Voici ma réponse à une critique d’un ami d’extrême-gauche qui m’a dit un jour qu’il trouvait que le site Enquête & Débat “avait des tendances d’extrême-droite”.
Ce qui m’a juste légèrement asticoté, c’est que tu me donnes un conseil d’ami justement, en reprenant les poncifs habituels de notre monde qui colle des étiquettes juste parce qu’on voit que j’ai interviewé Jean-Marie le Pen ou Jean-Yves le Gallou. Or, si on regarde les faits :
- on est un site qui a organisé à ce jour une quarantaine de débats contradictoires sur une quarantaine de thèmes, avec 70 débatteurs différents, de gauche, de droite, d’extrême-gauche, d’extrême-droite, cathos, paiens, libéraux, anti-mondialistes, anarchistes, étatistes, royalistes, laïques, scientifiques, artistes, etc., dans des conditions d’argumentation et de neutralité du débat uniques et exceptionnelles, or le débat est la condition de la démocratie, de l’ouverture d’esprit, de l’esprit critique, ce qui est le contraire de l’extrême-droite.
- on a interviewé plus d’une centaine de personnes, dont très peu issues de l’extrême-droite, par contre beaucoup de personnalités de gauche et d’extrême-gauche ont refusé notre invitation
- nous tapons très fort (et c’est réciproque) sur le FN, Soral, Blanrue, Gollnisch, Abed, Spieler, Ryssen, Synthèse nationale, les cathos tradis (Civitas) etc., Marine le Pen refuse toute interview de ma part, Spieler m’a traité de “vilain cafard juif” dans Rivarol, or tous ces gens sont classés à l’extrême-droite
- nous tapons encore plus fort sur ce que j’appelle la nouvelle extrême-droite, à savoir l’oligarchie au pouvoir depuis 30 ans, qui racialise le discours (antiracisme, apologie du métissage, de la discrimination positive, des origines, etc.), qui interdit la liberté d’expression et le véritable débat, qui nie le vote et la représentation nationale (via l’Union européenne, l’absence de proportionnelle, les 500 signatures et leur publication, etc.), et qui soutient l’intégrisme religieux (lois mémorielles d’une part, islamisation d’autre part).
- en fait, le seul véritable argument, que tu reprends d’ailleurs entièrement à ton compte et qui te dérange personnellement, c’est la critique de l’islam en général, et nos bonnes relations avec Freysinger, Wilders, et Riposte laïque, en particulier. Et là on retombe sur notre controverse habituelle.
Là où tu as raison, c’est que cette critique d’une religion est pour l’instant assimilée à de l’extrême-droite, puisque les grands médias (y compris et surtout C+) et les grands partis (UMPS, Verts, NPA et cie, quant au FN il n’est pas clair sur le sujet, comme sur tous les sujets) martèlent cet amalgame critique de l’islam = islamophobie = méchant, vilain, extrême-droite et que ça finit par rentrer dans la tête des gens.
Là où tu as tort, c’est qu’on peut critiquer l’islam sans critiquer les musulmans, tout comme on peut critiquer le judaïsme sans critique les juifs, tout comme on peut critiquer le catholicisme sans critiquer les chrétiens. On le sait depuis les Lumières, mais apparemment tout le monde l’a oublié. On peut théoriquement même aller plus loin, puisqu’on peut critiquer l’homosexualité sans critiquer les homosexuels (cf procès Vanneste, qui démontre que là aussi les gens n’ont pas intégré cela), on peut critiquer ce qu’on considère comme un mal (si on est athée) ou un péché (si on est religieux) sans critiquer celui qui fait le mal en question ou le pêcheur. Mais les musulmans étant les premières victimes de l’islam, il est islamophobe de ne pas critiquer l’islam, en réalité.
