Récemment, dans un extrait présenté sur Enquête et débat du magazine L’Ere Nouvelle, Pierre Lexert a fait part de son grand coup de gueule contre ce qu’il estime apparemment être une abomination suprême. Qu’est-ce donc ? Le massacre des chrétiens au Nigeria ? La persistance d’une dictature stalinienne en Corée du Nord ? La montée du terrorisme islamique ? Que nenni, ce qui révulse tant le monsieur, c’est la condition dégradante de la femme durant… durant… Qui a dit le Moyen Age chrétien ? Gagné ! Si certains pensaient encore que ce n’est pas à la mode de cracher sur le christianisme tout en ménageant l’islam, ils devraient en être convaincu. !
Ce qui est intéressant dans cet article, c’est qu’il compile à peu près l’ensemble des clichés, commérages, et autres mensonges propagés à l’encontre du christianisme et de l’église catholique notamment depuis maintenant plus de deux siècles. Le bonhomme commence fort en traitant un sujet des plus sensibles avec la délicatesse d’un catcheur bourré, la pédophilie. Évidemment, rien de plus facile pour attaquer l’Église catholique que de servir à foison des scandales de pédophilie qui ont éclaté ces dernières années, sans pour autant d’ailleurs que l’on compatisse un tant soit peu pour les victimes (à aucun moment Lexert ne parle des victimes elles-mêmes) ni que l’on se demande ne fut-ce qu’un moment pourquoi seuls des affaires impliquant cette Église sont si médiatisées, comme s’il n’y avait jamais eu aucune affaire de ce type dans les mondes protestant, juif, musulman, athée et franc-maçon. Mais lui va plus loin et affirme doctement que le Pape était au courant de tout depuis longtemps et que ses excuses ne valent rien. Comme ça, sans aucune preuve ni témoignage, gratuitement. C’est ce qui s’appelle du procès d’intention. Du reste, si monsieur Lexert était un tant soi peu honnête et analysait le sujet avec discernement, il se rendrait compte qu’il est tout à fait possible qu’un chef d’église ou d’état (le Vatican étant un état) puisse ne pas être au courant de faits commis par certains de ses subordonnés, à fortiori quand ces faits se sont déroulés fort loin. Le Président de la République est-il forcément au courant de tous les actes de corruption commis par des fonctionnaires d’Etat ? J’en doute ! Notre ami en profite pour amalgamer Benoit XVI à Hitler, ça ne coûte rien et c’est toujours ça de pris pour diaboliser. Benoit XVI-Hitler même combat, en plus le Pape est Allemand, c’est un signe non ? Et tant pis pour les chrétiens exterminés par Hitler (Bernard Lichtenberg, Alfred Delp, Jakob Kaiser, Franz Reinisch, Jozef Metzger, les membres de la Rose Blanche…). Un pape tout puissant pouvant contrôler toute son église jusque dans la plus humble église de Patagonie et génie du mal protégeant tous les pédophiles de la planète, on dirait un sous-James Bond tel qu’on en voyait dans les années 1970, revu et corrigé par Dan Brown !
Une fois cette mise en bouche effectuée, le sieur Lexert attaque directement son sujet en posant d’emblée son constat : durant tout le Moyen-Age chrétien, les femmes ont été brimées, spoliées, exploitées, maltraitées, persécutées, bref traitées comme moins que rien par les hommes en général et l’Église catholique en particulier. Le bonhomme se proclame donc historien, même si on devine très rapidement que lui est autant historien que moi-même suis ingénieur-chimiste ! En gros, il ne fait que reprendre les images d’Épinal largement répandues dans les médias dominants et que l’on pourrait croire sorti du « Nom de la rose » de Jean-jacques Annaud. Les méchants prêtres et évêques et torturant et brûlant avec sadisme les gentilles et innocentes sorcières pour mieux dévaloriser la femme dans la société et pour… pourquoi au juste ? Il doit bien y avoir une quelconque raison un temps soit peu logique à tant d’horreurs perpétrées, non ? Eh bien non, pas pour Lexert qui nous affirme doctement que l’Église était catholique et très vilaine et basta, que ça nous plaise ou non ! Il n’avance absolument aucune raison, aucun objectif un minimum crédible à une telle débauche de cruauté. J’avoue avoir été un brin déçu, m’attendant à retrouver une nouvelle théorie complotiste sur une Église toute puissante et richissime s’efforçant de préserver à tout prix son pouvoir en manipulant les foules (dans la version modernisée, c’est la même chose avec les Juifs et les Américains qui persécutent les pauvres musulmans sur toute la planète, dixit Thierry Messan et Alain Soral !). Bien sûr, les faits sont un tantinet différents. Si monsieur Lexert avait bien voulu se donner la peine de s’instruire un minimum sur le sujet et qu’il était un tant soi peu honnête, il saurait qu’il n’y eut pas beaucoup d’exécutions commises par l’inquisition, à peine 10 000 environ sur plus de trois siècles (à comparer aux plus de 20 000 guillotinés de la terreur révolutionnaire dont Lexert doit être un fervent adepte), que les procès étaient le plus souvent réguliers, avec défenseur et déposition de preuves et de témoins, la torture très peu pratiquée et, dans l’ensemble, les juridictions de l’inquisition (puisqu’il s’agit de ça) étaient nettement plus juste que nombre de juridictions temporelles de cette époque et, à fortiori, que celles des peuples barbares païens. En ce qui concerne le statut des femmes dans la société médiévale, j’invite prestement l’énergumène à consulter l’ouvrage de Régine Pernoud (médiéviste renommée et femme !) « La femme au temps des cathédrales » dans lequel il apprendrait notamment que le mariage chrétien instauré par l’ Église a promulgué une égalité entre époux inédite à cette époque, que cette même église a nettement favorisé le libre consentement des époux au détriment de l’approbation parentale et ce dès le VIIe siècle, que c’est la civilisation franque qui apporta les premiers éléments favorables aux femmes comme l’interdiction pour un mari de la tuer sans raison, que l’inceste était alors combattu beaucoup plus ardemment que le divorce par l’église, que la femme médiévale séparée recouvrait l’administration de ses biens et la libre disposition (ce qui ne sera plus aux Temps Modernes), que si la femme mariée devait apporter une dot, l’homme devait de son côté apporter un douaire, que la liberté des époux devait connaître une régression à partir du XVIe siècle avec le retour en grâce du droit romain et l’affirmation des pouvoirs royaux laïcs, surtout en France, enfin que la place des femmes dans les transactions commerciales fut beaucoup plus importante aux Xe-XIe siècle qu’au XIXe après le code Napoléon. Mais tout cela, il doit l’ignorer ou feindre de l’ignorer.
