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Wallonie rattachée, rêves de grandeur française retrouvés

24 septembre 2011, 23:57 10 commentaires

La crise politique qui paralyse la Belgique, depuis plus d’un an sans gouvernement, s’est brutalement aggravée récemment quand les indépendantistes flamands ont rejeté un projet de compromis. Le risque de partition tend à s’accroître. Le climat ne fait que s’aggraver, mettant de plus en plus au goût du jour la possibilité d’une séparation entre la Wallonie (le sud francophone) et la Flandre (Nord flamand néerlandophone), sans oublier Bruxelles, ville à 95% francophone mais en terre flamande, au centre de tous les débats.

Dans un communiqué daté du 20 juillet, Marine Le Pen estime qu’il en va « de la responsabilité de la France et des Français de tendre la main aux Wallons. » Et la présidente du Front National de poursuivre : « Si la Belgique venait à éclater, si la Flandre prenait son indépendance, hypothèse de plus en plus crédible, la République française s’honorerait d’accueillir en son sein la Wallonie. »

Si elle ravive ainsi un débat intéressant, Marine Le Pen n’est pas la seule à se montrer favorable à un rattachement. En septembre 2010, Nicolas Dupont-Aignan allait également en ce sens. « Face à la situation de décomposition de la Belgique, il faut que la France se tienne effectivement prête à accueillir les Wallons, s’ils le désirent » déclarait alors le président de Debout la République.

La France et la Belgique, toute une histoire

Une folie ? Pas du tout. Dans son communiqué, Marine Le Pen rappelle « les liens historiques et fraternels qui unissent nos deux peuples ». NDA, aussi, n’avait pas manqué à l’époque de rappeler que « la Belgique, qui est un pays récent, a été construite pour servir de tampon entre la France et le Nord de l’Europe ». Et de proposer : « au nom de la communauté d’esprit entre Wallons et Français, notre pays doit leur envoyer un signal et doit envisager une forme d’autonomie de la Wallonie, de partenariat, voire, pourquoi pas, de rattachement à la France. »

9782213654508FS.gifUne analyse partagée par Eric Zemmour qui, dans son dernier livre « Mélancolie française », consacre un chapitre entier au cas de la Belgique, prévoyant lui-aussi une division proche, et espérant sans le nier un rattachement à la France. « La Belgique fut la RDA de la France. C’est le pays que les anglais ont inventé pour punir la défaite française » disait-il dans une interview donnée à Bruxelles il y a près d’un an, avant de s’adonner à une uchronie bien réaliste : « Si la France avait gagné en 1815, aujourd’hui la Belgique serait 2 ou 3 départements français. »

Un juste retour des choses donc, pour toutes celles et ceux, gaullistes, bonapartistes et autres, qui espèrent depuis tant d’années un renouveau de la grandeur française. Et, comme le rappelle, pour exemple, Nicolas Dupont-Aignan, « le Général de Gaulle plaçait la Nation au-dessus de toute considération. »

Un plus pour la course à la démographie

Mais au-delà de la nostalgie, il faut le dire, il y a aussi des intérêts. Si avec Bruxelles, les avantages économiques seraient nombreux, il est aussi et surtout question de démographie. A l’heure de la mondialisation, de la finance et de la domination américaine, parler de grandeur française grâce au rattachement de 17 000 km² et 4,5 millions d’habitants est un peu surréaliste.

Cependant, la course à la démographie que nous avons engagée avec l’Allemagne ces dernières années ne s’en verrait que facilitée. La croissance démographique (surtout grâce à l’immigration) de notre pays est en contraste avec le recul de l’Allemagne. Dans 20 ans, le rapport de force sera inversé, la France comptera 80 millions d’habitants pour 60 millions d’Allemands. Avec la Wallonie et Bruxelles en plus, cela serait un avantage non négligeable pour retrouver enfin la première place, et donc la tête, de l’Europe.

Mais encore faut-il que, 200 ans après, les Wallons – et les Français – le veuillent bien. « Il va de soi que ces décisions importantes pour l’avenir de nos peuples ne pourraient être prises qu’après consultation par référendum des Français et des Wallons » précise la présidente du FN Marine Le Pen, emboitant le pas à Nicolas Dupont-Aignan qui, toujours en 2010, soulignait déjà qu’ « il appartient aux Wallons de choisir leur avenir, par la forme qu’ils jugent nécessaire. (…) Que les choses soient claires, je ne cherche pas à envahir la Belgique ! »

Une main tendue donc. Une simple main tendue, en souvenir d’un passé commun et d’une grandeur (impériale?) aujourd’hui bien lointaine.