Là où tu as doublement tort, c’est que l’islam donne moins de 1% de gens éclairés (les soufis et quelques sunnites ou chiites comme ceux à qui je donne la parole dans Entre la haine et l’espoir, ce qui est dit dans les médias arabes et iraniens), animés par une volonté de recherche (scientifique, littéraire, artistique, etc.), par le développement d’un capitalisme éclairé, par le fait de tendre vers une laïcité bien comprise, une relative égalité homme-femme, des droits de l’homme minimum, une séparation du religieux et du politique, un droit d’apostasie donc une liberté de conscience, etc. etc. etc. Le reste, excuse-moi du peu, ne tend pas vers cela mais vers la source de l’islam, à savoir Coran + Mahomet. Je t’invite vraiment à lire les textes, à lire le Coran, à lire la vie de Mahomet, et de me dire en quoi ça peut donner une civilisation éclairée. On juge un arbre à ses fruits : qu’a inventé l’islam en 1400 ans ? Le 0 ? C’est pas eux, ce sont les Indiens. Les chiffres arabes ? C’est pas eux non plus, puisque ce sont aussi les Indiens. Et ce ne sont pas les dernières élections en Tunisie ou au Maroc qui vont me contredire.
Les musulmans en France qui ne foutent pas le bordel et qui sont majoritaires pour l’instant, je te l’accorde, sont des musulmans acculturés aux valeurs occidentales et françaises. Dès que les valeurs de l’islam prennent le dessus, dans des quartiers communautarisés à outrance, ou avec une immigration musulmane concentrée et récente, le système islamique reprend ses droits, et c’est l’obscurantisme le plus total qui règne inévitablement.
Puisque le but de l’islam est l’application de la charia, c’est-à -dire le système le plus répressif et qui, s’il était véritablement appliqué, mènerait inexorablement à la mort ou à la folie, puisque ce but est clairement d’extrême-droite (homophobie, misogynie, antisémitisme, xénophobie, esclavage, etc.), alors il est un devoir de le critiquer, et de demander son abrogation pure et simple, ou au mieux sa réforme profonde.
Et justement, comprendre que l’islam a toutes les caractéristiques de l’extrême-droite, c’est comprendre pourquoi un site comme le nôtre, qui lutte contre l’extrême-droite sous toutes ses formes, et pour la liberté d’expression, ne peut que le critiquer.
Cela dit comme les gens ne sont pas prêts, on a mis la pédale douce, et on va parler d’autres choses, sauf gros événements (incendie de Charlie Hebdo et autres joyeusetés).
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“Là où tu as tort, c’est qu’on peut critiquer l’islam sans critiquer les musulmans, tout comme on peut critiquer le judaïsme sans critique les juifs, tout comme on peut critiquer le catholicisme sans critiquer les chrétiens.”
Phrase politiquement correcte mais complètement fausse dans le fond: à partir du moment où la liberté religieuse est assurée, les musulmans deviennent librement adeptes de l’islam, les juifs librement adeptes du judaïsme, etc.
Et donc en critiquant islam ou judaïsme pour leurs valeurs morales plutôt basées sur la discrimination et le racisme religieux, voire sur l’antisémitisme et la chritianophobie dans le cas de l’islam, alors cela signifie que les adeptes libres de ces superstitions partagent en eux ces valeurs d’intolérances religieuses.
Pour résumer, en critiquant le nazisme, on critique bien les nazis. Et bien c’est idem avec judaïsme et Islam.
” Les musulmans en France qui ne foutent pas le bordel et qui sont majoritaires pour l’instant, je te l’accorde, sont des musulmans acculturés aux valeurs occidentales et françaises. Dès que les valeurs de l’islam prennent le dessus, dans des quartiers communautarisés à outrance, ou avec une immigration musulmane concentrée et récente, le système islamique reprend ses droits, et c’est l’obscurantisme le plus total qui règne inévitablement.”
Certes, mais les quartiers communautarisés à outrance sont des banlieues HLM, enfin des cités. Prenez l’exemple des centres-villes, à part des conflits de voisinages, ou bon des actes relatifs à de la violence gratuite ( agréssion, vol, vandalisme) vous n’avez pas de problêmes culturels entre habitants.
Les musulmans arabes ne peuvent pas être antisémites puisqu’ils sont sémites. L’islam est d’ailleurs une religion typiquement sémite.
