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Un débat sur l’avortement… avorté !

14 février 2011, 14:17 Auteur : Jean 34 commentaires

Voilà plus de 35 ans qu’il n’y a pas eu, en France, de débat public sur l’avortement. En effet depuis le vote de la loi Veil en 1975, nous sommes passés d’une interdiction de débat par les anti-avortements, à une interdiction de débat par les pro-avortements ! Enquête & Débat pensait être parvenu à mettre un terme à cette absence de débat sur l’avortement, sujet ô combien important pourtant, hélas, c’est le débat qui a avorté par interruption volontaire de l’une des deux parties.

Anne Zélenski (photo, DR), féministe historique, compagnon de route de Simone de Beauvoir avec qui elle a fondé la Ligue du Droit des Femmes, initiatrice du Manifeste des 343 salopes pour un avortement libre et gratuit, avait d’abord accepté de débattre avec Philippe Isnard, professeur suspendu 4 mois de l’Éducation nationale pour avoir projeté à ses élèves des images d’un avortement. Hélas, Mme Zélenski vient de nous apprendre qu’elle revenait sur sa décision, et elle nous demande de publier l’article ci-dessous où elle donne ses raisons.
Bien que nous les respections, nous sommes évidemment très déçus car dans notre esprit, et quoi que l’on pense de l’avortement, ne pas en débattre sous prétexte que la loi a tranché est contraire à l’idée que nous nous faisons de la liberté d’expression et de la démocratie.

Nous profitons de cette occasion pour lancer un appel à un(e) défenseur(e) historique (ou pas) du droit à l’avortement en France qui serait légitime pour débattre de ce sujet avec M. Isnard, qu’il ou elle se manifeste auprès de nous, nous organiserons évidemment ce débat dans les conditions habituelles, c’est-à-dire neutre et impartiale, sans animateur, sans montage et sans public. En attendant voici la lettre de Mme Zélenski, si M. Isnard veut y répondre, nos colonnes lui sont ouvertes.

“Pourquoi je ne débats pas avec Philippe Isnard.

J’avais accepté un débat avec Philippe Isnard, le professeur suspendu 4 mois pour avoir fait du prosélytisme anti IVG dans sa classe. Je m’étais engagée très à la légère, je l’avoue, abusée par cette idée généreuse, mais fausse selon laquelle on peut discuter de tout avec tout le monde. Non, on peut discuter de tout, mais pas avec tout le monde. Quand j’ai lu une interview de ce monsieur, j’ai compris qu’on allait à l’empoignade, qu’entre nous, il n’y avait aucun terrain d’accord. Pour débattre, il faut des points de convergence. C’était le cas il y a quelques années quand j’ai accepté de participer à un débat organisé par des catholiques sur le thème de la pornographie. Au delà de nos divergences sur l’avortement, nous avions un objectif commun : interpeller l’invasion des images porno dans le domaine public. Nous cherchions la coïncidence, pas l’affrontement.

Or avec Isnard, on risquait le jeu de ring. Je n’ai pas de goût pour le catch. Comment dialoguer avec quelqu’un d’aussi extrémiste, qui évoque les millions de fœtus assassinés, qui impute l’origine de la méthode Karman d’aspiration du fœtus aux nazis qui l’aurait mis au point dans les camps de concentration, qui qualifie les médecins pratiquant l’avortement de tueurs… Isnard ne sait visiblement rien de la situation de l’IVG en France, très problématique. La mise en pratique de la loi Veil est sérieusement remise en cause. L’accès à l’avortement est très difficile . L’excellent livre d’Olivia Benhamou « Avorter aujourd’hui » ( Mille et une nuits 2004 ) fait le point sur la situation pratique de l’IVG.