Christopher Lings


Images : Le Premier Consul Bonaparte franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard (tableau de Jacques-Louis David, Musée national du château de Malmaison) | Couverture de Mélancolie française, par Eric Zemmour aux éditions Fayard/Denoël

10 commentaires

  1. Rea Jobin dit :

    Ou alors la Wallonie devient la première zone européenne, ce qui a aussi été suggéré.

    Personnellement, sauf éclatement de l’union européenne, je pense que le future nous réserve plutôt un éclatement des nations en régions, sur le modèle allemand, plus soumises à l’ue. Si cela devait arriver je pense que nous n’aurons pas à attendre trop longtemps pour une série de premières régions qui se séparent: wallonie, catalogne, pays basque, lombardie,… A voir…

    Pour un scénario comme celui envisagé par cet article, je pense que la France devrait être une grande nation, ce qui est loin d’être le cas.

  2. Vautrin dit :

    Sans vouloir nier les raisons historiques qui ont détaché la Wallonie de la France, il demeure tout de même que les deux entités sont séparées depuis 1815 et qu’elles ont connu des cheminements séparés, l’une incitée par l’Angleterre à faire pièce au militarisme Allemand, l’autre recherchant une neutralité par deux fois violée. Il serait hasardeux de conclure, je pense, que nous sommes d’un même peuple, d’une même culture, même si en apparence nous partageons la même langue. De plus, il n’est pas sûr que les Wallons aient réellement envie d’entrer dans une organisation politique centralisée à outrance comme celle de la France.S’ils en manifestaient la volonté par voie de référendum, ce serait évidemment à considérer, tout en gardant à l’esprit que la Wallonie est moins performante économiquement que le pays Flamand. La comparaison avec la RDA n’est pas inexacte, sur ce plan-là.

    Quant à l’argument démographique, je suis là aussi dubitatif. Il est courant de penser que plus l’on est nombreux, plus l’on est fort et économiquement compétitif. Pourtant il y a par le monde des dizaines d’exemples contraires, des pays surpeuplés incapables de se tirer d’affaire. L’argument du nombre valait sans doute jusqu’à la Guerre Froide, où il était question de gros bataillons. Il me semble qu’il faille plutôt considérer la pyramide des âges : une population vieillissante tend à devenir moins compétitive qu’une population jeune; mais là encore tout dépend des circonstances historiques et de l’environnement culturel, puisqu’il y a aussi des pays à population jeune mais qui stagnent. Pour le moment, la Wallonie semble assez bien équilibrée.

    Cela dit, je ne verrais pas d’un mauvais oeil la Wallonie faire retour à la France. Histoire de titiller ma fibre nationaliste :)

  3. Martine dit :

    Bonjour,

    Oui, mais en cas de partition de la Belgique, que faites vous de Bruxelles et de la monarchie belge ?

    Quant aux germanophones belges forcés de s’impliquer dans la guérilla communautaire, ces derniers sont
    particulièrement attachés à l’unité du royaume.

    Ce n’est pas si simple ….

  4. Sebastien dit :

    Il serait sans doute pertinent de s’informer un peu et de se mettre à jour avant d’écrire ce genre d’article:

    http://www.rtbf.be/info/media/video_les-negociations-politiques-le-recit-de-la-nuit?id=1273013&mediaset=rtbfinfo–homeinfo&type=video

    http://www.rtbf.be/info/media/video_le-contenu-de-l-accord?id=1273023&mediaset=rtbfinfo–homeinfo&type=video

    Ces accords sont évidemment foireux sur le moyen-long terme, mais bon, la Belgique n’est pas encore “morte”…

  5. Théophraste dit :

    La France n’existe pas, elle n’est qu’une structure d’occupation du peuple de gauche contre les peuples minoritaires libéraux, asservis.

    Il y a trois peuples en actuelle France.

    Les ultralibéraux conservateurs, 20% du peuple de l’actuelle France, soit 13 millions de personnes qui produisent 60% de la richesse du pays sur le grand axe Angleterre – Versailles – Lyon – Alsace – Savoie Lombardie Italienne.

    Le peuple de gauche, 60% du peuple de l’actuelle France.

    Le peuple issu du tiers monde, 20% du peuple de l’actuelle France.

    Si la Wallonie à 80% collectiviste et multiculturaliste intègre la France, les libéraux, l’Alsace, la Savoie pour commencer, feront sécession.

    De surcroit, à l’heure de la mondialisation, les seules structures qui existeront encore demain, sont les civilisations, pas les pays.

    Les chinois, les israéliens, les maghrébins, les hispaniques… l’ont compris, partout où ils s’implantent dans le monde ils sont chez eux, ils prennent la souveraineté de tous les territoires où ils sont majoritaire, partout dans le monde, n’étant unis que par une même civilisation, quelque soit le pays…

    Les libéraux conservateurs occidentalistes doivent ainsi abandonner les pays, pour construire leur sécession, de même, dans toutes les villes du monde où ils sont majoritaire, tout en pratiquant une ouverture assimilationniste…

    Alors la France ?

