Immobilier

Les taux immobiliers restent bas en ce début d’année

Taux immobiliers

Avec des conditions d’octroi assouplies par le Haut Conseil de Stabilité Financière en décembre, le crédit immobilier est désormais accessible à un plus grand nombre de Français. Capacité d’emprunt en hausse, finançabilité stable… ajoutons à cela des taux particulièrement bas, et on obtient le contexte idéal pour tous les projets immobiliers !

Des taux proches du plus bas historique

Pour pallier la baisse de l’activité économique engendrée par l’épidémie de covid, les banques ont préféré maintenir leur attractivité en revoyant leur taux à la baisse. Résultat : le recul des taux entamé en 2020 continue de se réaliser en ce début d’année 2021.

Les taux immobiliers moyens constatés sur l’ensemble du territoire sont ainsi de 0,90 % sur 15 ans, 1,09 % sur 20 ans et 1,34 % sur 25 ans, soit dans la même lignée que ceux de décembre 2020. Ils se rapprochent alors des taux les plus bas historiques constatés à la fin de l’année 2019, qui étaient alors de 0,91 % sur 15 ans, 1,07 % sur 20 ans et 1,35 % sur 25 ans.

Si la baisse profite à tous les types de ménages, les meilleurs profils peuvent se voir proposer des taux encore plus préférentiels, et ce sur toutes les durées d’emprunt. Ils pourront ainsi espérer obtenir des taux de 0,78 %, 0,92 % et 1,11 % sur 15, 20 et 25 ans.

Une hausse de 6 % de la capacité d'emprunt

Les taux particulièrement bas constatés en ce début d’année permettent aux Français d’emprunter moins cher, mais aussi d’emprunter plus ! D’autant plus que ces taux immobiliers avantageux s’accompagnent d’un certain assouplissement des conditions d’octroi de crédit, selon les recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) annoncés en décembre 2020.

En faisant passer le taux d’endettement maximum préconisé de 33 % à 35 %, le HCSF permet ainsi au Français d’emprunter une plus grande somme grâce à des mensualités légèrement plus élevées. Si 2 % de différence ne représente pas un écart important sur le papier, cela permet d’augmenter ses mensualités de quelques dizaines d’euros, qui, sur 15 ou 20 ans, font une vraie différence !

À titre d’exemple, en 2020, un couple avec 4 000 € nets mensuels pouvait emprunter 327 000 € à 33 % d’endettement, avec des mensualités à 1320 € maximum sur 25 ans (avec un taux à 1,57 %). Avec un endettement à 35 %, ce même couple peut désormais prétendre à des mensualités de 1 401 €, ce qui lui permet alors d’emprunter jusqu’à 347 000 € avec le même taux d’intérêt ! Avec une capacité d’emprunt supplémentaire de 20 000 €, ce couple peut prétendre à un tout autre type de bien que ce qu’il pouvait espérer en 2020.

On constate alors une hausse de 6 % de la capacité d’emprunt, tous ménages confondus. C’est donc aussi une bonne nouvelle pour ceux qui pouvaient déjà emprunter et peuvent désormais voir plus grand, comme pour ceux qui étaient empêchés de tout projet immobilier viable à cause d’un taux d’endettement trop bas.

C’est aussi une bonne nouvelle pour tous les investisseurs locatifs, qui ne pouvaient en aucun cas obtenir une dérogation sur ces conditions. En effet, seuls les primo-accédants en début de carrière peuvent espérer se faire accorder un crédit en dépassant le taux d’endettement préconisé par le HCSF. Les investisseurs locatifs n’avaient alors aucune possibilité de dépasser les 33 % d’endettement, et se voyaient rapidement bloqués au moment de financer un second achat.

Une légère hausse du taux d’usure

Ces taux bas et cette meilleure capacité de financement constatés en ce début d’année s’accompagnent d’une certaine hausse du taux d’usure. Pour rappel, le taux d’usure est le taux maximum que les établissements de crédit sont autorisés à pratiquer. Fixé par la Banque de France à chaque fin de trimestre, il sert à protéger les emprunteurs contre des taux de crédit excessifs.

Entre 10 et moins de 20 ans, ce taux d’usure s’établit désormais à 2,57 % contre 2,52 % au trimestre précédent. Pour les prêts d’une durée de 20 ans et plus, il est alors de 2,67 % contre 2,68 % auparavant.

Dans certains cas, le taux d’usure peut empêcher certains ménages d’obtenir un crédit alors même qu’ils sont solvables, son calcul prenant compte d’éléments extérieurs à la capacité financière de l’emprunteur (frais de notaire, frais de dossier, taux d’assurance…). Une légère hausse du taux d’usure est donc une bonne nouvelle pour un certain nombre d’emprunteurs.

Une finançabilité stable pour les résidences principales

Dans ce contexte, la finançabilité des Français reste stable après une légère amélioration en décembre 2020. Cela signifie que le nombre de ménages susceptibles d’obtenir un crédit immobilier reste le même en ce début d’année, ce qui est une très bonne nouvelle. Attention cependant. Si la finançabilité globale, tous projets confondus, a bien gagné un point, il faut différencier les projets d’achat de résidence principale et d’investissement locatif des projets d’achat de résidence secondaire.

En effet, la finançabilité des résidences secondaires connaît pour sa part un recul important de 5 points. Mais cela s’explique plus par le fait que la demande a augmenté suite au premier confinement et que les projets n’étaient pas facilement réalisables que par un durcissement des conditions d’octroi.

A propos de l'auteur

julien delarche

Julien Delarche

Philosophe de par sa formation, c'est la voie du journalisme que Julien a choisi pour sa carrière. Ses thématiques de prédilection : Finance, économie et investissement.

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