche ». Une gauche, « qui se regroupe depuis 200 ans » rappellera plus tard Mélenchon (discours du 29 août 2011), en « priant » (lui, l’anticlérical acharné) ses « camarades socialistes » de débattre – et de s’entendre – avec lui.

On en appelle à l’alliance suprême de la gauche, parfois même au Front Républicain, bien plus large, pour défier l’infâme extrême-droite. La stratégie fonctionne, et les naïfs électeurs du Front de Gauche se prennent déjà pour des résistants alors qu’ils ne sont, en réalité, et bien malgré eux, que de simples idiots-utiles qu’on garde de côté, au cas où. Ils ne savent pas que la véritable fracture se trouve ailleurs. Le patriotisme face au mondialisme, telle est la véritable opposition.

Mais ceci n’est pas, on l’a vu, dans l’intérêt de Jean-Luc Mélenchon, fidèle rabatteur socialiste. Avec des révolutionnaires de la sorte, les oligarques peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Car pour reprendre ses propres paroles, qui parlent d’elles-mêmes : l’adversaire,  l’ennemi prioritaire, la cible ultime, ce ne sont pas eux, « c’est elle ». Cherchez l’erreur…

Christopher Lings

Crédits photo : capture d’écran Placeaupeuple / Dailymotion | capture d’écran BFMTV / Dailymotion

38 commentaires

  1. Pasletemps dit :

    Je n’ai lu que le chapeau mais c’est tout à fait ce qu’il fallait dire.

  2. Kévin dit :

    “mis à part quelques sujets de société, force est de constater que les deux forces politiques dominantes sont en parfait accord, bien que tout cela soit habilement dissimulé, sur l’essentiel de leurs positions (à ne pas confondre avec leurs postures). La même politique économique libérale, européiste, soumise à la finance internationale. La même politique étrangère interventionniste, impérialiste et atlantiste.”

    => En quoi Mélenchon s’inscrit-il dans ce cadre-là ?

    Je dirais plutôt que Mélenchon est clairement anti-système mais qu’il est naïf (ce qui n’est pas la même chose que d’être dans le système). En effet, il ne va pas au bout de sa logique et ne comprend pas que son premier ennemi est le système (ou que le PS en fait partie intégrante), et qu’il doit donc cesser de tomber dans le piège du second tour des présidentielles, dont le mécanisme a pour fonction de préserver l’oligarchie.

    Je compte expliquer en détail dans un prochain manifeste pour une déclaration d’indépendance populaire, que si l’on est un authentique défenseur du peuple et de la démocratie, il faut a minima s’abstenir de voter pour les partis de l’oligarchie (UMPS), et ce en toutes circonstances, c’est-à-dire quel que soit l’adversaire et que ce soit au premier ou au second tour. Si toutes les forces hostiles à l’oligarchie (en gros les 55 % de 2005) agissaient ainsi, celle-ci aurait déjà beaucoup plus de souci à se faire. Il nous faut dévoiler la propagande dans laquelle l’oligarchie nous enferme, la dévoiler elle-même, et faire bloc contre elle en cessant de tomber dans les clivages alternatifs qui détournent l’attention, et qu’elle a forgés pour affaiblir et diviser l’opposition populiste (c’est-à-dire les défenseurs du peuple).

  3. @Kevin

    “=> En quoi Mélenchon s’inscrit-il dans ce cadre-là ?”

    Vous n’avez pas compris. Dans le passage que vous citez, il s’agit uniquement de l’UMP et du PS, pas de Mélenchon. Mais lisez plus bas :

    “Mais ce dernier (le système) ne se résume pas qu’à ses seules forces majoritaires. Tout corps périphérique se soumettant, s’alliant, ou négociant avec l’une de ces deux forces fait, de facto, partie intégrante du système. Et aujourd’hui, nombre de formations politiques (Nouveau Centre, Modem, EELV…) font, par intérêt sans doute, corps avec lui. Jean-Luc Mélenchon, aussi, en fait partie.”

    Pour savoir ce qui me permet de dire qu’il fait partie du système selon ces critères, je ne peux rien vous proposer d’autres que de relire l’article… Tout est dedans.

  4. Kévin dit :

    Au temps pour moi, j’ai lu trop rapidement.