« Les informations manquent, les mauvaises volontés font alliance avec les conditions d’accueil déplorables, les moyens attribués dans les hôpitaux à l’activité d’IVG se réduisent comme peau de chagrin, les médecins se détournent de la pratique, peu motivés par l’acte et sa rémunération. »

Il ne manquait plus que les agitations récurrentes des provie, qui demandent l’abrogation de la loi Veil ! Leur discours, je le connais par cœur, je l’ai combattu bec et ongles dans les années 70. La loi Veil a symbolisé la fin du long, long esclavage des femmes qui depuis des millénaires, n’avaient pas le droit de choisir leurs maternités. On ne mesure pas assez l’énorme pas accompli sur le chemin de la liberté et le tournant que représente pour l’humanité ce droit à disposer de soi. Le discours des provie et d’Isnard nous ramène, tout comme celui de l’islam, en arrière, il relève d’une régression grave, il n’est pas accessible à des arguments rationnels. Je lui aurais parlé droit des femmes, respect de la loi et liberté de disposer de son corps. Il m’aurait rétorqué foi et génocide. Le seul intérêt de ce débat aurait été de lui démontrer que, contrairement à ce qu’il prétend, il n’a pas été victime de censure. L’école est un cadre neutre, d’où doit être exclu tout prosélytisme. Voilà pourquoi nous avons bagarré pour que le voile islamique ne soit pas admis de son enceinte. S’il y a une demande de débat, elle doit venir des élèves. J’ai été prof pendant des décennies, je sais de quoi je parle. Dans mes classes, il y a eu toute sorte de débat, sur l’homosexualité, la liberté sexuelle, le féminisme…à une époque où ça sentait le soufre. Mais je ne les ai jamais imposés, je n’ai jamais infligé de vidéos choquantes

Cette affaire illustre une fois de plus la confusion où nous sommes. Au nom de la liberté d’expression, on se permet toutes les dérives. Et voilà comment on nous brandit le droit sacré à la liberté de porter le voile, de se prostituer, de vendre ses organes… Tout droit a ses limites. On n’a pas le droit, quand on est enseignant , de manipuler de jeunes esprits, et de bafouer la loi. Là est le vrai respect de la vie, celle des vivants. Que Isnard ait été censuré par certains médias est sans doute regrettable et illustre leur dysfonctionnement. Mais ne mélangeons pas tout. Quand on censure Riposte Laïque, on fait taire une voix qui parle de liberté et s’élève contre l’ inadmissible invasion d’une idéologie contraire à la liberté.

Quand on censure Isnard, on évite de relancer un débat obsolète contraire aux avancées de la liberté.”

Anne Zelensky.

34 commentaires

  1. Nico dit :

    “Pour débattre, il faut des points de convergence.”
    Tiens, c’est bizarre, c’est pas tout à fait l’idée que je me faisais d’un débat…

  2. Ignitium dit :

    “Quand on censure Isnard, on évite de relancer un débat obsolète contraire aux avancées de la liberté.”

    Donc, lorsqu’une loi est votée, elle est gravée dans le marbre pour l’éternité ??
    Donc, les citoyens qui prennent des décisions pour une génération, seraient parfaits dans leurs jugements ? Et la génération suivante n’aurait pas le droit d’y revenir ?

    Et si la liberté c’était justement de tenter de réajuster, à chaque fois, les erreurs et les excès de nos pères ?
    La loi Veil date de 1975 : 36 ans ont passé. Ne serait-il pas temps d’y réfléchir à nouveau ? Seulement d’y réfléchir ? Et de voir si ceux qui sont nés depuis et qui ont connu concrètement ce qu’ont été les réalisations de leurs parents, sont toujours en accord avec ces disposition ?
    Ne serait-ce pas là un acte citoyen et progressiste ?

  3. Chadom dit :

    Vraiment dommage. N’étant pas très vieux et n’ayant pas assisté aux débats des années 70, j’eusse aimé voir leurs arguments et confrontation dans une version actualisée.

    M. Isnard semble pourtant savoir se tenir, (cf. http://www.enquete-debat.fr/archives/le-professeur-isnard-interroge-par-le-diocese-de-frejus ) et a des arguments loin de l’hystérie irrationnelle/fanatique…

    Le litige par rapport à l’école semble par ailleurs bien moi simple que ne le présente Zélenski : si la faute était si évidente, l’affaire aurait sans doute été expédiée rapidement.

