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Yves-Marie Laulan : “Les femmes ont fait passer leur carrière avant la procréation”

6 juillet 2010, 11:54 Auteur : Jean 8 commentaires

Yves-Marie Laulan, démographe, géographe, géopoliticien, et essayiste français. Il évoque les questions liées à la démographie française à la suite d’un colloque qu’il a organisé le 28 mai sur la démographie et les femmes.
http://www.dailymotion.com/videoxdw3jy

Compte-rendu du colloque 28 mai 2010 de l’ Institut de Géopolitique des Populations : Les femmes devant le déclin démographique.

En guise de prologue.
Le déclin démographique , en France comme en Europe, met de plus en plus en présence deux types de populations, celle d’origine, et celle venue d’ailleurs. Ce qui est en cause est la survie, à terme, de nos sociétés et de leur identité. L’enjeu n’est pas mince.
Les précédents historiques, depuis la Rome du Bas Empire jusqu’à l’aristocratie française du 18°ne manquent pas. L’histoire nous apprend que les sociétés ou les classes sociales qui ne se renouvellent pas risquent fort de disparaître peu à peu.
Or, la femme est biologiquement maîtresse de la reproduction. Elle a donc un rôle fondamental dans le renouvellement de la société. Mais ce rôle n’est que très imparfaitement assuré en Europe, en Russie, et même aux USA depuis une trentaine d’années. Pourquoi ? Est-il possible d’identifier une responsabilité spécifique de la femme en matière de déclin démographique ?
Le paradoxe de la femme d’aujourd’hui est que plus la femme moderne dispose de temps, de loisir et de confort , moins elle semble disposée à mettre des enfants au monde. Or, sans les femmes, pas d’enfants….