    Je crois néanmoins que cette définition est trop rigide. Mis à part le soutien que Mélenchon risque d’apporter au candidat du PS au second tour (attitude que je condamne sans ambiguïté), il dénoncera en quasi permanence son action si celui-ci accède au pouvoir. Et dans le sens inverse, on peut par exemple soutenir que le FN fait partie du système parce qu’il ne remet absolument pas en cause la Vème République, système institutionnel bâti et usé par l’oligarchie. On peut aussi se souvenir que Jean-Marie Le Pen a approuvé la dernière réforme des retraites. Mais ce petit jeu est stérile et même contre-productif.

    Comme je l’ai dit dans le message précédent, ne nous attardons pas sur les points minimes qui divisent les adversaires de l’oligarchie, nous ne pouvons pas nous le permettre car c’est précisément ce que veut celle-ci pour mieux régner. Il faut rassembler toutes les forces du non de 2005 et faire barrage, sinon nous n’avons absolument aucune chance.

  5. sopode dit :

    Kévin, il me semble que vous faites preuve de naiveté concernant Mélenchon. Il est franc-maçon, membre du club le siècle, et a passé 25 ans au PS. Ca n’est pas un naif, c’est un agent du système qui est là pour rabattre les mécontents vers le PS. En ce faisant, il canalise la colère et garantit la pérennité du système UMPS.

  6. Jaime Horta dit :

    “”Il est franc-maçon, membre du club le siècle”"

    Il a pourtant prétendu devant Pierre Carles ne pas connaitre “Le Siècle” avant de partir en croisade contre ce club.

    http://www.enquete-debat.fr/archives/melenchon-est-la-supercherie-du-siecle

  7. guillaume dit :

    christopher, voilà un très bons article qui reprend tout à fait ce que je pense de ce mélanchon et de la gauche en général.
    De toute façon, toute la gauche appellera à voter pour le PS. C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de mairie de grande ville sont aux mains de la gauche. Je pense à Toulouse et malheureusement, on peut voir le résultat catastrophique.

    Effectivement, le FN de marine Le Pen, permet aux tartufes de notre paysage politique, de crier au loup à peu de frais.
    Vivement le premier tour de 2012!!

  8. Quidam dit :

    “Mon adversaire, c’est elle !” cette phrase a-t-elle réellement été prononcée ou est-ce une formule journalistique ?

    Si cette phrase a un sens, “adversaire” doit être pris sous le sens de “concurrente directe”, sachant qu’une bonne partie de l’électorat balance entre les deux. D’ailleurs, quel est le sens de votre article sinon convaincre les hésitants à choisir le FN ?

    Quant à l’anti-système, si tant est que Marine Lepen le soit vraiment, c’est aussi son talon d’Achille. Car si les français sont râleurs et contestataires, une majorité tient trop à ses petit avantages pour faire basculer le système. Le FN ne passera jamais sans alliance. Cela fait 30 ans que 20% de français vote FN et que cela n’aboutit à rien, sinon faire le jeu du PS ou de l’UMP.

    Mélenchon sait qu’il a besoin du PS, mais il sait aussi que le PS a besoin de lui, et devra appliquer certaines de ses idées pour acquérir ses voix. C’est cela le réalisme politique aujourd’hui. Le mode de scrutin est fait par le système pour le système. Vous ne pouvez pas espérer qu’il se saborde lui-même.

  9. Sebastien dit :

    En quoi la politique de l’UMPS serait-elle *libérale* en pratiquant une rage fiscale atteignant 56% du PIB, un nombre de fonctionnaires record et un étatisme omnipotent?… Sais-tu seulement ce qu’est le libéralisme (Hayek, Von Mises, Bastiat, Tocqueville etc.?)

  10. Jaime Horta dit :

    @ Sebastien

    “Sais-tu seulement ce qu’est le libéralisme
    (Hayek, Von Mises, Bastiat, Tocqueville etc.?)”

    On a toujours cette dichotomie entre le libéralisme et le néo-libéralisme, qui a mon sens est parfaitement voulue, et dont les effets sont absolument récurants tellement les gens ont été aliénés par cette propagande.

    Par contre lorsque Delanoë nous sort une grosse connerie absolument antinomique en se revendiquant comme libéral, ce qui a causé un certain malaise, on a su organiser une émission télé où l’on a invité des économistes pour voler à son secours, pour expliquer que les politiques économiques étaient tout sauf du libéralisme.