Le pseudo-historien Lexert finit en apothéose et achève de se décrédibiliser totalement en citant une liste de victimes célèbres des tribunaux ecclésiastiques que sont les Templiers (pourtant jugés et condamnés par le pouvoir séculiers de Philippe Le bel sans que l’ Église n’intervienne), Gilles de Rai (un assassin d’enfants bien coupable et le plus grand tueur en série de l’histoire de France), le curé de Loudun (un personnage trouble et dont l’innocence n’est pas prouvée). Reste l’affaire Calas, une erreur judiciaire regrettable, mais la République laïque en a commis également (notamment emprisonnement du frère Léotade et l’exécution de l’abbé Bruneau) comme tous les systèmes judiciaires du monde jusqu’à aujourd’hui. Bref du grand-guignol bien dans la continuité de ce qui a précédé. Lexert en profite pour faire l’apologie du féminisme le plus haineux et de la misandrie la plus crasse. Ah qu’il est bon de dévaloriser les hommes et de survaloriser les femmes, d’aller dans le sens du vent et du politiquement correct ! Mossieur Lexert semble regretter un monde qui serait dirigée par des femmes et conspuer toute l’œuvre accomplie par les hommes tout au long de l’histoire (ce faisant, il s’insulte lui-même, en plus de l’ignorance, il doit être adepte du masochisme !). On lui rappellera que tout au long de l’histoire, l’immense majorité des savants, inventeurs, artistes, bref, de toutes les personnalités qui ont fait progressé l’humanité furent des hommes, que seuls des régimes politiques dirigés par des hommes sont arrivés au faîte de leur puissance et que ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard ! Du reste, si Lexert cherche à plaire à son lectorat féminin (voire tout simplement aux femmes) par ces diatribes, je doute qu’il y parvienne (sauf peut être avec la vieille garde des féministes haineuses et hystériques complètement décrépies), de plus en plus de femmes revenant tout doucement du totalitarisme féministe intrinsèquement haineux et destructeur qui fit tant de mal à notre société (délitement de la cellule familiale, destruction des relations homme-femme, meurtres de masse des enfants à naître, multiplication des fausses accusations de viol contre des hommes dont certaines hélas furent prises en compte), notamment les femmes chrétiennes ferventes. Et pour conclure, il déplore de manière pathétique (dans tous les sens du terme) que les historiens n’osent pas dénoncer cette situation imaginaire d’il y a plusieurs siècles. Sans doute parce qu’ils sont tous contrôlés par le tout-puissant Vatican maître du monde comme chacun sait. Ou bien, plus simplement parce que ce sont précisément des historiens, qu’ils savent très bien que cet exposé des faits ne correspond aucunement à la réalité médiévale, que de plus, quand on étudie l’histoire, surtout lointaine, on recherche, on analyse, on s’interroge, on reste humble, on ne se permet pas de juger d’un point de vue moral et selon des critères contemporaines gauchistes et droitdel’hommistes !
Enfin, on attend que le sieur Lexert, du haut de sa grandeur morale, dénonce avec autant de force et de virulence les différentes persécutions des chrétiens à travers les âges, que ce soit pendant la Révolution Française (massacres de prêtres, viols de religieuse, extermination de populations catholiques en Vendée, noyades de Nantes, guillotinade de masse sans procès) ou durant les régimes nazis et communistes, voire encore aujourd’hui dans les derniers communistes ou post-communistes (Chine, Vietnam, Corée du Nord, Cuba) ou les pays musulmans (à peu près tous). Mais là , quelque chose me dit que l’on peut attendre encore longtemps et que l’on pique-niquera sur Mars bien avant cela. Sans doute Mossieur Lexert s’en moque-t-il bien de cela. Ou bien peut être qu’il l’approuve.
Florent
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Le monsieur devrait se demander pourquoi, lors du mariage chrétien, l’on demande le consentement et l’engagement devant Dieu, des deux époux…
« Les femmes régnaient alors, la Révolution les a détrônées. »
(Élisabeth Vigée Le Brun)
Quelle valeur possède donc une réponse anonyme ?
Anonyme? L’article est signé!
Ha ha ha ! Excellent! Bravo! On en veut d’autres!
Il ne manque plus que les références des ouvrages d’histoire idoines.