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Pourquoi une école – garderie? (7/10)

13 novembre 2011, 12:21 Auteur : mia vossen 1 commentaire

Par Mia Vossen. Pour lire les articles précédents de la série, cliquez ici.

VI.Le niveau d’études n’est pas toujours en rapport avec le niveau d’intelligence… ni avec les besoins du pays.

Avant, le diplôme de haut niveau permettait d’entrer dans une « caste » de haut niveau ou de rester dans celle des parents. Cette caste offrait des avantages multiples : respect, salaire ou honoraires, libertés… et ceux qui n’en faisaient pas partie ont jalousé ces privilégiés jusqu’au moment où le socialisme a offert le même enseignement à tous. Gratuit et obligatoire. Obligatoire jusqu’à 16 ou 18 ans. Par souci d’égalité, on a mis dans la même classe des enfants aux capacités très différentes dans l’espoir que les plus doués attireraient les moins doués vers le haut. Cet espoir a été vite déçu : tout le monde est tiré vers le bas!

« L’école de la réussite » a permis que tous aient un diplôme et que ce diplôme ait perdu sa valeur. Des illettrés obtiennent le BAC et font des études supérieures. Les parents encouragent leurs enfants à acquérir un diplôme « supérieur » qui doit leur permettre de bien vivre ensuite. Et cela aux moindres frais pour tous, parents et État.

Le ministère de l’enseignement n’a plus d’argent à jeter, la plupart des parents ne sont pas prêts à payer de leur personne ou de leur salaire, leurs enfants ne voient pas l’intérêt d’un effort réel… et personne ne voit que les industries délocalisées n’ont même plus besoin de nos « cerveaux », que ces « cerveaux » sont d’ailleurs de moins en moins appréciés : « l’école de la réussite » leur a offert un diplôme mais peu de compétences réelles (ce mot « compétences » est servi à toutes les sauces… question de nous faire oublier son sens premier?)

Un peu de souplesse, d’adaptation!

En voulant que tous aient un « diplôme de haut niveau », c’est comme si personne n’en avait un (ce qui est rare est cher!) on fait souffrir inutilement et longuement sur les bancs de l’école des enfants qui réussiraient mieux sans diplôme. En même temps, on ne donne pas la formation dont pourraient bénéficier les « grosses têtes » (qui finissent par chahuter autant que les cancres vu qu’ils s’ennuient tout autant).

Et si on cessait de confondre intelligence et niveau d’études? On décomplexerait ceux qui ne restent pas à l’école et qui pourraient se rendre utiles au lieu d’apprendre paresse et tricherie dans une école détestée. On permettrait aux jeunes « scolaires » – pas nécessairement plus intelligents! – de travailler correctement et d’obtenir un diplôme ayant une valeur et une utilité réelles.

Il faut insister ici sur le mot « scolaire » et ne pas le confondre avec « intelligent » : beaucoup d’enseignants observent qu’il y a dans les sections professionnelles des élèves nettement plus intelligents que beaucoup d’élèves du fameux général. Pourquoi, alors, sont-ils dans ces sections moins bien notées? Parce que l’école telle qu’elle est n’est pas faite pour eux, tout simplement. Ils ne peuvent pas se concentrer, rester tranquilles huit heures par jour mais sont parfaitement capables de résoudre des problèmes pratiques difficiles, de faire des raisonnements de haut niveau. Ce n’est pas un mot en l’air, pour faire plaisir! J’ai pu obtenir des réactions constructives, intelligentes, en section professionnelle que je n’obtenais pas dans le général où trop d’élèves dorment en attendant la fin de l’heure, étudient par cœur parce qu’ils ont une bonne mémoire mais une piètre intelligence, prennent des airs blasés pour ne pas devoir admettre leur ignorance… et je ne critique pas le système d’enseignement général. Je critique le fait qu’on y pousse des élèves parce qu’ils sont « scolaires » et parce qu’il faut « obtenir un beau diplôme ».

Qu’on mette fin à cette hypocrisie qui ne fait que détruire notre enseignement. Il y a dix ans déjà Jean Gadisseur, professeur à l’Université de Liège, écrivait dans « Le Soir » : « Les établissements se transforment en des sortes de garderies où l’on n’apprendra plus rien de ce qu’il faut , mais où fermenteront tous les dangers. »

J’ai pu suivre l’évolution annoncée. Et tous les enseignants se plaignent d’une dégringolade rapide – pas seulement les vieux comme moi – et personne ne bouge. Même des enseignants qui ont été diplômés récemment, qui font presque autant de fautes d’orthographe que leurs élèves, qui suivent à la lettre des programmes qu’ils comprennent mal… sont choqués par le fait de devoir « former » des gosses carrément illettrés et ne comprenant pas ce qu’ eux comprenaient encore sans peine.