    Comme quoi quand on veut on peut !

  11. Sebastien dit :

    Hayek et von Mises, c’est précisément eux le néo-libéralisme (qu’on n’a jamais mis en application, cela dit!):

    http://www.dailymotion.com/video/xhsd5p_alain-laurent-presente-l-oeuvre-de-walter-lippmann-la-cite-libre_webcam

  12. le Prolo du Biolo dit :

    @ Sopode

    “Mélenchon est membre du Club le Siècle”

    Vraiment n’importe quoi.
    Pourquoi ne pas plutôt l’attaquer sur ses idées, c’est votre droit, plutôt que d’affabuler.
    Vous manquez d’argument ?

  13. Kévin dit :

    @sopode : Je n’ai que faire du passé ou des appartenances de Mélenchon, moi j’écoute des discours et je les juge, point barre. Si on commence à partir dans les procès d’intention et à prendre nos suspicions pour des vérités, on ne s’en sort plus.

  14. Ron dit :

    La critique de Mélenchon dans cet article me paraît tout à fait pertinente. Au-delà de la critique de Mélenchon, individu bien représentatif d’une gauche fossilisée, sectaire, hypocrite et incohérente, et qui fait le jeu de ceux qu’elle prétend combattre, je suis d’accord avec l’idée selon laquelle nous manquons depuis longtemps déjà en France d’une vraie alternative et que cela est un des facteurs de la crise politique grave dans laquelle nous sommes plongés et qui nous a valu de devoir nous prononcer aux dernières élections présidentielles entre un roquet bling bling manipulateur et une Bécassine aussi sotte que narcissique.
    Mais il me semble qu’un des responsables majeurs de cette situation déplorable est Jean-Marie Le Pen car c’est lui et ses soutiens de l’extrême-droite traditionnelle (notamment l’aile Golnisch) qui, par l’effet de repoussoir qu’ils ont créé, ont bloqué la situation politique de ce pays et l’ont enfermé dans la fausse alternative UMP / PS. Aucun républicain dans l’âme ne pouvant souhaiter l’élection de Jean-Marie Le Pen, le piège se refermait à chaque élection, en l’absence d’un vrai mouvement républicain rassemblant au-delà des clivages artificiels droite/gauche dans le souci de l’intérêt général. Jean-Marie Le Pen a servi mieux que quiconque à perpétuer l’oligarchie dominante du fait de l’aversion qu’il a suscitée aussi bien par ses déclarations que par sa personnalité, et l’oligarchie dominante a su récupérer cette aversion à son profit.

  15. @Ron

    Puisse Marine Le Pen changer cette image d’infréquentable (ce qui est un peu une soumission mais bon, c’est aussi une stratégie politique)

  16. Ron dit :

    @ Christopher Lings

    Pour éviter tout malentendu, je tiens à préciser que je ne milite pas pour Marine Le Pen, dont le programme me semble comporter plusieurs aspects démagogiques et simplistes. Par contre, je suis totalement opposé à sa diabolisation et aux tentatives de jeter l’anathème sur elle parce que c’est antidémocratique, et je pense que les vrais “fascistes” sont ceux qui essaient de tuer le débat en France en appelant à un pseudo-”Front Républicain” de l’ostracisme.

  17. Jaime Horta dit :

    @ Ron

    “Aucun républicain dans l’âme ne pouvant souhaiter
    l’élection de Jean-Marie Le Pen, le piège se refermait à
    chaque élection…”

    Le FN n’a jamais été une menace pour le système UMP/PS, d’ailleurs dans d’autres pays européens le bi-partisme se porte assez bien sans extrême droite (jusqu’à maintenant).

    C’est en 81 la gauche et Mitterrand qui depuis des décennies n’avait jamais été en mesure d’accéder au pouvoir, a cru bon d’installer la proportionnelle, comme dans tout les autres pays européens, qui fait émerger le FN.

    Le but étant pour le PS d’affaiblir et de diviser la droite, en la diabolisant, afin de s’assurer la main mise sur le pouvoir indéfiniment, en non pas d’assurer une quelconque alternance avec l’UMP.

    Seulement cela a marché plus ou moins bien pendant un certain temps, mais les choses ne se passent pas vraiment comme prévues.