    Un dernier point un peu hs : je ne comprends pas comment on peut défendre le droit à disposer de son corps pour avorter, mais nier celui-ci pour se prostituer…

  4. Flo dit :

    “N’étant pas très vieux et n’ayant pas assisté aux débats des années 70, j’eusse aimé voir leurs arguments et confrontation dans une version actualisée.”
    Idem pour moi.
    Cette fuite ne va faire que renforcer le camp adverse…

  5. WPTH dit :

    A partir de 15:20. Il prétend que le stérilet (celui au cuivre) est une méthode abortive, et que les pro-avortements nient la science.
    Le stérilet au cuivre est scientifiquement considéré comme un spermicide qui tue les spermatozoïdes avant qu’ils puissent induire une fécondation. Son rôle est contraceptif et non abortif.

    Les affirmations : “l’embryon a peur” ou “il sait qu’il va mourrir”, qu’il justifie par “une augmentation du rythme cardiaque au moment de l’avortement” n’ont aucun fondement. Le rythme cardiaque n’a rien avoir là dedans.

  6. bob dit :

    C’est très simple, les gens favorables au droit à l’avortement pourraient, eux-aussi, présenter des films montrant de sanglants avortements clandestins et des témoignages tragiques de femmes ayant subi ces avortements, ou tout aussi tragiques de femmes contraintes à être mères.

    Est-ce ce type de pseudo-débat que vous souhaitez?

  7. Francis dit :

    Cela me semble d’un bon sens à toute épreuve.

  8. Dominique dit :

    Ok l’accusation de nier la science est de trop.

    Mais sur le stérilet, jette simplement un oeil sur wikipedia… ce que tu affirmes est pour le moins incomplet :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9rilet :

    “Couramment nommé « stérilet classique », celui-ci a un double effet :
    1. D’une part le cuivre a un effet spermicide qui le rend contraceptif ;
    2. le DIU constitue un corps étranger dans l’utérus, qui empêche la nidation (effet contragestif).

    Et encore :

    “Utilisé comme contraception d’urgence, le DIU au cuivre est une alternative très efficace à la pilule du lendemain”

    Dans ces deux cas (nidation / lendemain) il y a bien eu fécondation !
    Ethiquement – et non juridiquement – il n’est donc pas absurde de parler d’une méthode abortive.

  9. vincent dit :

    Le fascisme tranquille des “progressistes”… on connaît la chanson : pas de liberté pour les ennemis de la liberté, pas de démocratie pour les ennemis de la “démocratie”, pas de droit à la parole pour ceux qui ne pensent pas “correct” ; cette femme est à l’image de toute cette génération putride de mai 68 : barbare, cruelle, impitoyable avec les faibles et complaisante avec les ordures et autres salauds… pourquoi donner la parole à ces gens qui de toute façon l’ont partout ailleurs ?

  10. Jean dit :

    @Vincent
    parce qu’on ne fait pas un débat tout seul, pardi !

  11. Ignitium dit :

    Tout dépend sur quelle base est posée le débat. Oui, ça peut vite tourner en rond, mais si l’animateur et les intervenants sont intelligents, on peut sortir d’une opposition stérile “pour” “contre”.

    Pour cela il faut aller au fond :
    - Vous êtes pour l’avortement, que voulez-vous au fond ? Que les femmes puissent avorter librement, et dans des conditions décentes ? Pour autant êtes vous contre l’idée qu’on puisse tout faire pour empêcher ces avortements, c’est à dire, faire de la prévention, éduquer les jeunes sur une responsabilisation de la sexualité, permettre aux enfants non désirés d’être accueillis dans des familles d’accueil (quand on connait les difficultés à l’adoption en France…)
    Les réponses seraient intéressantes.
    - Vous êtes contre le droit à l’avortement. Mais alors, que proposez vous pour les femmes qui vivent des situations dramatiques ? Comment répondez-vous à la souffrance et à la misère humaine auxquelles elles sont confrontées ?

    Ce genre de questions visant à faire sortir des arguments constructifs, m’intéressent beaucoup plus en effet que de voir d’un côté ou de l’autre entendre des diabolisations (diable = diviseur).