    Alors la France, vous ne savez simplement pas, qu’elle n’existe déjà plus, puisque les pays, dans le monde, n’existent déjà plus comme ils pouvaient exister du temps des rois ou de Napoléon.

  6. Théophraste dit :

    Ps : cette sécession déjà débutée porte un nom, le pays civilisation sans frontières des ultralibéraux conservateurs porte un nom :

    “Tea Party”.

  7. Aurelien dit :

    “tendre la main aux Wallons”, voilà qui doit bien faire rire ces derniers : “ces français ils se prennent vraiment pour le centre du monde”.
    Et sinon j’ai pas compris : c’est quand qu’on intègre la partie francophone de la Suisse ? En plus ils sont situés sur l’axe de Théophraste, donc quelque part ça prouve bien que leur or c’est le notre non ?

  8. Eric dit :

    Mr Vautrin, je vous rejoins en tous points dans votre analyse. Merci pour le rappel du fait historique, la concision et la mesure des propos, touts traits auxquels nous sommes attachés. Je manque de les cultiver moi-même de plus en plus, tant il semble parfois que nous arrivions à une échéance presque cosmique de devoir choisir son camp!
    Comment nous résoudrons l’impossible équation -surpopulation écologique et économique contre menaces migratoires et déliquescence culturelle- par contre, je ne sais pas.. Nous sommes vieux, culturellement, c’est vrai, et nos habitudes nous empoisonnent comme l’addiction aux substances, matériaux et idéologies, qui sont nos nouveaux graals.
    Notre expérience humaine, et non notre “expertise politicienne et impérialiste”, doit être reconnue. Nous demeurons ceux (Occidentaux, plus certainement encore les Français, quoi qu’on en dise..) qui exposent les vrais problèmes à l’échelle mondiale le plus spontanément et sincèrement, mais tout nous coute cher et nous coutons cher au monde, lequel s’aveugle à réclamer son héritage et s’enivre en hurlant: “rétribution”!
    Le communautarisme est une vraie plaie, mais s’il n’était instrumentalisé politiquement, il indiquerait simplement et surement que les peuples ne sont pas encore réduits à des entités politiques justement, ainsi assujettis au système. C’est ce que semble vouloir nous dire theophraste, que je rebaptiserais bien “t’en est où de tes frasques?”
    Intégrité et maturité sont les seules outils indispensables à l’avènement d’un futur où nos enfants ne nous maudiront pas, je crois.. On est mal.
    Quoi qu’il en soit, bienvenue à nos frères Wallons au sein de la Nation, si tel s’avère être leur choix !

  9. Benoit dit :

    Bonjour de Belgique. Je m’excuse mais l’analyse d’Eric Zemmour n’est pas tout à fait exacte, il n’y a jamais eu de séparation ni existé de sentiment d’identité française chez les habitants du sud de la Belgique. De plus il faut le rappeler, la langue française n’est pas la langue originelle de la Wallonie, elle fut imposée par la bourgeoise assez récemment, remplaçant le parler wallon qui sur le plan linguistique n’est pas un dialecte français, qui d’ailleurs est à peine compréhensible pour un francophone comme le néerlandais l’est pour un germanophone. Les habitants de ce qui ultérieurement devint la Belgique se définissent comme “belgeois” dés le 16ème siècle, politiquement ils furent au contraire notablement hostiles au roi de France.
    Après une première tentative d’indépendance en 1789 proclamant les “états belgiques unis”, celle-ci échoua pour tomber sous l’occupation napoléonienne puis hollandaise. Ce n’est qu’en 1830 que la Belgique fut reconnue par les puissances voisines, y voyant l’opportunité d’installer un état tampon barrant la route aux français. D’une certaine manière sans l’intérêt géostratégique que représentait la Belgique elle aurait très bien pu ne jamais voir le jour(en ce sens Mr Zemmour dit juste). Contrairement à ce qui se raconte par trop de personnes médiatiques non compétentes en histoire de Belgique, le pays plonge ses racines dans un passé millénaire, il n’y a donc aucun rapprochement comparatif possible avec les deux Allemagnes.
    J’espère que monsieur Zemmour n’a pas aussi des vues sur la Suisse francophone, pays qui avec ses 721 ans est sous un certain angle historique même plus ancien que la France. Tout cela est donc un peu plus complexe; il me semblait de rigueur d’apporter quelques nuances. Cordialement