Il est curieux de constater que les femmes, qui peuvent donner la vie, ou refuser de le faire, ne semblent guère se soucier de savoir pourquoi il en est ainsi.
En effet, dans la longue histoire des sciences humaines, il apparait que seuls quelques hommes, au demeurant fort peu nombreux, -responsables politiques ou démographes de profession-, se soient préoccupés des problèmes démographiques et de l‘importance de la natalité pour le destin collectif d’une nation ou d’une société .
Pourquoi, les femmes, fort actives et brillantes dans bien d’autres domaines de la pensée ou de la recherche, se sont-elles largement désintéressées de cette problématique ? Pourquoi, depuis Simone de Beauvoir jusqu’à Elizabeth Badinter, en passant par Simone Veil, ont-elles systématiquement appréhendé ce problème crucial uniquement sous l’angle du destin individuel de la femme en ignorant sereinement l’aspect démographique et sociétal ?
Certes, autrefois , les femmes étaient largement soumises à l’homme , père , mari ou fils. Elles sont aujourd’hui d’hui libres de leur corps, de leur revenus et largement libérée de la pression sociale ou religieuse .
Qu’ont-elles fait de cette liberté ?
Or le déclin démographique en Europe (et en Occident) entraînera inéluctablement le déclin économique et géopolitique de nos sociétés. Dans quelle mesure les femmes en sont-elles conscientes et responsables ? Peut-on cerner l’attitude des femmes d’aujourd’hui devant le déclin démographique et leurs réactions?
Mais d’abord, il y a-t-il vraiment déclin démographique en France, en Europe et en Amérique? Quand on interroge sur ce sujet d’éminentes personnalités féminines et non des moindres , les surprises ne manquent pas.
Comment, dit-on communément, peut-on parler de déclin démographie alors qu’on peut lire dans toute la presse française que la France est « championne d’Europe de la natalité » ?
C’est là que l’on comprend que pour instiller patiemment de fausses idées dans l’esprit de l’opinion publique, point n’est besoin d’instaurer un régime de type autoritaire comme l’Europe en a connu dans le passé. Il suffit de parcourir la presse français qui reproduit aveuglément les chiffres tirés, sans réflexion ni décryptage, des publications de l’INED ou de l’INSEEE , lesquelles sont devenues sans conteste, en matière de démographie, d’authentiques officines de désinformation statistique .
Mais examinons ces chiffres d’un peu plus près.
Le déclin démographique aux Etats-Unis ? En 1960, l’Américaine avait, en moyenne 3,6 enfants. En 1980, ce chiffre avait été ramené à 2 enfants par femme. Aujourd’hui, il est tombé à 1,8 et encore avec le concours des populations d’origine noire et hispanique. A telle enseigne, que de nos jours, les Américains d’origine européenne représentent moins de la moitié de la population des Etats-Unis. D’où l’élection de Barack Obama comme en témoigne l’analyse des résultats électoraux des dernières élections présidentielles aux Etats-Unis . Mais ceci est une autre histoire.
En Europe, les chiffres sont les suivants : Allemagne : 1,4 enfant par femme ; Italie :1,3 ; Espagne : 1,3 ; Portugal :1,5 . Il y a bien déclin démographique en Europe.
Dés lors, avec 1,89 enfant par femme, la France est bien « championne d’Europe de la natalité ». Ce qui est vrai sur le plan statistique. Mais, pour obtenir une vision plus réaliste de ce tableau attrayant, il convient de préciser que ces chiffres flatteurs ne sont obtenus qu’en prenant en compte : a) de la natalité des Départements et Territoires d’Outre Mer, Guyane, Réunion, Martinique et Guadeloupe, (bientôt Mayotte !) ; b) et aussi et surtout celle des populations d’origine immigrée, naturalisées ou non. Ce que l’INSEE et l’INED se gardent bien de souligner.
Ce qui donne alors le tableau suivant. Sur 831 000 naissances enregistrées en 2006, les naissances d’Outre Mer représentaient 34 000 ; les naissances provenant de ménages immigrés atteignaient un chiffre de 135 000 (17 % du total), soit au total 169 000. Ce qui ramène les naissances venant de la population d’origine ou autochtone à un chiffre relativement modeste de 663 000 . Cela est quand même moins spectaculaire que le titre de « champion d’Europe de la natalité » dont se rengorge la presse.
La conséquence de cette situation est claire : Michelle Tribalat, directeur de recherches à l’INED, à la réputation de démographe rigoureuse et honnête, publiait en 2007 dans la revue Commentaire (car les colonnes de la revue de l’INED lui avaient été fermées), qu’en 2005, il y a 5 ans, les jeunes de moins de 20 ans d’origine étrangère représentait en Ile-de-France 31% de la population jeune d’Ile-de-France, 18 % pour la France toute entière. Or il est généralement admis qu’ un enfant né une année donnée devient un adulte 18 ou 20 ans plus tard. Ce qui veut dire que dans quelques années 1 Français sur 5, ou davantage, sera d’origine étrangère. Cela n’ira pas sans conséquences majeures sur bien des plans.
Il est, certes, permis de considérer que ces naissances d’origine étrangère représentent un élément positif pour précisément limiter le déclin démographique de notre pays (rappelons qu’une population se reproduit à l’identique avec un chiffre de 2,1 enfant par femme). Ce qui est vrai. Mais il n’échappera également à personne qu’une mutation de société d’une telle ampleur pose aussi un immense défi d’intégration , qui est, pour l’instant, loin d’être relevé , et un risque non moins considérable de désintégration sociale si ce défi ne l’est pas promptement et dans des conditions satisfaisantes .
Ceci étant, ces jeunes, ces bébés d’origine étrangère ne sont pas tombés du ciel. S’ils sont là, c’est bien parce que les Françaises d’origine n’ont pas eu assez d’enfants. Il y a donc bien eu déclin démographique en Occident, en Europe et en France aussi. Pourquoi en a-t-il été ainsi? Il faut aller au-delà des simples statistiques pour tenter de le savoir.

