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Réponse à Michèle Tribalat par Eric Keslassy

31 juillet 2011, 12:11 Auteur : 3 commentaires

Eric Keslassy (photo) est sociologue et enseignant à l’IEP de Lille. Il a participé à un débat avec Guillaume Roquette, sur le communautarisme, ce qui a généré une réaction de la démographe Michèle Tribalat. Voici la réponse d’Eric Keslassy à cette réaction.

La lecture du commentaire de Michèle Tribalat m’a inspiré cette courte réponse. Il s’agit d’ailleurs davantage de préciser ma pensée – que le propos à la fois oral, spontané et contradictoire peut quelque peu déformer – que de contredire les éléments avancés par Michèle Tribalat.

Dans mon esprit, il n’est pas question de confondre les catégories populaires et les populations d’origine étrangère. Je me suis sans doute mal exprimé mais voici ce que je voulais mettre en avant : les personnes issues de l’immigration se trouvent en sur-représentation parmi les classes populaires par rapport à leur poids dans la population totale (souligné par l’auteur). Aussi, lorsqu’on décide de mettre en place une discrimination positive « socio-économique », à l’instar de ce que fait Sciences Po Paris avec ses Convention d’Education Prioritaire, on parvient facilement à les « toucher » sans jamais remettre en cause le pacte républicain. On aide ces « nouveaux Français » non parce qu’ils se revendiquent de telle ou telle communauté mais bien parce qu’ils appartiennent à la seule communauté reconnue par notre République : celle des citoyens. Il est donc possible – et selon moi, nécessaire – de lutter contre la reproduction sociale de l’ensemble de la classe populaire et, dans le même temps, de favoriser la « diversité ».

Concernant le poids des immigrés dans la population française, je ne connaissais pas la réponse adressée par Michèle Tribalat à l’article du Monde de 2009. J’en prends bonne note.

Il ne me paraît pas que nous ayons entretenu une quelconque confusion autour du regroupement familial. Avec Guillaume Roquette, nous évoquions celui qui s’est développé au milieu des années 70, consécutif aux migrations économiques qui se sont accélérées lors des Trente glorieuses. Que les raisons du regroupement familial se soient modifiées depuis – ce qui reste à démontrer – n’entrait pas dans le cadre de notre réflexion.

Pour ce qui concerne la détermination des établissements scolaires en ZEP, je me bornerai à faire remarquer qu’en toute rigueur le critère de la nationalité n’est pas un critère ethnique.

Categories : Laïcité

3 commentaires

  1. Jean dit :

    Juste un mot sur cette expression “issu de l’immigration”, que tous les antiracistes utilisent avec bonne conscience alors qu’ils stigmatisent ainsi des populations noires et arabes qui ne seraient pas françaises, mais indéfiniment “issues de l’immigration”. Car on ne fait jamais référence aux asiatiques ou aux Roumains, Polonais ou autres immigrés venant d’Europe de l’Est, mais toujours aux personnes d’origine africaine. Je l’ai dit à Dominique Sopo sur RMC, qui a nié cela en prétextant que “issu de l’immigration” n’était pas une race, je me demande qui le croit encore à part les quelques centaines de membres de son association et les politiques qui la subventionnent pour avoir bonne conscience. Je précise qu’une variante de cette expression est “issu de la diversité”, qui sonne bien mais qui est encore plus faux-cul, les non-noirs et non-arabes n’en seraient donc pas issus, de la diversité ?

  2. Tribalat dit :

    Les conventions d’éducation prioritaire ne sont pas passées avec tous les établissements comprenant un public appartenant massivement aux catégories populaires mais avec certains d’entre eux (voir remarque sur les ZEP). Ce qui encore une fois peut se justifier mais n’est pas neutre. Lors de la rédaction de la circulaire ZEP en 1981, il n’était absolument pas concevable d’employer, ni même de songer à employer, une autre catégorie que celle d’étrangers et pourtant le recueil de la nationalité par l’éducation nationale était loin de correspondre à ce qu’il prétendait nommer. Mais vous avez raison, disons que la conception des ZEP avait tendance à privilégier les enfants “étrangers”, ce qui ne rend pas plus neutre la procédure de sélection.