    Si vous effacez le FN depuis toutes ces décennies, je ne vois absolument aucune alternance qui auraient peut éventuellement venir contester le système UMP/PS au cours de ces années.

    Nous n’avons pas affaire à des partis qui seraient chacun des monolithes, et l’effet de holisme est tempéré aux sein même des partis par différents courants, c’est ce qu’il y a encore de plus efficace.

    Lorsque vous avez un projet de loi important, ou un référendum comme pour le traité de Lisbonne, que ce soit au PS ou à l’UMP, vous aurez dans les deux partis ceux qui pour et ceux qui sont contre, en réalité ils sont tous pour.

    A mon sens c’est plutôt comme ça que ça marche.

  18. Virgile dit :

    Le simple fait de se présenter à une élection fait hélas du moindre candidat un suppôt du système…

  19. Ron dit :

    @ virgile

    D’après vous, comment on fait pour changer le “système” ?

  20. Virgile dit :

    @ Ron :

    Comment fait-on pour changer de régime sans en passer par une sanglante révolution ?
    On pose tout à plat, et on refait tout, ensemble, et en ayant à l’esprit que les années de reconstruction seront aussi des années de vache maigre.
    À moins qu’un candidat ait le courage de se faire élire pour tout changer par la suite. Ce n’est ni le cas de Mélenchon, ni le cas de Le Pen.

  21. jarod dit :

    Il faut définir le “système”:

    Quelques lectures:
    Préambule de la constitution de 1946
    Guy Debord “Le Spectacle”,
    Philippe Murray “L’empire du Bien”
    Aldous Huxley “Brave New World”
    F. Mitterand “Le Coup d’Etat permanent”

    Nous vivons dans une république parlementaire et sociale, dans laquelle les élites ont acheté la docilité du peuple par “panem et circenses” en échange d’une relative absence de contestation active des élites bourgeoises.

    Mélenchon ne fait pas partie du système, mais ses chances de le renverser ou le subvertir sont nulles tant que les amortisseurs sociaux continuent de fonctionner et favorisent la perpétuation de l’oligarchie issue des grandes écoles au pouvoir.

  22. Ron dit :

    @ Jarod

    Je suis d’accord avec ce que vous dîtes mais je m’interroge sur la caractérisation que vous faîtes des élites comme étant “bourgeoises”. Vous situez-vous dans une perspective marxiste ou marxisante ?

  23. Birobidjan dit :

    JLM me paraît le seul vote utile et le meilleur candidat pour 2012, même si la campagne n’a pas encore réellement commencé, “système” ou pas. À la lecture de vos commentaires, je m’interroge d’ailleurs sur toute cette terminologie un peu complotiste dirais-je : “système”, “oligarchie”, “élites”. De qui ou de quoi s’agit-il ? Je pense, moins naïvement, ne pas me tromper en mettant l’emploi de ces termes sur le compte du manque de démocratie réelle dans notre pays.

  24. @jarod

    C’est vrai que s’allier avec le PS ce n’est pas faire partie du système…. On aura tout entendu

  25. Ron dit :

    Christopher Lings : “C’est vrai que s’allier avec le PS ce n’est pas faire partie du système…. On aura tout entendu”

    Oui, vous avez raison, quand je disais que j’étais d’ “accord” avec Jarod, je ne pensais pas à cela… C’est sûr que, par ses appels au “front républicain” contre le pseudo-fascisme de MLP, Mélenchon fait à fond partie du système.

  26. jarod dit :

    @Christopher Lings

    En fait vous confondez une partie du système (les partis politiques au pouvoir du PC au MPF) – les élus qui sont désarmés face à la mondialisation libérale – avec la totalité du système (les précités + la télévision, publicité, cinéma, artistocratie, DRH de sociétés, hauts fonctionnaires, syndicalistes…soit la majorité de non élus qui influence le système sans aucune restriction ni alternance).

    Le système n’est pas un ensemble de décisions conscientes décidées par un petit nombre afin de manipuler les individus, mais l’expression collective des égoïsmes individuels. Les autorités économiques et intellectuelles ne font qu’utiliser ces égoïsmes à leur profit, elles ne les créent pas ex nihilo.

    Mélenchon comme tout bon dirigeant de gauche n’a qu’un but: peser dans une élection pour ensuite peser dans les décisions, le vieux mythe de la gauche marxiste qui cherche à infléchir la politique socialiste.
    Peut etre qu’il vendra son âme, peut être pas, moi je pense qu’il fait comme Bayrou: il pari sur l’inconsistance idéologique du PS tiraillé entre les sociaux-libéraux et les socialistes réformateurs.

