•

Vous êtes actuellement déconnecté.






» Mot de passe oublié ?
►   Recevoir la newsletter 
lemoine
Xavier Lemoine : “Il faut un gouvernement français à la France”
velasco-2
Jean-Jacques Velasco : “Dans l’affaire Roswell, l’hypothèse du disque volant est la plus plausible”
norvege
Quelques paradoxes liés à l’affaire norvégienne
enquetedebat
Comment renverser légalement l’oligarchie actuelle ?

Procès Rivoire-Contant : conflit entre journalistes dans l’affaire des Moines de Tibhirine (Partie 1/3)

28 mars 2011, 20:10 Auteur : Jean 0 commentaire

Partie 1 : Le début du procès en appel, et le rappel des faits par le juge

Après un renvoi d’octobre 2010 à mars 2011, le procès en appel de Jean-Baptiste Rivoire (photo) a pu enfin avoir lieu ce lundi 21 mars 2011, à la chambre 2-8 de la Cour d’appel de Paris.

Le procès commencera avec une bonne demi-heure de retard, l’avocat de Rivoire, Me Bourdon, étant la cause de ce retard. Celui-ci se fera d’ailleurs réprimander par le juge, après que le procureur ait fait remarqué, agacé, à Rivoire que son avocat était en retard. Ambiance.

Dans la salle d’audience sont présents les deux avocats de l’accusation, Me Gény Santoni, avocat de Rina Sherman, qui est elle-aussi présente, et Me Gérard, avocat de Louise et Camille, les enfants de Didier Contant (photo).

Comme il l’expliquera dans sa plaidoirie, il a demandé aux enfants de Didier Contant de ne pas venir au procès, du fait de l’image déformée et sans doute caricaturale qu’en donnerait la partie adverse. Me Bourdon est là, ainsi que son client Jean-Baptiste Rivoire, journaliste à Canal +. Une dizaine de personnes présentes, quelques amies de Rina Sherman, la journaliste Gwenaëlle Trillat, auteur d’une tribune dans Libération en défense de Didier Contant et accusant Jean-Baptiste Rivoire.

Je suis présent autant pour Enquête & Débat que pour mon rôle d’éditeur du livre de Rina Sherman Le 8ème Mort de Tibhirine. Aucun autre journaliste n’est présent. Ce compte-rendu sera donc le seul que vous pourrez lire dans les médias français ou étrangers (alors que la presse algérienne s’était déplacée pour le procès en 1ère instance), et alors que cette affaire est sans doute la plus importante sur les médias français depuis de très nombreuses années, et également au sujet de l’affaire des Moines de Tibhirine.

Le déroulé du procès et les noms de personnes impliquées, soit en tant que témoins, soit en tant qu’accusé, finira de convaincre les plus sceptiques sur ce point.

Nous pouvons dores et déjà tirer la première leçon de ce procès : l’omerta médiatique règne, alors qu’un journaliste important a été retrouvé mort, et qu’un autre a déjà été condamné en première instance pour violences volontaires sur ce journaliste, sans que cela ait entraîné sa mort. Un procès qui permet donc pour la première fois depuis longtemps de mettre sur la place publique des faits, des comportements et des conséquences généralement occultés, voire niés, et jamais sanctionnés, nous aurons l’occasion d’y revenir.

Ce procès est autant celui de Jean-Baptiste Rivoire que celui des grands médias qui sont absents, alors qu’ils étaient très (trop ?) présents au procès d’Eric Zemmour, qui n’en méritait pourtant pas autant vu les faits reprochés.

Le juge commence le rappel des faits.

En 1ère instance, Rivoire a été condamné pour violences volontaires n’ayant pas entraîné l’incapacité de travail de Didier Contant, pour des faits datant de janvier 2004 au 9 février 2004. Il avait écopé de 750€ d’amende, et Rivoire a fait appel afin de revenir sur la qualification de la peine, puisqu’il se dit innocent des faits reprochés.

Didier Contant était devenu rédacteur en chef de l’agence de presse Gamma en 1992. Il en était parti avec une indemnité de 1 million de francs, puis avait travaillé en tant que pigiste et journaliste indépendant. Ainsi, le 27 décembre 2003, il publie dans le numéro 1227 du Figaro Magazine un article sur les Moines de Tibhirine, consécutif à une enquête sur place en Algérie. Puis il repart en Algérie après la Noël 2003, et revient en France le 30 janvier 2004.

Au cours de ce second voyage, son enquête conforte sa thèse selon laquelle l’enlèvement et l’assassinat des Moines de Tibhirine a été commis par le GIA (Groupe Islamique Armé) seul, et non par les services secrets algériens. Jean-Baptiste Rivoire défend alors dans les médias auxquels il collabore la thèse inverse. Il se base principalement sur le témoignage d’Abdelkader Tigha, qui faisait partie des services algériens au moment des faits, qui a accusé l’armée algérienne d’être à l’origine de la mort des moines.

Voici son interview en 2008, alors qu’il demandait l’asile politique en France (il vit aujourd’hui réfugié aux Pays-Bas) :
Image de prévisualisation YouTube

Le 15 février 2004, Didier Contant est retrouvé mort dans le 15e arrondissement de Paris, après une chute mortelle du 5e étage de l’immeuble de son ex-compagne.

L’enquête est confiée à la section anti-terroriste de la brigade criminelle. Un rapport est rédigé 4 jours plus tard, il en ressort que selon un témoin, un homme a enjambé la barrière de la fenêtre pour passer du 6e au au 5e étage, et qu’il est tombé en arrière. La mort a été constatée par polytraumatismes sans séquelles de lutte et en présence d’alcool (0,37 g / litre) mais en absence de substance médicamenteuse.

Au cours de l’enquête sont entendues une dizaine de personnes. La procédure est classée sans suite.

Le 12 janvier 2005, Rina Sherman dépose une plainte avec constitution de partie civile contre Paul Moreira et Jean-Baptiste Rivoire. Rina est la compagne de Didier Contant. Elle reproche à Jean-Baptiste Rivoire, suite à l’article de Contant dans le Figaro magazine, d’avoir passé un certain nombre d’appels à la direction du Figaro Magazine, à Gamma, à France 2 et à d’autres journalistes pour nuire à la réputation de Contant.

Le 9 février 2004, Contant a un entretien à Canal + avec Moreira et Rivoire. Il en ressort meurtri et devient paranoïaque. Il est ouvertement soupçonné par Rivoire de travailler pour les services secrets algériens, soupçons accrédités par Amnesty international. Contant craignait d’être interpellé ou enlevé.

Le 20 septembre 2005 une information judiciaire est ouverte contre X. Différents journalistes sont entendus, parmi lesquels Agnès Vahramian, responsable du service étranger de France 2, Joseph Macé-Scaron, alors responsable au Figaro Magazine, Jean-Marie Montali, responsable de Macé-Scaron, Alain Hamon, Dominique Rizet, Gwenaël Trillat, et Jean-Pierre Rey.

Jean-Baptiste Rivoire attaque Jean-François Kahn en diffamation, pour avoir publié dans Marianne un article intitulé “Un étrange suicide”. Kahn est condamné en 1ère instance, mais relaxé en appel en 2007.

Rivoire est entendu en 2006 en tant que témoin assisté, et Moreira en 2007. Rivoire est mis en examen, pas Moreira. Rivoire dépose une requête en annulation, mais elle est rejetée.

La suite demain : Jean-Baptiste Rivoire à la barre

Ecrire un commentaire :







Si vous souhaitez associer une image à vos messages, inscrivez-vous ici (c'est gratuit)

 

Articles récents

Contribuez au développement du site en souscrivant