****
Les femmes sont-elles coupables ou responsables du déclin démographique ? Un petit peu des deux sans doute. Mais ne sont-elles pas avant tout victimes, victimes de l’air du temps ?
Car on constatera un contraste frappant entre les femmes de plus de 35 ans, restées largement fidèles aux conceptions traditionnelles en matière de maternité et de natalité et la génération dite moderne, des moins de 35 ans, imbues des idées et pénétrées des valeurs véhiculées par les médias. Les premières restent largement attachées à la maternité alors que les secondes s’intéressent surtout à la sexualité qui en est, de nos jours, le condiment obligé. C’est la version moderne de Lysistrata , mise à la sauce démocratique et libertaire.
Dès lors, la société ne va-t-elle par périr par les femmes qui, en trop grand nombre, et à l’instigation de certains « leaders » d’opinion, refusent de donner la vie ?
A cet égard, on assiste à ce que l’on pourrait définir comme un détournement de concept. En d’autres termes, la liberté accordée aux femmes d’avoir des enfants est de nos jours essentiellement interprétée comme la liberté de ne pas en avoir. La femme devenue maitresse de son corps grâce à la contraception (et à l’avortement, hélas) en est devenu l’esclave. D’où le déclin démographique d’aujourd’hui. C’est la dialectique du maître et de l’esclave.
Les femmes ont acquis la liberté, et ses aménités, sans pour autant en accepter le prix, à savoir les responsabilités sociales qui l’accompagnent obligatoirement.
A quoi cela tient-il donc ? A des facteurs matériels, la contraception comme on l’a vu. Mais les facteurs spirituels -ou plus exactement leur absence- ont joué un rôle essentiel
Il faut y voir, sans doute et avant tout, la disparition du sens de la transcendance, à savoir, le souci de vivre au-delà du moment présent et des individus que nous sommes. Or l’enfant, au sein de la famille, est précisément la seule passerelle que l’homme peut jeter entre le passé et un futur par définition inconnu , le seul véhicule inventé à ce jour pour dépasser l’instant présent et se survivre à soi-même . Ajoutons au passage que s’expliquent ainsi les attaques forcenées contre l’Eglise catholique qui dérange, qui interpelle, qui remet fâcheusement en question les certitudes confortables et sécurisantes apportées par les médias complaisants.
Ajoutons d’ailleurs qu’à l’irresponsabilité, plus récente, de la femme, fait écho l’irresponsabilité, plus fréquente encore, de l’homme, devenu trop souvent le partenaire réticent et peu fiable dans le couple , « celui- qui-refuse-l’enfant-». Car l’enfant, surtout s’il est multiple, est gênant dans le couple, par sa seule présence, par son bruit, son coût, ses besoins et ses exigences toujours croissantes avec l’âge. Comment concilier l’enfant et les vacances au Club Med et le voyage aux Iles Galapagos ? Ce n’est pas chose aisée dans une société hédoniste perpétuellement à la recherche de plus de commodité et de confort.
Mais ce n’est pas tout. La sacralisation du corps de la femme , omniprésent dans l’image, s’impose comme source de plaisir narcissique pour soi-même et de plaisir partagé pour l’homme, partenaire d’un instant, corps qu’il faut donc bien se garder de déformer par une grossesse intempestive.
A cela s’ajoute le travail, choisi ou subi, et la poursuite de la carrière, soucis qui priment parfois le désir de la maternité.