  27. Bruno dit :

    Des arguments montrant l’incohérence idéologique de Mélanchon, et du FG sont pourtant très facile à mettre en évidence.
    Par exemple à la fois vouloir prétendre défendre les emplois français tout en étant internationaliste, et donc faire partie des agents ou les “idiots utiles” de la mondialisation libérale, et on le voit même avec son militantisme pour la régularisation de tous les “sans-papiers”, et même leur proposer l’Aide Médicale d’Etat gratuite.
    On sait très bien que de ce point de vue-là il est strictement en accord avec Madelin, Berlusconi et tous les ultra-libéraux. Les “sans-papiers” régularisés du FG, du NPA, du RESF sont les futurs esclaves du MEDEF, et que ces gens-là participent au dumping social qui font baisser les acquis sociaux des salariés français de souche européenne.
    S’il voulait réellement défendre ces derniers, il faudrait qu’en bon socialiste qu’il prétend être, se prononce pour l’exclusivité européenne. Ce qu’il ne fera jamais parce que c’est contraire à tous les fondamentaux du FG, comme du NPA. Si le NPA, ex-LCR, est un mouvement politique qui s’adresse aux jeunes fils-à-papa de la “gauche” caviar, aux étudiants qui se cherchent un supplément d’âme au moment de leurs études et qui n’ont pas de conscience politique, le FG quant à lui vise plutôt des gens plus âgés, des membres du “boboland” parisien, syndiqués mais plus ou moins déclassés, en mal de reconversion…
    Donc en réalité le FG ne fait pas dans la justice sociale mais dans les bonnes oeuvres de “goche”. Et cette incohérence-là je pense qu’un Mélanchon aurait très peur qu’on la montre du doigt, parce qu’il ne peut tout simplement pas y répondre.
    Je trouve ça d’autant plus incohérent de ne pas être pour l’exclusivité européenne quand on se targue de défendre les emplois français parce qu’à la limite, que des entreprises en France, délocalisent et créent des emplois en Chine, en Tunisie, ou en Afrique, je ne vois pas en quoi cela le gêne, lui l’internationaliste. C’est bon pour les chômeurs chinois ou tunisiens, donc là encore, comme Besancenot, il est dans la contradiction la plus totale.
    Ce qui est d’autant plus marquant c’est que les élécteurs du FG sont majoritairement des gens exerçant professionnellement dans le seul secteur d’activité, protégé d’une part (sécurité de l’emploi), mais qui surtout bénéficie déjà d’un principe approchant celui de l’exclusivité européenne, la préférence nationale (même si cette dernière est moins restrictive que le principe d’exclusivité), ce secteur d’activité s’appelle la Fonction Publique. Les fonctionnaires, en tant que tel bénéficient de cette Préférence Nationale à l’embauche.
    Donc encore une incohérence de plus qu’il est possible de lui jeter à la face.

  28. Birobidjan dit :

    De telles inepties me laissent sans voix. Il n’y a jamais eu de “préférence nationale” à l’embauche en ce qui concerne la fonction publique. Beaucoup de fonctionnaires ont d’ailleurs une double nationalité. Ce qui est complètement incohérent c’est d’écrire que “les fonctionnaires en tant que tel bénéficient de cette préférence nationale à l’embauche”. Il faudrait m’expliquer le sens de cette phrase…

  29. Thomas FERRIER dit :

    Il faut la nationalité française pour paser de nombreux concours de fonction publique. Ce n’est d’ailleurs pas la préférence nationale mais l’exclusivité nationale. Par contre, les binationaux peuvent en effet passer ces concours.

  30. Bruno dit :

    @ l’anonyme “birobidjan”…
    AU lieu de monter sur vos grands chevaux derrière votre clavier, renseignez-vous, c’est vous qui êtes ignorant.

    La détention de la nationalité française est une condition sine qua non pour pouvoir passer le moindre concours de la FP.
    C’est donc en effet similaire à un principe d’exclusivité européenne, mais en plus restrictif encore.

    Maintenant, il est vrai que le candidat peut posséder EN PLUS, une autre nationalité, ce n’est pas un problème, du moment qu’il possède la nationalité française.
    Voilà, dit comme ça, c’est plus clair dans votre tête ?