  12. benoit dit :

    le droit à disposer de soi, de son corps: elle a le droit de ne pas rencontrer d’homme si elle ne veut pas d’enfant!

    le droit de disposer du corps de son enfant à naitre? est une conséquence du premier droit? peut on évacuer à la légère les conséquences de ses actes? par aspiration?

    accepter les conséquence de ses propres actes, posés volontairement, voilà comment être responsable! il faut donc réfléchir avant de poser un acte, et si on le pose , cela suppose que l’on en accepte les conséquences!

  13. Félix dit :

    @Vincent,
    Ne caricaturez pas Anne Zélenski : sachez qu’elle fait partie de la rédaction de Riposte Laïque, qui n’est pas du tout dans le politiquement correct, bien au contraire…

  14. Lisen dit :

    Je trouve dommage que les féministes refusent le débat.

    Je suis moi même féministe. Je pense que des débats avec des gens aussi “violents” dans leur approche de la question permet aussi de pointer le fait qu’il y a avant tout une forte dimension affective et dogmatique dans leur combat, refuser le débat ou la confrontation, les priver de parole, c’est nier leur existence. Parfois en tant que femme il est nécessaire de se rappeler à quelle sorte d’obscurantisme nos grands mères ont été confrontées, ce que c’était d’essayer d’exposer des arguments logiques à des rebuffades idéologique et fanatiques.

    Lorsque je parle de féminisme on me répond fréquemment “ce n’est plus utile, c’est bon maintenant il n’y a plus rien à dire…”, en réalité il y a des choses à dire, il y a des débats à mener, il y a des extrémismes, des misogynes en puissance. Qu’on les montre, qu’on leur donne la parole , que tout le monde le sache et puisse se faire son opinion.
    si untel soulève ces questions de génocide , cela signifie qu’il n’est pas le seul à le penser, il faut donc lui donner la parole et réfléchir aux problématiques qu’il expose. Y réfléchir et proposer des arguments intelligents et construits qui permettrons aux indécis d’avoir toutes les cartes en main pour librement construire leur propre raisonnement personnel.

    Bien sur que le débat pouvait paraitre stérile dans ce cas là, mais justement , montrer que le débat est stérile c’est déjà apporter des éléments de réflexion.

  15. Lisen dit :

    Argument numéro 1 des anti: Le bébé est la punition logique au fait de ne pas s’être abstenue.

    Bienvenue dans le monde petit humain! Ta mère maudit le jour de ta naissance, ton père s’est probablement carapaté, et tu es la cause de la destruction de la vie de ta mère… les mêmes sont contre l’adoption par des homosexuels et invoquent la protection psychologique de l’enfant.

  16. Lisen dit :

    je suis on ne peut plus d’accord!

  17. Dominique dit :

    Visiblement tu t’exprimes à la place du camp qui t’es adverse, tu me permettras donc de penser que tu es au minimum caricatural. Je n’ai jamais lu/entendu dans leurs arguments (et certainenement pas le n°1) qu’il s’agissait de punir la mère. Si tu as une référence crédible, je suis preneur.

    Si tu es pour le débat (comme le laisse entendre ton post plus bas) commence par ne pas diaboliser tes contradicteurs !

    Par ailleurs, ne pas avorter ne mène pas inéluctablement au drame que tu dépeins… Inutile de rentrer dans le pathos quand on parle de loi.

  18. isnard dit :

    tientien c’est bizzare

  19. FD dit :

    Anne Zelenski en refusant le debat au nom de l’eloignement des positions respectives vient de :

    1/ rendre un immense service :

    - aux totalitarismes qui ne disent rien d’autre que ce qu’elle soutient.
    - aux adversaires de l’avortement qui en conclueront que son esquive n’est que l’excuse diplomatique de la pauvrete de ses arguments

    2/ causer une blessure irreparable :

    - a Riposte laique dont elle se prevaut pour refuser le debat (c’est assez piquant)
    - a la loi dont elle soutient qu’une fois votee elle devient un dogme, autre absurditte totalitaire.

    Mais dites moi : si elle etait prof en retraite comment peut elle soutenir ne pas meme supporter un debat avec un de ses collegues ?