Pour comble, soulignons l’imposture intellectuelle qui s’empare avec le plus grand sérieux des concepts les mieux établis pour les déformer jusqu’à la caricature la plus risible. Il en va ainsi de la juste poursuite des droits de la femme poussée jusqu’à absurde par la négation de la différentiation biologique. La révolte de la femme contre son propre corps et ses servitudes biologiques débouche ainsi sur la notion d’un être mi-homme mi-femme, ou plus précisément, ni homme ni femme, dont l’âme, et la spiritualité, lui ont été ôté. D’où le processus latent de déshumanisation de l’humanité qui menace l’espèce humaine tout entière.
Dans ce contexte mortifère, comment sauver la famille nombreuse, pourtant seul pôle positif, seule bouée de sauvage dans une société qui fait naufrage dans l’indifférence ou l’autosatisfaction ? Le problème majeur de la famille nombreuse dans l’opinion publique est que son image a été fâcheusement brouillée, voire défigurée par un amalgame trop facile avec les excès de certaines familles d’origine étrangère, notamment polygames. C’est ainsi que certains abus en matière de fraude à l’aide publique ont été complaisamment montées en épingle dans les médias . Il ne sera guère aisé d’y porter remède dans le contexte juridique actuel.
Tout ce qui précède débouche sur une simple et naïve interrogation : comment en est-on arrivé là ? Comment la nation qui avait émergée de la terrible épreuve de la guerre, meurtrie, mais vivace, dans les années 40, a-t-elle pu devenir cette société frileuse, égoïste, vouée à l’hédonisme dont on ne peut qu’appréhender la ruine ? Le mystère demeure entier. Comme si notre société avait secrété discrètement au fil des ans des toxines mortifères qui ont fini peu à peu par empoisonner le corps social tout entier, jusqu’à risquer de l’anéantir.
A partir de là, où va-t-on ? Eh bien, vraisemblablement nulle part. Autant regarder les choses en face. Il faut entendre par là la quasi certitude de la disparition progressive de notre société telle que nous la connaissons aujourd’hui et telle qu’elle a été patiemment façonnée au cours des sicles passés.
En effet, les phénomènes démographiques ont ceci de fâcheux qu’ils revêtent toujours un caractère inévitable, irrépressible et irréversible. C’est le Léviathan des temps modernes. Autant vouloir dresser un barrage contre le Pacifique . Sauf miracle. Mais les miracles sont rares, voire inexistants en matière démographique.
Nos sociétés ont donc condamnées à disparaître à plus ou moins long terme et à laisser la place à d’autres populations plus fécondes et surtout, plus soucieuses de vivre et de survivre.
Un tel aboutissement répond aux vœux implicites d’une partie de nos élites tant il est avéré que notre époque est traversée par de puissants courants suicidaires dont l’on trouve des manifestations multiples dans les domaines les plus divers .
Quoi qu’il en soit, on ne saurait mieux conclure qu’en citant le dernier ouvrage du regretté Pierre Chaunu, le grand démographe récemment disparu : « La femme et Dieu » où il évoque la femme en des termes bouleversants : « la femme, prêtresse et prophétesse, en raison de son rapport intime avec la vie et aussi avec la mort ».Et de s’interroger avec angoisse : « Voyez-vous quel est aujourd’hui le rôle de la femme dans le dialogue avec Dieu ? Le voyez-vous en ces temps où elle vient de prendre le pouvoir, puisqu’avec la contraception, elle détient seule le secret du code qui permet de transmettre la vie ? ». Pour terminer enfin sur une note grave : « Le monde est condamné si la femme répudie son désir d’enfant ».
Notre monde n’en est peut-être plus très loin. Mais si l’espoir est humain, l’espérance, elle, est divine.