Il est plus que temps de bouger!

Il est temps de revenir à un vrai enseignement des bases pour tous: on ne construit pas sur du sable!

Il est temps de valoriser les études techniques. Nous avons besoin de techniciens et nous devons respecter ceux qui se rendent utiles aux autres (et souvent en faisant un travail que nous serions totalement incapables de faire!).

Il est temps aussi de forcer un peu « les grosses têtes » à faire des études jugées difficiles. Il y a trop de diplômés sans travail et trop de métiers indispensables qui ne trouvent pas les spécialistes nécessaires (« La Libre Belgique » a récemment osé se vanter de ce que la Belgique accueille les « cerveaux » venus d’autres pays… au lieu de pleurer sur le fait que la Belgique manque cruellement de scientifiques!)

Forçons un peu nos enfants à faire ce qu’ils sont capables de faire au lieu de les encourager à suivre leur « projet de vie »! (très rares sont ceux qui en ont un vers 15 ans)

Categories : Education

1 commentaire

  1. Nadia Furlan dit :

    Entièrement d’accord avec cet article, sauf sur les notions de caste où les études auraient permis d’entrer.
    Cette “caste” était largement ouverte à toute personne compétente, et particulièrement au XXème s.

    Pour beaucoup d’enseignants l’école est devenue la voie du Salut sur Terre.
    Il faut sauver (le soldat) l’élève Tout-le-Monde de l’horreur de l’univers du Prolétariat et du travail manuel, et en faire un “diplômé” pouvant aspirer à des “études longues” lui permettant non d’espérer, mais d’exiger un emploi d’ingénieur, avocat, médecin, architecte ou au pis aller, de prof.

    Avec la calamiteuse loi de 1989, le sous-marin trotskiste Jospin a entrepris la liquidation du savoir ouvrier et artisanal vieux de plusieurs siècles, pendant que sa copine Aubry, avec ses 35 heures, organisait la déchéance de l’économie française en rendant les délocalisations quasi incontournables.

    Personne ne se demande comment vont être accomplies les tâches subalternes. Dans la pratique, elles le sont par une main d’oeuvre importée et rarement qualifiée. La dégradation de la qualité de l’enseignement a pour corollaires la baisse de la qualité des services dans les métiers manuels (qui exigent intelligence et savoir-faire) et l’augmentation de l’immigration dans une vis sans fin, puisque les enfants de ces immigrés reçoivent une formation qui les écarte des métiers de leurs parents…

    Mais remettre en question les pratiques consécutives à cette loi aujourd’hui est presque impossible. En effet, les enseignants formés depuis vingt ans ont souvent un niveau à peine supérieur à celui de leurs élèves (il faut voir les courriers internes !!!!!). Ils sont convaincus d’être des missionnaires du Salut de l’Humanité, des bons, des gentils, alors que tout détracteur de leurs pratiques est un “salaud” – c’est à dire ce qu’il y a de pire dans la société, comme le disait Sartre, qui racontait sciemment et cyniquement ses sornettes pour ne pas “désespérer Billancourt”.
    Les syndicats jouent sur la peur du chômage et l’aspiration à obtenir un emploi pour continuer à entretenir des effectifs de profs qu’on pourrait réduire si l’on abandonnait l’idée chimérique de diplômer tout le monde.

    A partir de cette loi de 1989, des chefs d’établissement ont pu énoncer qu’il faudrait se faire à l’idée de passer 50% du temps à faire de la discipline, c’est-à-dire de réduire le temps d’enseignement de 50%.
    De sorte que le contribuable paie pour un service réduit de moitié, avec des résultats réduits de moitié aussi. Et souvent plus de la moitié….

    Décidément, la gauche mériterait de s’appeler “la sinistre” suivant l’étymologie de ce mot. Avant la guerre de 39-45, elle était pacifiste alors qu’on entendait des bruits de botte de l’autre côté de la frontière. Le père de L. Jospin faisait partie de ces visionnaires… Son fils a hérité de ses capacités….

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