    Serait-ce Isnard qui aurait raison ?

    Oui vraiment Isnard est un garcon charmant, tres bien eleve, gentil, courageux et tout et tout.

    Intelligent en plus, lui

    Zelenski a du etre tout cela “avant” mais depuis qu’elle reserve la democratie qu’a ceux qui sont d’accord avec elle, elle ne vaut pas mieux que les immams qu’elle combat.

  20. françois volff dit :

    @Felix et Vincent.Ce qui cimente la mosaïque de Riposte Laïque, c’est la peur de l’Islam. Il est logique qu’on y trouve des féministes façon 1968.

  21. J’ai participé aux débats sur l’avortement, j’ai été pour cette loi. Je l’ai été d’autant plus qu’en 1978 alors mariée et mère d’un premier enfant qui avait 4 mois, je me suis retrouvé enceinte. La venue d’un premier enfant dans la vie d’une femme (et d’un homme) est un bouleversement énorme tant sur le plan de la gestion du tout petit que les craintes de ne pas être à la hauteur …. Il faut du temps pour apprivoiser cela. Alors lorsque j’ai su que j’étais enceinte de nouveau, je ne me sentais pas prête pour accueillir un deuxième enfant si tôt.
    J’ai avorté.
    Trois ans plus tard, mon petit avait grandi, j’ai désiré – ce terme désirer montre bien que la venue d’un enfant est réfléchi et non plus la peur d’en avoir un -. En 1981, une petite fille est née. Je l’ai regardé longuement et je n’ai pas pu m’empêcher de penser que si j’avais gardé le bébé avorté, “elle” ne serait pas là. Mais cette réflexion a été vite remplacée par une autre. Oui, j’avais eu raison d’attendre, oui il me fallait du temps pour être une femme et une mère. Pour certaines cela peut aller très vite et pour d’autres jamais. Ce droit là d’avorter ou non parce que nous avons le choix appartient exclusivement à la femme. Et mon mari me direz-vous? Nous en avions parlé longuement, élaboré divers scénarios, mais il avait compris que la décision finale m’appartenait et que j’avais besoin qu’il soit là en tant que mari pour m’accompagner psychologiquement.
    Plus tard, deux autres enfants naîtront et je peux vous dire que pour la quatrième (j’avais 42 ans) toutes mes craintes de ne pas y arriver avaient disparues…. cela s’appelle l’expérience.
    Fanny

  22. Manucyan dit :

    Bonsoir,
    Selon moi le corps appartient à la femme, mais l’enfant ne lui appartient pas, je sais c’est sévère,
    “celui qui ne travaille pas ne mange pas”, cela signifie que la vie à des règles du jeu, qu’on a chacun une responsabilité à prendre, et dans l’avortement je vois là une excuse à fuir les responsabilités, une femme qui tombe enceinte ne le tombe pas par hasard, soit elle s’est faite violée hélas, soit elle a fait son choix, et hésiter sur un choix important après, c’est ne pas être adulte, c’est être ado, “adulescent” comme on dit.
    Soyez mature mince :(

  23. Fanny Truchelut
    Vous êtes bien un homme pour parler comme cela ! (et quel âge avez-vous?)
    Je suis d’accord avec vous que l’on ne tombe pas enceinte comme cela. Je suis aussi d’accord que l’avortement ne doit pas se substituer à la contraception.
    Ceci étant dit, c’est comme l’automobiliste qui roule toujours à la bonne vitesse et paf un jour pas comme les autres, allez savoir pourquoi ce coco ne fait pas comme d’habitude! il se fait flasher en dépassement de vitesse.
    ah les métaphores pour donner des leçons….
    En ce qui concerne l’époque (1978), certaines théories circulaient, entre autre que tant que l’on allaitait son enfant, nous étions “presque” protéger d’une grossesse… faire une pause dans la contraception, c’était un vrai bonheur pour une femme mais vous ne savez pas ce que cela veut dire vous les hommes, c’est pas vous qui devez l’avaler la pilule tous les jours!!
    Ce jour là pour moi, c’était un jour pas comme les autres !!
    Plus intimement pour que vous compreniez, avant et après mon avortement j’ai pris et prenais la pilule. A l’époque le dosage des pilules n’était pas celui d’aujourd’hui et des effets secondaires se faisaient sentir (maux de tête fréquents, un détail sans doute !). Après la naissance de mon deuxième enfant (1981), j’ai fait poser un stérilet, le premier pendant 3 ans qui a marché, au remplacement de celui-ci, un mois après une hémorragie violente et abondante, a conduit à son retrait pour repartir dans la prise de pilule.
    Et vous qu’avez vous fait pour protéger les femmes d’une éventuelle grossesse?
    Je n’écris pas anonymement moi…. j’assume
    Fanny

