Eric Keslassy (photo) est sociologue et enseignant à l’IEP de Lille. Il a participé à un débat avec Guillaume Roquette, sur le communautarisme, ce qui a généré une réaction de la démographe Michèle Tribalat. Voici la réponse d’Eric Keslassy à cette réaction.
La lecture du commentaire de Michèle Tribalat m’a inspiré cette courte réponse. Il s’agit d’ailleurs davantage de préciser ma pensée – que le propos à la fois oral, spontané et contradictoire peut quelque peu déformer – que de contredire les éléments avancés par Michèle Tribalat.
Dans mon esprit, il n’est pas question de confondre les catégories populaires et les populations d’origine étrangère. Je me suis sans doute mal exprimé mais voici ce que je voulais mettre en avant : les personnes issues de l’immigration se trouvent en sur-représentation parmi les classes populaires par rapport à leur poids dans la population totale (souligné par l’auteur). Aussi, lorsqu’on décide de mettre en place une discrimination positive « socio-économique », à l’instar de ce que fait Sciences Po Paris avec ses Convention d’Education Prioritaire, on parvient facilement à les « toucher » sans jamais remettre en cause le pacte républicain. On aide ces « nouveaux Français » non parce qu’ils se revendiquent de telle ou telle communauté mais bien parce qu’ils appartiennent à la seule communauté reconnue par notre République : celle des citoyens. Il est donc possible – et selon moi, nécessaire – de lutter contre la reproduction sociale de l’ensemble de la classe populaire et, dans le même temps, de favoriser la « diversité ».
Concernant le poids des immigrés dans la population française, je ne connaissais pas la réponse adressée par Michèle Tribalat à l’article du Monde de 2009. J’en prends bonne note.
Il ne me paraît pas que nous ayons entretenu une quelconque confusion autour du regroupement familial. Avec Guillaume Roquette, nous évoquions celui qui s’est développé au milieu des années 70, consécutif aux migrations économiques qui se sont accélérées lors des Trente glorieuses. Que les raisons du regroupement familial se soient modifiées depuis – ce qui reste à démontrer – n’entrait pas dans le cadre de notre réflexion.
Pour ce qui concerne la détermination des établissements scolaires en ZEP, je me bornerai à faire remarquer qu’en toute rigueur le critère de la nationalité n’est pas un critère ethnique.
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