  10. Un belge (peu importe lequel) dit :

    Si on considère que la France existe depuis le baptême de Clovis, la France existe depuis avant la Suisse. Petite précision concernant la Suisse et la Belgique, cette dernière a influencé politiquement cette première dans sa gestion des différentes langue (et sa neutralité, toujours vrai pour la Suisse, malheureusement fausse depuis la fin de la seconde guerre mondial pour la Belgique).
    Autant le dire tout de suite, je suis un séparatiste Wallon. À ce sujet, je ne m’étonne pas que Marine Lepen et Nicolas Dupond-Aignant et bien d’autres sont si près à accueillir la Belgique puisqu’ils ne voient les choses que sous le prisme des partis politique Wallon séparatistes qui sont soit pour l’intégration de la Wallonie dans la France, soit ne sont pas contre et n’hésite pas à faire des listes communes avec les premiers. Or, ces partis obtienne un pourcentage très faible et pour cause, parmi les séparatistes Wallon, un très large majorité est contre cette intégration à la France. De plus, parmi la plus large majorité, soit, hélas, ceux qui veulent garder une Belgique unie, en cas de séparation forcée (pour eux) avec la Flandre, une très large majorité d’entre eux serait aussi contre une intégration à la France. Enfin, d’un point de vue “culturel” (au sens large du terme), les Wallons sont bien plus proches des Flamands que des Français, si notre pays est jeune, il est suffisamment âgé pour que nous soyons plus proche d’eux que de vous (il ne faut pas pour autant nier nos différences entre Wallon et Flamand).
    Concernant l’agenda, ça m’a bien fait marrer de voir que l’hypothèse de la séparation de la Belgique suite au problème de création de gouvernement ai été prise au sérieux par qui que ce soit. À l’instar de Jean-Marie Lepen, Bart De Wever n’a jamais voulu être au gouvernement, il a même été surpris par son succès. Par ailleurs, il faudrait un vote séparatiste majoritaire aussi bien en Flandre qu’en Wallonie pour qu’il y ai une vrai volonté de séparation. Bref, hélas, la Belgique est très loin de se séparer, tout les 30 ans environ, il y a des crises communautaire (même si ce n’est pas depuis la création de la Belgique), dès le début de celle-ci, c’était évidant que la séparation ne serait pas avant la prochaine crise, soit au minimum dans une trentaine d’année.
    Concernant la pauvreté de la Wallonie, elle est causée par la corruption politique en Wallonie et, surtout, par les lois imposée par les Flamands qui les avantagent et nous désavantage. Par ailleurs, il me semble évident (au regard, par exemple, de la séparation de la Tchéquie et de la Slovaquie) qu’autant la Wallonie que la Flandre bénéficierait de cette séparation, ces derniers parce qu’elle n’aurait plus à supporter le poids de la Wallonie (causé par l’incompatibilité politique entre Flamants et Wallons) et de la Wallonie qui se redresserait grâce à son indépendance.
    Quand à la question de Bruxelles et plus généralement du Brabant et la communauté germanophone de Belgique en cas de séparation. Concernant ces derniers, ils nous ont été “donné” par l’Allemagne en “compensation” après la première guerre mondiale. Malgré les liens qui ont été créé depuis (lien qui me touche personnellement), je pense qu’ils ne sont pas Wallon et n’ont rien à faire en Wallonie, il peuvent être indépendant, rattaché à l’Allemagne ou au Luxembourg (voir une partie dans l’une, une partie dans l’autre étant donné le fait que cette communauté est géographiquement séparé en deux). Concernant le Brabant, la partie “Wallonne” de celle-ci est en fait une partie Flamande francisé par les Français, ils ne sont donc pas Wallon. dès lors, la Brabant n’a rien à faire en Wallonie (en tout ou en partie), qu’il soit indépendant (en tout ou en partie), rattaché à la Flandre (en tout ou en partie), peu m’importe, culturellement, ces gens ne sont de toute évidence pas Wallon, concernant les Bruxellois, ils sont même aussi loin de nous culturellement que les Français le sont…
    Tout ça peut paraître radical, mais, si je suis séparatiste, je suis aussi pour des rapports privilégier entre Wallon, Flamant et communauté germanophone, de part tout ce que nous avons partagé durant l’existence de la Belgique, On peut aussi imaginé que ces rapport privilégié soit élargit à l’actuel BéNéLux (qui est un rapport privilégié qui existe déjà entre la Belgique, la Hollande et le Luxembourg), mais pas au delà (au fait, je suis résolument opposée à l’Union Européenne).
    Quand au roi et à sa famille… ces illégitimes inutiles et coûteux personnages dont la lignée nous a été imposée par des étranger lors de la création de la Belgique, s’il veulent garder un titre de noblesse, qu’ils s’expatrie en Hollande, voire en Angleterre!

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