La réforme liée au cannabis : une réelle mesure de santé publique ?

3 minutes de lecture

Pour le président de la Fédération Addiction, Jean-Pierre Couteron, la sanction policière ne constitue en rien un outil efficace dans la lutte contre la consommation de cannabis en France.

La mise en place de nouvelles amendes et contraventions

Un nouveau projet de réforme sur la consommation de cannabis vient d’être révélé. Pour deux députés, il est nécessaire de mettre en place un système d’amendes et de contraventions à l’encontre des consommateurs de cannabis. Ces derniers pourraient donc être condamnés à payer des sommes allant de cent cinquante à deux cent euros pour l’usage de cette substance.

Pour Jean-Pierre Couteron, cette réforme ne changera pas réellement la politique liée au cannabis. Il s’agirait plutôt d’un « toilettage » de la pratique policière, et non d’une réelle mesure de santé publique. Les associations auraient donc préféré un projet facilitant la rencontre et le dialogue avec les consommateurs, et principalement les mineurs. Le projet de réforme ne cible donc pas ces derniers. Parmi des millions de personnes, seules les 140 000 arrêtées pour usage de cannabis seront concernées par la réforme.

Les députés prônent une réponse systématique et rapide

Il y a longtemps, l’injonction thérapeutique, le rappel à la loi et les stages avaient été montrés comme des mesures permettant une sanction plus efficace. Les députés à l’origine de la réforme viendront simplement rajouter l’amende et les contraventions à cette liste. Ainsi, la sanction policière ne constitue pas les meilleurs outils de motivation au changement ou d’accès aux soins selon Jean-Pierre Couteron et les associations. Ces derniers auraient aimé que divers aspects, autres que la sanction, soient évoqués par le gouvernement.

Beaucoup voient donc cette réforme comme une action qui dispose déjà d’une vingtaine d’années de retard.

Un échec pour la législation ?

En ce qui concerne le cannabis, l’approche française est en échec à tous les niveaux : budgétaire, sanitaire, sécuritaire. Les études ont d’ores et déjà montré que les jeunes Français font partie des plus gros consommateurs de cannabis du monde. Le fait que la nouvelle réforme ne cible que les personnes majeures ne dissuadera pas les consommateurs de freiner leur usage de stupéfiant. Et ce, malgré le haut niveau de répression imposé par la législation française. Dans certains pays où cette substance est légale, comme aux Pays-Bas, la consommation est moins importante qu’en France, et notamment parmi les jeunes.

L’État français dépense donc des fortunes dans des procédures judiciaires et policières sans que cela ait un réel effet dissuasif sur les consommateurs d’aujourd’hui. Pour les associations, le dialogue et le contact avec les plus jeunes consommateurs devraient être priorisés par le gouvernement avant la mise en place de nouvelles sanctions, qui ne concerne qu’une infime partie des français.

Bastien

Journaliste pour de multiples thématiques, j'écris des articles pour Enquête&Débat depuis plusieurs mois.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *