Ce matin, j’ai mis mon MacBook dans mon sac à dos pour un déplacement. Quand je suis arrivé, j’ai sorti le bel ordinateur portable blanc du sac. Il était maculé de quelques taches noires, qui venaient d’autres affaires. Quel dommage ! Je me suis empressé de les retirer. Ce bel objet au design soigné avait perdu sa blanche pureté. L’a-t-il retrouvée, je ne sais pas. Mais il est amusant de voir que notre monde actuel vomit tant la vertu de virginité, et qu’elle s’est transférée dans les objets que nous consommons et utilisons. Signalons toutefois une exception notable : un mariage entre musulmans qui fut annulé pour “vice caché de la marchandise”, en quelque sorte, puisque le mari n’escomptait pas que l’intimité de l’épouse se dévoilant, elle ne fût pas vierge. Les magistrats ont parfois de l’humour, puisque le jugement a été rendu le 1er avril 2008.
Jusqu’à la révolution sexuelle des années 60, la sexualité était vécue dans le secret, et était peu valorisée pour elle-même par la société. Souvenons-nous de Georges Brassens et “des amoureux qui se bécotent sur les bancs publics”. Il y avait un mépris de la sexualité, diffusé par l’Eglise catholique dans les pays latins ou par le puritanisme protestant. Pour l’Eglise catholique, ce moralisme plus ou moins étouffant selon les époques est généralement vu comme un triomphe posthume de l’idéalisme platonicien sur le réalisme d’Aristote qui aurait contaminé l’Eglise. Chez les protestants, le puritanisme est apparu en Angleterre dès la Réforme, avec Calvin. Il puise ses fondements dans une interprétation particulière
de la Cité de Dieu, ouvrage majeur de saint Augustin qui a influencé toute la civilisation chrétienne occidentale. Le principe est dans l’idée que la loi civile doit coïncider avec les règles morales. La prohibition américaine de l’alcool au début du XXe siècle ressort de cette même option. Toujours est-il que globalement, la sexualité était honteuse, mais sa retenue même lui conférait une certaine beauté : fidélité, équilibre dans la complémentarité homme / femme, fécondité.
Parallèlement à cela, les objets étaient essentiellement utilitaires. On privilégiait une logique de réparation et d’usage jusqu’à épuisement. D’où les rémouleurs de couteaux ou les rempailleurs de fauteuils sur certains marchés. La révolution industrielle a sans doute infléchi puissamment ce rapport aux outils et aux biens de consommation. On peut d’ailleurs prolonger ce phénomène à l’agriculture, avec l’opposition entre la mise en jachère traditionnelle et la culture intensive. Le second mouvement de cette inversion entre utilité et esthétisme fut l’apparition en France des Arts Déco dans les années 20, en provenance de Suède. Puis surtout, il y a eu l’apparition de la société de consommation dans les années 50. Avec la logique de développement durable, nous revenons à un rapport à l’objet plus traditionnel : on se repasse les vêtements d’enfants, les poussettes, on recycle et
même on réutilise les téléphones portables. On répare les vieux vélos. Malgré tout, la culture du design reste très présente. L’enjeu majeur pour une marque est souvent l’apparence du produit davantage que sa robustesse. Et dans l’industrie, on prédit quelle pièce d’appareil va se casser en premier, de façon à ce qu’elle ne soit pas remplaçable, et même qu’elle se casse aussi tôt que possible. C’est très simple à faire techniquement. Cela va des lave-linges aux voitures. En fait, la marque vend du désir, le désir d’un objet esthétiquement parfait. Une ligne épurée, des couleurs étudiées, des clins d’oeil artistiques,… Il convient pour vendre une belle voiture ou un parfum de lui associer une femme fatale. Les hommes, eux, sont les faire-valoir des montres. Il y a donc un appel à la sexualité, et à une sexualité sale : la femme est une séductrice légèrement (ou pas) vêtue, qui croque les hommes les uns après les autres, en un mot une pute.
Nous ne pouvons pas mesurer combien la sexualité aujourd’hui est sale en comparaison avec il y a seulement 60 ans. Nous sommes tellement imprégnés d’impureté : vêtements sensuels, nudisme, pornographie, vagabondage sexuel, homosexualité assumée, échangisme, partouze, zoophilie,…Il n’y a guère que la pédophilie qui ne trouve pas grâce pour notre époque. Pourtant, à la fin des années 80, au Parti Socialiste, Jack Lang affirmait tranquillement : ” la sexualité puérile est un continent encore interdit, aux découvreurs du XXIe siècle d’en aborder les rivages.” (Magazine Gai Pied, 1991) Son camarade Frédéric Mitterand semble avoir repris officiellement l’étendard avec son livre “La Mauvaise vie”, publié en 2005.
Il y a donc un singulier contraste entre un désir de pureté que nous exprimons pour les objets et la morgue avec laquelle nous considérons la virginité. Ce combat se retrouve dans l’Eglise catholique par le truchement du militantisme pour le mariage des prêtres : cela va directement à l’encontre de la continence et de pureté qui leur sont demandées. Toutefois, comme il paraît que nous sommes toujours en retard d’un train sur les Etats-Unis, un changement va peut-être intervenir. En effet, il existe là-bas depuis quelques années un mouvement pour la promotion de la virginité chez les jeunes. Il s’agit de les inciter a se préserver pour leur futur conjoint. Ce mouvement va-t-il se transposer en France d’une manière ou d’une autre ?
Guillaume Désart
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“Nous sommes tellement imprégnés d’impureté : vêtements sensuels, nudisme, pornographie, vagabondage sexuel, homosexualité assumée, échangisme, partouze, zoophilie,…Il n’y a guère que la pédophilie qui ne trouve pas grâce pour notre époque.”
Je trouve cette phrase particulièrement choquante. Vous mettez sur le même plan des choses qui n’ont rien à voir entre elles…
Bonjour,
J’ignore si vous parlez, à la fin de votre article, de la pédagogie “Teen Star” qui a vu le jour dans les années 80 aux USA et qui s’est répandu un peu partout à travers le monde depuis.
Elle a connu un fort succès dans les milieux chrétiens, et est déjà appliqué en France dans plusieurs diocèses, avec enthousiasme.
Voir ici pour la présentation : http://teenstar.fr/presentation
et là pour les groupes en France : http://teenstar.fr/carte-de-france
Un article qui présente cette pédagogie : http://www.famillechretienne.fr/education/vie-affective-et-sexuelle/des-adultes-osent-parler-de-sexualite-avec-les-ados_t6_s27_d49644.html
Sinon, il est effectivement possible qu’on voit se lever des personnes revendiquant prochainement leur virginité. Le flot de pornographie ambiante à tous niveaux (media…) fait que certains deviennent des écœurés de cette sexualité à tout va, et ceci, sans se revendiquer d’une pratique religieuse particulière.
Sans aller jusqu’à l’excès de l’antisexualisme, mouvement qui gagne du terrain actuellement :
http://en.wikipedia.org/wiki/Antisexualism
“Nous sommes tellement imprégnés d’impureté : vêtements sensuels, nudisme, pornographie, vagabondage sexuel, homosexualité assumée, échangisme, partouze, zoophilie,…Il n’y a guère que la pédophilie qui ne trouve pas grâce pour notre époque.”
Je n’ose imaginer combien votre esprit est sale pour assimiler nudisme et zoophilie.
Votre croyance (perte volontaire de lucidité, d’humanité et d’intelligence au profit d’un dogme ayant assimilé le corps humain et ses organes de plaisir au mal absolu et réduit l’humanité à l’état de sous-animal, ceux-ci assumant parfaitement leur nudité comme leur sexualité) vous a réduit à un être reprochant à Dieu de l’avoir fait capable de plaisir.
Il est grand temps pour vous de retrouver le goût de vivre, ou du moins de cesser d’imposer votre amour de la mort (car elle seule vous libérera de cet organe reproducteur coupable de vous donner ce plaisir que vous haïssez) à ceux qui tentent de vivre selon l’entier de quoi Dieu les a pourvus.
Et quand vous rencontrerez Dieu, n’oubliez pas de lui reprocher de nous avoir faits à son image, à savoir dignes de plaisir.
@friendre
Avant de critiquer avec une certaine méchanceté les croyances de certains, il est bon de les connaitre … La Bible enseigne que la sexualité est bonne et que nous avons tous le droit d’en jouir mais seulement dans le contexte du mariage.
A ma connaissance, rien dans la Bible indique que le plaisir sexuel dans le cadre du mariage soit un péché, Paul dira même “Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord”.
Je suis assez d’accord avec cet article, mais j’aurais pour ma part conclu d’une autre manière. De la prohibition issue de l’influence néo-platonicienne à la débauche actuelle due à une société ayant abandonnée les valeurs judéo-chrétiennes, il faudrait revenir à un équilibre qui peut se déduire d’une juste compréhension de la morale biblique. La virginité est bonne et c’est une école enseignant la patience et la maîtrise de soi. Cependant il ne faut pas l’exalter outre-mesure. Le mariage est un état plus stable et gage de stabilité pour les couples, les familles et donc la nation. Les jeunes devraient être exhortés à ne pas s’adonner à la débauche, mais à se préparer sans tarder pour fonder une famille. Si les jeunes d’aujourd’hui étaient plus mâtures, n’étaient pas infantilisés et sous l’influence de pornographes sans vergogne, il n’y aurait pas tant de célibataires et de couples à la dérive. Un poison produit ses effets, une petite substance tue un grand individu robuste…Ainsi est la sexualité en dehors de toute morale: il tue la vraie vie, les vraies relations, l’amitié et l’amour !
La société occidentale doit se reprendre, et de toute urgence, mais ça ne se fera pas sans une conversion de la pensée, de l’âme, et du corps. Autrement dit, il faut se détourner absolument des valeurs idolâtriques et mortifères actuelles pour se tourner vers les valeurs pures et éternelles portées par le message évangélique.
Bonjour tout le monde,
Tout comme David, j’appuie le fait que en aucun cas la Bible ne limite la sexualité dans le mariage, il y a tout un chapitre dans la Bible, le fameux “cantiques de cantiques”, qui en gros va expliquer que l’amour ne consiste pas à tomber amoureux d’une personne et la “consommer”, mais se marier (=contrat) avec une seule personne et tomber amoureux de cette même personne jusqu’à la mort.
Pas de limitations de choses physiques à faire ou pas, on dit “position du missionnaire” mais c’est une dérive, le coup de ne pas mettre de préservatifs aussi, le fait qu’un prêtre ne puisse pas se marier , et croire que l’amour entre chrétiens est prônée platonique c’est oO
L’essentiel est que l’amour physique soit une traduction de l’amour fraternelle.
Libre à nous si on ne veut pas avoir une sexualité poussée ou ne pas se marier.
Je pense que l’église occidentale a dérivé en dehors de la Bible pour bricoler un peu ce qu’elle veut avec des valeurs humaines, qui hélas ont marqué les générations, tel que les exemples que vous citez, mais après en ce qui concerne les pubs de parfums et tout, n’oublions pas que ceux qui font ces genres de pubs sont assez gâtés pas leur argent…
Bonne continuation !
Je vais faire de la pub pour le livre d’une amie, Oh my God : http://www.decitre.fr/livres/Oh-my-God-Dieu-et-le-sexe.aspx/9782706708763
Il s’agit de la théologie du corps, développée surtout par le bienheureux Jean-Paul II. On voit là que la Bible n’a rien contre le plaisir, et qu’au contraire le plaisir sexuel des époux manifeste humainement le plaisir céleste des élus dans la béatitude céleste.
@Ghalloun
la Bible a été mise à l’index jusqu’au 19è siècle, à cause des écrits salaces qu’elle contient, et par ailleurs ma propre grand-mère n’a fait l’amour que le nombre d’oncles et de tantes que j’ai, elle était catholique et loin d’être une exception à son époque. Le sexe, c’est mal dans le catholicisme, même pendant le mariage. Faut arrêter de croire à autre chose qu’à la triste réalité…
cette fixation sur les musulmans est délirante n’est ce pas en israel que les mariages mixte sont interdit? nous sommes dans l’époque des moralisateurs sans morale.
@ Jean
“c’est mal dans le catholicisme”
oui mais attention à ne pas confondre chrétiens et catholique à la fois, il y a pleins de chrétiens qui ronchonnent sur ceux que font les catholiques, comme prier Marie (alors que dans la Bible on ne prie que Dieu) et tout ce tabou des plaisirs corporels.
Sinon je sais que c’est nul de faire des blagues maintenant mais “…que le nombre d’oncles et de tantes que j’ai” vous avez oublié votre propre mère/père mdr
Personnellement je pense que c’était à cause de deux choses :
1/ on ne voulait pas parler des plaisir corporels pour ne pas tenter les jeunes non-mariés à faire des choses avant le mariages, en gros on les infantilisait sans faire confiance en leur intelligence, en prenant leur cerveau pour une prune…
2/ par “antipéristase” c’est à dire faire l’inverse de ce que tout le monde fait : les chrétiens ne devaient pas faire ce que ne font pas les non-chrétiens, et donc avoir un amour platonique, ce qui est mathématiquement stupide puisque si Hitler mangeait, ça nous interdit de manger pour ne pas être comme lui =_= ?
Je suis heureux de participer sur ce site (malgré la manque de qualité des mes coms) et dans mon dernier message j’ai oublié de féliciter pour la petite analogie entre la virginité et la quête des objets tout nouveaux tout beaux.
Bonne continuation !