  31. Birobidjan dit :

    Je suis très bien renseigné merci ! J’ignore en effet beaucoup de choses mais en ce qui concerne la fonction publique en particulier je n’ai pas de leçon à recevoir. Maintenant, j’ai la liberté de monter sur mes grands chevaux derrière un clavier et de plus anonymement, ce qui ne m’autorise pas à insulter mon prochain. Ce que je ne comprends pas, c’est ce double acharnement anti-fonctionnaires et anti-Mélenchon. Vous pensez que tous les fonctionnaires pensent la même chose ? Vous pensez que Mélenchon ne veut défendre l’intérêt que d’une seule catégorie de Français ? Les choses sont un peu plus compliquées que ça.

  32. Thomas FERRIER dit :

    Qu’avez-vous à dire par rapport au fait qu’il faut la nationalité française pour devenir fonctionnaire ? Ce qui n’est pas choquant, d’ailleurs.

    Ce que je pense personnellement de Mélenchon, c’est qu’il est internationaliste, et donc que les intérêts exclusifs des travailleurs français et européens, ça ne l’intéresse pas.

  33. Birobidjan dit :

    Ce qui est choquant, c’est d’appliquer l’expression “préférence nationale” à un des critères de recrutement de la fonction publique, la fonction publique d’État si l’on veut être précis, sachant que le concours n’est qu’un mode de recrutement parmi d’autres.

  34. Bruno dit :

    Birobidjan
    si vous voulez gueu*ler, ayez le cran de ne pas le faire sous pseudo. Moi je poste sous mon prénom, ok ?
    D’autre part, à quel moment ai-je mis en cause les fonctionnaires ? Je n’ai fait que relater le mode de recrutement des concours administratifs. Et si vous voulez vraiment mon avis sur la question, ce mode de recrutement ne me gène pas. Ce que je trouve inadmissible en revanche c’est le positionnement universaliste de Mélanchon, de Besancenot, Artaud, positionnement qui s’inscrit dans leur internationalisme marxiste. Alors après quand je les vois pérorer devant les caméras pour soit-disant “défendre les emplois des salariés français contre les délocalisations”, cela est tout simplement une ARNAQUE.

  35. kuota dit :

    hum… je ne pense pas non plus que Mr Mélenchon soit dans le “Système” au prétexte qu’il pourrait appeler à voter PS au second tour… chose qu’il se refuse à dire pour le moment si on l’interroge.

    Toutes ces interventions médiatiques sont consultables sur son blog, et je crois qu’il est assez sincère, mais n’a pas réussi à totalement tourner la page du socialisme, c’est pour cela que certains le voient en pseudo révolutionnaire.

    Pour moi, à la lecture du programme du FdeG, j’y vois beaucoup de proposition révolutionnaire qui ont effet pour plié la structure du système capitaliste et monétariste. Si je dois dénoncer un aspect qui n’est pas révolutionnaire, c’est là façon dont il souhaiterai passer à la 6ème république. Son erreur c’est de vouloir convoquer une assemblée constituante par l’élection de nouveaux parlementaire… Or je crois qu’une vrai révolution passe par une démocratie qui intégre des notions autres que l’élection : tirage au sort, démocratie, directe, référendum. Etienne Chouard est très bon la dessus il démontre sans faille à mon avis l’aspect essentiel ce cette révolution du système démocratique.

    Tant que des politiciens de carrières rédigeront la constitution on se fera enfumer… si Mr Mélenchon intégre ces aspect essentiel dans la démocratie (tirage au sort d’une chambre qui doit aussi valider la constition et les lois) alors on pourra y voir un vrai révolutionnaire.

    Kuota

  36. Kévin dit :

    @kuota :

    Mélenchon a déjà insinué qu’il voterait Hollande au second tour s’il s’y trouvait (cf son débat face à Marine Le Pen qui lui a demandé, il a répondu “Ah, Mme Le Pen découvre que je suis de gauche !”).

  37. Sophie dit :

    Tout deux sont là pour encadrer le système UMPS et le verrouiller car ils ne proposent que des objectifs flous, pour Mélenchon, à géométrie variable pour Le Pen, à qui je conseille d’ailleurs de fermer sa boutique: ça rendra service à la France !

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