@ Herbert
Mais tout le monde sait que le mot que vous évoquez ici a été inventé par le fameux judéophobe Wilhelm Marr pour désigner le rejet des seuls juifs (et pas des sémites en général). Le seul antisémite selon votre terminologie serait Renan (anti-juif et anti-arabe). Taguieff pense que le terme de judéophobie est ceci dit plus adapté et je partage son avis.
“Mais les musulmans étant les premières victimes de l’islam, il est islamophobe de ne pas critiquer l’islam, en réalité.”
Beaucoup d’islamophobe, comme moi, appellent islamophobie la critique de l’islam, pas celle des musulmans, à qui je ne conteste pas le droit de l’être (du moins tant que leur existence même n’est pas un obstacle à la liberté de conscience, ce qui est un autre débat).
On n’a pas à aimer l’islam, la liberté de conscience permet de faire le choix inverse.
Je dirais même que c’est difficile à éviter quand on connaît un peu le Coran et la vie de Mohamed.
L’islamophobie est le miroir de l’islamisme, plus exactement du succès de ce dernier.
Si le discours islamiste ne rencontrait aucun succès chez les musulmans, l’islamophobie serait inexistante.
L’islamophobie n’est donc pas un problème, elle est une réverbération d’un problème.
L’extrême gravité du défi posé par l’islamisme se traduit finalement fort peu dans l’islamophobie, dont on peut donc penser qu’elle connaîtra une explosion quand sautera le couvercle de l’intimidation et du déni des faits, c’est-à -dire l’ampleur des souffrances causées par l’islamisme.
Par ailleurs le fait que les musulmans soient les victimes de l’islamisme ne les fonde pas à nous interdire de critiquer ce phénomène. Nous ne pouvons éviter de compatirm encore moins de craindre de les rejoindre dans leur malheur.
Enfin il est choquant de culpabiliser les islamophobe pour établir un lien entre islam et islamisme, alors que ce lien est établi par les islamistes, des musulmans, et que nous ne faisons que constater la terrible efficacité de leur discours.
Bravo pour votre article!!
Je disais donc toutes mes félicitatons pour votre article!
Je suis un jeune catholique(et oui cela arrive!).Et je suis entièrement,d’accord avec vous,la critique est salutaire et je dirais même plus(je cite les duponds ,il faut sourire de temps en temps!) l’autocritique est nécessaire!!
Quand je vois des journeaux qui critique l’église ou le pape (comme charlie hebdo et bien d’autre) que voulez vous même si je ne suis pas d’accord avec leures pensées et que je trouve cela choquant(dessins du pape avec god dans les fesse pour être poli ou autre dessins scabreux!ou si on les écoute tout les prêtre serai pédophiles etc… j’en passe des pires et des meilleures comme dirai l’autre!) je doits respecter le faite qu’il défende leures opinions(tant qu’il ne me l’impose pas par la violence ou d’autre moyens!!!).
Par contre je constate qu’il y a aucune possibilité de dialogue autour de l’islam ou avec une grande parti des musulmans!
De mon côté j’ai lu les livre de différend courant de pensée(donc le coran et les hadiths)et je me suis fait ma propre opinion!
Ce que je ne comprend pas (peut être des personnes musulmanes pourrons me renseigner?) c’est qu’il n’existe pas d’autocrique en islam du moin je n’ai pas connaissance de réel mouvement remettant en cause le comportement violent et expensioniste de l’islam.
Peut de gens le savent mais par exemple l’église la fait et reconnu qu’elle a pêché en commétant des actes odieux(qui ne sont nullement revendiquer dans l’évangile) elle a reconnu sa responsabilité dans l’avenement de l’antisémitisme(ou judéophobie comme vous le voudrez),d’ou vatican 2 et le travail continue encore!
Par exemple que les gens s’insurgent contre la présence de lepen au second tour c’est bien,qu’il y est des manifestation contre Israel(c’est leur opinions) mais par contre,aucun mouvement d’ampleur contre le terrorisme,contre la situation des minoritées (je pense au chrétiens,juifs,homosexuels,athés,ceux qui change de religions etc…)en terre d’islam.