  24. elisseievna dit :

    Merci Fanny !

  25. Lisen dit :

    “Selon moi le corps appartient à la femme, mais l’enfant ne lui appartient pas, je sais c’est sévère,”

    alors , alors… si le corps appartient à la femme , mais pas l’enfant. On devrait juste tout simplement changer les méthodes d’avortement, par exemple en “coupant” l’alimentation du fœtus, voilà les nutriments ingérés par la mère , qui lui appartiennent donc, et les vaisseaux sanguins reliés au placenta par exemple pourraient être mis hors-jeu. ainsi la femme ne touchant pas à l”enfant” mais à son propre corps, n’encourrait probablement pas vos critiques. Après tout ce n’est pas de sa faute si le fœtus à besoin de la totalité de la biologie féminine pour se développer…Vous lui reconnaitriez donc le droit d’agir sur son corps et uniquement sur son corps…Ou alors sortir le fœtus du corps de la femme, puisqu’elle n’en veut pas et est toujours maitresse en sa demeure et l’implanter dans une couveuse, et voir ce qui se passe… effectivement plus besoin du corps de la femme réticente.
    Soyons sérieux… tant que le fœtus est entièrement en symbiose, complétement dépendant, à l’intérieur du corps de la femme, il lui appartient. c’est ainsi que la nature a fait les choses, sinon nous pondrions des œufs que nous pourrions abandonner dans le nid de la voisine comme les coucous.
    Ces questions sont impossibles , il faut faire un choix de toute façon , que l’avortement puisse être sujet à questionnement éthique, c’est une évidence. Il me semble cependant qu’une fois posés tous les arguments vont en faveur du droit à l’avortement, la réalité de la force du rejet d’une grossesse non-désirée par exemple, qui pousse encore dans le monde des millions de femmes à se faire charcuter ou tuer pour ne pas enfanter, il s’agit de choisir où l’on place sa compassion. de toute façon même interdit , les avortements ont lieu, des enfants naissent lourdement handicapés du fait des privations de nourriture ou des tentatives d’auto-empoisonnement que ces femmes s’infligent, les coups dans le ventre. La haine peut être totale. Une grossesse non-désirée détruit votre vie , l’instinct maternelle est un leurre , les enfants qui naissent sont hais , souvent battus, vendus, abandonnés dans des poubelles…
    compassion bien ordonnée commence par ce qui est déjà vivant, ce qui souffre déjà, pas par un amas de cellules souches dépourvues de système nerveux. Il y a une limitation dans le temps pour pouvoir avoir recours à l’avortement, les données scientifiques confirment que cette limitation est lucide.
    Bref c’est le choix du moindre mal à mon avis.
    Quand à savoir si les hommes devraient avoir leur mot à dire, là aussi il n’y a pas de demi mesure, le choix leur incombe soit à “eux” soit à “elles”, aujourd’hui nous trouvons qu’il est plus juste que le choix leur incombe à “elles” puisque c’est bien de leur corps qu’il s’agit. Simple logique. et sacrifice nécessaire.

  26. elisseievna dit :

    ” Il y a une limitation dans le temps pour pouvoir avoir recours à l’avortement, les données scientifiques confirment que cette limitation est lucide.”

    ?