Yves-Marie Laulan

.

8 commentaires

  1. LearningFish dit :

    Un grand Monsieur, avec de l’humour, de l’esprit, dont le parcours force le respect!!! J’espère qu’on l’entendra à nouveau! Je le vois bien sur un petit débat… ;) LF

  2. Lisen dit :

    Cher enquête et débat , voici ma contribution au débat:

    Monsieur Laulan nous livre une analyse intéressante du rapport des femmes à la démographie.
    Je suis pourtant étonnée que ce très brillant intellectuel néglige à ce point le rapport des hommes à la démographie.
    Les hommes veulent-ils avoir des enfants? 1 enfant ? 2? 3? 18? , qu’en est t il de la liberté des hommes à disposer de leur corps, de leur temps, de leurs ressources et de leur liberté?
    Une femme souhaitant avoir quatre enfants et laisser sa carrière de côté trouvera t-elle un homme disposé à l’entretenir et subvenir aux besoins de cette grande et prolifique famille? Où est le point de vue des hommes qui préfèrent se consacrer à leur carrière, à ceux qui préfèrent rester célibataires, de tous ceux qui préfèrent pouvoir jouer à la console le soir en rentrant du travail sans avoir à subir les cris des ces chères têtes blondes?
    Monsieur Laulan n’a t-il pas sous estimé la détresse et la circonspection des femmes désespérément célibataires et nullipares faute d’avoir pu s’attacher un homme désireux de procréer? ô combien de femmes quittées et abandonnées par des hommes terrorisés par l’idée de l’engagement et des responsabilités! Combien de femmes désespérées de trente trois ans, qui bien que travailleuses, contribuables et contributrices à notre belle société , n’osent aborder le sujet des enfants avec leur conjoint qui à 35 ans n’est “pas encore prêt”.
    C’est pourquoi je propose en tant que détentrice d’un titre honorifique délivré par l’université française, qu’au lieu de se concentrer sur le droit qu’aurait une jeune fille de 16 ans de choisir de poursuivre ses études et son développement en ne devenant pas mère célibataire, un age limite d’ensemencement utérin maximum (peut être 25 ans) pour chaque individu pourvu de testicules. Tout homme ayant atteint cet age limite pourrait alors, se voir attribuer un de ces si nombreux uteri désireux d’enfanter , et rattraper ce manquement impardonnable au peuplement atavique de la Mère patrie.

    Égalitaires salutations!

  3. Jeanne dit :

    Il me semble qu’une réponse à la question “Comment en est-on arrivé là ?” peut se trouver aussi dans cet ouvrage résumé par JG Malliarakis:

    La revanche de Dieu et du roi http://www.insolent.fr/2011/02/la-revanche-de-dieu-et-du-roi.html

    110226On doit se féliciter des trois césars récompensant ce 25 février le travail de Xavier Beauvois et de son équipe (1). Deux importantes émotions cinématographiques ont, en effet, sollicité les Français ces derniers mois : “Des Hommes et des Dieux”, qui retrace la marche au martyre des moines trappistes de Tibhérrine et, dans un registre bien différent, “Le Discours d’un roi”. Ce dernier film évoque le destin du duc d’York, qui deviendra George VI d’Angleterre.

    On peut regarder ces œuvres de plusieurs manières, bien évidemment. On leur trouvera telles qualités, tels défauts.

    Si l’on se passionne par exemple pour le personnage du frère aîné, l’énigmatique et éphémère Édouard VIII, lequel ne régnera que de janvier à décembre 1936, pour sa liaison avec Wallis Simpson, jugée scandaleuse à l’époque, on trouvera peut-être un peu caricaturale la présentation du personnage. Ce prince, dans la réalité historique, s’est montré d’abord un fort courageux soldat de la première guerre mondiale. Proche du peuple, attaché à la paix, il refusera toujours, après son abdication, de servir en quoi que ce soit, les desseins des ennemis de son pays. Celle qui devint la duchesse de Windsor lui demeura fidèle, jusqu’au bout, dans l’exil.

    S’il s’agit, pour le premier film, de disserter une fois de plus sur le rapport à l’islam, à l’islamisme, à l’islamo-terrorisme, pas sûr du tout qu’il faille s’aligner, du point de vue étroitement politique, sur la logique du rôle occupé, et remarquablement incarné, par Lambert Wilson.

    La question qui nous préoccupe aujourd’hui tient à tout autre chose. Le succès, légitime, des deux films que je viens de citer doit certes beaucoup au talent des réalisateurs et des acteurs. Mais il correspond aussi aux questions profondes qui touchent le public. Il suggère une réhabilitation diffuse, implicite et non dite, de tout ce que le Grand Orient de France s’attache à détruire depuis le XVIIIe siècle.

    Ne nous dissimulons pas en effet que, sous le nom [en partie usurpé] (2) de “francs-maçons” une secte, ouvertement athée depuis 1877, travaille à déchristianiser la France comme elle s’est employée à détruire la royauté, symbole de l’unité véritable et fédérateur de l’identité française (3).