    La migration familiale a bel et bien changé et cela a été prouvé. Xavier Thierry (Ined) a écrit sur le sujet et moi aussi.
    J’ai notamment étudié qui étaient les Français rejoints dans le cadre de la procédure “conjoint de français” d’après l’enquête “Parcours de migrants” de la DREES réalisée en 2006 (le poste “famille de français” est le poste le plus important dans les flux familiaux). Ces conjoints sont à 60 % immigrés ou enfants d’immigrés. Une partie importante des mariages dits mixtes à l’état civil correspond à ce type de migration (mon estimation : en 2006, 46 % des mariages mixtes d’après la nationalité enregistrés en France et 56 % de ceux enregistrés à l’étranger et retranscrits à l’état-civil) .
    Cette mutation peut se déduire, même sans étude approfondie, de ce que sont devenus les flux d’immigration après la suspension du recrutement de travailleurs en 1974. L’ONI (Office national de l’immigration) d’alors n’enregistrait d’ailleurs pas le sexe du conjoint. Il allait de soi que le conjoint ne pouvait être qu’une femme. L’étude des chiffres, année après année, avait attiré mon attention sur un déplacement dans l’âge des conjoints que j’ai attribué à l’apparition en nombre, que l’on ne pouvait plus négliger, d’hommes parmi les conjoints. Ce qui m’a amenée à demander à l’ONI d’enregistrer le sexe du conjoint, ce qui a fini par se faire.
    Le maintien en grand nombre d’entrées familiales, après que l’immigration économique a été tellement réduite, laissait supposer que le facteur d’appel n’était plus la migration économique, mais bel et bien la migration familiale : migrants enfants notamment. Ces migrations sont nombreuses dans le courant turc : les hommes sont venus souvent mariés et ont donc fait venir des familles déjà en partie constituées à l’étranger, et donc des enfants qui aujourd’hui se marient en Turquie. Ces migrations sont également liées à la constitution de familles en France lorsque ce sont les enfants d’immigrés (nés en France) qui se marient avec un(e) (ex)compatriote de leurs parents. Environ 40 % des hommes et 50 % des femmes, enfants de deux parents immigrés du Maghreb se marient (premier mariage) avec un(e) immigré(e). C’est le cas de 80 % des filles de deux parents immigrés de Turquie. Ces proportions sont bien plus fortes encore pour ceux qui sont venus en France dans leur enfance (Enquête Trajectoires et origines, Ined-Insee, 2008). Cette extension du marché matrimonial aux pays d’origine des parents suscite des flux importants, ce qu’on appelle en anglais “marriage migration”.

  3. grosdada dit :

    Bonjour,

    On va dire “et de n, n étant un entier naturel chaque fois plus grand” ….

    “Et de n”, un autre qui parle de ce qu’il ne connait pas, et “précise sa pensée ..”, c’est délicieux, comme l’examinateur qui dit à l’élève en perdition qui frime : précisez votre pensée … ARF !!!

    “Et de n”, un autre qui visiblement n’a fait aucune fiche de lecture des ouvrages, articles et débats existant sur le thème. Quelle utilité me direz vous. Mais celle de produire du neuf et/ou de l’original. De monter qu’on pense quoi.

    Bref, pour touts les pathé-marconi il faut rappeler que le programme relatif au discours sur l’immigration en France comprend, de façon non exclusive, les livres de Mesdames TRIBALAT et SOREL, ainsi que les débats publics à l’assemblée nationale et au sénat.

    Tout élément laissant apparaître au jury des lecteurs un manque de connaissance des éléments du programme ou un manque de recul argumenté vis à vis de ceux-ci sera lourdement sanctionné.

    Sur un sujet aussi sensible, le jury prend en compte la propreté, la clarté et la qualité logique des arguments.

    Aussi tout discours de type journalistique ou idéologique, et le jury précise que ce terme renvoie à la définition donnée par Mr Boudon, sera sévèrement sanctionné.

    Voyez vous enfin revenir les éléphants ? Ceux de Prévert. Il viennent reprendre l’ivoire des boules de billard.

    Je veux dire par là que la liberté d’expression implique sans doute la liberté de dire des conneries. D’accord. Mais quelques humanités feront respecter ce principe d’Alain : penser implique de bien penser. Et par là il entendait produire un raisonnement argumenté. Alors on aura la liberté d’Expression, avec un E majuscule.

    Le reste, c’est du beurre rance !! Et qu’on veut nous faire manger en plus !!.

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