  27. Lisen dit :

    oui ce n’est pas clair. Je faisais référence aux données sur le développement du système nerveux et donc de la question de la douleur ou de la “conscience” du fœtus. Je voulais mettre l’accent sur le fait que les problématiques éthique vis à vis du fœtus ou de l’embryon ne sont pas prises à la légère non plus dans les pays où l’avortement est légal . on n’avorte pas n’importe comment , à n’importe quel moment de la grossesse. On n’est pas non plus dans l’outrance. Une nuance qui n’est quasiment jamais prise en compte par les opposants au droit, qui de toute façon sont en général surtout pétris d’arguments religieux plus que scientifiques.

  28. Manucyan dit :

    Bonjour mesdames,

    @ Fanny Truchelut

    Lorsque je me relit je me trouve en effet sévère, peut-être que j’aurai dû être plus délicat dans la forme… Pardonnez-moi… Néanmoins je n’avais pas placé mon avis pour placer un avis, j’ai longuement hésité à déposer un com sur le difficile sujet de l’avortement, et comme vous le dite le fait que je soit un homme qui ne tombera jamais enceint rend mes mots plus agressifs, je ne suis pas le genre de gars qui va donner des leçons égoïstement, sans se mettre dans la peau du prochain.

    Je reste pourtant toujours sur l’idée de la prise de responsabilité en tant qu’adulte.
    Vous invoquez la métaphore de l’automobiliste, je généraliserait que dans TOUT les domaines de la vie humaine, il y aura toujours des exceptions (c’est d’ailleurs pour ça que l’Homme créa les maths – mais peu importe). Que ce soit en étalant du miel sans le faire égoutter sur la table, ou conduire une voiture en respectant les limitations, nous avons le pouvoir de doser le danger : et dans votre exemple de la voiture ce sera pour éviter de tuer soi-même/des innocents sur la route.
    Nous n’avons pas le pouvoir de contrôler les erreurs, mais de diminuer leur probabilité par la concentration, et c’est l’accouplement entre la conscience et la prudence que je nomme responsabilité.
    On connait plein de femmes qui vont être prudentes sur la question sans pour autant vivre d’un amour platonique, qu’auriez-vous de moins qu’elles ?
    En somme je critique toujours le manque de maturité, dans mon com je n’ai pas insisté mais je suis autant sévère avec la femme qu’avec l’homme, pardonnez-moi encore de m’être mal formulé…

    Je sais que je n’ai pas de leçons de responsabilités à donner moi qui en plus suis un “mâle” et qui n’ai que 20ans, car je ne vaut rien à côté de tout ça, je le sais, mais mon but était de contribuer à la réflexion sur l’avortement, j’aurai pu m’abstenir à poser un commentaire, parce que je semble insolent… Mais je l’ai tout de même posé en réfléchissant beaucoup, en étant tour à tour un homme, une femme, un humain.
    Enfin pour la question de mon pseudo, je le met parce que je le trouve joli et que c’est une caractéristique du net.
    Je suis Emmanuel Orchanian.

    @ Lisen
    Mais je suis sérieux… Certes la femme et l’enfant sont liés, mais l’enfant n’appartient tout de même pas à la femme, c’est à dire que vous êtes bel et bien “maudites”, obligée à le subir, c’est une imposition, c’est ce dont je disais —> une responsabilité carrément physique. Une responsabilité. Un sacrifice nécessaire.

    En ce qui concerne le fait de faire ça pour éviter la haine de la mère, c’est encore une immaturité parce que ça consiste à rejeter le monde comme il est (difficile) et à vouloir supprimer les responsabilités, ce sont les adolescents qui font ça, pas les adultes, qui sont censé se dire “mince c’est arrivé, bon ben on va faire avec”, et qui vont pouvoir gouverner leurs tendresses. On peut faire l’analogie avec les mères d’enfants handicapés, ou voir même la mort d’un proche.

    Je ne sais pas si je mériterai un cerveau humain si je n’avais pas le pouvoir de prendre du recul !
    Certes je suis physiquement un homme qui en plus de ça n’a pas de moitié , mais cela m’empêcherait-il de ne pas pouvoir me mettre dans la peau d’une femme qui souffre de tout ça dans mes réflexions ?
    Selon-moi le problème de l’avortement est un méronyme d’une société de plus en plus adulescente, que ce soit du côté des femmes certes mais aussi de hommes.
    La responsabilité est l’essence même de l’amour.