    Ce pauvre pays répond assez exactement à l’image poétique d’Ezra Pound : “Ce corps décapité qui cherche la Lumière”. Certes, en deux siècles, les opérations de substitution, les ersatz de monarchie, bonapartisme et gaullisme, les faux semblants de sacré, les prétendus suppléments d’âme se sont succédés. Sans succès. La dernière incarnation du présidentialisme émané du suffrage universel pourvoit suffisamment elle-même à sa propre caricature. Inutile d’épiloguer. Victor Hugo appelait cela “les Châtiments”

    L’affreuse marche des laïcards et de leur république est explicitée dans le livre d’Alfred Vigneau par un dialogue qui remonte à 1933 entre l’auteur et le grand maître de la Grande Loge de France :

    « — Mon Frère Vigneau, déclarera le Grand-Maître, vous ne connaissez pas les grands secrets de la Franc-Maçonnerie : n’oubliez pas que, c’est un 33e, membre du Suprême Conseil qui vous parle ; a-t-il besoin de vous apprendre que les buts secrets de la Franc-Maçonnerie sont la déchristianisation de la France. »
    Le Grand-Maître rappela que la Franc-Maçonnerie avait trois buts principaux :
    «1° Venger la mort des Templiers ; mission de laquelle sont chargés les Chevaliers Kadosch, 30e grade, qui doivent exercer cette vengeance sur l’Église Catholique.
    2° Abattre les frontières pour établir la République universelle, mission de laquelle sont chargés les Sublimes Princes du Royal Secret, 32e.
    3° Supprimer la Famille traditionnelle pour émanciper les enfants et l’épouse selon la bonne morale laïque, buts vers lesquels tendent les Souverains Grands inspecteurs Généraux, 33e. »

    Vigneau quittera la maçonnerie et publia son livre (4) l’année suivante, en 1934, où l’affaire Stavisky montre non seulement l’utilisation des réseaux de l’Ordre par des escrocs de bas étage, mais aussi l’impunité largement assurée à ceux-ci, contrairement aux lois et contrairement à toutes les règles morales.

    Pour Dieu et le Roi, nous disons donc aujourd’hui “revanche”, mais contrairement aux jacobins des loges maçonniques, et d’ailleurs, nous ne crierons jamais “vengeance”.

    JG Malliarakis

    Et une autre piste d’explication serait sans doute trouvée dans les projets bolchéviques qui ont transformé les femmes en “travailleuses” et non en mères, en opposition à la tradition chrétienne, où la mère est fortement exaltée.

    Dans “la double mort de ma grand-mère” Amos Oz décrit une femme de kibboutz -inspirés par le collectivisme soviétique- qui pleure sur sa jeunesse perdue, où parler d’amour était un gros mot mais changer d’homme tous les soirs une banalité.

    Les femmes sont-elles responsables ou victimes ?
    Les hommes sont-ils innocents ou égoïstes ?

    La description de Lisen est très réaliste…

    Les dernières générations ont sans doute des responsabilités, mais les anciennes, encore plus.

    Lorsque André Gide criait : “Familles je vous hais !”, cet admirateur des soviets jusqu’en 1936, très influent pendant une bonne partie du XXème s,, ne jetait-il pas les bases de la destruction constatée aujourd’hui par tous ceux qui n’ont pas de poêles à frire devant les yeux ?

    Et ne parlons pas de Sartre, qui faisait dire à un personnage dans “Les chemins de la liberté” d’une femme qui avait eu un enfant : “elle est fière d’avoir pondu”.
    Le modèle donné par les “intellectuels” européens au XXème s. est le dénigrement et le mépris de la reproduction, et donc celui de l’avenir : ils étaient presque tous des hommes sans enfants.

  4. Sekhmet dit :

    Bonsoir !

    Tout ce que je viens de lire est fort intéressant.