Alors je me pose des questions ,si les musulmans modérés de France(qui semblerai nombreux,enfin c’est ce que tout le monde dit) ne manifeste pas avec ampleur chez nous contre tout cela et ne réclame pas un réel travail en profondeur sur leur religion,serait-ce parcequ’ils aquiètent à ces pratiques?
Car qui ne dit mots conscent,non?
Rassurez nous s’il vous plaît
Ce qui est incontournable, c’est que vous faites honneur à votre métier, tant par votre courage que votre persévérance. Vous faites honneur à la démocratie en créant et animant cet espace et d’autres, car comme vous le dites fort justement, seul le débat vrai est source de progrès.
Concernant l’Islam qui semble occuper un part plus importante qu’il ne devrait a priori, je crois qu’une confusion existe (et est entretenue) entre les aspects religieux et politiques de l’Islam et ses déclinaisons communautaristes. Beaucoup remarquent que les deux se développent de pair, y compris chez ceux qui étaient jusqu’ici intégrés au corpus social. La raison en est toute simple: il y a aujourd’hui en France un bénéfice clair, qu’il soit économique, social ou légal à être musulman et a fortiori, musulman membre d’une communauté définie. C’est la mise en oeuvre de politiques spécifiques à cet endroit qui en sont à l’origine. Comment dès lors reprocher à ceux qui peuvent en bénéficier de ne pas sacrifier au rythes nécessaires à en profiter? Je crois moins au développement de l’Islam en France qu’à la recherche d’un profit que l’appartenance revendiquée à celui-ci procure.
Le reste est au fond parfaitement secondaire. C’est dans l’origine de la mise en oeuvre de telles politiques et qui les a déterminées et au nom de quoi qu’il faut chercher l’origine de ce qui est aujourd’hui un des facteurs essentiels d’un possible déséquilibre de la société. On retrouve les mêmes méthodes concernant à peu près toutes les minorités, i.e. toutes les partitions possibles du corpus social selon des fractures identitaires, en particulier quand elles sont marginales, c’est à dire qu’un certain nombre d’individus au sein de la sous-partition ainsi déterminée peut se revendiquer socialement comme réduit à la seule expression de ce particularisme. Une fois établie cette première partition de “reconnaissance”, apparaissent comme par miracle tout un tas d’associations et ONG, souvent financées sur fonds publics (français ou étrangers) qui servent de courroie de transmission pour des revendications “spécifiques” dont le but ultime est double: d’un côté la promotion d’un cortex propre de “valeurs définissantes” de ce groupe (souvent plus proche du prozélitisme que de la sensibilisation) et de l’autre la pénalisation de toute mise en cause des dites valeurs ou du groupe en tant que promoteur de ces valeurs. Ainsi cette sous-partition atteint au statut officiel de minorité reconnue, médiatiquement incontournable et politiquement active à promouvoir des avantages propres à ce statut. Le reste suit.
Ce dont il s’agit là est simplement une forme insidieuse de multiculturalisme qui impose un millefeuille de “valeurs” dont toutes seraient également valables, en particulier en ce qu’elles s’imposent à la société dans son ensemble. Inutile d’en dire davantage, tout le monde a des exemples en tête.
Ce qui est autrement important est de comprendre d’où celà vient, qui en fait activement la promotion et à quelle fin? Quels sont les enjeux et les acteurs de cette destruction savament programmée de la seule véritable exception Française, en tout cas Européenne: la société laïque et ouverte? Qui pousse en ce sens tout en privant jour après jour les mêmes peuples européens de leurs droits les plus élémentaires? Qui peut réussir à nous imposer de fait une norme religieuse pour notre nourriture collective, mais nous interdire de consommer le fromage du petit faiseur local? Qui a intérêt à promouvoir des élites déculturées et ignorantes de la France (pour ne pas dire méprisantes d’elle) pour la diriger? Voilà la vraie question et finalement la seule qui compte si on veut pouvoir s’opposer à ce mouvement qu’on essaie de rendre ineluctable.
C’est d’ailleurs le propre de tous les totalitaristes, quelle que soit leur profession déclarée, que de vouloir mettre en place des systèmes dont on ne peut sortir.
@simple citoyen
merci pour ce commentaire de qualité, que je partage entièrement.