    Respectueusement mesdames.

  29. à Elisseievna
    bonjour toi – il nous faudrait boire un café un jour où je viendrai
    cela me ferait vraiment plaisir
    cordialement Fanny

  30. elisseievna dit :

    ” Je voulais mettre l’accent sur le fait que les problématiques éthique vis à vis du fœtus ou de l’embryon ne sont pas prises à la légère non plus dans les pays où l’avortement est légal . ”

    Dans les discours sur l’avortement, ce n’est pas ce qui apparait vraiment pour ce que j’en ai vu ou lu ou entendu : il n’y a pas de discussion précise sur les stades de developpement, et en particulier au moment du passage de l’autorisation de 10 à 12 semaines, je n’ai rien vu de précis dit là dessus par les defenseurs de la reformes, j’ai entendu un discours “abstrait” en terme de “droit a”, un discours diabolisant, mais pas une discussion sur l’embryologie.

  31. DC dit :

    @Lisen :
    “pétris d’arguments religieux plus que scientifiques”

    Et ça, ça ressemble à une “argument” sérieux ? ;-)
    Perso je ne laisserais jamais les scientifiques définirent ce qui est bien ou mal. Que savent-ils d’ailleurs de l’Homme ? Ils en parlent… d’un point de vu scientifique : comme une mécanique.

    En tout cas je pense qu’être contre l’avortement d’un point de vu strictement philosophique, sur la base de sa vision de l’Homme et de sa condition, est tout à fait possible.

  32. Maroun dit :

    Bonjour à tous

    est-ce qu’un débat a finalement eu lieu?*

    Il y a urgence de débattre de ce sujet… Imaginez du temps de l’esclavage si l’on avait tous tenu les mêmes postures!? refuser tout débat!?

    Et si chaque foetus était un être humain innocent?

    Quelle question incontournable et effroyable! IL FAUT QU’ELLE SOIT POSEE.

  33. DC dit :

    Bonjour à tous,

    De Lisen : “Si le corps appartient à la femme, mais pas l’enfant. On devrait juste tout simplement changer les méthodes d’avortement, par exemple en “coupant” l’alimentation du fœtus (…)”

    A mon humble avis cet argument par l’absurde n’est pas recevable : l’enfant est dépendant un corps de sa mère jusqu’à sa naissance, mais cela ne veut pas dire que c’est une partie du corps de la mère. Sinon poussons le droit d’avorter jusqu’à la naissance.

    Pour moi toute la question est là. A partir de quel moment y a-t-il un individu (avec des droits comme celui de vivre, même en état de dépendance totale.)

    Sur le fait que c’est uniquement à la mère de décider, là encore je serais bien plus prudent que ceux qui l’affirment comme une évidence. Il me semble que le père est impliqué aussi, ce n’est pas un homme-objet et il faut donc le considérer ! J’imagine facilement l’énorme souffrance (l’injustice ?) qu’un père pourrait ressentir si la mère lui dit “je vais avorter, tu n’as rien à dire même si toi tu veux cet enfant”.

    Dernier élément de réflexion :
    ATTENTION JE NE SAIS PAS SI C’EST TIRé D’UNE HISTOIRE VRAIE et j’aimerais beaucoup les commentaires d’un juriste !!
    “Un jeune couple veut un enfant depuis 10 ans. Malgré toutes leurs tentatives, rien. Un jour, pour leur plus grand bonheur, elle tombe enceinte.
    Par malheur un chauffard la percute et elle perd “l’enfant” alors qu’elle en est à la 7ème semaine.
    Dépression sévère, perte du travail, incapacité de rembourser les crédits… Le couple pour s’en sortir demande dédommagement à l’assurance du chauffard. La justice refuse : c’est un embryon et non un fœtus/individu, il n’a pas d’existence juridique.”
    J’ai cherché un peu sur Google mais je me suis noyé dans des lois… Cela me semble en tout cas plausible puisque l’IVG ne peut-être légale que si en contre partie l’embryon n’a pas de droit à la vie, non ?

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