    Pour moi, c’est très simple, pas besoin de chercher midi à 14 heures : cette dénatalité tient principalement (je dis bien principalement) au fait que les femmes font maintenant de longues études, à l’instar des hommes;
    Il est évident que fortes de leur savoir, elles veulent exercer des métiers intéressants, s’investir dans les
    responsabilités et apporter leurs contributions et compétences diverses à tous les niveaux de la société.
    Ce n’était pas le cas il y a un siècle : les grandes écoles leur étaient fermées, point de salut en dehors du mariage (pour seul objectif) et naturellement, maternités à la clef !
    Doit-on se plaindre de cette évolution ?

    Imaginez-vous Claudie Haigneré, pour ne citer qu’elle, pouponner à longueur de vie : et bien non, elle a choisi d’être astronaute, ce qui est bien évidemment incompatible avec la maternité !

    Ce qui serait formidable, dans l’absolu, c’est que toutes les femmes du monde puissent accéder aux études, exercer des métiers intéressants, et ne procréer que modérément, la planète ne s’en porterait pas plus mal, croyez-moi ! Nous n’aurions plus besoin de cette surenchère idiote qui veut que nous sommes encouragées à “pondre” à tour de bras, nous européennes, pour ne pas nous laisser surpasser en nombre par des populations africaines ou autres …..

    Je crois qu’il faut repenser l’humanité, en termes de qualité, et de non de quantité.

    Sekhmet

    Ps. Quant à culpabiliser les femmes qui seraient responsables de la disparition progressive de notre espèce,
    il ne manquait vraiment plus que cela à notre bonheur : on nous aura vraiment tout reproché !!!!!!!!!

  5. Vincent Jappi dit :

    Si l’état ne volait pas la moitié du revenu des gens pour le détruire, ils n’auraient pas besoin d’un deuxième salaire.

  6. Marie-France dit :

    On n’a pas pu rendre compatible le rôle de procréatrice et de mère et celui de carrière professionnelle.
    C’est embêtant.
    On ne peut s’affranchir de la nature aussi facilement.
    Une réflexion sur l’égalitarisme s’impose.

  7. Héloïse dit :

    “En ce qu’ils ont de commun, les deux sexes sont égaux ; en ce qu’ils ont de différent, ils ne sont pas comparables.” disait Rousseau.

    Il ne me semble pas à moi que le constat posé par M. Laulan pousse à une réflexion sur l’égalitarisme. Je trouve le propos maladroit, “accuser” les femmes d’irresponsabilité envers la société… Ce que je trouve plus pertinent, c’est qu’à entendre M. Laulan, ce déficit démographique, précisons le de “français d’origine française”, pourrait bien avoir de véritables conséquences dans le futur (cf. prochain article “les prochaines guerres seront-elles démographiques ?”). C’est une chose que j’entends et dont je pourrais convenir si l’on poursuivait la réflexion.

    @Sekhmet “Je crois qu’il faut repenser l’humanité, en termes de qualité, et de non de quantité.”
    Dans l’absolu je serais bien d’accord, mais malheureusement je pense que nous ne le pouvons pas. Toujours en rapport avec “Les prochaines guerres seront-elles démographiques”…

    Mais ici, le reproche fait aux femmes d’irresponsabilité envers la société me paraît être un peu du gros n’importe quoi… D’accord les femmes ont effectivement un rôle privilégié dans la procréation. Mais c’est ridicule de se voiler la face, les hommes aussi ont un rôle absolument essentiel, autant sur le plan biologique que sur le plan social. Si nous pouvons pointer du doigt les femmes qui favorisent leur carrière, n’oublions pas la libération des moeurs des individus : de façon non exclusive pour les femmes, c’est notre société hédoniste et libertaire qui en est la cause directe. Ca vaut autant pour les hommes que pour les femmes, et certains passages de l’article ainsi que le commentaire de Lisen par exemple, en parlaient très bien.

  8. king flo dit :

    Seigneur, Seigneur…mais qu’on arrête!

    Les femmes sont des hommes comme les autres, non? Alors on critique l’Islam pour ses vues négatives sur le rôle de la femme, mais ce Laulan nous prouve que sa vision n’est pas loin de celle d’un imam illétré.

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